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Publié par Edouard Boulogne

Le « nouveau Monfils » en quête d’une grande première face à Djokovic

Un article de Romain Schneider, dans Le Figaro.

 

TENNIS Et si c’était son heure ? Gaël Monfils, qui n’avait plus atteint les demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem depuis l’édition 2008 de Roland-Garros, s’attaque à la montagne Djokovic ce vendredi. Un sommet inaccessible ? En douze confrontations, jamais le Français n’a battu le Serbe sur le circuit ATP. Les raisons d’y croire ? Alors que Djokovic n’est peut-être pas au mieux de sa forme (ce qui reste à confirmer), Monfils, troisième Français seulement de l’ère Open à atteindre le dernier carré de l’US Open (après Cédric Pioline en 1993 et 1999 et Richard Gasquet en 2014), n’a jamais été aussi fort, affichant un investissement total depuis le début de la saison. Impliqué. Concentré. En mission. Déterminé comme jamais à exprimer (enfin) son potentiel à 100 %.

Vainqueur en totale maîtrise de Lucas Pouille en quart de finale (6-4, 6-3, 6-3), le Parisien n’a pas encore perdu le moindre set lors de cet US Open. Ce qui a fait dire à son jeune compatriote : « Il a été vraiment très bon, notamment au service, il sert partout, il varie énormément, quand tu ne mets pas le retour parfait, cela devient compliqué. Il ramène des balles que d’autres ne ramènent pas, il joue vraiment très bien. Il est peut-être dans la meilleure forme de sa carrière. Quand il est dans cet état d’esprit et dans cette forme, c’est l’un des quatre meilleurs joueurs du monde. Il a les qualités pour gagner un Grand Chelem. » Considéré comme l’un des meilleurs athlètes du circuit, Monfils poursuit sa mue. À la recherche du temps perdu. À 30 ans, il vit ainsi sa saison la plus aboutie.

L’intermittent du spectacle est devenu un monstre de régularité. Il a ainsi remporté 19 de ses 21 derniers matchs, barré seulement par Kei Nishikori et… Novak Djokovic. Quart de finaliste de l’Open d’Australie en janvier, finaliste du Masters 1000 de Monte-Carlo en avril, le nouveau trentenaire est monté en puissance cet été. Après des mois de mai et juin pourris par un virus, Monfils a parfaitement rebondi lors de la tournée américaine en remportant le tournoi de Washington, le plus important de sa carrière. Il a également atteint le dernier carré au Masters 1000 de Toronto et bousculé le Japonais Nishikori en quarts de finale du tournoi olympique de Rio. S’il ne s’incline presque plus contre un joueur moins bien classé que lui, il flanche toujours en revanche contre les membres du top 8. Un bémol de taille.

Et l’étiquette de « showman » lui colle toujours à la peau. Un sujet sensible. Agacé qu’on le taxe d’avoir trop cherché le spectacle par le passé, le 12e mondial a lancé à la presse. « C’est marrant, mais maintenant que je gagne plus de matchs, c’est plus dur pour certaines personnes de dire que je ne suis qu’un showman. » Plus sérieux peut-être dans son style de vie, « la Monf » sait mieux utiliser ses atouts à bon escient. L’efficacité avant le spectacle. « Je comprends mieux beaucoup plus de choses, comment je réagis, ce que j’aime bien faire, ce que je n’aime pas faire, ce que je dois plus faire. »

Le « nouveau Monfils » doit évidemment beaucoup à son entraîneur depuis l’automne 2015, Mikael Tillström, 44  ans. Cet ancien 39e joueur mondial a transformé l’inconstant en consistant. Son protégé, qui a usé pas mal de coachs par le passé, semble avoir enfin trouvé un entraîneur dont le discours le sensibilise : « Ce qu’on fait, on le fait bien, ce qu’il me dit, je le comprends bien », résume-t-il. Pour le Suédois, il fallait trouver l’équilibre entre plaisir et travail avec le fantasque Monfils. « Gaël a fait ce qu’il avait à faire en termes d’investissement cette année, il est là tous les jours et fait ce qu’il doit faire (…) Quand il joue son meilleur tennis, il n’y a pas un joueur qui n’ait pas peur de lui, mais il a compris que l’important était de gagner des matchs, pas de jouer son meilleur tennis. » Gaëtan Olivier, son préparateur physique, qui exerce la médecine chinoise à Genève, joue également un rôle important dans la construction du « nouveau Monfils »: «Il amène énormément d’énergie, il me pousse à m’améliorer physiquement, on a beaucoup travaillé, et ça marche: je suis solide du fond du court, je n’ai pas de pépin physique. »

Le Français pointera (au moins) au 8e rang mondial lundi et à la 5e place de la Race 2016. Le voilà quasiment qualifié pour le Masters de Londres, un tournoi qu’il n’a jamais disputé. À lui de voir encore plus loin et de faire tomber ce vendredi l’épouvantail Djokovic pour valider en beauté sa mutation.

L’autre demi-finale mettra aux prises le Japonais Kei Nishikori au Suisse Stan Wawrinka. La tête de série 6 a créé la surprise en faisant tomber le numéro deux mondial Andy Murray 1-6, 6-4, 4-6, 6-1, 7-5, tandis que Wawrinka, tête de série numéro 3, a mis fin au beau parcours de Juan Martin Del Potro 7-6 [5], 4-6, 6-3, 6-2. Les demi-finales sont programmées ce vendredi à 21 heures et 1 h du matin (Eurosport).

 

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