Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Marie-Luce fait ses classes! Bobo!, bobo! 


( Modernes persaneries - voir les "liens" du Scrutateur- rapporte avec le talent qu'on lui connaît les débuts difficiles de madame Penchard, à la tribune de l'Assemblée nationale. Aïe, aïe, aïe! Allo! Maman! Bobo! oui, le Palais Bourbon, et le Palais d'Orléans, c'est pas pareil. Allons, lecteurs! sourions, à ce qui n'est qu'un petit faux pas de débutante! EB).

07.07.2009





La Guadeloupe c'est la France, mais la France c'est pas la Guadeloupe!

Petite scène de genre qui me ramène vers les Antilles sur lesquelles je n’ai pas achevé ma série dans le cadre « L’homme qui murmurait à l’oreille des Antillais »; le quatrième épisode, qui devait être le plus important à mes yeux, n’a pas encore vu le jour. Au fait, on pourrait dans la même veine, faire une série sur le thème « L’homme qui murmurait à l’oreille du Nouvel Obs ».

 

Je dois dire que je n’ai pas vu l’essentiel de la scène à laquelle je vais m’intéresser. Je ne l’ai entrevue qu’au zapping de Canal Plus, mais je connais assez cette émission pour savoir que les monteurs ont su retenir l’essentiel, même si je n’ai pas tous les éléments.

 

La scène se passe à l’Assemblée nationale, le jour des questions orales.

Les personnages : Assis au premier rang, les ministres, dont le Premier Ministre, François Fillon, aussi jovial qu’à l’accoutumée en pareille circonstance (un homme qui rit quand il se brûle comme on dit dans nos campagnes). Debout au micro, donc tout près du Premier Ministre (j’allais écrire Premier Sinistre), Marie-Luce Penchard, toute nouvelle Secrétaire d’Etat à l’outre-mer, répondant à une question sur la justice en Nouvelle Calédonie. Je ne sais pas de quoi il s’agit ni par qui la question a été posée. Peu importe. On verra, l’espace d’un instant, Noël Mamère pendant l’intervention du ministre.

 

Un mot sur Marie-Luce Penchard pour rendre la suite compréhensible. Marie-Luce Michaux-Chevry, épouse Penchard, est la fille de Lucette Michaux-Chevry, exubérante chabine politique guadeloupéenne, à la chevelure flamboyante, que caractérisaient son verbe haut, ses manières autocratiques, sa gestion tumultueuse des affaires régionales, son chiraquisme militant et ses robes façon peau de panthère ! Rien de tel chez Marie-Luce qui cultive plutôt le genre parisien BCBG, mais n’en demeure pas moins marquée par l’héritage politique, comportemental et culturel maternel.

 

Elle a su se montrer assez habile pour plaire à notre Président, au point de s’insinuer dans son entourage immédiat et même de se voir nommer Secrétaire d’Etat en remplacement d’Yves Jego lors du dernier remaniement.

 

Bref, revenons à l’Assemblé nationale. Marie-Luce Penchard, avertie que la séance est télévisée, a tombé les lunettes car elles accentuent encore, il est vrai, son air naturellement revêche; elle commence un long discours sur la justice néo-calédonienne, apparemment mise en cause par un député de gauche (Noël Mamère peut-être, qu’on nous fait découvrir, durant un instant, par un plan de coupe, la moustache frémissante d’indignation).

 

C’est assurément la première intervention de ce type de Marie-Luce ; a-t-on omis de lui préciser que, comme aux questionneurs, le temps est compté aux ministres. Le président lui demande donc de conclure ; Marie-Luce, penchée sur son micro, comme un pistard sur son guidon, n’a cure de la remarque et continue. Le président réitère son injonction et, devant l’obstination de l’oratrice, coupe son micro.

 

Marie-Luce, toute à son propos et consciente de sa dignité atavique et nouvelle à la fois (on ne couperait pas ainsi le micro à une Michaux-Chevry, au Conseil régional de la Guadeloupe), poursuit ses vociférations nationales, en haussant encore le ton pour se faire entendre, en dépit du fait que le Président de l’Assemblée qui, lui le traitre, a un micro en ordre de marche, lui demande pour la troisième fois de cesser son discours, puisque, de toute façon, le micro est coupé. Marie Luce, à qui les yeux commencent à sortir de la tête et qui entend conclure contre le Président, les vents et les marées, persiste dans son éloquence. 

 

Le pauvre Fillon, catastrophé et impuissant (comme toujours), se levant à demi de son banc, lui demande à son tour d’arrêter ; il est assis tout près d’elle, au premier rang (d’où l’importance des détails topographiques du début). Littéralementt en transes, Marie-Luce ne veut rien entendre des sages conseils de Fillon, qui tente de la calmer en lui répétant à nouveau que le micro est coupé. Il faut, pour finir qu’il se lève carrément pour venir la prendre par le bras et à défaut de lui faire entendre raison, l'obliger à quitter la place. Nous n’avons pas vu la suite hélas, mais une telle scène est sans doute unique dans les annales du Palais Bourbon.

 

Le piquant de cette histoire n’est pas dans le fait qu’il vaudrait mieux expliquer aux nouveaux ministres les règles du jeu des questions-réponses parlementaires. Ils les connaissent tous et ils s’y conforment. Ce qui est intéressant ici est, en revanche, l’abîme politico-culturel entre ce qui aurait pu être, en pareille circonstance, le comportement d’un Yves Jégo et celui d’une Marie Luce Penchard, née Michaux Chevry. Je donne, à propos de la seconde, ces détails généalogiques, car ils sont ici essentiels. Il ne faut pas confondre un Yves Jégo, modeste politicien professionel bisontin et la fille de la flamboyante Lucette qui régna sans partage sur le Guadeloupe des décennies durant ! Nul ne s'y serait jamais hasardé à lui fermer le micro sous le nez. Telle mère, telle fille !

 

La Guadeloupe c’est la France, comme on dit chez les Michaux-Chevry, mais la France, hélas, n’est pas la Guadeloupe !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
En effet la Guadeloupe c'est la France, du moins je l'èspère! Mais la France est-elle la Guadeloupe ? De cela je doute ! car beaucoup de gens que je fréquente, malheureusement ne le pensent pas. Et préfèrent, aujourd'hui, aller prendrent leur vacance en Europe ou en France tout Simplement ! Ils ont peur de rester en radelà-bas... De l'autre côté de l'Atalantique, loin très loin de leur bases. Beaucoup sont revenus traumatisés de leurs dernières escapades sous les Tropiques! Mais sans les touristes comment les hotels vivront-ils? De quoi les airbus se rempliront-ils ?Si la Guadeloupe et la Martinique veulent continuer à vivre il faut absolument que les "zoreilles" ne soient pas accueillis par des peaux de bananes, Et je parle aussi aux "béqués" et aux "blancs pays" qui n'approuvent pas toujours l' envahissement de "leur île". Je dis casse-cou, car les Français de Métropole sont aussi chez eux dans les DOM.Ch . FFRENCH  
Répondre
M
Pas possible! C'est de l'intox! Je n'arrive pas y croire.La Guadeloupe a trouvé une fois de plus une occasion de se faire remarquer et  a raté l'occasion de se taire.C'est bien la fille de maman!
Répondre