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Publié par Edouard Boulogne

La beauté  de cette bibliothèque de l'abbaye d'Admont, en Autriche m'a fasciné et fait longuement réfléchir. A l'importance de la lecture d'abord, qui est une voie d'accès privilégiée à la haute culture. Jeudi soir sur Guadeloupe 1ère, passera le film Le nom de la rose, ( avec Sean Connery, Michael Londsdale, entre autres ). Abstraction faite de la véracité historique ( c'est un autre problème ), le film mérite d'être vu, car au-delà de l'intrigue policière qu'il développe, il met en évidence la passion de cet esprit tout à fait rare qu'est Guillaume de Baskerville, pour la philosophie, la théologie, l'art, la lecture, et pour cette bibliothèque de l'abbaye, qui manquera de peu à lui ôter la vie. ( le roman de Umberto Eco, est encore plus passionnant, et met mieux en valeur la complexité de cette époque de l'histoire de l'Eglise et de l'occident qu'est le XIV ème siècle ).

La lecture, la culture du livre sont des moments décisifs de l'aventure humaine, et leur disparition rendue possible par le développement de nouvelles techniques de communication, est envisagée par certains, dont Georges Steiner, écrivain, penseur et philosophe d'envergure, dans une oeuvre très riche, dont un ouvrage Passions impunies, particulièrement consacré à la lecture, considérée comme un art, et une voie de salut.

J'ai pensé devoir le signaler à ceux de nos lecteurs qui se sentent les mêmes affinités et passions, et même aux autres, qui pourraient, je l'espère être contaminés. C'est une contamination qu'il faut souhaiter au plus grand nombre, et qui n'a rien à voir avec ces affreux virus : l'Ebola, la Chicungunia, ou la littérature de pacotille.

Je propose donc, pour mettre en appétit trois textes très courts de Machiavel, de Nietzsche, et de Paul Valéry.

Puis, suivra le défilé de quelques photographies. Les plus importantes sont celles représentant un tableau du peintre Chardin intitulé Le Philosophe occupé de sa lecture. Elle sera suivie de trois détails de ce tableau, en noir et blanc, malheureusement ( telles qu'elles ont paru dans le livres de Steiner Passions impunies. ).Je conseille vivement la lecture des commentaires de Steiner au-dessous de chaque photo.

J'espère bien, chers lecteurs, ne vous avoir pas importuné.

 

Le Scrutateur.

 

 

 

( I ) Lecture : « Le soir tombe, je retourne au logis. Je pénètre dans mon cabinet et, dès le seuil, je me dépouille de la défroque de tous les jours, couverte de fange et de boue, pour revêtir des habits de cour royale et pontificale ; ainsi honorablement accoutré, j’entre dans les cours antiques des hommes de l’Antiquité. Là, accueilli avec affabilité par eux, je me repais de l’aliment qui par excellence est le mien, et pour lequel je suis né. Là, nulle honte à parler avec eux, à les interroger sur les mobiles de leurs actions, et eux, en vertu de leur humanité, ils me répondent. Et, durant quatre heures de temps, je ne sens pas le moindre ennui, j’oublie tous mes tourments, je cesse de redouter la pauvreté, la mort même ne m’effraie pas ».

 

Nicolas Machiavel.

( Ce texte de Machiavel ( l'auteur du Prince ) est extrait d'une lettre de l'auteur à l'un de ses amis. Elle figure à la page 1436 des Oeuvres, dans la Bibliothèque de la Pléïade );

 

 

( II ) Lecture :  "Pour élever la lecture à la hauteur d'un art, il faut posséder avant tout une faculté qu'on a précisément le mieux oubliée aujourd'hui - et c'est pourquoi il s'écoulera encore du temps avant que mes écrits soient "lisibles" - une faculté qui exigerait presque que l'on ait la nature d'une vache et non point, en tous les cas celle d'un "homme moderne"; j'entends la faculté de ruminer".

 

Frédéric Nietzsche.

 

 

( III ) Lecteur  : "Je ne cesse de répondre qu'il faut bénir les auteurs difficiles de notre temps. S'ils se forment quelques lecteurs, ce n'est pas seulement pour leur usage. Ils les rendent du même coup à Montaigne, à Descartes, à Bossuet, et à quelques autres qui valent peut-être encore d'être lus. Tous ces grands hommes parlent abstraitement; ils raisonnent; ils approfondissent; ils dessinent d'une seule phrase tout le corps d'une pensée achevée. Ils ne craignent pas le lecteur, ils ne mesurent pas leur peine, ni la sienne. Encore un peu de temps, et nous ne les comprendrons plus".

Paul Valéry.

 

Le devoir de lire.
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la plus belle 10/11/2015 00:31

je pense que vous m'avez déjà vu sur le site l'enfant noir mrc de regarder mon blog et qui donne son compte MSP si vous étiez a la mode vous deviez connaître je sais que je suis belle et intelligente mais arreter de me le dire ca me fait rougir je ne dis pas qu il ne faut pas me le dire mais enfin vous pouver me le dire je vais essayer de retenir ma rougeur