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Publié par Edouard Boulogne

Souvenirs d'antan de la Guadeloupe.

( Autoédition. 100 pages. En vente en librairie, 13 euros ).

 

 

 

Georges-Cocks.jpg ( Georges Cocks ).

 

« Tout passe, l'espace efface le bruit », écrit superbement Victor Hugo, en un langage qui, hélas! s'évanouit dans le vacarme de la Babel moderne.

Mais nous n'acceptons pas tous l'oubli qu'impose la marche cruelle du temps.

Ainsi Georges Cocks, ce jeune Guadeloupéen, féru de littérature et de théâtre dans le petit livre (par le volume) qu'il vient de publier : Souvenirs d'antan de la Guadeloupe.

 

img016.jpg


Les gens âgés, et même ceux de la génération du scrutateur, gardent le souvenir d'une Guadeloupe ancienne, qui, pour n'avoir pas possédé les avantages incontestables de la modernité, ne manquait pas d'un charme doux, paisible et inexprimable.

Ici et là, au détour d'un morne, d'une vieille fontaine désormais tarie, auprès des ruines d'une ancienne distillerie, nous nous surprenons à rêver.

Nos sens s'éveillent, et se souviennent, ravivent les vieilles couleurs, les vieilles senteurs, les vieux mélanges de cannes écrasées sur le chemin de l'usine, associées aux odeurs de vesou, de bouses, aux cris des charretiers, aux beuglements des boeufs tirants.

« Mon beau navire, Ô ma mémoire »!

Georges Cocks s'attache à ressusciter ces temps révolus, ou presque.

Son livre est une galerie de titres très simples : Les navires marchands, Le plaisir des eaux chaudes, Le séchage du café, L'arbre à pain, La marchande de sorbet, Les jeux d'antan, etc, où magiquement, il nous reporte en arrière, submergés de nostalgie, vers ce coin de rue, cette sortie d'école, ces jeux simples et captivants, aujourd'hui disparus.

«  Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors, qu'il n'y a plus?

Ce qu'il y a de surprenant, c'est que Georges Cocks n'a que 35 ans.

Il n'a pu connaître par lui-même, charnellement, ces réalités enfuies dont il parle.

Et sans doute, s'en est-il longuement enquis auprès des anciens. Sûrement, découvre-t-on là l'une de ses qualités morales, la piété, au sens latin du terme : cette reconnaissance des devoirs envers les dieux, les parents, la patrie.

Mais il réussit si bien à recréer le passé qu'il faut bien lui reconnaître ce don particulier des poètes et des artistes, ce don qui ne s'acquiert pas dans les manuels de prosodie ou de rhétorique, ce don qu'ont certaines âmes à se projeter en arrière ou en avant, en véritable empathie avec un surréel, qui permet de comprendre et de traduire le langage des fleurs et des choses muettes. Rien pourtant de cette banale nostalgie dont parle, ailleurs, Robert Brasillach, et qui nous fait murmurer souvent « Laudator temporis acti », c'était mieux avant. ( Voir dans notre rubrique La pensée du jour, - en date du 21 juillet 2010- le beau texte de Robert Brasillach : Le goût du passé ).

Il faut souhaiter du succès à cette oeuvre, qui n'est pas la première de l'auteur, et d'autant plus que l'époque est dure aux âmes délicates, et à la poésie.

 

Edouard Boulogne.

 

PS : Ici et là j'ai eu la bonne surprise, de constater que M.Cocks est un lecteur plus qu'occasionnel du Scrutateur, auquel il se réfère, ce dont je le remercie.

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Georges Cocks 23/07/2010 18:35



Merci Beaucoup Edouard pour cette article ou tu me décris si bien comme si on était amis de longue date, mais je sais que c est dans la passion d 'écrire qu'on se connait si bien il n y à pas de
secret entre nos lignes pour nous chers écrivains.


Il faut des hommes comme toi ici bas qui prennent plaisir a donner et a voir aussi emmerger de nouveaux talents car il faut l'admettre notre litterature va mal, mais on fait quoi?


Bonne continuation a toi aussi, et de nous eclairer par tous tes articles.


G cocks