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Publié par Edouard boulogne

Les "Instantanés" de Frantz Quillin. 

Ceux qui sont dégoûtés de la politique, en général,et en Guadeloupe en particulier, mais qui ne veulent pas s'en écarter tout-à-fait, par réflexe "citoyen" (j'emprunte l'adjectif, par dérision, à la pesante et hypocrite langue de bois du politiquement correct) peuvent y jeter un coup d'oeil, amusé, en lisant le dernier livre de Frantz Quillin "Instantanés" publié aux éditions Les presses littéraires.
En 2005, l'auteur a tenu une sorte de journal de la chose, ironique, et tout-à-fait caustique.
Les évènements s'y trouvent, relativisés, et les personnages!
Ceux-ci sont croqués drôlement, avec une cruauté réelle, tempérée d'humour.
Les portraits de José Toribio, de Daniel Marsin, l'actuel maire des Abymes sont particulièrement réussis, pour ne pas parler de celui d' Eric Jalton.

*Le soir du jeudi 7 juillet 2005, l'auteur zappe sur Canal X. Jalton s'y étale : "J'aperçois Eric Jalton qui explique qu'Eric Jalton n'a jamais changé, qu'il a toujours été un progressiste et que le fait qu'il ait été soutenu par Chevry aux Législatives et qu'il figurat sur la liste d'Objectif Guadeloupe ne le gêne nullement pour rejoindre la grande famille socialiste aujourd'hui où il a d'ailleurs des amis qui lui ont toujours été fidèles. Je regrette que l'émission soit soit en rediffusion, ce qui me prive d'interpeler mon ami voisin. Trois minutes plus tard il est d'accord avec une téléspectatrice qui lui dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis. Eric Jalton parle de lui à la troisième personne, mais le plus grave c'est qu'il joue celui qui n'est embarrassé de rien. Encore plus grave, il est probable que rien ne l'embarrasse vraiment. Malgré tout, ses yeux le trahissent. Cet homme est impressionnant d'assurance embarrassée. Il reflète les aspects les plus réalistes de notre population dans ses contradictions les plus malheureuses.
Eric Jalton, dit-il, a toujours été le premier à défendre ceci ou cela. Eric Jalton agit au nom de valeurs qui sont les siennes, propres, intrinsèques, et qu'on ne connaîtra sans doute pas. Eric Jalton travaille avec acharnement sur le dossier des transports. Eric Jalton ne laisse pas parler les autres parce que ce qu'il a à dire est hautement plus intéressant. C'est l'amour de la représentation politicienne. Ces voltiges de Jalton ressemblent beaucoup au vaudeville chanté par Bazile dans Le mariage de Figaro," etc.

*Le croquis on le voit ne manque pas de justesse. Et nombre de pages sont du même acabit. Par ailleurs monsieur Quillin sait truffer son texte de références littéraires qui ne manquent pas de hauteur. Ici ou là Naipaul, Molière, Queneau, Rousseau ou même le grand Dante de La Divine Comédie viennent conforter l'auteur de leur autorité, sans que cela paraisse jamais artificiel, superfétatoire, ou pédant. La réussite de ces greffes n'est pas l'un des moindres mérites de l'écrivain.

Edouard BOULOGNE.

Post Scriptum à cet article : Le Scrutateur accepte de valider l'envoi de "Dominique", qui cite un certain nombre de productions pseudo "artistiques", en provenance de certains milieux "immigrés" contre lesquels on ne saurait être trop vigilant.
Cependant ce document eut été plus à sa place à la suite de notre article sur 'l'afrocentrisme", par exemple, qu'à la suite d'une opinion sur le livre de Frantz Quillin qui n'a rien à voir avec la frénésie dénoncée, avec raison, par notre correspondant.

Aperçu généré le 11/03/2007 à 22:52:44

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