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Publié par Edouard Boulogne

Primaire de la droite : la stratégie suicidaire d’Alain Juppé.
Primaire de la droite : la stratégie suicidaire d’Alain Juppé.

La victoire de François Fillon, au premier tour des primaires de la droite, même si elle ne satisfait pas tout le monde ( et c'est tant mieux; la France en effet n'est pas une dictature ) est après la mise à l'écart de N. Sarkozy, le moins mauvais cas de figure pour la France dans la conjoncture actuelle.

Je partage sur ce point les grandes lignes de l'article ( 1er du dossier suivant ) du site modéré Contrepoint.

La deuxième partie de notre dossier consiste en une analyse comparative des deux programmes restant en lice.

 

Le Scrutateur.

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Primaire de la droite : la stratégie suicidaire d’Alain Juppé.

 

( http://www.contrepoints.org/2016/11/22/272550-primaire-droite-strategie-suicidaire-alain-juppe-fillon?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=5a1f1b6f2f-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-5a1f1b6f2f-113984049&mc_cid=5a1f1b6f2f&mc_eid=73a2921d69 )

 

Au premier tour de la primaire ouverte de la droite et du centre, Alain Juppé, grand favori, a finalement terminé en deuxième place avec 28%, derrière un François Fillon triomphant à 44%. Une situation très compliquée pour l’ancien Premier ministre, condamné à prendre des électeurs à tous ses concurrents. Pourtant, Alain Juppé semble persister dans une stratégie suicidaire…

Un positionnement à gauche pour une primaire… de droite

Depuis sa candidature, Alain Juppé a fait campagne, ou plutôt n’a pas fait campagne, convaincu que l’antisarkozysme suffirait à le faire élire en tant que favori des sondages. Quand il a pris position, c’est essentiellement en se positionnant au centre (sur le spectre des primaires), sur le créneau du vote utile, voire en draguant ouvertement la gauche.

Un positionnement très clairement visible sur cette carte électorale par bureau de vote à Paris (Crédits Le Figaro). Le vote Juppé (en rose, ça ne s’invente pas) recouvre quasi parfaitement les arrondissements de gauche, le vote Fillon (en bleu) les arrondissements de droite.

vote-juppe-fillon-paris

Gros hic, les bureaux de vote Juppé ont environ 2 fois moins de votants (~500) que les bureaux de vote Fillon (~1000), puisque les électeurs de gauche se mobilisent évidemment beaucoup moins pour une primaire de droite.

C’est la droite classique qui s’est surmobilisée, dans le 7e, 8e, 16e, 17e à Paris, Versailles, Saint-Cloud, Neuilly en IDF, avec des files d’attente de plusieurs heures pour pouvoir voter. Ce n’est pas, si elle existe, la droite « moderne » juppéiste.

Une gauche absente du 2e tour et Juppé à moins de 25% ?

Avec une campagne incompréhensible à gauche de la droite pour une primaire… de droite, Juppé perd donc la droite et gagne marginalement à gauche, comme l’ont montré les résultats électoraux de dimanche soir.

Problème supplémentaire, avec l’élimination surprise de Nicolas Sarkozy, on peut s’attendre à ce que les électeurs de gauche restent chez eux dimanche prochain. Sur les 15% d’électeurs de dimanche dernier qui se disaient de gauche, une large part avait voté pour Alain Juppé pour échapper à Nicolas Sarkozy. Combien ne reviendront pas dimanche prochain ? Il suffirait que la moitié restent chez eux pour qu’Alain Juppé descende à 25% dans une semaine, même avec les reports de voix de NKM.

Les élites juppéistes contre le peuple ?

Plus problématique, la stratégie retenue par Alain Juppé et ses équipes pour préparer le second tour semble être d’amplifier ce positionnement à gauche de la droite, voire de s’approprier, avec un ton à la limite de la condescendance, la « modernité » face aux « réactionnaires » de l’autre bord, « traditionalistes », provinciaux, homophobes et bigots de préférence. Quand ce n’est pas ça, c’est le discours techno, sur l’irréalisme supposé du programme de François Fillon, avec une bataille de chiffres digne de l’énarque Juppé.

Une recette sûre pour un résultat à la Hillary Clinton face à Donald Trump (lire notre article Donald Trump élu grâce au politiquement correct ?). Un parallèle qui n’a pas échappé aux équipes Fillon, avec des porte-paroles qui associent Juppé aux élites et aux médias, face au « bon sens paysan » de François Fillon, qui « trace son sillon » fidèlement à ses idées.

Des ralliements sans cohérence

Ce positionnement n’est pas aidé par des ralliements sans grande cohérence : quid d’un Hervé Mariton, qui s’est fait le héraut de la Manif pour Tous et de l’électorat catholique il y a encore quelques semaines et défendait une remise en cause du droit à l’avortement, se faisant dimanche soir sur BFM le champion de ce même droit à l’avortement qu’il voulait réduire ? Au point de susciter l’incompréhension sur Twitter :

@Contrepoints @HerveMariton @alainjuppe @FrancoisFillon J’ai pas compris sa position. clairement interloqué devant la télé
Olivier B ن (@OlivierB_1) 20 novembre 2016

Et que penser d’un Jean-François Copé, qui s’est fait le champion de la « droite décomplexée », revendiquant le terme à chacun des débats, et qui rallie aujourd’hui Alain Juppé, le champion du centre droit et de l’opposition à une droite trop à droite ?

Un gâchis

Quel dommage, quand on aurait pu espérer un positionnement libéral cohérent au lieu d’une course à l’échalote au « plus à gauche que moi ». Un gâchis déjà pour le libéralisme, puisque les électeurs libéraux n’attendaient qu’un programme réellement réformateur sur l’économie, et non une poursuite de l’immobilisme chiraquien ; un programme sociétal ouvert et non un conservatisme à la François Fillon.

Un gâchis aussi pour les Français, puisqu’il faudrait être aveugle pour croire que la réponse à apporter au Front National, c’est le positionnement le plus à gauche possible pour s’assurer les votes du PS, et non un réel travail programmatique. Tristes calculs politiciens qui nourrissent à juste titre la hausse de tous les extrêmes.

De calculs politiciens en calculs politiciens, Alain Juppé n’aura pas su offrir de voie intéressante à la droite et à la France dans cette primaire. Peu pleureront son échec quasi certain dimanche prochain.

 

( II ) Ce qui différencie les programmes de Fillon et Juppé ( selon le journal Le Monde ).

 

Russie, Syrie, fonctionnaires, 35 heures, mariage pour tous… Examinez les propositions qui divisent et celles qui rassemblent les deux finalistes.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/11/21/primaire-de-la-droite-ce-qui-differencie-fillon-et-juppe-dans-leurs-programmes_5034820_4355770.html#zfEjWE4ecziJOEFq.99

 

Le second tour de la primaire de la droite opposera, dimanche 27 novembre, François Fillon à Alain Juppé. Les deux anciens premiers ministres partagent les mêmes grandes orientations économiques, mais ils divergent sur de nombreux points, de la politique internationale à la lutte contre le terrorisme, en passant par la pratique du pouvoir.

La Russie et la Syrie

François Fillon est favorable à un rapprochement stratégique avec la Russie et la Syrie. Il souhaite lever l’embargo imposé à Moscou après l’annexion de la Crimée et coopérer avec le Kremlin sur la question syrienne. Il prône aussi une alliance avec Bachar Al-Assad et une coalition avec la Russie pour éradiquer l’organisation Etat islamique (EI).

Alain Juppé, bien que favorable au dialogue avec Moscou, est très critique vis-à-vis de la Russie à laquelle il reproche ses bombardements sur Alep et son alliance avec le régime de Bachar Al-Assad. Il s’oppose par ailleurs à une intervention militaire au sol en Syrie.

L’Europe

Alain Juppé insiste sur la nécessité de réformer l’Union européenne (UE) pour la rendre « moins bureaucratique » et il estime qu’il faut avancer sur la question de l’Europe de la défense ; François Fillon privilégie, lui, la création d’un gouvernement de la zone euro.

Les économies budgétaires

François Fillon promet 100 milliards d’euros de réduction de la dépense publique, quand Alain Juppé se montre plus vague sur le sujet (il évoque une baisse comprise entre 85 milliards et 100 milliards d’euros). Dans le détail, les chiffrages des deux candidats divergent parfois sur cette épineuse question, mais ils entendent globalement jouer sur les mêmes leviers.

Lire aussi :   100 milliards d’économies : où veulent couper les candidats de la droite ?

Les fonctionnaires

François Fillon veut supprimer au moins 500 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat, contre 200 000 pour Alain Juppé. Le premier veut aussi repasser à la semaine de 39 heures dans la fonction publique, quand le second se contente d’annoncer une « augmentation du temps de travail ». Mais tous deux assurent vouloir réformer le statut de la fonction publique.

Lire aussi :   Juppé a-t-il raison de tacler Fillon sur sa proposition sur les fonctionnaires ?

La sortie des 35 heures

Les deux candidats souhaitent que les entreprises puissent négocier le temps de travail en fonction de leurs besoins. Mais quand Alain Juppé est favorable à une durée de référence de 39 heures, François Fillon fixe la seule limite à 48 heures (le maximum autorisé par le droit européen).

Le recours au référendum

François Fillon en propose cinq (l’inscription de l’équilibre budgétaire dans la Constitution, la réforme des collectivités territoriales en rapprochant régions et départements, la fin des régimes spéciaux de retraites et la mise en place de quotas d’immigration et la réduction du nombre de parlementaires), alors qu’Alain Juppé n’en a inscrit aucun à son programme.

Le nombre de parlementaires

François Fillon veut soumettre la diminution du nombre de députés et de sénateurs à un référendum ; Alain Juppé n’aborde pas la question.

La réforme des régions

François Fillon entend réformer la carte à treize régions votée par la majorité socialiste en 2014, jugeant certains territoires ainsi créés « notoirement trop vastes ». Alain Juppé n’a pas pris position sur le sujet.

L’adoption pour les couples homosexuels

Les deux candidats ont renoncé à revenir sur le mariage pour les couples homosexuels. François Fillon veut toutefois réécrire la loi Taubira pour « réexaminer » (de façon non rétroactive) les règles de la filiation, contrairement à Alain Juppé, qui souhaite conserver la loi en l’état.

Les impôts

Alain Juppé et François Fillon sont tous les deux d’accord pour augmenter la TVA (la taxe sur la valeur ajoutée), mais pas dans les mêmes proportions. Alain Juppé souhaite l’établir à 21 %, François Fillon à 22 %.

Alain Juppé souhaite en outre alléger l’impôt sur le revenu de 2 milliards d’euros. François Fillon veut réduire l’impôt sur le revenu des particuliers investissant dans des PME, à hauteur de 30 % de leur investissement, et créer une « flat tax » – une taxe à taux unique – sur les revenus du capital.

Le droit du sol

Alain Juppé s’est prononcé pour une restriction du droit du sol, qui serait conditionné à la régularité du séjour d’au moins un des deux parents au moment de la naissance. François Fillon n’a pas pris position sur le sujet.

Les signes religieux

François Fillon veut interdire le burkini, contrairement à Alain Juppé.

Le sort réservé aux djihadistes

François Fillon s’est prononcé pour l’expulsion des « individus dans la mouvance terroriste », quand Alain Juppé prônait l’assignation à résidence des fichés S jugés dangereux. Le premier souhaite empêcher les djihadistes partis combattre en Syrie de revenir en France, quand le second privilégie leur arrestation.

Le principe de précaution

Alain Juppé souhaite préserver ce principe entré dans la Constitution en 2005, qui permet de prendre des mesures préventives même quand la preuve scientifique du danger pour la santé ou l’environnement n’est pas établie. Il souhaite toutefois autoriser les recherches agronomiques, comme les OGM, dans un cadre précis et contrôlé, ou les recherches en robotique. François Fillon souhaite de son côté supprimer tout bonnement le principe de précaution de la Constitution, le qualifiant de « dévoyé et arbitraire ».

Les postes dans la police et la gendarmerie

Alain Juppé veut recruter 4500 civils pour les tâches administratives dans la sécurité afin de redéployer autant de policiers et gendarmes sur le terrain. François Fillon, du fait du nombre élevé de fonctionaires qu’il souhaite supprimer, ne formule pas de proposition sur des recrutements dans la sécurité.


 

 

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Louis Fine 07/12/2016 19:43

La seule conclusion qui s'impose, c'est que - après avoir pu en juger sur pièces - M. Juppé n'est pas très intelligent. Il en a administré la preuve à une droite médusée qui se félicite de son attitude qui l'a certes trahi, mais qui l'a en quelque sorte "déminé". M. Juppé ne trahira plus jamais ses éventuels électeurs de droite, qui, les pauvres, n'avaient rien compris à la psychologie d'un politicien sans grand intérêt, tout juste bon à plastronner en faisant la roue devant des médias qui n'ont jamais rien compris à rien, et principalement aux hommes politiques qui fascinent des journalistes qui ne cherchent qu'à leur ressembler. Ouf ! un imposeur de moins. Et pas n'importe lequel : lepire d'entre eux (ou le meilleyr, selon le point de vue où l'on se place).

Alexis CÉron 22/11/2016 18:51

Juppé est en train de faire son " coming out", autrement dit de se montrer tel qu'il est : un misérable pour ne pas dire un minable. Un pauvre type qui n'est qu'une façade, bien lézardée aujourd'hui après qu'il eut entrepris de braquer les projecteurs sur ce qu'il est, un mauvais joueur, et surtout ce que savaienrpt déjà les observateurs les plus avisés, un tricheur, un homme sans véritables convictions et qui avance masqué mû, telle une marionnette, par les ressorts malades d'un besoin compulsif d'ascension sociale. Là, il nous fait le coup du sale gosse qui casse ses jouets, autrement dit son engagement - garanti 100 % imposture - à droite. La droite ? Il n'en à jamais rien eu à cirer. La France ? Il n'en a jamais rien eu à cirer. Et si la France ne veut pas de lui, demain, à cause de ces maudits électeurs de droite qu'il hait depuis son enfance, eh bien il dynamitera - comme il peut - et la droite et la France. Hitler dans son bunker en avril 1945, quoi ! Alors que ceux qui voteront le 27 novembre 2016 au deuxième tour de la "primaire de la droite et du centre" fassent le choix hygiénique qui s'impose et qu'ils fassent de ce jour celui où la France tirera la chasse sur ce Juppé qui pue et qui pollue.

Livia 22/11/2016 18:14

On peut comprendre pourquoi Juppé, est aigri et revanchard ! le bonhomme est vieux et sûrement fatigué, et l'Elysée c'est maintenant ou jamais, cela le rend petit et mesquin!