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Publié par Edouard Boulogne

Gilets jaunes : Questions après une journée de manifs.
Gilets jaunes : Questions après une journée de manifs.

Au soir de cette journée de manifestation nationale dite des « gilets jaunes » il est trop tôt, dans l'état des informations dont nous pouvons disposer, pour en tirer un bilan.

283 mille manifestants. C'est beaucoup moins, sans doute que n'en avaient espéré les … « organisateurs », beaucoup moins que ne l'avaient redouté les hommes du pouvoir.

Un mort, et inévitablement quelques centaines de blessés, un bilan ( sauf pour la défunte), somme toute moins grave que l'on pouvait le craindre.

 

Pour les médias l’événement est largement positif. Forcément puisque les petits marquis de nos petits écrans ont pu bavarder à longueur d'antennes, fiers comme Artaban de parader aux côtés des personnalités, de distribuer la parole, parfois péremptoirement, et d'asséner des jugements d'autant plus impérieux que ces petits juges n'ont aucune responsabilité sur le cours des choses.

Mais de cet événement on ne nous dit rien de ce sur quoi on aurait du s'interroger.

Par exemple sur la nature des organisateurs. On s'extasie sur la capacité des réseaux sociaux à mobiliser les défenseurs du droit et de la justice « citoyenne ». Fort bien. En ce qui me concerne je ne crois pas depuis longtemps aux générations spontanées, comme l'avait démontré, certes dans un autre domaine, le grand Claude Pasteur. Il est pourtant légitime de chercher la main invisible, bien plus réelle que celle censée être la régulatrice des forces économiques dans l'idéologie libérale.

L'on s'extasie encore sur le pacifisme (sic) des manifestants, et sur le fait avéré que même à Paris il n'y a pas eu de grosses casses comme dans les manifestations traditionnelles.

L'extrême gauche n'a pas dépêché ses bataillons de casseurs pour pimenter la journée de manif. Cette soudaine abstention aurait dû intéresser nos parleurs de radio/télé.

Auraient-ils redouté, ces commentateurs, de faire naître un soupçon dans l'âme des auditeurs téléspectateurs sur les (éventuels) commanditaires de la journée de justice populaire que nous venons de vivre ? Etrange pourtant cette abstention. Leur aurait-on fait comprendre qu'il ne fallait pas effrayer le bourgeois et qu'il valait mieux lui laisser croire à la bonne volonté de braves gens vu vu à la TV ? Mais il y a toujours des organisateurs et, le plus souvent, les plus dangereux sont ceux auxquels on pense le moins, comme les mouvements sociaux sont rarement le résultat de l'excitation subite et improvisée des braves gens baptisés « citoyens » par ceux-là même qui les manipulent.

 

Je n'affirme rien sur le fond. Je pose seulement des questions.

Et si cette journée a eu le mérite de rappeler M. Macron au sens des réalités, énumérées souvent à juste titre par les fameux gilets, il n'en faut pas moins interroger, s'interroger.

Les opposants au chef de l'Etat, à gauche et à droite, courent tous derrière l'événement du jour. Je crois que les chefs véritables ne sont pas des suiveurs. Leur tâche est de questionner, de faire penser, et d'indiquer les voies du salut.

La France n'est pas sortie des épreuves qu'elle traverse. Le Scrutateur.

 

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Appels au calme, critiques de récupération et attaques contre Macron... Les politiques ont beaucoup réagi au mouvement des Gilets Jaunes.


 

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/gilets-jaunes-les-politiques-r%c3%a9agissent/ar-BBPOtcM?li=BBoJIji&ocid=ACERDHP15


 

Opposants et alliés d'Emmanuel Macron se sont exprimés tout au long de la journée pour réagir au mouvement des Gilets Jaunes, qui a réuni plus de 282.000 personnes dans toute la France ce samedi. Plusieurs incidents ont émaillé les blocages et manifestations, notamment la mort d'une femme en Savoie, percutée par une voiture.

L'opposition qui soutient le mouvement

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise a déclaré sur twitter : "Macron avait dit : 'qu'ils viennent me chercher'.  C'est fait", rappelant ainsi les propos d'Emmanuel Macron cet été, à la suite de l'affaire Benalla. "A Paris devant l'Assemblée, nous entonnons l'hymne national avec les Marseillais" a-t-il ensuite écrit.

"Je souhaite que cette mobilisation permette une prise de conscience et que le gouvernement entende ce que les Français ont à lui dire" a déclaré Olivier Faure, premier secrétaire du PS, sur Franceinfo. "Ce que les Français nous demandent, ce n'est pas de chercher à les récupérer, mais qu'on les entende, que l'on réponde à leurs souffrances. Leur revendication, c'est le pouvoir d'achat, mais c'est aussi la justice fiscale. Il faut tout remettre à plat, ne pas opposer l'écologie et le social comme le fait le gouvernement aujourd'hui".

Pour le mouvement Place publique (parti écologiste, pro-européen, citoyen créé par Raphaël Glucksmann), "la manifestation d'aujourd'hui contre la hausse du prix des carburants nous montre qu'en augmentant la fiscalité des carburants sans prendre en compte l'impact de cette mesure sur les revenus des Français, le gouvernement du 'Nouveau Monde' ignore le creusement des inégalités territoriales et sociales".

"Un mouvement qui ne doit pas être récupéré"

Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains était lui dans son fief du Puy-en-Velay (Haute-Loire), aux côtés des manifestants. "C'est un mouvement des Français qui ne doit pas être récupéré mais qui a le droit d'avoir le soutien de tous les élus" a-t-il déclaré aux médias locaux. "J'espère de tout coeur que le président de la République va enfin les entendre".

"Au nom des députés [La République En Marche] je condamne la récupération par des forces politiques responsables du passé et du passif et des extrêmes sans projets ni avenir" déclare sur twitter Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée Nationale. "La manifestation est un droit, la manipulation des peurs un déshonneur."

L'appel au calme après un mort

A la mi-journée, à la suite du décès d'une femme en Savoie, le ministre de l'Intérieur a déclaré sur twitter: "J'en appelle à la prudence, la vigilance et la responsabilité de tous, face au risque que fait courir l'organisation de rassemblements non déclarés sur la voie publique."

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France a publié un communiqué dans lequel il "dénonce l'instrumentalisation de ce drame faite par le gouvernement pour discréditer la mobilisation citoyenne du 17 novembre, mouvement populaire et apolitique. La mise en scène de Christophe Castaner est écoeurante. (...) Combien de morts faudra-t-il avant qu'Emmanuel Macron n'entende la détresse des Français?" 

Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations a appelé les Français au calme: "Face à la multiplication d'incidents, dont certains graves, j'appelle l'ensemble des manifestants, mais aussi des automobilistes et des forces de l'ordre à revenir au plus grand calme. (...) La priorité est de revenir au calme puis de poser les fondations d'une véritable transition écologique attentive à la révolte sincère contre l'injustice fiscale et sociale qu'expriment les Français."

Certains sont allés jusqu'à présenter leurs condoléances aux proches de la victime, comme la vice présidente du groupe MoDem à l'Assemblée Elodie Jacquier-Laforge. Sur twitter elle a appelé "chacun à respecter les consignes de prudence et de sécurité pour que les droits de manifester et de circuler s’exercent librement".

Un mouvement "inoffensif" et "sans lendemain"

Dans un communiqué, François Asselineau, président de l'UPR (Union populaire républicaine) et ancien candidat à l'élection présidentielle relativise l'importance du mouvement des gilets jaunes. Il déclare que la mobilisation était "très inférieure à ce qui avait été anticipé" et "ce mouvement est bien parti pour rejoindre tous les mouvements ultra-médiatisés, inoffensifs et sans lendemain qui ont parcouru la société française ces dernières années: 'les indignés', les 'bonnets rouges', 'jour de colère', 'nuit debout' ou encore la 'fête à Macron'".



 


 


 


 


 

 

Fort intelligeamment, en Grande Bretagne, la reine a pris la tête du mouvement.

Fort intelligeamment, en Grande Bretagne, la reine a pris la tête du mouvement.

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