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Publié par Edouard Boulogne

A propos du travail le dimanche.

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Faut-il modifier la loi, et instituer le travail du dimanche? Dans notre civilisation ( du moins ce qu'il en reste ! ) le dimanche fut considéré comme le jour du Seigneur. Dans la Genèse il est dit que Dieu créa l'univers en sept jours. Façon imagée de dire que la création est divine, et qu'elle s'opéra par étapes, le jour, ne devant pas être pris au sens d'une rotation de la terre autour du soleil, soit 24 heures, mais comme une étape, dont la durée, et la nature sont laissées à la discrétion des chercheurs, et des savants, ( lesquels, aujourd'hui, sauf les imbéciles, sont prudents à cet égard ). Théorie donc, nullement incompatible avec une théorie juste de l'évolution.

Dieu, nous disent les rédacteurs, inspirés ( selon les croyants ) créa donc l'univers et le septième jour « il se reposa ».

Dans notre calendrier, le septième jour est donc le jour du Seigneur, et nous sommes invités, ce jour là, à nous reposer, à faire autre chose que ce que nous impose, le reste du temps, les nécessités du travail dans l'organisation sociale. Par exemple se reposer en famille, lire, écouter de la musique, faire du sport, etc, etc.

La société moderne, industrielle ( plus qu'industrieuse ), individualiste, matérialiste n'a guère cure de ce « repos » dominical. Que le dimanche devienne un jour comme les autres, cela n'incommode pas certains de nos politiques, qu'ils soient de gauche ou «  de droite ».

Certes, il ne faut pas être trop systématique, et des exceptions peuvent paraître légitimes.

Que les journalistes de Guadeloupe 1ère ne travaillent pas le dimanche, que ce jour là nous ne puissions pas voir le journal télévisé de 19 heures, ce ne serait pas trop grave.

Mais que le dimanche où des bateaux de croisière jettent sur le « pavé » de Pointe-à-pitre des centaines de touristes, pour des raisons évidentes ( sauf à renoncer à l'industrie touristique ) il est convenable d'inviter les employés de commerce pointois à ouvrir leurs boutiques, etc, etc.

La banalisation du dimanche n'en a pas moins ses partisans, et des plus résolus.

Leur babil est inlassable, et pas très subtil toujours;

Le lien ci-dessous nous fait assister à un dialogue amusant entre Mgr Podvin, et un jeune niais de journaliste, un certain De Soto, qui officie sur Europe I. ( niais, étymologiquement viendrait du latin « nidus », le nid, et évoquerait ces oisillons qui ne sont même pas encore sorti du nid. Le Scrutateur évoque lui, les vagissements du bébé qui vient à peine d'émerger des entrailles maternelles, et qui hurle « gniais, gnaiiiis »!. C'est ça un niais, je crois ). , le jeune de Soto, donc, gniais, gnaiiis, tente de prendre Mgr Podvin en défaut. Dans son enthousiasme pour la disparition du jour du Seigneur, il aligne les « -z-arguments », tous plus spirituels les uns que les autres.

Je vous les laisse découvrir. En cette fin de dimanche, rions mes frères, pas au point de nous étouffer quand même! LS.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/quand-un-cure-donne-une-raclee-a-141642

 

Quand un curé donne une raclée à un chien de garde

( Le titre ci-dessus, est de la rédaction d'Agora Vox. Jamais Le Scrutateur n'aurait été aussi sévère ! )

 

Après des jours de promotion du travail le dimanche sur la matinale d’Europe 1, Thomas Sotto se fait surprendre par Monseigneur Bernard Podvin, porte parole de Conférence des évêques de France. Le saint homme rend coup pour coup à un chien de garde qui ne s’en relèvera pas.

Oublié l’épisode des affreux 16.000 roms qui ne veulent pas s’intégrer, on est déjà passé à autre chose ! Nous voilà captivés par le débat sur le travail le dimanche. Tout a commencé quand un tribunal a eu l’idée saugrenue d’appliquer la loi et quand de grandes enseignes de bricolage ont décidé de braver la décision de justice en ouvrant le dimanche.

Aussitôt les chiens de garde de tous poils sont montés au créneau. Comment ? C’est la crise et on empêche les gens de travailler ?! Depuis ce week-end, c’est un déferlement de critiques qui submerge la justice, les syndicalistes et enfin la loi scélérate !

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Toujours attentif à ne pas froisser le MEDEF, le gouvernement, après un premier reflex légaliste (Benoît Hamon : “Il est inadmissible qu’une marque n’applique pas une décision de justice »), s’est repris en main et a indiqué qu’il fallait de la concertation. On connaît la musique depuis le temps. Traduction : les patrons et les syndicats vont discuter et à la fin le gouvernement déposera un projet de loi visant à assouplir encore la législation sur le travail le dimanche. Mais n’anticipons pas. On va d’abord confier une mission à Jean-Paul Bailly pour éclairer le débat. Ce nom vous rappelle quelque chose ? Serait-ce le même Jean-Paul Bailly qui a dirigé La Poste et qui a quitté ses fonctions après la suppression de 80.000 emplois et une dizaine de suicides de salariés … ? Pas de doute, ce gars a toutes les compétences requises pour nous rendre un rapport des plus équilibrés …

Sur Europe 1, le travail le dimanche c'est la santé !

Pour un auditeur de la matinale d’Europe 1, pas de doute, le travail le dimanche c’est formidable. Chaque matin, Thomas Sotto, Alex de Tarlé et consorts expliquent tous les avantages du travail dominical. Le sommet est atteint lundi-matin avec l’interview d’Agnès Verdier-Molinié directrice de l’IFRAP. IFRAP ? Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques ! Voilà un nom qui sent bon l’organisme scientifique indépendant … Pas trop en fait. Il s’agit d’un think tank libéral qui pourfend à longueur d’année l’Etat et le secteur public… Cette interview est un pur régal. Le duo Sotto / Verdier-Molinié est bien rodé … On glousse sur la complexité de la loi. Imaginez, l’article du Code du Travail qui traite de la question porte le n° L.3132-3 ! Arf Arf, rien que le n° il est trop complexe …

http://www.ifrap.org/Europe-1-Vous-allez-tout-comprendre,13571.html

En résumé, si vous cherchez les arguments contre le travail le dimanche, circulez, y’a rien à voir.

Et Monseigneur Bernard Podvin surgit !

Tout allait très bien ainsi. Les matinales se succédaient jusqu’à ce matin vers 7 heures 45 et là, ce fut le drame ! Etait invité Monseigneur Bernard Podvin, porte parole de Conférence des évêques de France.

http://www.youtube.com/watch?v=W6-glOaDEcw

Ce brave garçon n’a pas du tout répondu aux attentes de Thomas Sotto. Alors qu’on attendait une défense mole et un peu gênée du repos dominical au nom de la sainte messe, voilà notre prélat qui dénonce le travail dominical sous prétexte que ses bienfaits économiques ne seraient pas démontrés et qu’en plus il serait destructeur du lien social. On sent notre chien de garde outré. Comment ? Quoi ? Ce curé ose prétendre que le travail le dimanche n’est pas solution à tous nos problèmes !

Monseigneur Podvin mentionne notamment une étude du CNRS qui montre que le travail le dimanche n’a rien du miracle économique qu’on nous vend depuis quelques jours. Il faut l’avouer, l’auditeur d’Europe 1 tombe des nues !

http://www.20minutes.fr/economie/1229919-20130930-travail-dominical-les-entreprises-gagnent-plus-ouvrant-davantage

Le plus intéressant du propos de Monseigneur Podevin concerne l’équilibre de la société. Là, on décolle. On parle de choix de société. Et autant vous dire que Thomas Sotto, tout ça, ça l’agace ferme. Sa réaction est le meilleur moment de la séquence. On a droit à toutes les tartes à la crème éditocrates.

« Il y a quand même une situation économique qui est ce qu’elle est en France. Un pays qui est endetté, qui doit faire des économies. Pays en crise. Des millions de chômeurs et d’exclus »

Tient pour toi mon gars ! T’avais donc oublié tout ça ? Tu avais oublié que grâce à la crise dont les marchés sont responsables, ils peuvent tout imposer aux chômeurs et aux salariés ! Travailler le dimanche, travailler pour des salaires en baisse, travailler jusqu’à 67 ans !

Le coup de grâce :

« Vous, en refusant le travail le dimanche, vous allez les pénaliser ces exclus. Il ya un débat. Le débat vit et c’est bien mais aujourd’hui la situation économique on ne peut pas faire comme si elle n’existait pas. »

Tu crois que t’es gentil mais en fait très méchant et égoïste !

« Ben, les gens, ils se rencontreront dans les magasins ».

Heureusement, notre saint homme en a vu d’autres et ne se démonte pas. Il pose la question qui tue : « Les gens vont-ils encore pouvoir se rencontrer ? »

Thomas Sotto a la réponse et elle fuse : « Ben, les gens, ils se rencontreront dans les magasins ».

J’invente rien. Ecoutez. Tout y est !

Monseigneur Podevin n’est décidément pas un perdreau de l’année. Le fourbe a gardé une dernière pique pour notre animateur déjà un peu sonné : Les allemands sont contre le travail le dimanche !

Mince ! Le fidèle auditeur d’Europe 1 ne l’avait pas remarqué mais depuis trois jours l’Allemagne n’avait pas été citée en exemple. Et pourtant, il s’y était bien habitué à ce bel exemple. Et c’est pourtant vrai mais notre modèle à tous n’est pas très « vertueux » en la matière mais, ça, on avait décidé de ne pas en parler.

Thomas Sotto croit avoir trouvé la parade ! Les allemands, bon ok, mais les italiens, les portugais, les espagnols ouvrent le dimanche ! On est vachement isolés ! T’es bien coincé là mon ptit curé ! Pas trop en fait. Cette fois, ça sent le KO. Monseigneur Podevin rappelle juste la situation économique dans ces pays qui est la pire de toute l’Union européenne (après la Grèce quand même !).

Sotto tente une dernière attaque pathétique : « Alors, on ferme tout, les boulangeries … »

No comment.

Franchement ? Ce matin Monseigneur Podevin m’a donné le moral. Non seulement, il y a encore des gens qui pense que l’économie ne doit pas tout diriger dans la vie des gens, mais, en plus, des chiens de garde comme Thomas Sotto peuvent recevoir une raclée en direct sur Europe 1 sans avoir rien vu venir ! Amen !

 

 

 

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Ch Etzol 07/10/2013 13:28


Toujours le veau d'or ! Cela débute,en métropole, par la dissociation des vacances scolaires et des fêtes religieuses catholiques, en particulier la période de la semaine sainte et
la fète de Paques,(le Dimanche étant le 3è jour après l'arrestation du Christ,le jour de sa résurrection) et pour l'étalement des vacances, surtout leur meilleure rentabilité
économique. En même temps on essaie d'introduire, toujours à visée commerciale des us étrangers tels que Halloween en lieu et place de notre fête de la Toussaint. Et
Noël n'est plus qu'une affaire de cadeaux et de fric au lieu de la fête de la venue au monde de Notre Sauveur et l'espérance qui revient ,après le solstice d'hiver. Cela continue avec
l'ouverture de certaines grosses enseignes le Dimanche, et tous les arguments cités l'ont déjà été,à l'époque,en faveur de l'ouverture du Virgin à Paris...Or il vient
de fermer définitivement ses portes,mettant je ne sais combien de centaines de salariés au chomage. Enfin que cache le soi-disant souci de rythme scolaire plus équilibré à l'école primaire,
si ce n'est de faire travailler des enfants le Mercredi ou le Samedi matin, jours consacrés par de nombreuses aumoneries et paroisses à la catéchèse ?   Le rouleau
compresseur de la déchristianisation à marche forcée de la société française se poursuit de la manière sournoise à laquelle nous sommes habitués.. Ils y aura toujours de "bons arguments...
Un proverbe créôle dit :"lè bef vé pa rentré en bois , y ka touvé konn a y trop long"


Enfin il faut surtout noter que cette nouvelle attaque pour la banalisation du Dimanche va de paire avec la destruction programmée de la famille. Le Dimanche était le jour où, moins
absorbé par des préoccupations quotidiennes, on pouvait se retrouver en famille, rencontrer et parler,prendre des nouvelles de l'oncle,du frère, du cousin; de sortir, d'amener
les plus jeunes "rendre visite" à la nature, se détendre après le stress de la semaine. Et l'argument que les voisins le font me fait penser à cette réflexion mi-amusée,mi-en colère de mon père
lorsqu'il me refusait quelquechose que je voyais faire aux autres: Et s'ils vont se pendre,est-ce que tu feras pareil?"


Ne nous laissons pas pendre par des gens pour lesquels l'être humain n'est qu'une machine à consommer et à
acheter.                 Ch. Etzol