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Publié par Edouard Boulogne

Mai 67 en Guadeloupe.




(Sur les évènements de mai 1967 en Guadeloupe le blog de Sosthène (cf nos liens permanents) publie aujourd'hui une analyse intéressante. On peut la lire ci-dessous);





Pour comprendre la réaction du gouvernement français aux événements de Pointe à Pitre en 1967 , il convient de se replacer dans le contexte de politique internationale de l’époque ; en effet on ne peut apprécier une situation en fonction du contexte d’aujourd’hui , mais bien en fonction des conditions de l’époque .


1967 , c’est le point culminant de la guerre froide qui voit s’affronter en une lutte sans merci les deux blocs de l’Ouest et de l’Est . Et même si la politique du général De Gaulle consiste à se démarquer des Etats Unis d’Amérique , il sait bien qui sont ses alliés véritables . Or les USA sont engagés dans la guerre du Vietnam qui ne tourne pas à leur avantage . Si la crise des missiles à Cuba(1962) s’est terminée à l’avantage des USA ,l’île castriste demeure un chancre au flanc du géant américain . D’autant plus que CASTRO soutient les guérillas marxistes en Amérique latine ( Guevara est tué en 67 )et en Afrique . La revue du ministère soviétique des Affaires étrangères, « Affaires internationales », écrit : « Stratégiquement, les Caraïbes forment une sorte d'Interland qui conditionne la stabilité des États-Unis et leur liberté d'action dans d'autres parties du monde. » A l’intérieur , les USA sont confrontés à la contestation de jeunes américains refusant la guerre au Vietnam et aux émeutes raciales .


Au Moyen-Orient , la tension est extrême et la Guerre des 6 jours se déclenchera le 5 juin . L’URSS soutient Nasser et double sa flotte de guerre en Méditerranée .


En Asie , la Guerre du Vietnam déborde sur le Cambodge et le Laos ; le « naxalisme » , mouvement dirigé par les maoïstes , se répand dans plusieurs régions de l’Inde ; la Chine est bouleversée par la révolution culturelle alors que la 1ere bombe H chinoise est acquise .


L’Afrique des indépendances est secouée de troubles : révolutions et coups d’états se succèdent , installant des régimes à parti unique , au Togo , au Sierra Leone , au Congo (Zaïre) , au Congo Kinshasa , au Mali ,au Dahomey (Benin)


L’Europe n’échappe pas à l’agitation : coup d’état en Grèce , tensions en Italie où le mai 68 italien débutera en octobre 67.A l’est du rideau de fer , agitation en Tchécoslovaquie où le Premier Secrétaire du Parti communiste slovaque, Alexander Dubcek, et l’économiste Ota Šik défient le pouvoir ; un mouvement, venu de l'intérieur du Parti communiste tchécoslovaque (PCT), conteste la direction, particulièrement son Premier Secrétaire, Antonín Novotný.Le printemps de Prague est en germe .


En France , les législatives de mars 67 n’ont donné qu’une très courte majorité à la droite , face à une gauche qui s’achemine vers le programme commun avec un parti communiste puissant et toujours stalinien qui maintiendra jusqu’en 1969 le dogme de la dictature du prolétariat . Le 26 avril le conseil des ministres demande l'autorisation à l'Assemblée de gouverner par ordonnance ; le 17 mai , grève générale et manifestations contre les pouvoirs spéciaux.


En résumé , c’est dans un contexte éminemment tendu et complexe qu’éclate l’affaire de Pointe à Pitre : celui d'une guerre , fût elle froide , entre le camp des démocraties et celui du totalitarisme ; le gouvernement français connaît la philosophie marxiste et le tropisme cubain des indépendantistes guadeloupéens ; ceux ci croient venu le "GRAND SOIR" ;  aux premiers coups de feu tirés sur les forces de l’ordre , celles ci auront l’autorisation de répliquer .

La Guadeloupe s’est trouvée au mauvais endroit , au mauvais moment .
Certains en sont morts : paix à leur âme !

Mais que dire des irresponsables qui jouaient avec des allumettes sur un baril de poudre ?

par sosthene






Mai 1967, en Guadeloupe, par Gérard Vergé-Lauriat. Il y a un an sur RFO-Guadeloupe.


Hier soir sur RFO-Guadeloupe, nouvelle rétrospective des cruels événements de mai 1967 dans notre département.
On se souvient que dans une athmosphère sociale tendue, une grève d’ouvriers du bâtiment dégénéra, et que la troupe, tira sur la foule sans en avoir, semble-t-il reçu l’ordre. Il s’ensuivit pendant plusieurs jours des émeutes sporadiques et un bilan dramatique d’environ 80 morts.

Le souvenir de ces journées est douloureux pour tous les Guadeloupéens, sans exception.

Aujourd’hui, le drame fait l’objet, et depuis longtemps de tentatives de récupération politicienne. Et force est de reconnaître qu’il y a à RFO, des gens qui, fort peu soucieux d’histoire, se font joliment complices des manipulateurs.
Cela n’étonnera pas ceux qui se souviennent qu’en 2006 encore, cette chaîne de radio-TV a été blâmée par le CSA pour incitation à la haine raciale (cf les  articles du Scrutateur sur la question dans la rubrique « racisme », à gauche de notre page de garde), sans que RFO ait jamais fait amende honorable ni même signalé aux Guadeloupéens le blâme qui la frappait !

Le reportage qui était censé retracer les évènements a été suivi d’un débat auquel participait l’écrivain Ernest Pépin, le professeur d’histoire  M. Bélénus,    et une jeune étudiante, un peu étonnée d’être là et qui m’a paru fort prudente dans ses propos, soucieuse, sans doute de n’être pas instrumentalisée.

J’ai noté la relative sagesse des deux principaux intervenants, malgré la force de « l’historiquement correct » sur ces matières.

M. Bélénus n’est pas loin de penser que, sinon la commémoration de l’événement, du moins son intention, sa coloration idéologique ne sont pas sans inconvénients et risques, pour la paix civique, et la sécurité des personnes. Lesquelles ? On aimerait savoir. Mais l’historien a raison sur ce point, l’une des missions de l’Etat est de veiller à ce que le légitime souci de vérité des historiens, et de toute conscience honnête, soit compensé par celui du bien commun. D’où les délais cinquantenaires et parfois centenaires, d’accès à certaines archives.

Sur ce triste mai 67, et les glapissements, sur son souvenir, des charognards du malheur, on pourra se reporter au livre d’Edouard Boulogne : « Libres paroles » qui y consacre un chapitre.

Gérard Vergé-Lauriat.

On peut se procurer « Libres paroles » dans toutes les librairies, en particulier les « Boutiques de la presse ».
La distribution en Guadeloupe est assurée par :
CMA-Distribution.SARL.
BP : 330.
97161.Pointe-à-Pitre.Cedex.
Tel 0590.26 78 62
Fax : 0590.26.80.37.

En métropole à  Duquesne Diffusion
27 avenue Duquesne.
75007.Paris.

Enfin on peut commander directement l’ouvrage à l’auteur, contre un chèque de 30 euros. TTC. (Dédicace sur demande).
Edouard Boulogne
Tour Massabielle.
97110. Pointe-à-Pitre.
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