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Publié par Edouard Boulogne

 

Guadeloupe : Après le « Congrès » : Ennuis! Doute! Inquiétude!





 

Hier, 24 juin, 10h30 du matin, j'ai des choses intéressantes à faire. Donc, pas de télévision. Un ami, du Moule, me téléphone cependant pour me demander si j'ai écouté le discours de Jacques Gillot (président du Conseil Général de la Guadeloupe).

Pour sa part il en déplore les ambiguités, la phraséologie gonflée d'idéologie.

Nous plaisantons. Il faut relativiser tout cela.

Je retourne à mes occupations.


(I) Midi tapant!


A midi, et jusqu'à 14 heures, je m'impose, tout en déjeunant, de regarder ce cirque.

Un cirque, mais très peu amusant.

Premier constat : la salle des délibérations est à moitié vide. Les visages suintent d'ennuis.

Je compatis pleinement à la détresse de mon vieux camarade Benito-Espinal, que son sens du devoir a conduit là, et qui lutte désespérément contre l'ensommeillement, sous la surveillance vigilante d'une insistante et indiscrète caméra.

Les orateurs se succèdent, de 10 minutes en dix minutes, sous le contrôle minutieux du président Gillot, qui a le pouvoir d'interrompre, de tailler, hâcher dans les interventions, et qui en jouit manifestement, en attendant d'autres jouissances, bien plus gratifiantes, qu'il espère (peut-être à tort!).

Ces messieurs se succèdent. L'orateur de l'UPLG, et celui du parti communiste, croient déjà au « grand soir ». Ils oublient les petits matins blêmes.

Les représentants des partis centristes (modem, et nouveau centre) bien qu'opposés, tranchent sur l'ensemble, par leurs efforts (pas toujours réussis, mais au royaume des aveugles....!) pour ne pas trop donner dans la langue de bois ambiante.

Le jeune président du Medef, qui comme Benito, avait jusqu'alors tant bien que mal, avec un stoicisme exemplaire, résisté à l'assoupissement, prend alors la parole.

Un souffle léger d'esprit bruisse tout soudain, et rafraîchit la salle.

Willy Angèle qui ces derniers mois a souvent adopté le langage du technicien compétent pour exposer les composantes du mal guadeloupéen, a choisi aujourd'hui le registre poétique, et la trâme de son exposé réside dans le récit d'une ancienne et vespérale conversation sur la Guadeloupe avec l'écrivain André Schartz-Barth.

Alain Peyrefitte, parlant lui pour l'ensemble de notre pays (la France! Of course!) avait lui aussi déploré l'enquistement dans l'esprit de défiance. Il n'y a de salut que dans le développement de la confiance.

Dix minutes d'éveil. L'oeil d'Edouard (Benito-Espinal) pétille, comme au bon vieux temps; le président Lurel s'ébroue! Gillot... a oublié d'interrompre! Et j'ai même cru voir applaudir, quoique furtivement (mais c'est peut-être une erreur) le représentant (âgé) de l'UPLG.

Hélas! Le soufflé retombe vite.

Christian Viviès, apprend qu'il lui faudra revenir l'après midi, pour son intervention. Sa politesse exquise empêche de discerner s'il se réjouit ou non de cette nouvelle.

Mais je ne l'entendrai pas. Et malgré (ou à cause?) l'annonce de l'intervention d' « intellectuels » j'ai prévu un autre programme.... qui m'agrée davantage. D'ailleurs, la Guadeloupe a autre chose à faire (sauf celle qui en est empêchée par la force), elle travaille.


  1. Dix-neuf heures.


A 19 heures, je m'installe devant mon téléviseur. Pas de nouvelles internationales ou nationales. Le monde entier, comme dirait Alex Robin, nous regarde.

Le chat s'endort.

C'est toujours le Congrès. Et toujours le président Gillot, tranchant, coupant, jurant, infatigable.

Je m'installe, un petit verre de Black and White ( of course) à proximité. Et, il est vrai que tous les produits de première nécessité n'ont pas baissé (quant à leur prix!).

Moyennant quoi je résiste et résisterai, jusqu'à la fin du débat (celui de ce jour! Car hélas.....!), après 21 heures.

Ces deux heures seront consacrées presqu'exclusivement à discuter de l'article quatre d'un projet.

Et l'on découvre que M.Gillot, s'il aime couper, trancher, hâcher, n'est pas mal non plus pour discutailler, ergoter, pinailler. Il paraît même que c'est ce qu'il fait le mieux.

Et il rivalise avec ses « collègues » tous virtuoses du pinaillage.

On s'amuse peut-êtrecinq minutes, à ce jeu.

Mais deux heures!!!

Il faudra deux heures pour que soit adopté ledit article quatre. Il s'agissait de prévenir toute tentative de l'Etat d'engager une modification institutionnelle qui ne concorderait pas avec la volonté du « peuple guadeloupéen » (ou population? ).

En un sens une telle attitude de défiance envers l'Etat était-elle inspirée de la peur que l'hexagone exaspéré par les exactions du LKP et de ses complices n'entament une démarche de largage à l'égard de la Guadeloupe? Ou bien serait-il soupçonné (toujours la défiance, âme de ces politiciens), de ne pas aller assez loin dans ce sens?

On ne le saura pas.

Car les péroraisons de ces messieurs nagent dans le flou (le moins) artistique.

L'on parle au nom du PEUPLE! On en a la bouche pleine. Mais on reconnaît qu'il faudra le convaincre, et que « ce sera difficile » (Gillot dixit).

L'on demande au moins dix huit mois pour cela.

Mes amis, quel courage nous allons devoir montrer. Dix huit mois de parlottes, de grèves, de prise en otage. De mise en condition.

Et ce peuple, qui en a vu d'autres, et qui risque de ne pas répondre aux ambitions de nos fauves de l'arène « politique ».

A moins que Paris, ne se lasse, et n'impose ….CE que nos petits messieurs..... ne refuseront pas. La dignité est à géométrie variable pour certains.

Vous me connaissez, lecteurs. Je me félicite d'avoir été traité récemment d'extra Guadeloupéen.

Car à mes yeux nos compatriotes sont des gens extras.

Yo ka léssé palé cé méssiés. Mé jou là kan yo ké voté, yo ké montwé ça yo vlé reyelman!

En un autre langage : Wait and see!

Ou encore : Patience! Et haut les coeurs!


Edouard Boulogne

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theometis 26/06/2009 12:19

palabres politiciennes Des fauteuils illégaux on en trouve partout...
Nos hommes politiques sont amidonnés de prétentions malplacées, ils disent parler au nom du peuple,je considére cela comme une vue de l'esprit de leur part, tant ce peuple leur tourne le dos; se souviennent ils de 2003 ?
Je suis écoeuré par le decalage sémantique de leurs discours et de leurs pratiques au quotidien... Qu'on se le dise,le congres d'hier n'etait qu'un trompe couillon.Les dessous de cette messe basse sans hosties,les citoyens avisés l'ont perçu.Se sachant distancés par les élus Martiniquais ,dans je ne sais quel reve éveillé d'émancipation sans carte ni boussole; ils ambitionnent tel Icare de voler de leurs propres ailes vers un horizon indeternimé. Les pieds englués dans le nid maternel de la Makrel(la souteneuse); main nourriciere villipendée et, a leurs yeux, seule responsable des maux qui les accablent.Ainsi , l'esprit de cocagne et de commerage qui prevaut ici aux antilles, c'est a cause de la France prechent ils sans aucune honte.
A écouter ces parangons de la pensée progressiste, la guadeloupe est un territoire continental majeur peuplé de plusieurs millions de genies incontournables au bien etre de la planete...Seigneur Dieu ! ou suisje ou vaisje, que saisje encore?
Ont ils a ce point perdu le sens du reel pour oublier leur geographie: La Guadeloupe c'est 1450kmcarrés et 400 000 habitants ;et ,avec çà,ils osent exiger du Président qu'aucune modification legislative ne soit portée a la situation mortifere du moment, tant qu'ils n'auraient pas édifié une "constitution" a la nation guadeloupéenne.Modestes ces Maitres de Congrés a palabres?
Considerons les pour ce qu'ils sont ces fanfarons en casaque... Des petits petits petits joueurs de kanique.

Opera bouffe 25/06/2009 19:10

Il fallait boire toute la bouteille M Boulogne, pour oublier ces bouffons.

manoucha marisoy 25/06/2009 18:09

Cinéma,mensonges,mauvais acteurs!Ils osent appeler cela un congrès!Quand cesseront-ils de nous prendre pour des pigeons?Les états généraux, venant de la France ne leur suffit plus, ils préfèrent de nouveaux états généraux à la sauce guadeloupéenne(assaisonnés au cancan,au "je suis pour"aujourd'hui,"je suis contre demain").Ah,nos hommes politiques!Ils ont trop peur que Sarkosy apporte la proposition du référendum, ils savent que cela sera encore un nouvel échec pour leur petite personne,alors ils s'accordent du temps(18 mois,plus qu'une grossesse) pour tenter de nous manipuler et de nous faire croire que le changement de statut est notre choix .Si cela n'était pas aussi dramatique,cela serait risible!Soyons vigilants!

G.C 25/06/2009 16:29

Dix-huit mois pour convaincre le peuple, a dit J.Gillot.M. le Président a omis de se pencher sur le choix de ce mot fort révélateur car il m'apparaît ne pas être porteur de liberté de choix pour les Guadeloupéens.Mais peut-être suis-je trop... tâtillone 

Antoine de Panou 25/06/2009 15:55

Au moins on est sûr d'une chose, c'est que la Gwradloup', à défaut de pétrole, dispose d'une richesse inépuisable, c'est le temps. Ce temps dont usent et abusent les piliers zintélektuels et politiks qui portent aux plus hauts sommets parole du peuple gwradlopuoéyen... Tant que ces messieurs exploitent à leur guise leur propre temps, ça peut encore aller, mais quand - par exemple lorsque le LKP prend les choses en main - ce temps est volé à d'innocents propriétaires (de leur propre temps, évidemment) qui en sont spoliés, obligés qu'ils sont de payer leur tribut de temps à des excellences qui savent, plus que quiconque, de dépenser. Si ce n'est pas de la pwofitasyon, que sont donc ces pratiques tribales (relatives aux tribus zintélektuels, sindikalisses et politiks, sans oublier la tribu des journalisses) ?Mais, soyons positifs : au moins cela fait-il avancer les choses. Quand la Gwradloup' sera une nation souveraine (conformément au voeux du peup' gwradloupéyen, si l'on en croit ceux qui se prétendent ses porte-parole), le nom de la monnaie sera facile à trouver : il n'y a qu'à l'appeler le temps (tan, pour faire plus LKP). Ce gisement étant inépuisable, on peut déjà s'attendre à ce que les caisse de la jeune nation gwradloupéyenne soient pleines, et que comme le prophétisent certains, la prospérité soit enfin au rendez-vous. Quant à la devise de la nouvelle République ta-nou, fastoche : "le temps c'est de l'argent", et en LKP : lajan cé tan. Comme chacun sait, en matière d'argent, il arrive toujours un moment où quelqu'un dit : "ça fait tant !". Pourvu que ce ne soit pas la France qui dise : "Ça fait tant, et y'en a marre !". 

FFRENCH Chantal 25/06/2009 15:53

Je souhaite ardemment que l'on ne fasse pas de référendum et que l'on ne vote pas en France!! Car ,"bye bye" les Doms. Avec tout les commentaires désobligeants, que j'entends,"souvent les mêmes", nous seront fichus!