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Publié par Edouard Boulogne

Monseigneur-XXIII.jpg ( Nos temps demandent des Athanase, pas des chiens battus ).

 

Le Scrutateur a déjà eu l'occasion de rendre compte des diverses significations de la « cathophobie » qui sévit actuellement en France, particulièrement à Paris et à Toulouse. Une fois n'est pas coutume, des catholiques, jeunes pour la plupart ont réagi. Avec vigueur, mais avec humour aussi, et sans rien casser.

Les médias, qui mettent en scène avec une jubilation, et une sympathie, perceptible aux gens les moins avertis, les fameux « indignés » de Madrid, de New York, ,ou d'ailleurs, se scandalisent ( font semblant ) de l'indignation catholique face à des provocations de mauvais goût et sacrilège.

Après tout, ces p'tits  jeunes ne sont que des catholiques, des gens qui n'ont plus le droit que de se taire dans une France pourtant façonnée par 15 siècles d'histoire chrétienne. Comme dit Cathos, parisienne à la mode, dans le Paris de Louis XIV, précieuse sans scrupules et dirigeante sans vergogne d'un lobby littéraire, parfaitement décidée aussi à exclure toute concurrence à sa coterie niaiseuse : «  nul n'aura de l'esprit, hors nous et nos amis ». Aujourd'hui à Paris rien n'a changé à cet égard. Nos anticléricaux viscéraux ( non pas laïques, mais laïcicistes, ou laïcards ) entendent garder la mainmise absolue sur le monde de la culture et disqualifier ceux qui leur résistent. «  Nul, n'aura de l'esprit, hors euxet leurs amis ».

Les voici qui disposent désormais du support de l'archevêque de Paris, Mgr XXIII, qui, à cette façon pateline que le grand Jean-Paul II n'a pu réussir à extirper de l'âme du certain « haut » clergé, blâme les manifestants indignés de son diocèse.

On voudra bien, je l'espère, me pardonner, ( c'est au nom de mon droit à la libre expression que j'écris ) mais en écoutant et lisant Mgr XXIII, j'ai pensé, curieuse association de pensée peut-être, à la Martine du Médecin malgré lui, de Molière. 

Medecin-malgre-lui.jpg


Cette pièce burlesque, on le sait commence par une scène de ménage entre un époux, Sganarelle, et sa femme, Martine.

La querelle, est verbale d'abord . Mais lisons ( Acte I, scène 1 ). ( j'ai le souvenir de cette pièce jouée au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre, il y a une quinzaine d'années, et mise scène par un de mes anciens élèves, Bernard Bastaraud, que j'avais initié au comique burlesque, précisément au moyen de cette pièce mineure du grand Molière. C'était à hurler de rire, et le public ne s'en privait pas. Bastaraud poursuit sa carrière aujourd'hui en métropole ).

 

« SGANARELLE:   Non, je te dis que je n'en veux rien faire, et que c'est à moi de parler et d'être le maître.

MARTINE:   Et je te dis, moi, que je veux que tu vives à ma fantaisie, et que je ne me suis point mariée avec toi pour souffrir tes fredaines.

SGANARELLE:   Oh ! la grande fatigue que doit d'avoir une femme! et qu'Aristote a bien raison, quand il dit qu'une femme est pire qu'un démon!

MARTINE:   Voyez un peu l'habile homme, avec son benêt d'Aristote!

SGANARELLE:   Oui, habile homme:   trouve-moi un faiseur de fagots qui sache, comme moi, raisonner des choses, qui ait servi six ans un fameux médecin, et qui ait su, dans son jeune âge, son rudiment par cœur.

MARTINE:   Peste du fou fieffé!

SGANARELLE:   Peste de la carogne!

MARTINE:   Que maudit soit l'heure et le jour où j'aviserai d'aller dire oui!

SGANARELLE:   Que maudit soit le bec cornu de notaire qui me fit signer ma ruine!

MARTINE:   C'est bien à toi, vraiment, à te plaindre de cette affaire. Devrais-tu être un seul moment sans rendre grâce au Ciel de m'avoir pour ta femme? et méritais-tu d'épouser une personne comme moi?

SGANARELLE:   Il est vrai que tu me fis trop d'honneur, et que j'eus lieu de me louer la première nuit de nos noces! Hé! morbleu! ne me fais point parler là-dessus:   je dirais de certaines choses...

MARTINE:   Quoi? que dirais-tu?

SGANARELLE:   Baste, laissons là ce chapitre. Il suffit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver.

MARTINE:   Qu'appelles-tu bien heureuse de te trouver? Un homme qui me réduit à l'hôpital, un débauché, un traître, qui me mange tout ce que j'ai?

SGANARELLE:   Tu as menti; j'en bois une partie.

MARTINE:   Qui me vend, pièce à pièce, tout ce qui est dans ce logis.

SGANARELLE:   C'est vivre de ménage.

MARTINE:   Qui m'a ôté jusqu'au lit que j'avais!...[...] ». Etc.

 

Des mots on passe au coups. Martine reçoit une pluie de coups. ( La pièce aujourd'hui recevrait la foudre de l'association « Ni putes, ni soumises »).

Passant par là, car la dispute a lieu en pleine campagne, sur une route, un certain M. Robert, croit devoir s'interposer. Mal lui en prend. Lisons :

 

Acte I, scène 2).

 

« M.ROBERT:   Holà, holà, holà! Fi! qu'est-ceci? Quelle infamie! Peste soit le coquin, de battre ainsi sa femme!

MARTINE:   les mains sur les côtés, lui parle en le faisant reculer, et à la fin lui donne un soufflet.
Et je veux qu'il me batte, moi.

M.ROBERT:   Ah! j'y consens de tout mon cœur.

MARTINE:   De quoi vous mêlez-vous?

M.ROBERT:   J'ai tort.

MARTINE:   Est-ce là votre affaire?

M.ROBERT:   Vous avez raison.

MARTINE:   Voyez un peu cet impertinent, qui veut empêcher les maris de battre leurs femmes.

M.ROBERT:   Je me rétracte.

MARTINE:   Qu'avez-vous à voir là-dessus?

M.ROBERT:   Rien.

MARTINE:   Est-ce à vous d'y mettre le nez?

M.ROBERT:   Non.

MARTINE:   Mêlez-vous de vos affaires.

M.ROBERT:   Je ne dis plus un mot.

MARTINE:   Il me plaît d'être battue.

M.ROBERT:   D'accord.

MARTINE:   Ce n'est pas à vos dépens.

M.ROBERT:   Il est vrai.

MARTINE:   Et vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n'avez que faire.

M.ROBERT:   il passe ensuite vers le mari, qui pareillement lui parle toujours en le faisant reculer, le frappe avec le même bâton et le met en fuite; il dit à la fin:
Compère, je vous demande pardon de tout mon cœur. Faites, rossez, battez. comme il faut, votre femme ; je vous aiderai, si vous voulez.

SGANARELLE:   Il ne me plaît pas, moi.

M.ROBERT:   Ah! c'est autre chose.

SGANARELLE:   Je la veux battre, si je le veux; et ne la veux pas battre, si je ne le veux pas.

M.ROBERT:   Fort bien.

SGANARELLE:   C'est ma femme, et non pas la vôtre.

M.ROBERT:   Sans doute.

SGANARELLE:   Vous n'avez rien à nous commander. »

 

Chers amis, j'ai voulu me divertir un peu, et vous avec ( peut-être ! ). Mais l'association m'a semblé pouvoir être faite entre M. Robert et les protestataires catholiques, trouvant injuste la persécution subtile à l'égard des valeurs et des symboles catholiques en France, et d'autre part Martine, symbole des défaitistes et opportunistes, mitrés ou non, qui, finalement, aiment à être battus. Et à mon esprit frondeur s'est imposée la surimpression de l'image de Mgr XXIII à celle de Martine.

Kyrie Eleison!

Et, vous pouvez m'en croire, s'il n'y avait qu'eux, je les abandonnerais bien volontiers à la vindicte des persécuteurs, et destructeurs de ce qui reste, en France, de moralité et d'esprit au-dessus de la ceinture.

Mais quand l'autorité défaille, il faut qu'elle soit bousculée par la base, ou remplacée. C'est ce que fit, sur un autre plan de Gaulle en 1940.

Avis à Mgr XXIII, la Martine de notre pugilat.

D'ores et déjà, les premiers fruits de la résistance apparaissent, comme va vous le montrer le lien ci-dessous.

Je ne souscris pas nécessairement à tous les arguments des protestataires. Et, sûrement, leur dialectique doit être affûtée. On ne s'exprime pas sur une chaine de TV devant des millions de spectateurs anonymes comme on peut le faire, à demis mots et même avec gouaille devant un parterre d'amis.

Mais enfin, tout n'est pas à rejeter dans ce qu'ils disent. Jugez-en.

 

http://www.laportelatine.org/communication/videotheque/christianophobie111029/escada_zemmour1111.php

 

Edouard Boulogne.

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