Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Lettre ouverte à monsieur le maire de Pointe-à-Pitre, par Amédée Adélaïdee.

Amédée ADELAIDE
3 rue Frébault
97110 Pointe-à-Pitre
                                                                                            

 

Lettre ouverte à

Monsieur le Maire de la Ville de Pointe-à-Pitre
Hôtel de Ville
97110  Pointe-à-Pitre

 

  Monsieur le Maire,

 

La SCI propriétaire de l’immeuble sis au 3 rue Frébault à Pointe-à-Pitre, dont je suis le gérant, a reçu une lettre, datée du 12 octobre 2020, référencée 997 – 10-2020/CV-SF, émanent de l’EPF. On y lit notamment ceci : « L’Etablissement Public Foncier 5EPF) de Guadeloupe envisage l’acquisition de la parcelle cadastrée AK 167 située 3 rue Frébault sur le territoire de la commune de Pointe-à-Pitre.
Ce bien sera acquis, dans le cadre de nos activités de portage foncier, pour le compte de la commune de Pointe-à-Pitre, membre de l’EPF de Guadeloupe… A la lecture des informations délivrées par le cadastre il apparait que vous êtes propriétaire de ce bien. Nous vous informons que conformément à l’article L 1311-9 du code des collectivités territoriales, dans le cas où vous seriez favorable à une vente, que ce bien sera acquis, dans le cadre du prix fixé par France Domaine ».

 

  Sur l’instant, deux réflexions se sont imposées à moi :

  •   1   1) Cette proposition datée du 12 octobre 2020, faite au nom de la ville de Pointe-à-Pitre, n’a pu échapper à votre vigilante attention.
  •  2) 2) Vous ne sauriez non plus ignorer que sur la parcelle dont il s’agit est édifiée un immeuble qui ne peut être qualifié d’immeuble en ruine et que ses deux niveaux – rez-de-chaussée et étage – sont occupés par des activités professionnelles qui créent des emplois et donc, de surcroit, des recettes pour la ville.

 

  Alors se posent à nous, - mes co-occupants et moi-même - comme d’ailleurs à tous les citoyens Pointois, la question de votre vision quand au devenir de Pointe-à-Pitre et des ses habitants.
En effet, vous succédez à un équipe municipale qui, en cinquante année de gestion de cette collectivité, a réussi à la faire passer de capitale économique de la Guadeloupe, à, commune la plus pauvre et la plus endettée de ce petit pays.

 

Dans un article intitulé « LA POINTE, GARDE TOI, ON  T’ASSASSINE », le  journal « Le Pointois » d’avril 1983  décrivait  déjà  la  situation  comme suit :
« Pointe-à-Pitre, tu avais un port, tu n’as plus de port : il est parti à Jarry/Baie-Mahault.

 Pointe-à-Pitre, tu avais une usine, Darboussier, tu n’as plus d’usine…
Pointe-à-Pitre,   ton  port  est  parti avec 250 emplois,   ton  usine  est  partie  avec  700 emplois,   tes  grands commerces  des quais  sont  partis  avec 500 emplois,  la CGM  est partie avec 170 emplois, les  transitaires  sont  partis  avec 100 emplois.  Déjà  les banques,  la Sécurité sociale, les PTT avaient délaissé ton centre…  Avec tous ces emplois directs ont disparu les emplois indirects qu’ils  attiraient  autour  d’eux : ceux des lolos, du commerce ambulant, du transport, etc. Et l’hémorragie continue, car ce n’est pas fini.

 ….
 Le Ministère des finances a décidé de construire un Hôtel des Impôts, mais c’est dans la commune des Abymes que cet hôtel sera inauguré en 1984. Or il regroupera les bureaux qui se trouvent aujourd’hui dans Pointe-à-Pitre : à la rue Delgrès, à Bergevin, à la Place de la Victoire et à la rue Gambetta. C’est encore 150 emplois qui seront perdus pour toi Pointe-à-Pitre ! Après se sera un Hôtels des Douanes à Jarry : nouveau coût pour toi Pointe-à-Pitre : 100 emplois.


Et que fait ta Municipalité ? Elle cherche des compensations ? Elle exige des contreparties ? Elle attire des activités de remplacement ? Pas du tout. Elle se tait. … Ne vois tu pas ce qui se passe ? Ne vois-tu pas tant de famille de veille souche pointoise, contraintes de partir ? Ne comprends tu pas le jeu ? Ne ressens-tu pas l’asphyxie progressive de ta vieille citée ?

 
Comme  un  chat  aux  aguets,  ta  Municipalité  marxiste  attend   et  calcule.   Elle  récupérera  au meilleur  compte  les  terrains   de  la   « Pointe »  pour  créer  « sa »  ville à  elle, en place de la vieille citée où vivaient des hommes et des familles libres.
Dans  « sa »  ville,  elle  pourra  sélectionner  les habitants par l’attribution à qui  lui plait et seulement à  qui  lui  plait des terrains  et  logements.   Il  lui  faut  une  population  domestiquée.   Elle  compte  bien  y  parvenir et le processus est en route.

 
L’encombrement  des  vieilles  rues  est  sciemment  voulu.   La preuve  en  est  que  la  municipalité trouve   l’argent  nécessaire   pour  exproprier   les   propriétaires   des  immeubles  des  quais,  mais  qu’elle  ne  trouve   jamais   ce  qu’il  faut   pour  le  rachat  d’un bout   de terrain   bien   précis  qui permettrait de  raccorder la grande artère des quais aux Boulevard Faidherbe-Hanne-Chanzy.   La  preuve  est  encore  dans  le rétrécissement de  la Place de la Victoire  qui  mène,  évidemment, à un surcroit d’embouteillage.
On laisse délibérément la vieille ville s’enfoncer dans l’insécurité. »

 

Fin de citation.

 

 C’était en 1983 !

 

 Hélas pour nous, les femmes et les hommes qui dénonçaient cela voyaient juste.

 Hélas pour nous, la situation n’a fait qu’empirer : Les banques sont parties, la poste est partie, la Sécurité Sociale est partie, les enceignes des supermarchés et autres grandes surfaces ont déménagées. Même des écoles ont du fermer. En cause, cette stratégie municipale de pourrissement des conditions de vie dans la vieille ville. Pour exemple nous citerons la circulation automobile rendue quasi impossible dans la journée. Ainsi comme par hasard, il s’est retrouvé plus de rues pour pénétrer dans le cœur de Pointe-à-Pitre que pour en sortir. Pour parachever cette œuvre funeste, la voie principale qui désert le centre ville, la rue Frébault, était coupée en son milieu par une rue piétonne asphyxiant de ce fait la zone économique de premier plan comprise entre la rue Peynier et les quais Foulon, Ferdinand de Lesseps et Lardenoy .Dès lors, on a vu disparaitre commerces et activités d’abord de la rue Delgrès, puis de la rue Achille René Boisneuf et de ceux de la partie de la rue Frébault comprise entre la rue Peynier et les quais, faisant de cette zone un désert économique et social, une sorte de « cimetière d’entreprises ».

 

 Bien sur nous connaissons l’endettement colossal de la Ville. Cependant, l’éviction des héritiers de cette ancienne municipalité cinquantenaire a suscité un gigantesque espoir chez les Pointois, certains qu’il allait se passer quelque chose. Ne serait-ce que des actions simples, ne nécessitant pas forcément de grandes dépenses financières mais capables d’un coup d’un seul de changer le quotidien des Pointois.

 

 Pourtant, depuis quatre mois que vous êtes au pouvoir, il n’apparait pas, vraiment, de décisions du  fait de votre municipalité, pour soulager la pression mise par l’ancienne municipalité.

 

Votre équipe municipale, a-t-elle par exemple changé le sens de certaines rues afin de désengorger la vielle ville et  rendre plus facile la circulation automobile ? A-t-elle par exemple réouvert à la circulation automobile la partie bloquée de la rue Frébault a fin de rendre un souffle de vie à cette partie de la ville  que nous avons baptisé « cimetière d’entreprises » ? A-t-elle, autre exemple, fait obstruer les multiples crevasses dans la chaussée des rues Achile René Boisneuf et Delgrès, dont certaines (ces crevasses) ont plus de 10 centimètres de profondeur, faisant exploser les pneus des véhicules, surtout par temps de pluie.

 

 En fin et surtout, Monsieur le maire, votre municipalité est-elle disposée à protéger les Pointois, tous les Pointois, qu’ils soient propriétaires ou locataires, commerçants, artisans ou salariés en leur assurant chaque jour de meilleurs conditions de vie, en les incitant même à rester ou même en incitant ceux qui sont partis à revenir y investir, voir se réapproprier La Pointe ? Ou est-elle au contraire – ce que nous nous refusons à envisager - dans la stratégie de poursuite d’expulsion des Femmes et des Hommes qui ne lui plaisent pas, continuant ainsi la funeste stratégie de vos lugubres prédécesseurs ?

 

 Telle est la question que se posent aujourd’hui de nombreux Pointois, et pour laquelle nous sollicitons respectueusement votre réponse.

 

 Veuillez agréer, Monsieur le Maire de la Ville de Pointe-à-Pitre, l’expression de nos salutations très distinguées.

 

Pointe-à-Pitre Le 28 octobre 2020

 

 Amédée ADELAIDE
Citoyen Pointois depuis 1952

 

En complément, voir pièces jointes

 
Pièces jointes.
Pièces jointes.

Pièces jointes.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article