Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Pages

La pensée du jour.


Race :


L'ignorance, et, plus grave que l'épidémie de grippe A, beaucoup plus grave, celle de béotisme qui frappe le monde contemporain, particulièrement en France, oblige à se préoccuper de la prophylaxie la plus adaptée.

Dans le domaine de l'esprit, l'antiseptie passe par l'examen du langage, car c'est par la tête que le poisson pourrit.

Notre langue s'appauvrit de jour en jour, subit les outrages que ses locuteurs lui font subir, et parmi ceux-ci, ceux-là même qui devraient être les plus conscients du caractère sacré de la langue : écrivains, journalistes, « responsables politiques ».

Solécismes, impropriétés, féminisation effrénée des noms, se succèdent. Et certains noms amphiboliques perdent leur caractère et leur richesse pour ne conserver qu'un seul sens au détriment de la finesse et de la richesse de sens qui les caractérisaient, pour constituer cette caricature qu'est la novlangue dénoncée à juste titre par Georges Orwell ( dans son roman « 1984 ») comme constituant l'un des risques majeurs de l'abrutissement collectifqui nous menace.

Ainsi pour le mot « race » qui n'est plus pris qu'au sens de

« subdivision de l'espèce zoologique, constituée par des individus réunissant des caractères communs héréditaires ».

Or la « race », c'est aussi, traditionnellement la « famille, considérée dans la suite des générations et la continuité de ses caractères » : « il est de bonne race », « bon chien chasse de race »!

La méconnaissance de cette acception du mot rend incompréhensible cet extrait de l'interview accordée au journal Le Point du 20 août 2009 par l'écrivain Alain Finkielkraut, et qui constitue la Pensée du jour.

Le Scrutateur.



« … Quand Haffner parle de race, ce n'est pas dans l'acception raciste du terme, mais au sens légué par la morale aristocratique à la civilisation moderne. La race s'atteste chez l'homme qui se tient droit car l'origine agit sur lui comme une obligation et non comme un privilège. De la même manière, M.Germain l'instituteur de Camus, dit à son ancien élève en 1945 : « Toi aussi, petit, tu t'es battu. Oh! Je savais que tu étais de la bonne race! ».

Entre ces deux significations du mot « race », l'antiracisme du devoir de mémoire refuse de faire la différence. Il est à craindre que la noblesse sombre dans l'oubli du fait de cette confusion ».


Alain Finkielhraut.



 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :