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Publié par Edouard Boulogne

“Manu mea, vos quoque” ( Toi aussi mon Manolo ! )
“Manu mea, vos quoque” ( Toi aussi mon Manolo ! )

Un lecteur adresse au Scrutateur ce commentaire sur les arrières pensées, et les troubles de conscience de la valetaille socialiste, qui se taille loin du Chef en pleine déconfiture.

 

Signe des temps : comment un livre que personne n'a lu peut-il influencer l'opinion ?

C'est très simple : très peu de gens ont lu le livre qui s'intitule "Un président (de la République, NDLR) ne devrait pas dire ça..."

Néanmoins beaucoup de gens ne tarissent pas de commentaire sur le livre en question. Beaucoup de gens qui ne l'ont pas lu, évidemment. Il en est ainsi dans les dîners en ville.

La faute à Hollande ? La faute à Gérard Dayet et Fabrice Lhomme qui en sont les auteurs ?

Que nenni ! La faute en incombe aux journalistes qui, la plupart du temps ne comprennent pas davantage ce qu'ils écrivent que ce qu'ont leur dit, qui croient comprendre ce qu'ils ne comprennent ou qui, instrumentalisés - à leur insu, cela va de soi - deviennent les idiots utiles, non pas d'un complot - oh ! le vilain mot - mais de manœuvres concertées mettant en œuvre certaines convergences de moyens et de synergies dans lesquelles ils tiennent le rôle d'idiots utiles.

Reprenons nos esprits : deux journalistes, plutôt complaisants à l'égard du quinquennat de François Hollande entreprennent de rédiger - sur le registre de l'hagiographie - une chronique de la présidence du susnommé.

De son côté, François Hollande - qui est un malin - trouve astucieux de faire rédiger par d'autres son propre "Mein Kampf". Sans en avoir l'air, évidemment.

L'exercice est intéressant et très instructif, tant sur la personnalité de Hollande François que sur les ressorts de sa présidence et sur bon nombre d'éléments "contextuels". Le travail est sérieux, appliqué, bien fait et nullement malhonnête. Sans compter l'écriture, qui est d'excellente facture.

Il faut apprécier les choses dans leur vérité, c'est-à-dire pour une large part dans leur réalité et - pour s'en tenir au sens moderne du mot "vérité" - en fonction de la version des intéressés, autrement en s'en tenant au texte dont la subjectivité ne saurait donner lieu au moindre jugement de valeur, puisqu'il s'agit d'un récit qu'il faut apprécier en tant que tel.

Or depuis la parution de cet intéressant ouvrage (et il n'y a pas la moindre ironie dans l'appréciation), tout part en vrille. Comme d'habitude, le "commentaire", c'est-à-dire la prépondérance d'une contagion sur une véritable immersion dans la réalité, déforme les mots, les faits et le sens même de leur relation dans ce contexte particulier.

Observons qu'il en est de même pour un autre ouvrage dont le "commentaire", autrement dit l'impression dominante qui se dégage du concert à la fois pavlovien et panurgesque d'appréciations convergentes de la part de différents chroniqueurs dûment accrédités, montre que les commentaires n'ont rien compris de l'extrême subtilité du travail de son auteur.  Il s'agit de "La cause du peuple", cette fois, de Patrick Buisson.

Pour en revenir aux états d'âme de Hollande François, si soucieux de son image et de l'image de sa présidence dont il voudrait que son souvenir fût associé à un satisfecit d'excellence, on imagine mal Commynes provoquant un tel orage de grêle quelques jours seulement après la parution de ses travaux. En tout cas, les médiévistes traiteraient avec mépris ceux qui iraient aussi vite en besogne dans leur exégèse.

Devant pareil concert, il est impossible de ne pas s'interroger : le président Hollande n'a jamais été avare d'écarts en tous genre. Or ceux-ci ont toujours nourri l'admiration ou à tout le moins la bienveillance plus que relative de ceux qui, en France, font l'opinion à travers... le "commentaire". Et puis tout d'un coup, c'est la jacquerie. Chacun y va de sa p'tite manifestation de désapprobation, douce ou amère selon le degré de familiarité voire d'obligation de l'un ou de l'autre envers l'intéressé qui, visiblement n'intéresse plus grand monde. Même Cambadélis, dont tout le monde sait qu'il a toujours soutenu que Hollande incarnait l'excellence dans l'exercice de sa présidence se met à son tour à crier haro sur le baudet. Certes, il toussote plus qu'il ne hurle, mais la conversion est entamée. Comme si la ligne du parti voulait s'aligner sur la courbe de popularité du dénommé Hollande ; comme si Hollande avait - comme un certain Le Pen - prononcé l'horrible mot de "détail" et comme s'il fallait déhollandiser le Part socialiste comme le PCUS s'est autrefois déstalinisé et comme, plus récemment - et avec succès, semble-t-il - le Front national se délepénisa.

La quasi certitude de voir le déficit public supporter la charge d'un quarteron de présidents de la République à la retraite au lieu du poids de l'actuel triumviré n'influencerait-elle pas le soufflet qui projette sur la personne de François Hollande le vent qui visiblement veut décoiffer celui que le suffrage universel a coiffé de la tiare républicaine ?

N'assistons-nous pas à quelque fronde destinée à libérer la parole, celle de Manuel Valls, par exemple dont l'allégeance à celui qui l'a fait ministre, et non des moindres, est l'une des ficelles d'honorabilité, lui qui n'arrête pas de jurer sa fidélité dont l'ADN est de loyauté pure et chevaleresque ?

Brutus a bien tué Julius, Marine a bien tué le père trop encombrant (politiquement, s'entend), alors pourquoi Manuel à son tour n'évacuerait-il pas le pote François si la sûreté du reste du parti en dépend ?

C'est une hypothèse. Une simple hypothèse.

André Derviche


http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-hollande/la-popularite-de-francois-hollande-chute-apres-la-publication-du-livre-sur-ses-confidences_1885885.html#xtor=EPR-51-%5Brecit-franceinfo-leurs-freres-leurs-soeurs-sont-partis-faire-le-jihad-en-syrie-ils-racontent-comment-leur-vie-a-change_1885941%5D-20161023-%5Brelated%5D
 

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