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Publié par Edouard Boulogne

 

Sarkozy a parlé : premières impressions à chaud.




 

Ce vendredi, 6 novembre, le président de la République a parlé. Cinquante minutes environ.

Il a commencé par rappeler tout ce que la France devait à l'outre-mer. A Félix Eboué, à St-John Perse, à Césaire, à René Maran, etc.

Fort bien.

Fort bien, mais simple exercice d'école. Les discours commencent souvent comme ça : simple rhétorique. Malheur à qu'y s'y laisse prendre.

Il nous dit que article 73 ou article 74, l'outre mer c'est la France! Parole de Nicolas.

Fort bien.

Pourtant je ne suis pas rassuré. C'est que moi, Français spirituellement, et charnellement, je suis de l'outre mer, j'y suis né, j'y vis, et que je ne confonds pas Wallis et Futuna, ou Tahiti, avec La Guadeloupe et la Martinique. C'est que je tiens à mon statut de Français à part entière, au statut de département pour les antilles et la Guyane, à tous les avantages politiques, économiques, sociaux qui en découlent.

Donc, la chanson sentimentale et romantique sur la France Une mais Diverse, cela ne comble pas mon attente de citoyen.

Dans leur majorité mes compatriotes de l'outre mer, de cette partie de l'outre mer dont les élus n'ont pas eu l'intelligence et le courage de leurs homologues réunionnais, qui ont pris la précaution, eux, de refuser par avance toute changement statutaire, attendent autre chose que des incantations pseudo patriotiques.

Mais l'incantation n'a duré que les cinq premières minutes d'un discours de cinquante.

Le reste est-il plus consistant?

L'on analysera, n'en doutons pas longuement les mesures nombreuses, évoquées par le président de la République, au cours des jours et des semaines qui viennent.

Toutes ne sont pas dépourvues d'intérêt.

Que l'on prenne l'aéroport de Roissy, de préférence à celui d'Orly, comme plate-forme d'éclatement du tourisme européen à destination des Antilles, que cela corresponde à un voeu ancien des professionnels de ce secteur?

Fort bien.

Mais pourquoi ne pas dire, que le handicap majeur du tourisme aux antilles est le sabotage dont il fait l'objet de la part de « syndicats » révolutionnaires dont la prospérité économique est le cadet de leur souci? Pourquoi? Oui Pourquoi?

Peut-être parce qu'il eut fallu sortir de la technique administratice, et pour ce faire entrer dans la politique, reconnaître qu'une minorité de séditieux veut imposer son projet dément de rupture avec la France, contre la volonté d'une majorité qu'on dit silencieuse, et qui est simplement composée de gens normaux, qui veulent vivre normalement paisiblement dans leurs îles françaises de la Caraïbe, dont l'exception, malgré les exactions de la minorité séparatiste, est enviée par tous.

Il eut fallu, monsieur le président le courage d'appeler un chat par son nom, et le courage d'agir en conséquence; le courage d'exercer l'action normale d'un gouvernement français celle du maintien de l'ordre et des libertés fondamentales, de travailler, d'aller et de venir, sans être pris en otage comme en février et mars dernier.

D'autres propos présidentiels méritent encore d'être pris en considération. Celui par exemple pour les Guadeloupéens formés, et qui le désirent, d'occuper davantage,« au pays », les postes administratifs, ou autres, qui seraient disponibles, sans exclure pour autant de ces fonctions nos compatriotes métropolitains qui le méritent ( car que ne dirait-on pas si l'on interdisait à un Guadeloupéen ou à un Martiniquais, compétent, qui préférerait travailer à Paris, Metz, ou Cannes, s'il était refoulé pour son appartenance … ethnique!).

Ce n'est pas sur ces points, et bien d'autres de votre allocution, que nous vous ferons un (mauvais) procès.

Mais, M. Sarkozy, ce qui nous manque en vous écoutant, c'est la confiance. Je me trompe peut-être, et je le souhaite, mais ou vos propos sont sincères, et alors vous êtes mal renseigné. C'est grave.

Où ils relèvent du cynisme. Et alors c'est dramatique.

Ce qu'il y a de positif dans votre discours, les mesures que vous vous proposez de prendre n'ont nul besoin pour être appliquées d'un changement de statut, et de tout ce hourvari de discours (états généraux, etc) dont nous sommes étourdis et fatigués.

Elles peuvent être mise en application dans le statut actuel de département d'outre-mer.

D'ailleurs, monsieur le président, dès cet après midi, sur RFO-Guadeloupe, M.Alain-Félix Fleming, secrétaire général du PCG, et l'une des éminences du LKP l'a clairement exprimé. «  Sarkozy, a-t-il dit, n'a pas compris, que tout son bavardage nous laise indifférent. La seule solution acceptable est la décolonisation de la Guadeloupe ».

M.Nicolas Sarkozy, vous avez tort de laisser entendre que le LKP (en fait l'UGTG) a eu un rôle dans la mise en évidence des problèmes de nos îles.

Ou alors, il faut l'entendre au sens où le problème de nos îles c'est l'existence de ces saboteurs de l'UGTG, et de leurs homologues martiniquais.

Tout est possible sans ces gens-là. Et il est possible de les réduire, et c'est même la seule solution pour la réussite de ce qu'il y a de positif dans votre plan.

Je crois que le vote de janvier 2010, en Martinique, contribuera à éclairer votre lanterne en supposant que vous le souhaitiez.

Je vous fiche mon billet que la majorité de mes compatriotes martiniquais répondra par un double non aux deux referendums.


NON et NON!

 

Edouard Boulogne.

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Dissident 07/11/2009 03:16


Effectivement il y a quelque chose de bizarre dans ce discours, on aurait dit qu'il reprenait à son compte les doléances des hurleurs rouges de février et tout ca sonnait faux.

J'ai eu la meme impression que vous, surtout quand on sait que ces manifs destructrices n'étaient pas spontanées, et quand on sait que lui aussi le sait.

Je crois que M Virassamy va avoir de plus en plus peur, et qu'à présent il peut rajouter sur sa liste : j'ai peur de Sarkozy.

Moi aussi j'ai peur de Sarko, c'est d'ailleurs lui qui me fait le plus peur, car Domota et sa clique ne sont que des clowns cupides.

NON et NON !


toto de bahia 07/11/2009 00:17


Qui peut (citer) le plus: Thorez, blum,Cesaire,Maran,St john Perse etc etc
Peut(nommer) le moins:Secretaire d'etat aupres de, ministre aupres de... La fille de.

Salaud de Pauvre! le pouvoir ne se Donne pas il se conserve DEMOCRATIQUEMENT par une politique  de poudre aux yeux, Mon cher fils Jean.


Luc ANDRE 06/11/2009 23:56


Mr Boulogne je crois que l'intervention du Président permettra ou imposera à celles et ceux qui pensent comme vous et moi d'exprimer non pas une crainte ou une peur (réelle certes) mais une volonté
farouche de préserver nos territoires dans le droit commun avec 2 votes NON. Le President ne semble pas tres net dans ses prises de position car pourquoi avoir ajouté à la demande du Congrès de
Martinique une question que nous pouvons qualifier d'aléatoire! Cette manière de procéder n'a à mes yeux qu'un seul but: favoriser celui qui ne respecte pas la démocratie: Mr Letchimy. Car lorsque
le Congrès s'est réuni une majorité s'est dégagée et a proposé ses conclusions au Premier Ministre à savoir la possibilité d'évolution vers l'Article 74. C'est à ce moment que le President du PPM
veut faire passer une réponse à une question qui n'était pas posée en parlant de troisième voie!! et c'est là que  l'on voit comment Mr le President de la Republique a innové en introduisant
une question aléatoire qui aura pour but d'affaiblir le 74 'ce qui ne me derange pas) mais de permettre une nouvelle situation floue qui privera nos investisseurs de toute lisibilité. Nous avons
besoin d'etre tranquilles pendant 20 ans pour que le developpement economique soit vraiment une priorité.
N'hesitez donc pas, comme je le fais à mon niveau, de faire comprendre à nos compatriotes des deux îles qu'il nous faudra bâtir valablement et durablement un marché commun de 900.000 habitants et
non vouloir des statuts à la carte comme Saint Martin qui ne tardera pas à se faire annexer......
Merci pour votre tribune et poursuivez l'information simple et vraie