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Publié par Edouard Boulogne

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Vous trouverez plus loin la dépêche, qu'Eddy Nedelkowki ( de Guadeloupe 1 ère ) en sa qualité, aussi, de représentant de l'AFP en Guadeloupe a expédié, ce jour sur l'inquiétante violence qui se développe en Guadeloupe.

Beaucoup déplorent que ce phénomène local ne soit pas pris en compte par la presse nationale. Cette carence pose problème. Mais il n'est pas certain que nous devions le déplorer exagérément. Je crains que dans le cas contraire, notre département n'apparaisse, surtout quand on connait la propension desdits médias à privilégier le spectaculaire, comme l'île où il ne fait pas bon de passer ses vacances. Adieu la Guadeloupe destination touristique.

Le rôle de la presse, même bien disposée est moins de vendre du papier ou de faire de l'audimat que de stimuler les responsables politiques.

L'inquiétant c'est la carence, ou le désintérêt des politiques, pour le problème dont nous parlons, et pour bien d'autres.

Des politiques nationaux, comme de nos politiciens locaux. Car je n'ai pas le sentiment que ceux-ci s'impliquent beaucoup, concrètement.

Le développement de la violence chez nous ( voir le lien http://www.lescrutateur.com/article-violence-en-guadeloupe-vers-une-vigilance-ecarlate-119850234.html ) est lié à plusieurs facteurs.

D'abord notre situation géographique, qui fait de notre île une plaque tournante du trafic de drogue entre les pays producteurs (principalement d'Amérique latine ) et l'Europe et les USA.

D'autre part à la fragilité de la famille, due à des facteurs historiques, mais aussi à l'érosion de la cellule familiale du fait d'une culture individualiste et purement matérialiste ( culture qui est dans l'air du temps, véhiculée par les médias - Violence et télévision : http://www.lescrutateur.com/article-la-violence-et-la-television-effets-a-l-ecole-la-pornographie-etc-par-blandine-kriegel-119862501.html - et même hélas, parfois à l'école ).

Enfin à une dialectisation systématique des rapports sociaux, telle qu'elle s'est manifestée en février-mars 2009, sous l'impulsion du « LKP ».

C'est ce que reconnaît, d'une certaine façon, M. Jacky Dahomay ( cité dans France-Antilles de ce jour) quand il dit : « Cette violence est sans doute le signe d'une dé-symbolisation généralisée de l'existence collective. Les gens de ma génération, même dans leur militance, ont leur part de responsabilité et il ne s'agit pas de le nier en poursuivant la sempiternelle condamnation du « colonialisme français » » , dit Jacky Dahomay à propos de la vague de morts violentes. Les apprentis sorciers donneurs de leçons font leur mea culpa. C'est un peu tard, fallait réfléchir avant!"


Citons encore, parmi les phénomènes incitateurs de violence, l'impression donnée à la société, et aux délinquants ou criminels potentiels, que l'évolution de la législation répressive ( sous prétexte de générosité et d'humanisme ) est un laxisme qui permet tout, sans conséquences graves. ( http://www.lescrutateur.com/article-taubira-degout-par-marc-le-stahler-119897633.html).



Pour faire face aux graves difficultés présentes, il faut dégager des moyens d'action ( pas seulement, ni même principalement, de répression ), financiers, et surtout humains.

Il faut que ces moyens, sous le contrôle d'autorités compétentes, et honnêtes, soient mis à la disposition des responsables qui veulent agir, toutes tendances politiques, religieuses et éthiques réunies ( il s'agit d'un problème trans-partisan qui ne pourra être résolu que par une action transcendant les catégories habituelles de la politique ).

Je m'excuse pour ceux qui seraient choqués par ce que je vais dire, et qui pourtant n'est nullement provocateur, ce qu'il s'agirait de créer, c'est quelque chose de comparable à ce que furent, en intention, vers 1940, les Chantiers de jeunesse, à un moment où, dans le désastre national il s'agissait de tenter de sauver du naufrage une jeunesse française, déboussolée.

Peut-être ce que je propose à la réflexion est-il utopique?

C'est qu'alors, on aura préféré les jeux de la politique politicienne, des petits calculs, et des gros intérêts égoïstes, à une restauration de l'esprit public dans la jeunesse ( et elle n'est, hélas! pas la seule en cause ).



Le Scrutateur.



Voici la dépêche annoncée plus haut d'Eddy Nédelkovski :





Avec 37 meurtres, la Guadeloupe prend la tête des tristes records (PAPIER D'ANGLE)

 

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12-09-2013 10:10:06
Pays : FRA
FRFR

FRS0848 0652 /AFP-II41

      Par Eddy NEDELKOVSKI

      

       POINTE-A-PITRE (France), 12 sept 2013 (AFP) - Avec 37 meurtres depuis le début de l'année pour une population d'environ 400.000 habitants, la Guadeloupe détient un triste record national, qui lui vaut des comparaisons avec la Corse et Marseille, et la visite annoncée pour octobre du ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

      En juin dernier, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, alerté par les forces de l'ordre et les élus, avait annoncé l'affectation provisoire de 75 gendarmes mobiles ainsi que des policiers supplémentaires dans la zone de sécurité prioritaire (ZSP) couvrant des quartiers de Pointe-à-Pitre et des Abymes.

      Il y avait urgence: 44 homicides, assassinats ou décès résultant de violences volontaires ont été recensés en 2011, 36 en 2012 et déjà 37 cette année, selon les chiffres officiels.

      La plupart sont le fait de la criminalité crapuleuse des règlements de comptes entre petits dealers de marijuana et de crack -- les stupéfiants les plus consommés -- , mais une douzaine relèvent de la violence gratuite, intraconjugale, intrafamiliale ou intra-amicale, "sans intention de donner la mort", observe Frédéric Peyran, le directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP). "Le passage à l'acte est plus facile ici, les disputes et les rixes dégénèrent plus vite, c'est impulsif, réactif", selon le DDSP.

      "On tue et après on se rend compte qu'il est trop tard quand les effets des drogues et de l'alcool se sont dissipés: la plupart des meurtres le sont pour des peccadilles", affirme à l'AFP Dimitry Zandronis, réalisateur guadeloupéen qui s'est vu confier par le conseil général la réalisation de spots télévisés contre les violences faites aux femmes.

      "Un jeune a été tué parce que son pote a fait un compliment à une jeune fille" à la sortie d'un night-club de la marina de Pointe-à-Pitre, rappelle M. Zandronis, 40 ans.

      Et d'un autre côté, souligne Guy Etienne, le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, "l'Etat est dans l'incapacité de mettre un policier derrière chaque individu, surtout à 5 heures du matin quand se produit ce genre de drame".

      "En ce moment, c'est silence on tue!"

      =====================================

      "Je suis en colère, tout comme j'ai honte, aujourd'hui, de représenter la société guadeloupéenne", avait tonné le magistrat en son Palais de Justice, au lendemain du 37ème meurtre commis dans l'île au petit matin du dimanche 1er septembre. "En ce moment, c'est silence on tue!", avait-il dénoncé. 

      "Il faut que la société se saisisse de ce problème afin de faire comprendre à une certaine jeunesse que la violence est l'arme des faibles et que détenir une arme, c'est avoir la possibilité de s'en servir. La vie a un prix sans commune mesure avec celui d'un scooter, d'une chaîne en or ou d'un mauvais regard échangé!", a souligné M. Etienne.

      Le patron de la sécurité publique a aussi relevé dans l'île cette "propension à la détention d'armes, principalement de chasse, sans trafic d'armes ni armes de guerre".

      Les gendarmes nouvellements affectés multiplient les contrôles routiers, notamment pour rechercher des armes. Leur présence, voyante, semblerait avoir fait baisser le nombre de braquages pendant l'été, période plus critique avec des pics de criminalité attribués par la rumeur aux jeunes guadeloupéens de métropole venus en vacances.

      Quant aux renforts de policiers, ils ont eu droit, lundi, à une cérémonie d'accueil largemet médiatisée.

      Pour autant, l'inquiétude de Dimitry Zandronis ne diminue guère car pour lui, le mal est plus profond: "La société a échoué. C'est un échec des politiques, de l'Education nationale, des syndicalistes -LKP compris-, un échec des mass-médias, des indépendantistes".

      "Nous avons hérité d'une société de pères absents: absents de leurs responsabilités, du foyer, de l'éducation, et le modèle est souvent un père collectionneur de trophées féminins", déplore-t-il.

      "Cette violence quasi quotidienne n'est pas née aujourd'hui: elle nous éclate à la figure car, à force de mettre la poussière sous le tapis, elle déborde un jour", estime le réalisateur qui rêve de "structures d'accueil dans chaque cité: cela crée aussi des emplois, nous vivons oui ou non dans un pays développé?".

      en/sla/mad/jag

         
AFP 121010 SEP 13

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MF 13/09/2013 13:37


Cette situation a de quoi inquiéter plus d'un et il faut effectivement regretter qu'en dehors des mots et des moulinets de certains la situation est peu propice au changement. Mais il faut aussi
regretter que des initiatives absurdes telle celle qui consisterait à "verser une modique compensation financière" à ceux qui déposeraient les armes à la gendarmerie, ne peuvent que confirmer que
ces élus qui nous représentent ne pensent en qu'à acheter la conscience de leurs compatriotes. Quelle mentalité, certainement nécessaire pour évoluer dans les sphères ministérielles. Mais si le
tourisme décroit et si la population se détourne de ces élus incapables, certains iront penser que c'est de la faute de la droite ou du FN.


Alors il vaudrait mieux se remonter les manches, cesser de faire rotir au soleil des nouveaux arrivés encore blèmes de l'hiver passé et mettre de vrais effectifs pour nettoyer les foyers
infectés  sans doute là même ou les ordres sont parfois donnés pour faire regresser la vilonece.


Mais a trop en dire on fini par être pris pour cible par ceux-là même qui se sentent morveux.


MF