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Publié par Edouard boulogne



Liliane BIMONT, une vie pour la danse. 

Il y a quelques jours, en l'église Sainte Thérèse de Prise d'eau, la phalange fervente des amis, entourait Dominique Bimont, et ses enfants, autour du corps de Liliane, leur épouse et mère.
Je leur adresse mes condoléances à l'occasion de ce deuil cruel, avant de céder la parole au journaliste Gérard César, qui a lu dans l'église le beau texte que voici:


Liliane BIMONT : Une vie pour la danse
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Liliane BIMONT a tiré sa révérence en silence, comme elle était venue il y a près de 50 ans, dans une Guadeloupe d'un autre temps, dans une Guadeloupe qui vivait en ce temps-là son après guerre.

Dans ses bagages, un petit sac de satin rosé, des chaussons de danse et un héritage transmis par son père amateur d'opéra, car c'est sur la pointe des pieds que Liliane BIMONT, dès l'âge de 6 ans pénétra dans le monde de la scène, de la danse et des coulisses, cet éblouissant spectacle exprimant la beauté des lignes et les mouvements d'un instant.

La danse, don de Dieu, fut aussi affaire de famille, car sa soeur jumelle, restée là-bas, partageait avec elle l'apothéose de 1ère danseuse de l'opéra. Deux adolescentes déjà belles étoiles du firmament.

Au pays des rythmes tropicaux, Liliane BIMONT enseigna grâce et légèreté de son art éternel et universel. La danse et son vocabulaire si particulier, de prises de volée en tournant, ou de tours relevés sur pied en arabesques. Que de générations ont bénéficié des bienfaits d'une danse d'école qui n'existe pas sans école. La danse à l'état pur, plaisir raffiné d'une géométrie dans l'espace.

Les classes de danse de Liliane BIMONT, depuis plusieurs décennies, chef d'oeuvre de sensibilité et d'esprit, sont une référence. Nombre de ses élèves vivent leur célébrité après leur laborieux dressage, les gestes de l'effort.

Discrète, Liliane BIMONT, dans la rigueur du travail bien fait et dans l'amour de son art et de ses élèves. Ces filles-fleurs.

Un jour de 1971, le débutant que j'étais a voulu la mettre en image. Alors, elle m'a raconté, le lac des cygnes, pour que je comprenne, l'étrangeté, l'insolite, mais aussi la beauté de son art. Quelle merveille.

Diane poursuit déjà son œuvre, Dominique son époux, mon confrère, survivra encore dans la musique de ses souvenirs.

A vous Madame, je dédie ce sonnet de DEGAS, qui vous accompagnera dans un monde vêtu de blanc
Je le cite :

« Elle danse en mourrant, comme autour d'un roseau, d'une flûte ou le vent
triste de Weber joue.
Le ruban de ses pas s'entortille et se noue.»
En vous, la danse a mis quelque chose d'à part, héroïque et lointain. On sait de votre place, que les reines se font de distance et de fard.

Merci Madame!

Gérard César
Journaliste - grand reporter - réalisateur

Aperçu généré le 11/03/2007 à 13:52:50

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