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Publié par Edouard Boulogne

La tribune libre de Jean-Marie NOL : Autonomie ou indépendance. L'heure du choix sonne pour le gouvernement français ! 

Une Tribune, a fortiori une tribune libre, est dans un organe d'expression publique une prise de parole accordée à une personne ou un groupe pour faire connaître son avis sur une question politique, religieuse, artistique, etc. Cette tribune n'exprime pas nécessairement l'avis de l'hébergeur, c'est-à-dire ici, le blog du Scrutateur, c'est-à-dire moi.

Depuis plusieurs mois, M. Jean-Marie Nol me fait l'honneur de m'adresser ses chroniques argumentées, profondes, auxquelles je souscris souvent, en totalité ou en partie, pour leur bon sens et leur science.

Cela dit, la ligne de conduite du blog est définie par moi, libre au lecteur d'y souscrire totalement, partiellement, ou pas du tout. (Edouard Boulogne).

 

 

La tribune libre de Jean-Marie NOL : Autonomie ou indépendance. L'heure du choix sonne pour le gouvernement français ! 

 

Avec la crise sociétale actuelle , nous vivons la fin de deux longs cycles historiques des évolutions de la société Antillaise .  La situation en Guadeloupe se stabilise à peine et empire en Martinique que le gouvernements préparent déjà la sortie de crise. Comment ?

Non sans crainte d'abord, car rien n'est acquis : si l'économie est  en chute libre avec de nombreux licenciements à la clé comme cela est déjà prévisible , la sortie de crise ne dépendra pas pour beaucoup de mesures ponctuelles, mais d'une solution d'ordre purement politique. 

 

Le contexte d'apaisement de la situation est encore très incertain et beaucoup dépend de paramètres que personne ne maîtrise, comme sur la question de l'obligation vaccinale. Mais c’est précisément dans les périodes de choc d’immédiat après-crise que l’histoire s’accélère, que les bifurcations sont engagées ou pas, que les décisions prises conditionnent pour une longue période la construction du futur. L’expérience toute récente du blocage de l'économie par les syndicalistes  et autres activistes, est source de prises de conscience et de réflexions de plus long terme sur lesquelles les élus Antillais n'ont aucune prise. 

Derrière l'autonomie prônée par les élus , c'est l'indépendance qui se profile en filigrane et qui n'est plus un tabou  pour le gouvernement français. 

En effet que penser des propos tenus hier par Sébastien Lecornu ministre des Outre-mer ? 

Le gouvernement est "prêt à parler" de l'autonomie de la Guadeloupe, a déclaré vendredi le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu. "Certains élus ont posé la question, en creux, de l'autonomie (de la Guadeloupe), par rapport à son statut actuel de département ou région d'Outre-mer", a dit Sébastien Lecornu dans une allocution mise en ligne vendredi soir. Et de rajouter qu'il  n'y a "pas de mauvais débat" (comprendre en creux sur l'indépendance, car le débat sur l'autonomie a déjà eu lieu à deux reprises aux Antilles ) du moment qu'ils "servent à résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens", .  Ne soyons pas angélique, le changement statutaire est un mal nécessaire inévitable dans le contexte actuel de malaise identitaire, de violence,  de pillages de commerces, et blocages par des barrages en Martinique et en Guadeloupe. A écouter ce matin les chaînes info en France, force est de constater qu'il y a un amalgame entre autonomie et indépendance. Il s'agit de préparer les esprits à l'indépendance à terme de la Guadeloupe et la Martinique.

Je répète que le débat sur l'autonomie a déjà eu lieu aux Antilles, donc pourquoi cette confusion avec l'indépendance et ces déclarations indignées sur les propos de Lecornu de la part de la classe politique française ?

 

Que ne serait il pas reprocher à l'Etat par l'écrasante majorité des guadeloupéens et martiniquais de ne rien faire pour une sortie politique de la crise. 

Le malaise est identitaire et la solution de sortie de crise est maintenant d'ordre strictement politique. 

 

Force est de constater que la revendication de la souveraineté de la Guadeloupe et de  la Martinique remonte à longtemps et le malaise identitaire  ne disparaîtra  qu'avec un statut de souveraineté pleine et entière. Mais l'indépendance n'est pas pour demain, alors entre-temps place à l'autonomie. il faudra subir et prendre son mal en patience. 

 

L'État français demeure le maître de l'échiquier.

 

Et il serait vain d'imaginer pour le gouvernement des étapes intermédiaires comme l'autonomie, car le choix réside selon nous en fin de compte dans le statut quo de départementalisation aménagé par la loi 4DS ou l'indépendance. L'autonomie ne réglera aucun des problèmes actuels de la Martinique et de la Guadeloupe et cela le gouvernement français le subodore déjà de par l'expérience de la nouvelle Calédonie voire même de Saint Martin . Nous n'avons pas la même histoire ni le même peuplement que la Polynésie. la nouvelle Calédonie, ou encore de Saint Martin . Dans l'esprit de Emmanuel Macron l'autonomie ce sera un marché de dupes pour  l'Etat français préjudiciable à ses intérêts de long terme. .C’est bien Emmanuel Macron qui a déclaré lors d'un voyage en Algérie que "la colonisation est un crime contre l'humanité" . Ce que les Martiniquais et Guadeloupéens doivent enfin finir par comprendre, c'est que Emmanuel Macron n'est pas un affectif. C'est un homme froid voire cynique à l'image de François Mitterrand , un financier et qui a une approche purement comptable des problèmes de la France . Le président de la République Emmanuel Macron n'est rien moins qu'un florentin. Emmanuel Macron fait partie de la nouvelle jeune génération d'hommes politiques  français qui n'ont aucune attache sentimentale à l'outre-mer. Au contraire ils considèrent tous que les Outre-mer coûtent trop cher à la France et ne rapportent encore rien en termes de richesses à la France, mais toujours au final une cascade d'ennuis. Si les choses devaient tourner mal, Emmanuel Macron agira sans aucun état d'âme pour prendre des décisions radicales quant à l'avenir statutaire  des Antilles. 

Pour le gouvernement français, le contexte historique et culturel de la départementalisation n'est plus porteur de développement économique et de stabilité politique. Pour lui, l'autonomie de la Martinique et de la Guadeloupe ne sera pas à terme un terreau favorable à un maintien des intérêts stratégiques de la France . Nos élus locaux n'ont toujours pas compris que l'autonomie est devenu un concept obsolète avec l'émergence de la quatrième révolution industrielle axée sur le numérique, la robotisation, la digitalisation de l'administration, la démondialisation,le nouveau protectionnisme en économie, l'intelligence artificielle, le télé-travail etc... Pour le gouvernement qui a parfaitement intégré cette nouvelle donne, la solution finale pour la Martinique et la Guadeloupe réside à terme dans l'indépendance nationale en association avec la France comme pour la nouvelle Calédonie. 

 

 L'indépendance nationale de la Guadeloupe et surtout en premier lieu de la Martinique  est inéluctable dans l'esprit des dirigeants de l'Etat français. 

Oui,  la notion d'indépendance existe bien  en germe, dans l'esprit des dirigeants syndicalistes, mais de l'avis des élus il faut pas se tromper de calendrier et brûler les étapes, sinon la Guadeloupe et la Martinique seraient  ingouvernables à l'image d'Haïti voire même pire. Le hic c'est que nous avons affaire à  une ambivalence culturelle de la société Antillaise  . Alors là, j'estime que les Antillais sont frappés d’une double impossibilité : « L’impossible retour au passé et l’impossible présence à ce temps vécu du progrès. Dans son Portrait du colonisé, Albert Memmi parle lui de » douloureux décalage avec soi ». 


 

Dans ces conditions, la nature du désordre sociétal actuel dont il est question mérite qu’on s’y attarde : Il s’agit de toute évidence d’une tradition contestataire, réactive et défensive sur le plan identitaire , une tradition qui ne s’exerce qu’en situation de crise , une espèce de sens pratique dans l’acception du sociologue Bourdieu. D’où la question suivante : ces velléités séparatistes et traditionalistes intermittentes et par certains aspects erratiques, activées à l’occasion de l’adversité le plus souvent, peut-on les considérer au même titre qu’une politique de rupture axée sur la  tradition établie, spontanée et allant de soi, structurée et structurante, revendiquée et au besoin défendue ? Autrement dit, une ambivalence politique, culturelle et d'ordre identitaire dont l’ordre des termes est aussi variable qu’instable est-elle crédible ? La deuxième question qui complète la première est celle d’identifier le registre existentiel ou les valeurs modernes sont activées et celui où se sont plutôt les valeurs traditionnelles qui sont convoquées. Formulée autrement, la question serait celle d’identifier les valeurs auxquelles le guadeloupéen et le martiniquais recourt s’agissant de ses intérêts vitaux.

En conséquence de quoi pour la Martinique et la Guadeloupe, le risque réside désormais dans un amalgame du peuple entre autonomie et indépendance, et donc pour bon nombre de martiniquais et guadeloupéens, dans un désordre sociétal porteur d'une rupture des liens avec la France. 

Mais là c'est aussi faire fi du proverbe créole suivant :   "Pis pa ka rété assi chyen mô."... A méditer ! 


 

Jean marie Nol économiste 

 

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C
Cette autonomie réclamée depuis des lustres est faite pour qu’une collectivité décide par elle-même. Si l’on doit citer un exemple significatif ….le problème récurrent de l’eau dont le réseau n’a été ni entretenu, ni renouvelé depuis des années avec des pertes de 60% et des équipements d’un autre âge, en affectant les fonds consacrés au vélodrome, véritable désastre ou les panneaux nous indiquant que, par trafikera, la distance qui nous sépare de Sainte Rose… Tout cela nous montre l’incapacité manifeste de nos élus à se prendre en main, il y en a, probablement, qui pousseront des cris d’orfraie, mais la réalité est bien là, on doit encore nous tenir par la main, triste constat, entre un président de région, triste scientifique déchu, boycotté par sa communauté et les 23 vices présidents, qui ne président rien..
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C
Bonjour Mr Boulogne,
Je prend acte de cette nouvelle orientation biaisée, à titre de comparaison, même si la France fragilisée par de nombreuses attaques semble encore éternelle...
Parabole :
En ce qui me concerne , mes parents m'ont formés à l'autonomie, puis j'ai pris mon indépendance et ne leur ai plus rien demandé...
J'ai bien fait, depuis ils sont très éloignés de moi pour absence de vie depuis un assez long temps !
Que deviendront les satellites de la France si celle-ci perd ou change de civilisation, y avons nous pensé ou est-ce si inenvisageable ?
Bon Dimanche pieusement ou au pieu . Comme pour Manu et le Pape, tu le vaux bien !
Cdlt Cjj.
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C
A quand l'autonomie de l'île de beauté, comme réclamé immédiatement par les Corses, lorsqu'ils ont su la proposition de M Lecornu
A quand l'autonomie de Nice et de la Savoie, départements bien moins anciennement français que nous dans l'histoire
Et puis pourquoi ne pas accorder l'autonomie aux indépendantistes basques ou bretons
Les intrigants de l'anti-France veillent à la désagréger depuis qu'ils sont au pouvoir.
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H
L’utopie autonomiste

JM Nol décrit bien cette utopie qui est une vraie utopie pour les Antillais mais pas pour le gouvernement qui propose un piège machiavélique , qui enrobe de chocolat ses intentions véritables.
Il ne parle pas beaucoup du peuple d’ici et de là-bas qui auront leur mot à dire localement ou nationalement selon les changements proposés. Sauf erreur ce même peuple devra être consulté selon la constitution.
Si on peut éclairer localement les citoyens sur une présentation , si possible honnête , les jeux sont fait s’agissant d’une consultation nationale tant les citoyens de Métropole ont une image négative de nos îles , savamment entretenue, avec piqures de rappel, par nos syndicalistes sur-payés non démentis par les gouvernements successifs et les médias gauchistes.
Même si l’aspect suicidaire de la démarche est , probablement, rejeté par les Domiens ils seront les dindons d’une farce tragique .
Cela va s’inscrire dans le déclin rapide de la France et plus généralement de l’Occident dont le suicide woke est annoncé par la montée d’autres civilisations.
Quant on constate l’utilisation faite par les jeunes de 18 ans, de leur Pass « culture » pour acheter des mangas qui figurent dans les 16 premiers titres avant…le code civil, on peut avoir des doutes sur leur futur et donc celui de nos jeunes ici.
Les 1000 postes d’emploi services dans des services « non marchands » , que l’on verra au bord de nos routes à 10 ,regardant un seul travailler , sont une insulte de plus à la jeunesse.
Nos anti-vax pensent faire plier nos gouvernants mais ce ne sont pas nos rimèd razié qui nous protégerons du nouveau virus Ô Macron .
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C
Rien de nouveau sous le soleil: la Guadeloupe n'est pas une colonie, mais une région et un département
français, confirmé par un vote à 73% favorable. A ma connaissance, nul ne peut en changer le statut, sans consulter sa population. N'en déplaise à certains élus dont l'appétit de pouvoir "ne se sent plus de joie".
Changement qu'a commenté le sénateur M. Victorin Lurel : "c'est une demande des élus, pas de la population.
Est-ce que cela va améliorer la situation ? NON"
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