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Publié par Edouard boulogne

La légende du Zéphyr . 

* Mardi 25 avril 2006..

Ce 25 avril, qui, pour moi, revêt quelque importance, j'ai l'idée de vérifier quel est l'Evangile du jour.
Voici donc le texte (St-Marc XVI, 15-20) : "Puis il leur dit : "Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom ils chasseront les esprits mauvais; ils parleront un langage nouveau; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel il ne leur fera pas de mal; ils imposseront leurs mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien". Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient".

Que voici donc une excellente feuille de route, pour cette journée!

*La légende du Zéphyr.

Il y a quelques jours encore, j'étais à Paris, sur la fin de mes vacances de Pâques.
Je déjeunai, avec un vieil ami, guadeloupéen de la "diaspora", dans un excellent petit restaurant, tenu par un couple de jeunes beurs, très sympathiques, et plus soucieux de s'intégrer à la France par le travail, que par les multiples allocations de l'assistanat.
La viande (non halal) était excellente, et le petit vin aussi, même si sur ce plan nous n'avons pas trop poussé, puisque sur la fin du repas, au moment du café, mon ami, dont la mémoire est riche, me récita d'une traite le merveilleux poème que je ne résiste pas au plaisir de livrer à la lecture des amis du Scrutateur.
Sur un seul point l'ami défaillit. Il ne retrouva pas, et moi non plus, le nom de l'auteur.
Peut-être l'un d'entre vous chers amis, suppléra-t-il à notre carence, et, véritable Hercule Poireau de la poésie, nous le communiquera-t-il un jour prochain?
Il ne recevrait, il est vrai, comme récompence, ni un voyage en Chine, ni une épaisse liasse d'euros, comme dans les trop communs jeux télévisés, mais nos remerciements.

Edouard BOULOGNE.


LA LÉGENDE DU ZÉPHYR

Le souffle qui remue imperceptiblement
Cette jeune glycine autour du vieux sarment
C'est l'âme d'un zéphyr dont je connais l'histoire
Pour l'avoir déchiffrée un jour dans un grimoire
Donc, jadis un zéphyr flânant, musant, rêvant
Entra dans un très vieux castel en coup de vent
Et léger, étourdi, frôla de son haleine
Une enfant de seize ans qui filait de la laine.
Ses yeux étaient du bleu de ce lac languissant
Dont il avait ridé la surface en passant.
L'enfant, pour rétablir la coquette harmonie
De l'ondulé repli d'une boucle fournie
Eut un geste du bras, de la main et des doigts
Si triste, si troublant et si chaste à la fois
Que le petit zéphyr, faiseur de pirouettes
Qui comptait ses amours au saut des girouettes
Coutumier du mensonge et gaspilleur d'aveux
Pour l'avoir vu passer ses doigts dans ses cheveux
Sentit qu'il n'aurait plus désormais d'autre reine
Que l'enfant de seize ans qui filait de la laine
Et dès lors, la fillette entraîna sur ses pas
Un amant éperdu qu'elle ne voyait pas.
Et lui fut tout heureux de pouvoir être encore
L'amoureux inconnu qui passe et qu'on ignore.
Dès qu'il apercevait ses beaux yeux rembrunis
Il courait lui chercher des chansons dans les nids.
Ne pouvant apporter toutes les fleurs en gerbe
Il allait lui cueillir des papillons dans l'herbe
Tous ceux des bois, des prés, des jardins, des bosquets
Et quand il avait fait doucement des bouquets
De rubis palpitant, de nacre, d'or ou d'ambre
Son souffle doucement les jetait dans la chambre.
Parfois jusqu'en Provence il allait voyager
Pour revenir plus lourd des parfums d'oranger.
A chacun de ses maux il avait un remède
Si la nuit était froide il se faisait plus tiède.
Si l'air était brûlant et le ciel orageux
Il rapportait du frais des grands sommets neigeux.
Quand elle avait un livre, effronté, comme un page
Il soufflait à propos pour lui tourner la page.
Puis, quand elle dormait dans son petit dodo
Le zéphyr doucement écartait les rideaux.
Il mêlait, pour avoir de son corps quelque chose
Son souffle au souffle pur de la bouche mi-close
Longtemps il contemplait l'harmonieux dessin
Des petits doigts dormant sur la rondeur du sein
Et tout énamouré, pour apaiser sa fièvre
Sans qu'elle eût à rougir la baisait sur les lèvres.


Hélas, un jour, vêtu d'un somptueux pourpoint
Un seigneur arriva que l'on n'attendait point :
Il était jeune et fier et venait d'Aquitaine
Pour épouser l'enfant qui filait de la laine.
Sa grâce, sa beauté, quelques riches présents
Sans peine eurent raison de ce cœur de seize ans.
Après de grands saluts et des compliments vagues
On parla mariage, on échangea des bagues.
Si parfumés qu'ils soient, que peuvent les zéphyrs
Contre les cavaliers qui donnent des saphirs
Des perles, des colliers ? En souffle de tempête
Le zéphyr se rua sur le castel en fête.
Pendant des jours, des nuits on l'entendit hurler
Secouant les vieux murs pour les faire écrouler
Et le jour où l'on fut en cortège à l'église
Tour à tour aquilon, bourrasque, orage ou bise
Pour qu'on n'en jetât pas en chemin par monceaux
Il effeuilla d'un coup les roses des berceaux.
Enfin, suprême espoir, pendant le Saint Office
Il tenta de sécher le vin dans le calice.
Et malgré les efforts du vieux sonneur très las
Força la grosse cloche à ne sonner qu'un glas.
Et puis, il entreprit une effroyable ronde
Pour aller se grossir des tempêtes du monde
Et, terrible, fauchant les pays traversés
Revint au vieux castel après deux ans passés.
Il allait l'emporter comme un fétu de paille
Quand, dans les flancs joyeux de la frêle muraille
Plus facile à briser qu'un tout petit rosier
Il vit un nouveau né dans un berceau d'osier.
Dans les yeux de la mère il lut tant d'espérance
Qu'il frémit au penser des possibles souffrances.
Et, vaincu, terrassé par l'amour triomphant
Rendit l'âme en soufflant sur un moulin d'enfant
Exhalant à la fois et sa vie et sa haine
Aux pieds de la maman qui filait de la laine.


Post Scriptum :

Je signale à nos lecteurs, la création par un artiste guadeloupéen, d'un blog consacré à la poésie et dont voici les coordonnées : http://stiv03.skyblog.com/

Aperçu généré le 11/03/2007 à 22:46:23

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Bailet 09/09/2007

Cher Monsieur Boulogne,J'ai une Maman de plus de 90 printemps a la mémoire sans faille, qui étudia dans sa petite enfance, le texte du poème "Le Zéphir". C'est en cherchant pour elle le texte intégral, que je suis arrivée sur votre site.Echange de bon procédés : vous nous avez donné le texte, nous vous donnons l'auteur : il s'agit de Miguel Zamacoïs, écrivain d'origine française (né à Louveciennes, en région parisienne, en 1866 - mort à Paris en 1940 ou 1955 selon les sources ...). Il y a toute une série de sites concernant cet auteur.Bien cordialement.Martine Bailet

Edouard Boulogne 14/12/2008

 



over-blog.com : Vous avez reçu un message

Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog: www.lescrutateur.com erreurs sur le poème de m. zamacoîs?jacquey marinettemon père nous disait très souvent ce poème lors de réunions de famille, la dernière fois à 85 ans pour leurs 60 ans de mariage et sans se tromper; je l'ai sur un cahier écrit de sa main: le titre est "la légende de la brise"je vois dans votre texte des mots que je pense erronés: j'aimerais que vous les corrigiez si besoin en vérifiant le poème.Ainsi le lac n'est pas "languissant" mais "transparent".ce n'est "l'ondulé repli d'une boucle" mais "l'onduleux repli d'une boucle".le geste de la main n'est pas si "triste" mais si "souple".veuillez m'excuser, je ne pense pas me tromper par rapport à l'original, mon père l'a surement écrit à partir du modèle. merci
Le visiteur qui vous envoie cet e-mail n'a pas eu connaissance de votre adresse de messagerie.L'adresse qui apparaît comme expéditeur n'a pas été vérifiée.



 
 
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Dominique 16/12/2008

ma grand-mère aussi me la récitatit, je ne l'avais pas entendu depuis son départ, merci

michèle 19/12/2008

J'ai moi aussi une Maman de ..96 ans.. qui recite mot à mot la légende du zèphirJe lui est imprimé le poéme Elle est ravie

Serge VIVIENS 29/12/2008

Je peux également réciter par coeur ce magnifique poème. L'auteur est Miguel Zamacoïs, Français malgré son nom, né à Louveciennes en 1866 et décédé à Paris en 1956. Hormis se talents de poète, il a été dramaturge et journaliste.Le site Wikipédia est très complet  

DELAMARRE 09/04/2011



Bonjour, J'ignore si la réponse a été donnée à la question posée en 2006 ici et sur laquelle " je tombe " ce 9 avril 2011. A toutes fins utiles, en voici la réponse :


" Le Zéphyr " est extrait d'une pièce écrite par Miguel ZAMACOIS dont le titre est      " Les Bouffons ". Je crois qu'elle fut représentée pour la
première fois en 1907 avec alors dans la troupe rien moins que Sarah BERNHARDT.


Cette pièce légère est au demeurant amusante à lire encore aujourd'hui bien qu'on s'en doute, un peu surannée. J'en possède une édition datant de sa sortie ou quasiment.


 


Maintenant, je vais vous livrer quelque chose de bien intime qui vous permettra de comprendre pourquoi je détenais la réponse à votre question.


Ma Grand-Mère paternelle était née en 1910. Pour ses 16 ans, son Père lui proposa d'apprendre ce poême. Pour mes 16 ans (j'en ai 48 aujourd'hui), elle me l'apprit à mon tour.


Lors de son dernier anniversaire, à 90 ans, grabataire, ravagée par la maladie mais parfaitement intacte intellectuellement, elle récita encore, d'un seul trait et avec toute l'harmonie qu'elle
savait y mettre " Le Zéphir ", devant une assemblée médusée et conquise.


 


Voici 10 ans que ma Grand-Mère n'est plus. Souvent, sur sa tombe, je lui dis      " Le Zéphir ", convaincu que son souffle si doux saura la réchauffer là où
désormais peut-être elle se trouve.


 


Ainsi va la vie.


 


François - le 9 avril 2011


 



Henri 21/05/2012


La légende du zéphyr est en fait extraite d'une pièce de théâtre. On le trouve sous le titre : "La Brise", poème tiré de la pièce en 4 actes et en vers intitulée
"Les Bouffons", de Miguel Zamacois, poète français d'origine espagnole (1866-1939).


Vous pouvez l'entendre, déclamé par Sarah Bernhardt, à partir de cette page : http://www.phonobase.org/simple_search.php?Tout=zamacois

christian 22/07/2012


il est tres beau ce poéme j'arrete pas de le lire et de le relire je ne me lasse pas veus l'apprendre par coeur veux le dire a tout le monde tellement que c'est beau(pardon pour les
fautes d'ortographes)

Lucas 05/11/2012


Ca devait être à la mode de tous les professeurs de l'époque de la faire apprendre par coeur aux élèves !

BOULLIER 21/07/2013


7 ans plus tard


Avez-vous trouvé l'auteur de ce poème ravissant qui a bercé l'enfance de nombreux français à qui les mamans et grands-mamans récitaient sa douce mélopée ? Je peux le trouver si vous ne l'avez pas


déniché en 7 années ! Merci de me répondre. Poétiquement à vous. Danielle - 75 ans

Portebosq Huguette 03/09/2013


Pour le Zéphyr,  je l'ai appris d'une amie qui aurait maintenant 109 ans. Ce poème est
magnifique mais dans le mien il y a un paragraphe qui manque à celui-ci.


Entre ...Son souffle doucement les jetait dans
chambre:                                    
"Au temps où se faisait, des prés, la fenaison


 Allait chercher de quoi parfumer la maison


 Les senteurs de la sauge et de la marjolaine


 Pour l'enfant de seize ans qui filait de la laine."


La suite:  Parfois jusqu'en Provence il allait voyager pour revenir plus lourd des parfums
d'oranger....                                         

C 05/01/2014


Le nom de l'auteur est Miguel Zamacoi d'après ma grand mère qui me le récitait enfant et meme plus tard lorsqu'elle venait me bercer... Cependant ne l'ayant pas retrouvé sur le web, je ne suis
pas sure d'orthographier son nom correctement.


Merci pour ces vers parce que nous avons tenté ensemble de tous les retrouver mais il restait des lacunes.


Cordialement,


 


Caroline et sa Mamie


 

A. L.de Blancheflor 06/01/2014


Tout vous est aquilon...tout me semble zéphyr


Le géant, qui souffrait, blessé,
De mille morts, de mille peines,
Eut un sourire triste et beau ;
Et, avant de mourir, regardant le roseau,
Lui dit : « Je suis encore un chêne. »


Ceux qui aiment aussi Jean Anouilh, peuvent écouter l'intégralité de sa version du chène et du roseau sur You Tube




castets 06/01/2014


Bonjour Mr Boulogne,


Je ne sais s'il est complet, mais il existe sur votre site !


http://www.lescrutateur.com/article-5978413.html


Bonne journée Cjj


 

90 Degree Roller Conveyors 04/09/2014

You did an awesome posting. I am grateful for your offer here. I like your posting and got some thought regarding this post.

Catherine GALLAS 17/09/2014

Bonjour
Peut être tardivement mais je le souhaite opportunément, je peux vous donner le nom de l'auteur de ce texte :
Miguel ZAMACOÏS (1866-1955)
Tiré de "Les Bouffons" Ed Flammarion
Une pensée pour ma maman, aujourd'hui incapable de le réciter toute seule, mais a pu, pendant longtemps, réjouir les tablées familiales de son interminable récitation!!!!!

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