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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe. 


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1.  La taxe sur les bonus !


Le gouvernement a confirmé qu'il réfléchissait à taxer les bonus mais n’a pas dévoilé les modalités de ce souhait. Si cette taxation devrait être limitée dans le temps, ni son taux, ni le seuil du montant des bonus concernés n'on été fixés car ils restent encore à définir. Pourquoi une telle mesure maintenant ? C'est plutôt étrange puisque Didier Migaud, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, avait déposé un amendement pour créer une surtaxe de 10% sur les bénéfices des banques. Elle avait finalement été rejeté par la majorité qui avait estimé qu'une telle taxe pèserait sur l'attractivité des banques françaises. Maintenant, l'objectif qui est poursuivi est de faire payer aux banques une partie du système d’assurance dont elles ont bénéficié pendant l'année 2009. Pour justifier ce système d'imposition sur les bonus et non sur les bénéfices, on avance l'idée qu'une telle mesure permettra de renforcer les fonds propres des banques. Ainsi au lieu de verser sous forme de bonus leurs bénéfices, elles auraient intérêt à abonder ces fonds et donc à sécuriser le système financier. Angela Merkel a qualifié l'idée de "très charmante". Il reste donc à voir si cette charmante idée sera adoptée au niveau européen ou ne restera qu’un coup d’épée dans l’eau !


2.

Les Banques devront fermer des agences.


Les grandes banques françaises envisageraient de réduire leur réseau d’agences. En effet l’évolution du paysage bancaire devrait entrainer la suppression de plus de 2.000 emplois dans les agences avec une conséquence directe sur le nombre de points de vente total en France. Pendant des décennies, les banques ont fait de leurs agences un canal de distribution pour leur stratégie commerciale. Depuis quelques années elles ont commencé à réduire les services qu’elles proposaient en agence. La multiplication des distributeurs automatiques de billets ou la remise directe des chèques et espèces sans passage au guichet, ont entrainé une diminution des effectifs entrainant la réduction de la taille des agences. De même les fusions dans ce secteur les ont amené à réorganiser le réseau puisque, parfois, deux agences du nouveau groupe fusionné se retrouvaient l’une à coté de l’autre. Peu à peu, la charge de travail en agence s’est réduite pour se déplacer vers des "call centers" de spécialistes mieux à même de répondre aux questions de plus en plus techniques de leurs clients. Le développement des outils Internet a aussi permis de réaliser de nombreuses opérations courantes, voire un peu plus d’actions sophistiquées. A tout cela s’ajoute la montée en puissance de la Banque Postale avec son puissant réseau des bureaux de Poste. La conséquence de tout cela est que les banques classiques devront restructurer leurs réseaux et repenser le maillage des régions ou elles sont implantées. Ainsi les petites agences de moins de quatre personnes devraient être fermées. Les équipes de spécialistes seront regroupés dans des centres moins nombreux mais plus compétents où les crédits et les opérations complexes pourront être réalisées. Les banques considèrent que la proximité n’est pas le critère le plus important pour des clients dont la gestion d’un dossier complexe est un acte peu fréquent. Donc de nouveaux chômeurs en perspective !


3.

Il faut à tout prix éviter une faillite de la Grèce


La situation catastrophique des finances publiques grecques ainsi que le risque d’une propagation de ces inquiétudes à d’autres pays de la zone euro, comme le Portugal ou l’Espagne, oblige les dirigeants européens à se pencher sur cette situation pour montrer une solidarité européenne. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Alunia, a réclamé des mesures supplémentaires pour que la Grèce agisse sans tarder afin de réduire son déficit le plus rapidement possible quitte à prendre des mesures impopulaires. Si la situation de la France n’est pas aussi dramatique, nos dirigeants, de droite comme de gauche, sont-ils d’accord pour prendre des mesures afin de réduire le déficit abyssal de notre pays et nos compatriotes sont-ils prêts à mettre la main à la poche et accepter une diminution de leur bien être ? On peut en douter quand on voit leur attitude et plus spécifiquement celle des lobbies spécialistes du développement des grèves !


4.

Des menaces de rechute ! !


Il y a quelques mois personne ne pensait que le prix du pétrole pouvait repasser à plus de 100 dollars. En effet, s’il était monté à 150 dollars en juillet 2008, le baril était retombé à 30 dollars en décembre de la même année. Depuis, le baril noir a repris des couleurs et est passé à 70 dollars en août dernier sans que l’on en parle ; la grippe A est passée par là et est un sujet plus porteur pour les médias ! Le regain d’activité fait naitre des tensions et une flambée des cours des matières premières pourrait tuer la reprise dans l’œuf. Elle pourrait avoir un double impact négatif sur la croissance : dégradation de la trésorerie des entreprises et avec un impact sur la consommation et donc une montée du chômage. De même, les banques ayant assainies leurs bilans, elles devraient multiplier les crédits avec le risque de provoquer une nouvelle explosion. Ajoutons que les taux à long terme devraient aussi souffrir à cause de l’explosion des dettes publiques.


5.

Taxation des TGV pour financer le déficit des trains Corail.


Le gouvernement envisage de prélever une taxe sur les billets TGV pour alimenter un fonds de péréquation qui permettra de financer les lignes déficitaires de la SNCF, trains Corail Intercités trains de nuit. En effet les dessertes interrégionales occasionnent un déficit annuel de plus de cent millions d’euros depuis de nombreuses années. Cette situation est difficilement tenable surtout quant on sait qu’il va falloir renouveler le matériel roulant et que la SNCF va se trouver en concurrence avec de nouveaux acteurs qui pourraient vouloir se faire adjuger des lignes inter-cités, bien évidemment les plus rentables !


6.

L’incapacité française à renouveler ses élites.


La nomination d’Henri Proglio pour diriger à la fois EDF, comme patron opérationnel, et Veolia, comme président non exécutif, montre la situation dans laquelle se trouvent nos élites patronales. Quelque soit les capacités et le talent non contestables de ce patron, peut-il contrôler et diriger à lui seul un ensemble de sociétés représentant près de 500.000 salariés ? De même, est-il sain de confier à un seul homme, dans la soixantaine, la responsabilité de deux groupes aussi lourds tant sur le plan stratégique que du chiffre d’affaires ? Tous les beaux discours que l’on entend sur la pléthore de jeunes talents qui seraient aux portes des entreprises pour prendre les rênes de la direction des grands groupes du CAC40 tombe à l’eau. Les représentants de nos grandes écoles, X-mines, HEC, Essec et autres n’ont plus le monopole du management des entreprises françaises. Ainsi, plusieurs entreprises du CAC40 sont dirigées par des patrons étrangers. Il est donc nécessaire et indispensable d’élargir le champ de recrutement des grands patrons français pour mieux coïncider avec la nécessité des besoins. Le syndrome des grandes écoles reste encore très présents dans la France d’aujourd’hui car les "faiseurs de rois" restent de purs produits de l’énarchie et sont tentés de reproduire un système qu’ils ont toujours connu.

Henri Pauvert.

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