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Publié par Edouard Boulogne

L’ambassadeur de Chine en France recadré par Jean-Yves Le Drian.

Je publie cet article du Figaro parce que ce qu'il rapporte me paraît digne d'un moment de réflexion. C'est si rare par les temps qui courent.

Il rapporte les écarts de l'ambassadeur de Chine à Paris sur la politique française actuelle face à la pandémie de coronavirus.

Je ne suis pourtant pas particulièrement laudatif face à la politique que couvre M. Macron. Ce monsieur (j'avais d'abord écrit « ce garçon ». Mais j'ai corrigé. J'ai pourtant l'âge d'être son père, mais il est le chef de l'Etat, et dès lors ce genre de familiarité me paraît peu convenable) n'est pas celui que javais choisi en 2017, et sa politique depuis lors ne m'a pas réconcilié avec lui.

Toutefois, est-il admissible de se comporter à son égard comme un vulgaire Blackblok ?

Et, si l'ambassadeur d'un pays qui a été à la source de l'épidémie se permet des écarts insolents, doit-on parce qu'on n'est pas macronien prendre parti pour la Chine populaire, l'un des Etats totalitaires les plus redoutables dans le monde qui est le nôtre.

A lire, écouter ce qui se dit, s'écrit aujourd'hui en France sur les réseaux dits sociaux, on peut croire que nous sommes devenus fous.

J'apprends, qu'outre les attaques furieuses que subit le chef de l'Etat, il a été créé un comité exigeant sa démission immédiate et l'abandon des responsabilités qui sont les siennes.

Quoi ! pour organiser, en pleine crise, en pleine pandémie, organiser une élection présidentielle ?

Quoi encore ? ! Et qui pour lui succéder ? Et si l'on retrouvait, si on l'a jamais possédé, un peu de bon sens, et celui des réalités. (Le Scrutateur).

 

L’ambassadeur de Chine en France recadré par Jean-Yves Le Drian

Le ministre français des Affaires étrangères a convoqué le diplomate Lu Shaye.

Par Isabelle Lasserre


 

(https://www.lefigaro.fr/international/l-ambassadeur-de-chine-en-france-recadre-par-jean-yves-le-drian-20200415 )


 

La réponse du Quai d’Orsay était attendue et espérée par les spécialistes de la Chine. «Je dois dire qu’on en a assez de lire de la propagande fasciste émise par un diplomate de la République populaire de Chine en poste en France et cautionnée par l’ambassadeur puisque sur le site officiel. Il est temps de réagir tout aussi officiellement», affirmait récemment dans un tweet le conseiller à l’Institut Montaigne, François Godement. C’est désormais chose faite. Le représentant de Pékin en France, Lu Shaye, a été convoqué mardi par Jean-Yves Le Drian pour des «propos récents» publiés sur le site officiel de l’ambassade, qui «ne sont pas conformes à la qualité de la relation bilatérale entre nos deux pays». Traduit en langage non-diplomatique, les «propos» relèvent de l’insulte et de la désinformation.

À lire aussi : Comment la Chine tire les ficelles de l’Organisation mondiale de la santé

La lettre, publiée le 12 avril et sans doute écrite par l’ambassadeur lui-même, a pour titre: «Rétablir des faits distordus. Observations d’un diplomate chinois en poste à Paris». Dans ce texte, qui s’inscrit dans une campagne décomplexée visant à dénigrer la gestion occidentale de la pandémie et à vanter la «victoire» du gouvernement chinois et la supériorité de son modèle politique, les Européens et les Américains sont accusés de dénigrer injustement la Chine après avoir qualifié la maladie de «gripette». La France, surtout, est dans le collimateur. La lettre accuse ainsi les personnels soignants des Ehpad d’avoir «abandonné leurs postes du jour au lendemain (…) laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie». Elle accuse aussi «les autorités taïwanaises, soutenues par plus de 80 parlementaires français» d’avoir «insulté» le directeur de l’OMS, connu pour être sous influence chinoise, dans une tribune publiée dans l’Obs.

Diplomatie sanitaire

L’attaque étant la meilleure des défenses, l’ambassade accuse les «médias occidentaux antichinois». «Ils nous attaquent toujours avec les deux mêmes procédés: d’abord en inventant des mensonges, puis en les martelant sans relâche!». La lettre utilise même un «cyber écrivain» anonyme pour appuyer sa propagande: «Lorsque la seiche est en danger, elle crache son encre pour noircir l’eau et en profite pour prendre la fuite. C’est une tactique bien connue de certaines élites politiques et culturelles occidentales».

À lire aussi : Covid-19: Qui osera demander des comptes au régime chinois?

Depuis que le virus s’est échappé de Chine, Pékin déploie une intense activité diplomatique pour avancer ses pions géopolitiques en Europe mais aussi pour réécrire l’histoire de sa gestion de la maladie. Il s’agit de faire oublier, sous couvert de diplomatie sanitaire, qu’elle a dissimulé l’ampleur de l’épidémie pendant plusieurs semaines et fait taire les lanceurs d’alerte. Faire oublier aussi que c’est la troisième fois en vingt ans qu’elle sert de nid à un virus de ce type. «Ambassadeur de guerre», Lu Shaye s’inscrit dans la nouvelle logique de stratégie très offensive du pouvoir chinois.

Paris, qui a un besoin crucial des masques chinois pour lutter contre le coronavirus, a d’abord hésité avant de réagir. Mais le silence était difficilement tenable. «Refuser de critiquer les régimes autoritaires en cédant à leurs menaces, c’est renoncer à nos propres droits fondamentaux et les conforter dans leur pouvoir», prévenait Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur en Chine et en Russie, dans un tweet. L’indignité des propos a été dénoncée avec politesse mais fermeté par le chef de la diplomatie française, qui a rappelé les «actes de solidarité réciproques entre la Chine et la France» depuis le début de l’épidémie. «Le Covid-19 est une pandémie qui touche tous les continents et toutes les sociétés. Face au virus et à ses conséquences sur nos économies, les polémiques n’ont pas leur place et la France œuvre résolument en faveur de l’unité, de la solidarité et de la plus grande coopération internationale».

Le journal Global Times de Pékin, porte-voix du Parti communiste, a annoncé, triomphant, la semaine dernière, que l’Occident était «épuisé» et que l’heure de la «globalisation aux caractéristiques chinoises» était arrivée. Pourtant, nul ne sait encore que l’effet du boomerang du Covid-19 sur le «modèle» chinois.


 

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