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(29/05/09) : Le pouvoir de la rue.

 

 

(…) « la rue » exprime une vision dynamique des choses et entérine un rapport de forces plutôt qu'une situation de droit. C'est pourquoi elle autorise toutes les dérives violentes, prompte à confondre la force spontanée avec une forme de légitimité prétendument supérieure à la loi. C'est pourquoi elle est le terrain commun à l'ultra démocratisme et au fascisme à l'état brut. La rue, comme expression d'une opinion forte mais pas nécessairement majoritaire, peut en démocratie précéder l'expression du suffrage et de la loi, à qui doit appartenir le dernier mot. Dans le cas contraire, si elle suit le suffrage et vise à le corriger, elle est nécessairement factieuse. Ce recours à l'action factieuse, quand l'opinion puis le suffrage vous ont donné tort, constitue aujourd'hui la tentation majeure de l'extrême gauche, quand bien même elle invoque des motivations sociales, et même justicialistes ».

 

Jacques Julliard.

(In La reine du monde, chez Flammarion).

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