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Publié par Edouard Boulogne

1 ) Vue partielle de la baie des Saintes. 2 ) Aux Saintes : Le pain de sucre. 3 ) Sécheresse, de Raymond Joyeux.
1 ) Vue partielle de la baie des Saintes. 2 ) Aux Saintes : Le pain de sucre. 3 ) Sécheresse, de Raymond Joyeux.
1 ) Vue partielle de la baie des Saintes. 2 ) Aux Saintes : Le pain de sucre. 3 ) Sécheresse, de Raymond Joyeux.

1 ) Vue partielle de la baie des Saintes. 2 ) Aux Saintes : Le pain de sucre. 3 ) Sécheresse, de Raymond Joyeux.

Eloignons nous un moment des polémiques en cours, et pour cela ayons recours à nos compatriotes des Saintes, (Terre de haut, et Terre de Bas) qui vivent dans la paix (sauf – peut-être - en périodes électorales !!!).

Pour cela j'ai recours à deux outils.

Le premier m'est fourni par une compatriote, de St-Claude (en Guadeloupe) vivant actuellement en métropole. Elle me fournit un lien avec un document de l'INA, datant des années 1960, et qui brosse un tableau véridique et merveilleux, propre à nous submerger de nostalgie.

Je n'en dirai pas davantage puisque vous en aurez les images et le son.

Mais ce lien me ramène en 2008, dans les début du Scrutateur. Un ami Saintois (oh!mais de terre de Haut), professeur de lettres et poète publia une élégante petit plaquette de poésie dont je ne pus m'empêcher de parler en un article que voici :

 

Le Scrutateur

 

(I) Les Saintes, années soixante : son et images

 

https://www.facebook.com/Patrice.roch8/videos/2286222998267919/

 

 

(II) Poésie : Sécheresse, de Raymond Joyeux, par Edouard Boulogne.


 

1 Juin 2008

Publié par Edouard Boulogne

Sécheresse,

par Raymond Joyeux.

(Editions : Les  ateliers de la lucar

 


 

Il est, parait-il deux Sahel.

 

 Le plus connu est ce désert de feu, où planent la mort et la désolation, où chaque pierre, et  les sables, en millions d’escarboucles semblent s’être donnés pour tâche d’absorber, d’épuiser le soleil lui-même.

Il est un autre Sahel, où l’eau profonde et cachée permet, - quand les paysans véritables la câlinent, cajolent et doucinent, - l’épanouissement de vastes prairies, certes fragiles, où paissent encore de vastes troupeaux.

 

Il est aussi, de par le monde, plus ou moins vastes des rejetons de ce Sahel là, d’autant plus aimés qu’est perçue leur précarité.

 

Telle est cette « Haute Terre », dont est issue le poète Raymond Joyeux, fils de Terre de Haut, ce grain d’un archipel de rêve, les Saintes, au sud ouest de la Guadeloupe.

Raymond Joyeux nous livre ces jours ci un nouveau recueil de cette œuvre poétique qu’il développe depuis de longues années, où mûrit et s’approfondit une pensée, une vision belle et profonde.

 

« Sécheresse » en est le titre lapidaire.

 

Nulle dureté, nulle insensibilité pourtant dans cette succession de 30 poèmes, autant de pierres infiniment précieuses, exhumées d’une terre qui ne livre ses trésors qu’à ceux qui l’aiment, dans sa pudeur, et dans son vouloir vivre deviné derrière son voile de pudeur un peu sèche.


 

« Point de source

sur cette terre

calcinée

mais le sel

qui nargue

la soif

aux fontaines bréhaignes ».

 

Le désert n’est pas qu’un lieu de mort et de mélancolie. Il est aussi le lieu du ressourcement d’âmes d’élites, fuyant la réplétion des outres gonflées d’emphase et de fausses richesses. De Foucauld, les pères du désert, par exemple.

Cela, Joyeux ne le dit pas. Nulle prédication, nul prêchi-prêcha dans son dire. Mais une suggestion immatérielle, parmi tant d’autres possibles, toujours en altitude.

On sent que sa Terre de Haut est moins le débarcadère aux touristes en quête de verroterie que les hautes terres où vont en file indienne les chercheurs de sources pures :

 

« Les porteuses

d’eau

en file indienne

transpirent

à petites gouttes

sous le paillis

saumâtre

de leur

seau ».

 

Ou bien encore :

 

« A force d’anhéler

l’iguane

au miroir

sans tain

de la mare

ne reconnaît plus

le peigne édenté

de sa crête ».

 

Qui donc oserait désormais évoquer la prétendue aridité des Saintes qui engendrent de telles pépites, un tel sourcier.

 

Il n’y a pas seulement plusieurs variétés de déserts. 

Il y a aussi pluralité de paternité.

Celle d’abord qui engendre selon la chair, estimable, précieuse, mais commune, et somme toute facile.

Celle ensuite, et surtout, qui engendre selon l’esprit.

 

Raymond qui "genuit" Alain.

 

 Alain, fils de Raymond, diplômé des Beaux Arts de Lyon, et en art thérapie est partout présent dans « Sécheresse ».

D’abord parce qu’il l’enchâsse d’une préface, et d’une postface dense et brillante, aussi parce que chaque poème du père est accompagné d’une photographie, par le fils, de la terre maternelle saintoise.

Les uns et les autres, les poèmes et les photographies, furent pensés, conçus, séparément, sans concertation.

D’où vient qu’elles consonnent si bien, sinon parce que la transmission « tradere » (transmettre → tradition !!)  s’est faite dans la joie, le respect des idiosyncrasies personnelles, et… la réussite. Dans le commentaire du fils, derrière l’objectivité voulue, on n’a point de peine à entrevoir le respect, et l’affection. Toujours cette pudeur discrète dont se voilent la Haute Terre et ses rejetons qui en ont reçu l’âme.

Photographie d’abord prises en couleurs, mais dont le choix du noir et blanc pour la publication me paraît tout à fait congruent à ce que j’ai cru entrevoir de cette oeuvre si attachante.

 

Edouard Boulogne.

 

PS : Les lecteurs qui voudraient lire ce beau recueil, peuvent le commander, pour douze euros,  à Raymond Joyeux.

 

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