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Publié par Edouard Boulogne

Témoignage : la détresse de Wilfried Teinturier.   

 

img017.jpg ( La Une de la revue Guadeloupe 2000, revue de la Résistance, en mars-avril 1985, au moment des faits rapportés par Willy Teinturier ).

 

 

( Les saboteurs de la Guadeloupe, symbolisés aujourd'hui par le LKP, utilisaient, dans les années 1980- 1986, d'autres méthodes, bruyantes, mutilatrices, parfois meurtrières. Il faut que les plus anciens se souviennent, et que les plus jeunes apprennent. D'autant plus que la lâcheté des uns, l'inconséquence des autres, permettent aux fauteurs de troubles, aux terroristes de l'époque, ces dirigeants et animateurs de l'ARC [ Alliance Révolutionnaire Caraïbe ] de plastronner sur les antennes des médias, au côté d'Elie Domota, comme on l'a vu encore récemment lors de la "crise sociale" [comme ils disent cyniquement], en 2009, tout en jouissant paisiblement de leurs retraite de cadres, ou d'enseignants.

Pourtant ces gens-là sont des criminels. Il faut le dire, le répéter, courageusement, en héraults de la vérité, car la vérité seule est révolutionnaire.

Parmi les victimes de cette tourbe méprisable, il y avait un jeune homme, enthousiaste, actif, plein de projets, qui a vu son existence vaciller une certaine nuit du 10 mars 1985.

Il s'appelle Wilfried Teinturier. C'est lui, qui, de Suisse où il réside aujourd'hui, a contacté Le Scrutateur pour rafraichir nos mémoires.

Voici son bouleversant témoignage.

Guadeloupéens! n'oublions pas. Osons regarder en face, le visage obscène de la brutalité politique qui a le culot de se présenter à nous comme le porte-parole du peuple de la Guadeloupe!

 

Edouard Boulogne.

 

 

 

 

Voici mon témoignage….une injustice….

               

Je m’appelle Wilfrid  Teinturier je suis né au Havre (Seine maritime) le O8/07/ 1959. J’ai appris le métier de cuisinier au Havre et obtenu mon certificat professionnel en 1977. Fier de ce diplôme il m’a été confié à plusieurs reprises un poste de cuisinier dans des restaurants de stations de sports d’hiver (Megève, Morzine).  Les intersaisons je travaillais à Paris dans des restaurants gastronomiques, métro boulot, pas dodo. Las de cette vie trépidante, en septembre 1979, je décide de casser ma tirelire pour partir m’installer aux Antilles en Guadeloupe. Je découvre alors ce qui pour moi représente un paradis, je viens d’avoir 19 ans et je vais vivre ici au soleil avec la mer bleu émeraude! C’est tout simplement incroyable, magnifique, extraordinaire. Il me reste à l’époque 300 FR français, le billet retour et le challenge de repartir à zéro et en vélo…

Les six premiers mois de travail ont été très difficiles, pas payé ou presque, j’étais déçu, je donnais toute mon expérience à des patrons qui n’étaient pas sérieux.  Je décide alors de prendre un mois de congé  et de  rentrer en métropole. Pendant ces vacances un peu forcées, à trois jours de partir, un ami me présente à un couple de restaurateur qui recherchaient vainement un bon chef de cuisine pour leur magnifique restaurant à qui ils donneraient carte blanche pour s’occuper des achats, de la carte et également du personnel. En plus je fixais mon salaire, plus un intéressement au chiffre d’affaire! Je les ai regardé dans les yeux tous les deux, ils ne me mentaient pas, ils étaient sérieux, j’ai déchiré mon billet retour devant eux, tapé dans leurs mains et nous avons vécu une magnifique complicité. Le restaurant est passé de 30 couverts par jour à 150 /180 couverts gastro, le tout dans une super ambiance de travail. Notre collaboration a duré 4 ans.  Ensuite avec un ami, j'ai créé mon propre restaurant le 01/08/ 1984

Sur un concept de salades, galettes de Sarrazin, crêpes sucrées et super dessert, ouvert tous les soirs sur une belle terrasse tout en bois, nous avons réalisé tous les travaux et  la décoration. Résultat 180 couverts dès le premier soir! De la folie, une joie immense! Succès dû au sérieux, à la qualité des plats, du service et de l’ambiance, une belle alchimie, le top! Le Gargantua était devenu le lieu, l’endroit en Guadeloupe de rencontres et de fêtes. Nous avons ensuite ouvert pour le service du midi également, planté un grill sur la terrasse pour travailler devant les clients, langoustes, poissons et choix de viande grillée sont venus se rajouter à la carte et là nous avons en quelques mois explosé le chiffre d’affaires, je réalisais l’objectif souhaité; celui de créer ma propre affaire pour mes 25 ans et avec la réussite du resto d’autres projets pointaient leur nez. En d’autres termes, un bel avenir car tout nous souriait, la belle vie….Trop belle cette vie! Ma vie …

 

Il était 23 heures, le 10/03/1985, après un service de folie j’ai ressenti une drôle de sensation, une inquiétude, un malaise quelque chose de bizarre …alors que j’allais comme chaque soir vérifier et fermer les grosses bouteilles de gaz situées à l’extérieur du restaurant, je vois un paquet qui ressemblait à un petit sac en cuir au pied de celles-ci. Une main sur le détendeur de la bouteille de gaz, avec le bout de mon pied droit je touche ce truc ….

Une déflagration, une explosion! Je viens de déclencher un engin de mort, je suis projeté avec une violence incroyable contre le rideau de fer du voisin, puis je retombe à terre. Pendant ces quelques secondes interminables, ma vie à basculé !je ne le sais pas encore mais je viens de perdre ma jambe gauche, la vision de l’œil gauche et l’audition de mon oreille gauche et je suis couvert de plaies sur tout mon corps. Il y a une odeur de poudre brûlée mêlée au sang que je perds à toute vitesse! Pendant quelques minutes j’ai comme disjoncté, je ne sens plus rien,  je suis dans du coton, plus de chaussures, de pantalon, de chemise…Eric, un ami, me rassure comme il peut. Je n’arrive pas à me relever, je tombe et retombe par terre à chaque fois que j’essaie de me relever. Il me demande de me calmer, il essaie de me rassurer, « t’inquiète  pas, t’inquiète pas », j’entends quelqu’un dire « quelle horreur c’est pas possible! » Philippe  mon copain d’enfance crie: « poussez vous, écartez vous! ». Ils me font un garrot à la cuisse. Apparemment je perds beaucoup de sang, tout va très vite, je suis transporté aux urgences à l'hòpital, il est minuit trente. Les infirmiers me tournent dans tous les sens pour faire les radios, me coupent ce qui me reste de vêtements, je dis à une infirmière en blaguant que le slip qu'elle est en train de couper est tout neuf je venais de l'acheter, j’ai froid, très froid, je suis gelé, je rentre en salle d’opération, ils m’endorment, je ne me réveillerai plus jamais comme avant! 

Aujourd’hui je survis à Genève et 25 ans après, j’ai du mal à vivre avec cette injustice. De plus, mon attentat n'a jamais été revendiqué donc jamais reconnu et jamais indemnisé en tant qu’attentat. Il a été reconnu comme un accident du travail, oui un accident du travail!… quelques minutes avant je jouais à cache-cache avec les enfants de mon ancien patron dans les couloirs autour de mon restaurant, si un de ses enfants avait ramassé ce maudit paquet… !.Aurait il été considéré comme un accident du travail ? 25 ans après j’ai toujours un sentiment d’injustice et de lâcheté de la part des poseurs de bombe mais également de la part de l’etat français  qui était en place à l’époque et qui n’a pas pris ses responsabilités.

 

Chaque année et maintenant 2 fois par an, on me demande de prouver que je suis bien vivant pour pouvoir toucher cette malheureuse indemnité de 1160 euros par mois qui ma été allouée et qui ne me permet pas de vivre correctement ici à Genève. Jamais au grand jamais, quelqu’un ou un service d’état français ou suisse ne s’est inquiété de savoir si je vivais bien ma vie ou si j’avais besoin d’aide…Bien au contraire, il y a environ 3 ans, j’ai sollicité d’être vu et entendu par le  service de l'AI suisse afin qu’il m’aide à trouver un emploi réservé aux handicapés. Je ne leur ai jamais demandé même 1 centime d’euros, juste une aide au placement, ils m’ont convoqué et m'ont tout simplement dit que pour eux, au vu des expertises et des éléments français que je leur ai fourni, je n’étais pas considéré comme handicapé…. ils ne pouvaient rien faire pour moi.

Par contre, la rente « adulte handicapé » française que je perçois chaque mois en France pour cet attentat jamais reconnu comme tel,  l’état suisse VEUX  bien me la taxer!

Y a-t-il deux poids, deux mesures ? Pas de reconnaissance comme travailleur handicapé en suisse mais imposition Suisse sur ma rente Française, je suis vraiment révolté, outré!

En effet je vis là une double injustice, d'abord, cet attentat, car c’est bien suite à un attentat, un acte de guerre que je suis handicapé, je ne tenais pas une armurie que je sache… ! Je ne maniais pas non plus des explosifs! J’avais créé à 25 ans en Guadeloupe, à la sueur de mon front, avec courage et détermination, un restaurant, un beau restaurant qui fonctionnait merveilleusement bien!

La deuxième  injustice est que l’Etat Suisse, à cause de cette non reconnaissance par la France de cet attentat, acte de guerre, veut m’imposer sur ma petite rente française qui, au risque de  me répéter , n'est pas imposable en France, mais qui me permet avec mon petit salaire suisse de survivre difficilement dans ce pays des droits de l’homme, sans avoir de dettes pour l’instant……Je n’ai jamais, non jamais baissé les bras, je suis un homme avec des valeurs qui m’ont été données par mes parents, arrières parents, si vous croyez que vous allez me faire tomber jusqu'à me clochardiser, vous ne savez de quoi je suis capable……           

J’ai 51 ans, j’ai trouvé un job, un petit  travail de 3 heures par jour depuis maintenant 3 ans, comme responsable de la cantine scolaire d’Aire la Ville. Je m’occupe et anime un groupe de 50 enfants entre 4 et 11 ans avec 3 autres personnes. J’aime ce travail, mais mon handicap ne me permet pas, ou alors…. difficilement à cause de la station debout, d’en faire plus pour gagner plus!  Ce travail m’est rémunéré 1500fr.- suisse sur 12 mois. Alors à vos calculettes, qui doit quoi? Et à qui?…. !!!!!!!

 

 

 

                                                                                WILFRID  TEINTURIER.

 

 

 

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Claudie Lacascade 10/08/2010 21:08



Quelle injustice! ce paquet c'est lui qui l'a reçu, c'est lui qui a perdu son pied et une partie de sa jambe...mettons nous tout simplement à sa place...


D'accord il était au travail mais...


Tout le monde connait la situation dans le pays à cette époque sauf l'ÉTAT FRANÇAIS apparemment....


 



dolto 30/07/2010 19:46



les fêlés du lkp et de leurs stipendiaires  essaient encore de noyer le poisson et de trouver un responsable qui de l'état ou des collectivités,  à toutes leurs exactions…avec leurs
menaces incéssantes et stériles on se croirait dans une cour de récréation à les entendre (bla bla et re-bla bla), et là c’est grave,ces rodomontades de bas étage n’amusent et n’abusent plus
personne!


le LKP serait le remède miracle à tous les mots de la société guadeloupéenne, des accidents de la route à la délinquance des jeunes grâce à la "milice LKP". Quelle mauvaise foi !
Monsieur DOMOTA  nous annonce une rentrée mouvementée. Je pense qu'il se trompe et que nos concitoyens ne seront pas assez stupides pour suivre un mouvement qui a déjà mis à genoux la
Guadeloupe. Les PME et TPE sont au bout du rouleau. La reprise d'un conflit social dur serait un acte suicidaire pour l'économie guadeloupéenne. C'est la politique du pire que CETTE ARSOUILLE
appelle de ses voeux
.                                                                                                                        
Dans le métro parisien j’ai vu des affiches qui vantent les atouts des îles de la Guadeloupe. Sur les chaines de télé on voit depuis quelques temps de la pub pour la banane de la Guadeloupe et de
Martinique. A quoi ça sert de faire ces pubs si on sait que la Guadeloupe sera à nouveau bloqué dans peut-être quelques semaines!
J’ai écouté un des derniers discours de Domota. Dans ce discours il demande la création de deux ou trois milles contrat de formation pour la jeunesse Guadeloupéenne.
C’est bien de former les jeunes, mais dans le même temps par pur racisme , il ne  veut pas que des grandes entreprises nationales viennent s’installer en Guadeloupe. Ces jeunes qui auront
été formé a grands renfort de fonds eureupéens,  par qui veut-il qu’ils soient embauchés ?


Domota parlait aussi du fait que Willy Angèle voulait faire de la Guadeloupe le Singapour des antilles. Domota disait, « en gros » que c’est vrai que Singapour était riche, qu'il y avait du
travail là-bas ( plein emploi ), mais qu’il ne voulait pas de ça pour la Guadeloupe, sous prétexte que singapour payait un lourd tribu à son développement économique : surconsommation et
préeminance de la finance et des services..
Je voudrais simplement préciser en ce qui concerne le travail que la Guadeloupe est un département français sans aucune ressources naturelles (pour l’instant en tout cas,  n’en déplaise à
certains membres du LKP)et qu’en France le travail des antillais est quasi garanti pour presque un million de nos compatriotes.


En moins de cinquante ans, le nombre des natifs des Dom résidant en métropole a été multiplié par 15. A l’échelle des départements d’origine, cette immigration est impressionnante par son
ampleur
: près d’une personne sur trois née aux Antilles réside en métropole ET Y TRAVAILLE ALORS FAIRE CROIRE QUE LES ANTILLAIS SONT DISCRIMINES ( par la couleur de peau ) AU POINT DE NE PAS TROUVER DU
TRAVAIL OU VIVRE DE LA FACON LA PLUS NORMALE EST DE LA PURE PROPAGANDE digne d'un stalinien comme DOMOTA .
En mars 2010 , 857 000 natifs des Dom-Tom
ont été recensés en métropole. Les ressortissants des Dom ont été encore nombreux à s’installer durablement en métropole durant la dernière décennie, àl’inverse de ceux desTom. Même si son
vieillissement s’accélère, cette
population est encore jeune. Elle présente un
taux d’activité très élevé et travaille plus souvent dans le secteur public. L’Ile-de-France
reste la régiond’accueil de 54 % de
ces migrants, mais cette proportion augmente de facon continue depuis 1982 , car elle trouve du boulot la ou il n'y en pas dans les départements d'origine.Si ce n'était cette soupape de sécurité
, la guadeloupe aurait déja explosé sous le choc de la surpopulation et du chomage de masse avec un taux de pauvreté pire qu'en HAITI ;
 


 
Pour ce qui est de la prostitution dont domota parlait, c’est vrai qu’en guadeloupe il n’y a pas de « Bôbô » ou de « Pangnol » ou que Carénage et certain endroit glauque à St-françois : c’est que
de la légende!
Je trouve dommage que les hommes politiques guadeloupéens aient laissé le LKP s’approprier certains préocupation graves(les prix, la formation, la mémoire collective etc…) qui affectent
particulièrement la vie des guadeloupéens et que les tontons macoutes du LKP utilise ces préocupations graves comme point de rassemblement pour emmener les guadeloupéens vers le… néant.
On s’en rend pas compte mais UPLG devenu UGTG devenu ensuite Le LKP ça fait plus de vingt ans qu’ils sont là avec les mêmes méthodes et est-ce que les choses se sont beaucoup améliorés en
Guadeloupe ces Vingt dernières années: non! .......que de l'esbrouffe !
Personne ne fait entendre la voix de la majorité silencieuse en Guadeloupe , sinon par sondages qui tous disent que les guadeloupéens rejettent le LKP qu'ils considérent comme nuisible et
inéfficace.
Dire qu'il y a fixation sur le LKP s'avére totalement faux , mais il faur bien traiter de ce sujet puisqu'il est a l'ordre du jour et est transversal a tous les thémes développés par les médias
.Le LKP ne peut en aucun cas etre absous de tous ces errements et de la déconfiture de l'économie de la guadeloupe .
J'en veux pour preuve le sondage ipsos :
D’abord il faut croire que les guadeloupéens et martiniquais cherchent à oublier cet épisode social « douloureux » de 2009 en plaçant de nouveaux espoirs dans la consommation.


Oui mais selon cette enquête, nombreuses sont les personnes qui considèrent que leur situation s’est dégradée de même que celles qui s’avouent inquiètes pour l’avenir économique de leur île.
Certes, il ne faut pas noircir le tableau et selon l’institut de sondages, une « partie des guadeloupéens et Martiniquais aspire à une amélioration de la conjoncture et affirme qu’elle y croit un
peu avec la relance de l'ETAT.
A ce titre, les intentions de dépenses pour les vacances et les voyages progressent de 27 points, c’est peut-être un signe.
Enfin sur les 1500 guadeloupéens et martiniquais de 15 ans et plus interrogés seuls respectivement 7% et 2% pensent que : l’action du LKP et du collectif du 5 février 2009 pouvait améliorer la
situation, alors qu’il y a un an ils étaient 35% et 18% à le penser.
Apparemment le message du LKP et du K5F a de plus en plus de mal à passer puisque plus de 90% des sondés estiment que « rien n’a changé » ou pire, que la situation s‘est dégradée tant au plan
individuel que collectif , alors monsieur DOMOTA  gardez vos lubies imbéciles pour vous et n'essayez pas de faire les guadeloupéens prendre des vessies pour des lanternes, et encore moins un
6 pour 9.


Un dicton que j’aime bien et que les lkpistes devrait méditer : Les révolutions et l'indépendance sont belles les huit premiers jours ! ET PUIS LA MORT ET LA MISERE S'INSTALLE DURABLEMENT POUR LE
MALHEUR DU PEUPLE .
 
                                DOLTO