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Publié par Edouard Boulogne

J'ai un vieil ami, très fort en gueule, malgré ses 80 hivernages. Fort en gueule, mais aussi très avisé, et sage, et plein de bon sens. Pour lui l'énarchie vicie tout. Ses anecdotes sur l' ENA sont aussi innombrables que drôles. Pour lui, la crise est, en France plus grave encore qu'ailleurs, à cause des énarques.

Et quand on l'écoute il est impossible de ne pas réfléchir, et de ne pas remettre en question l'idolâtrie de tant et tant de familles pour qui l'idéal serait que fifils ou...fifille ( ! ) devienne un ENARQUE. Fi!

J'ai pensé à lui, en lisant l'article ci-dessous de Maurice D... dans Minurne.

Et je le publie pour faire réfléchir et, qui sait, faire avancer le schmilblick.

LS.

keynes.jpg

 

INAPTOCRATIE : LA THEORIE KEYNESIENNE, BIBLE DE LA GAUCHE

http://minurne.blog4ever.com/blog/lire-article-431391-9560765-inaptocratie___la_theorie_keynesienne__bible_de_la.html

 

Economiste britannique de la première moitié du XX° siècle, John Maynard Keynes est devenu célèbre en publiant sa "Théorie Générale de l'Emploi, de l'Intérêt et de la Monnaie" et pour avoir, en réaction au libéralisme classique de Jean Baptiste Say ("laissez faire, laissez passer") imaginé une théorie économique originale donnant à l'Etat un rôle prépondérant de régulateur.

 

On avait bien noté à l'époque que le capitalisme traversait régulièrement des crises cycliques, alternance de "surchauffe" et de "récession". Pour les maîtriser - voire les éviter -, disait Keynes, il ne faut surtout pas "laisser faire", mais au contraire permettre à l'Etat de se substituer au secteur privé défaillant, en soutenant l'investissement, l'emploi et la demande publiques.

 

Keynes ajoutait, avec un brin de provocation, "mieux vaut encore employer des gens à creuser des trous et à les reboucher, plutôt que plonger dans la récession et laisser le chômage s'installer".

 

Le "dirigisme" était né. Il sera adopté aux USA par Roosevelt (le "New Deal") et inspira aussi, à bien des égards, la politique menée en Allemagne par le pouvoir National Socialiste à partir de 1933.

 

L'intérêt principal de la pensée de Keynes est d'avoir montré que l'économie de marché ne possèdait pas intrinsèquement tous les mécanismes régulateurs naturels que les économistes classiques libéraux lui avaient un peu rapidement attribués (cette fameuse "main invisible" qu'Adam Smith imaginait capable de résoudre spontanément tous les déséquilibres).

 

Mais regardons maintenant les choses d'un peu plus près, à l'aune de la société du XXI° siècle.

 

Historiquement, Keynes a eu raison. La crise des années 30 a bien été amplifiée par la chute de la demande, elle même provoquée par l'explosion du chômage industriel liée à la récession.

Une vigoureuse politique de relance publique a bien aidé les Etats Unis à sortir de la crise, aidée cependant - ne l'oublions pas - par la transformation, dans la plupart des pays industriels, de l'économie de paix en économie de guerre.

 

Mais se référer aujourd'hui à la doctrine keynésienne pour sortir de la crise que vivent la France et une partie de l'Europe serait un anachronisme. Une hérésie aussi stupide que prétendre que la défense de la France doit être essentiellement fondée sur l'arme blindée, en arguant que ce sont les chars de Guderian qui ont défait l'armée française en 1940 !

 

Les temps changent. Dans les années 30, il n'existait effectivement AUCUN mécanisme régulateur, aucune protection sociale permettant d'amortir le choc du chômage. Quand un salarié perdait son travail, aucune indemnité ne lui était versée, il perdait tout, ne pouvait plus se loger, ni se nourrir, ni se vêtir, ni se soigner, ni même élever ses enfants. N'étant plus producteur, il perdait du même coup son statut de consommateur.

C'était une véritable mort économique.

 

On voit assez clairement que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Sans minimiser la détresse des familles frappées par des plans sociaux dans la France de 2012, on ne peut quand même pas ignorer tous les mécanismes économiques et sociaux, régulateurs et redistributeurs, permettant d'amortir le choc du chômage. Un demandeur d'emploi reste aujourd'hui un consommateur, même si, répétons le, notre propos n'est évidemment pas de prétendre qu'il est un privilégié, loin de là.

 

Mais le système libéral violent qui était celui des années 30 n'est plus de mise aujourd'hui. On peut critiquer le capitalisme financier, les oligopoles internationaux, les "licenciements boursiers" (il y a d'ailleurs fort à dire à ce sujet, nous y reviendrons un jour), on peut critiquer la violence de l'économie moderne, quoi qu'on en pense, elle est cent fois plus douce que celle des années 30.

 

Après la première crise financière des subprimes en 2007 / 2008, l'équipe Sarkozy - Fillon avait eu le bon réflexe de mettre en place une relance magistrale de l'économie, d'ailleurs plus ciblée sur les investissements que sur la consommation, précisément parce que les mécanismes régulateurs permettaient de ne pas trop appréhender une forte chute de la demande. Il est d'ailleurs assez drôle de se souvenir qu'à l'époque, l'oppposition avait fortement critiqué l'insuffisance de ce plan de relance qu'elle jugeait "timoré" ! Alors que quelques années plus tard, Hollande faisait son miel de campagne du creusement des déficits publics sous le mandat de Sarkozy - principalement dus à cette relance ! Mais c'est une autre histoire.

 

Le problème aujourd'hui est que la gauche a les yeux de Chimène pour la théorie keynésienne. Ignorant superbement l'évolution sociale considérable depuis près d'un siècle, les dirigeants socialistes ne jurent que par Keynes, et seraient presque prêts à employer des jeunes à creuser et reboucher des trous pour résoudre le problème des banlieues...

Que dis-je, "seraient prêts" ? N'est-ce pas un peu le sens de ces fameux "emplois d'avenir" qui auront sur l'économie et l'intégration des jeunes en situation précaire le même impact que jadis les emplois jeunes de Lionel Jospin ?

 

Il est important de savoir comment "pense " l'énarchie de gauche au pouvoir. Baignée par ses maîtres dans l'enseignement - on pourrait dire l'adoration dévote - de J.M.Keynes, elle ne voit pas d'autre option que mettre en application ce qu'on lui a appris à l'université, à Sciences Po ou à l'ENA. "Puisque ça a permis de sortir de la crise des années 30, ça devrait marcher aussi ce coup-ci". Ben voyons...

 

Car on ne leur apprend pas l'imagination, l'innovation, la créativité, l'adaptation, la réflexion, l'intelligence, à ces futurs haut-fonctionnaires ! On leur assène des dogmes, un langage, une pensée - unique et bien formatée -, et des réflexes conditionnés bien dans la ligne autorisée par la bien-pensance.

 

Talleyrand constatait déjà, il y a 2 siècles et avec une grande pertinence, que "les gens trop intelligents ne sont pas faits pour conduire les affaires, car ils s’accordent mal au désordre des événements".

 

Application immédiate du dogme keynésien : le budget 2013. Pour résorber (partiellement) les déficits, on taille (par l'impôt) des croupières aux classes moyennes mais on se garde bien de mettre de l'ordre dans les écuries d'Augias. Cette gabegie de l'Etat (et des collectivités locales, qu'on a fâcheusement tendance à oublier) est la forme moderne des "trous" imaginés par Keynes.

 

"Même si un emploi public est inutile socialement, économiquement, financièrement, surtout n'y touchons pas, car la suppression d'un poste de fonctionnaire (un chômeur de plus) va provoquer une chute de la demande..." J'ai entendu récemment cette phrase idiote de la bouche d'un professeur d'économie, élu socialiste de surcroît....

 

Quelle ineptie ! C'est oublier que pour financer chaque fonctionnaire en surnombre, il faut prendre l'argent chez ceux qui produisent les richesses : les entreprises et les salariés.

C'est exactement le contraire qui se passe : il est fort probable que la suppression d'un poste public devenu inutile entraîne quasi mécaniquement la création d'un poste dans le secteur privé. Il n'est que de voir la masse des TPE qui attendent comme un miracle un improbable allègement des charges sociales qui leur permettrait de recruter et de se développer...

 

La doctrine marxiste était devenue au XX° siècle un dogme quasi religieux. Gardons nous de nous fourvoyer dans ce même type de sclérose intellectuelle en érigeant en dogme la théorie keynésienne, qui n'est plus en mesure de répondre aujourd'hui aux défis économiques et sociaux que nous devons affronter.

 

L'ardente obligation de notre génération est de réduire le coût de l'Etat et des collectivités publiques. Il faut pour ce faire redéfinir le rôle de l'Etat, et gérer strictement "en bon père de famille" la dépense publique strictement nécessaire.

 

La RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) avait cette vocation, mais elle a été supprimée ("détricotée" comme on dit joliment) par l'équipe Hollande.

 

Ainsi va l'inaptocratie...

 

Minurne - Résistance

 

L'inaptocratie est un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle...

 

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