Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Taisez-vous Frèche!

Coup-de-gueule.jpeg
Je ne sais pas encore pour qui je voterai en Guadeloupe, aux régionales, même si je sais assurément pour qui je ne voterai pas.
Si je vivais  dans le midi de l'hexagone, à Montepellier par exemple, je crois bien que je voterais pour Georges Frèche, même si je ne suis pas comme lui, socialiste. Une chose est certaine, socialiste, je ne voterais pas  pour Martine Aubry, Stalinette comme dit plaisamment M. Frèche.
La France, tout entière, après bientôt trois ans de Sarkozisme, est en train de voir se composer un nouveau paysage politique, où la droite n'est plus la droite, où la gauche n'est plus la gauche, où une chatte ne retrouverait pas ses petits.
C'est une situation ambigüe, désagréable, mais qui, à terme, peut présenter des avantages.
En Guadeloupe, certains qui ne font pas beaucoup fonctionner leur petites cellules grises, chères à Hercule Poirot, continuent à voir en L M-Ch une femme de droite. Or la droite dans l'histoire récente de la Guadeloupe s'était opposée au programme commun de la Gauche, du début des années 1970, qui rangeait les DOM parmi les pays étrangers. La gauche passait ( en simplifiant un peu) pour autonomiste, voire indépendantiste) et la droite pour profrançaise.
L M-Ch intelligente, rusée, fûtée, joua le rôle de la passionaria anti indépendantiste, avec la fougue et le talent que "haï chien di den a i blan", on veut bien lui reconnaître malgré ses turpitudes (politiques). En 1999, pour des raisons qui ont peu à voir avec les raisons que la raison connait, signa la déclaration de Basse Terre avec Marie-Jeanne, et le Karam de Guyanne. Virage à 180°. Mais nombre de gens continuent à la considérer comme "de droite". Et cette princesse de l'ambiguité joue toujours de ce conformisme, de cette paresse intellectuelle, pour semer la confusion à des fins que ses nouveaux amis devraient   scruter de plus près, de beaucoup plus près, tant la dame est ambigüe et dangereuse, pour ne  être floués comme d'autres en leur temps.
"Droite"? Gauche? Ces concepts ont besoin d'être redéfinis. Il n'est pas certain que que ceux qui sont fidèles ( à tort ou à raison ) à leurs idées, à leur idéal n'aient pas pour rester en accord avec eux-mêmes, n'aient pas à voter en mars prochain pour des hommes ou des femmes qui se présenteront sur une étiquette qui, jadis, eut été justement infamantes, mais qui aujourd'hui représentent la continuité de leur engagement.
Ainsi vont les choses de monde!
Il est possible que des gens du midi doivent désobéir au PS de la rue de Solférino (Martinie Aubry, Stalinette) pour rester fidèle à leur conception de la France juste. Et en Guadeloupe, il en est de même.
C'est pourquoi je donne la parole à ce lecteur, ( encore un ) André Derviche, dont j'ignore s'il est socialiste, mais qui dit, librement,  le bien qu'il pense de M. Frèche. Je ne partage pas nécessairement toutes les idées, ni ne souscris à toutes les déclarations du leader montpelliérain. Mais j'admire son esprit, sa causticité, son courage, contre les oukases de la nomenklatura socialiste parisienne.

 Edouard Boulogne.


Georges-freche-1.jpg
Taisez-vous Frêche ! Les moteurs du convoi qui vous conduira en camp de rééducation tournent déjà... 

Il y en a un en France (il n'est sans doute pas le seul, mais l'actualité en fait grand cas) qui n'a plus le droit d'ouvrir la bouche, et il s'appelle Georges Frêche. Son cas est assez symptomatique, car il reflète parfaitement la traduction française du célèbre "Si tu veux être un homme" de Kipling, notamment quand celui-ci dit : 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot (...).

Dans le cas qui nous intéresse, les rabatteurs sont aux aguets, prêts à rapporter - interprétation comprise - le moindre propos du truculent Président du Languedoc-Roussillon. Les rabatteurs sont même si zélés qu'ils se mettent en route avant même d'avoir lu, entendu ou tout simplement compris ce qu'a voulu dire Georges Frêche désormais puni avant d'avoir péché, avant même d'en avoir eu l'intention sans doute...

Cette situation, nous la connaissons : c'est... la peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom). Une peste qui avait provoqué la désignation, puis l'isolement, puis l'exécution d'un coupable de pacotille par la communauté tout entière - ressoudée par sa participation au sacrifice rituel -, tandis que...

         On n’osa trop approfondir
 Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
         Les moins pardonnables offenses.
 Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
 Au dire de chacun, étaient de petits saints.


Aujourd'hui, c'est pour avoir dit tout haut ce que la France entière pense - socialistes compris - de Martinique Aubry que Georges Frêche aurait de nouveau... dérapé (sans avoir quitté une seule seconde le droit chemin, c'est ce qu'il y a de plus drôle).

Émet-il une opinion sur Stalinette ? C'est un "nouveau dérapage".

Là-dessus se greffe et s'amplifie l'archétype du politiquement français : la fausse piste.

Il se trouve que j'ai entendu ce matin (sur France-Inter, au journal de 12 heures) l'intégralité de ce qu'a dit Frêche sur Martine Aubry. Pas un mot de choquant. Pire, il a même fait l'éloge de l'improbable Jacques Delors pour bien montrer - par comparaison - le peu de considération que lui inspirait la madone des procès en sorcellerie qui lui sont faits tous les jours. Ces propos soi-disant injurieux envers Martine Aubry (que j'ai donc entendu in extenso) n'avaient évidemment rien d'injurieux. Ils étaient même plutôt retenus, même s'ils n'avaient rien de laudatifs. 

S'agissant de Georges Frêche, il y a longtemps que les frontières du harcèlement médiatique ont été franchies, ce qui prouve bien que ceux qui font l'opinion ont quelque chose d'aussi abruti qu'abrutissant. Ceux qui font l'opinion ? Ceux qui voudraient la faire, devrait-on dire : l'avance de Georges Frêche sur les grands stratèges de la rue de Solférino se confirme tous les jours et montre bien qu'il ne suffit pas d'abuser de la situation pour parvenir à ses fins, même à travers ces procès de Moscou qu'instruit cette "presse" qui s'honore de beaucoup de chose à commencer par sa capacité de nuisance (elle ne saurait en tout cas, dans ces circonstances-là, se prévaloir de sa jugeote, de son indépendance, ou de sa liberté de ton). Comment peut-on proférer de pareils commentaires autrement qu'en service commandé ? L'explication la plus bienveillante ne saurait mettre en scène qu'un conglomérat d'idiots utiles, c'est-à-dire une chaîne d'individus dépourvus de discernement dans l'action. Le fait est qu'il n'y a pas trente-six explications possibles : ou bien les tireurs embusqués commentent avant d'avoir écouté quoi que soit, ou bien ils ne comprennent ni ce qu'on leur dit, ni ce qu'ils disent (ce qui est aussi une hypothèse somme toute assez crédible). À l'arrivée, la parenté entre ce qui se passe et la relation qu'ils en font est si éloignée qu'on doit la considérer comme inexistante.

Le seul qui ose ouvrir la bouche en France autrement que dans le concert des perroquets de Pavlov s'appelle Georges Frêche, c'est pourquoi les escadrons de la mort (la mort de toute opposition au politiquement calibré) ne lui pardonnent pas le moindre décibel.

La raclée que prendront les psycho-rigides solférinistes n'en sera que plus éclatante, évidemment. Stalinette et ses réseaux persistent pourtant dans leur attitude agressive et absurde, donnant ainsi à l'excès le tour dérisoire que Talleyrand, jadis, dénonçait déjà lorsqu'ils se référait aux moeurs "politiquement policés" de son époque. En tout cas, il y a peu de chance pour que les rieurs soient du côté de la ligne officielle du parti.

André Derviche
 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

gc 24/02/2010 12:05


Au moins grâce à M. Frêche (quelle que soit son opinion politique), on sait où se trouve le Languedoc -Roussillon et que cette région est
sinistrée: arrachage massif des vignes, des arbres fruitiers et de nos célèbres cerisiers, primeurs invendus... ils viennent du Sud de l'Espagne(vous savez ces immenses serres
qui déversent tant de pesticides  sur les cultures et dans les sols...) 
Ce n'est plus la chronique d' une mort annoncée, c'est effectif!


Antoine Garrouste 24/02/2010 01:43


Etrande réponse M Derviche ... On dirait du Frêche, un brin de prétention sans aucun sens du débat ... que faites-vous donc sur un site si vous-même reconnaissez que vous n'avez pas le sens du
débat ???
G Frêche travaille pour la Patrie ???? Ah bon laquelle SVP ? Celle des Beaufs de comptoir sans aucune intelligence. Certes le PS a commis avec Lui une grosse erreur car Frêche a piègé les naïfs de
Paris qui sont aujourd'hui à la rue, mais désolé cela ne rend le personnage ni truculent ni convainquant. Frêche c'est le Poujadisme bas de gamme, avec des réflexions lamentables qui n'honorent
personne pas même ceux qui le défendent assez naivement. Vous en faites je crois partie .... et je ne nourris à votre encontre aucun préjugé ....


André Derviche 23/02/2010 17:00


Cher M. Garrouste, je ne vous connais pas, mais je ne puis m'empêcher de nourrir un petit préjugé à votre égard : j'ai l'impression que vous grignotez au picotin médiatique. Si je suis sensible au
fait que vous me preniez pour Edouard Boulogne - le compliment me va droit au coeur - je me réjouis également, et avec une charité qui n'est pas feinte, croyez-moi, de la satisfaction que vous
procure l'opinion que vous avez de vos lumières.
Je réitère mes propos relatifs à l'ostracisme dont les bobos et les cacas (capitalistes-camouflés) gratifient Georges Frêche en y ajoutant toute mon admiration pour ce personnage généreux et
truculent, qui, avec d'énormes défauts, sert sa patrie et sa région avec beaucoup plus de talent que les petits roquets et autres perroquets issus de l'Ecole Nationale d'Ambition.
J'ajoute à votre remarque sur le "jeu républicain" que vous semblez avoir une connaissance véritablement encyclopédique de l'histoire de notre République, dont l'installation et les
pratiques originelles paraissent néanmoins vous échapper. 
N'étant pas Edouard Boulogne, et n'ayant ni la structure intellectuelle, ni la pédagogie nécessaires à un échange, permettez que je m'enfuie après avoir qualifié vos remarques de lieux communs.


antoine Garrouste 23/02/2010 12:31


Désolé M Boulogne mais je ne vous suis pas du tout. Le PS est ce qu'il est certes, en ce moment il n'est pas grand chose mais Freche est certainement ce qui se fait de pire en matière de Populiste
dégradé et dégradant, c'est le raciste de comptoir, le théoricien de la populace qu'il méprise ouvertement. Son bilan dans sa région est catastrophique et sa mégalomanie impréssionante. De plus il
piège tout le monde en se faisant passer pour une victime alors qu'à l'évidence c'est lui qui organise méthodiquement toutes ses "sorties" médiatiques avec ces petites phrases qu'ils choisit avec
attention. Ce type est devenu ivre d'un pouvoir qu'il ne respecte pas et que la réaction du PS à son égard soit juste ou pas, Frêche est ce qui se fait de pire en manipulateur népotique et
pervers.
C'est lui qui fait le jeu et ce n'est pas un jeu trés républicain.