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Publié par Edouard Boulogne

Mois du créole : NOTE SUR L'ORIGINE ET LA GENÈSE DU CRÉOLE, par Raoul-Philippe Danaho.
Mois du créole : NOTE SUR L'ORIGINE ET LA GENÈSE DU CRÉOLE, par Raoul-Philippe Danaho.
Mois du créole : NOTE SUR L'ORIGINE ET LA GENÈSE DU CRÉOLE, par Raoul-Philippe Danaho.

J'ai longtemps été abonné à la revue Mondes et cultures ( qui présentait les comptes rendus trimestriels des séances de l'Académie des sciences d'outre-mer ), épaisse de plusieurs centaines de pages, et contenant souvent de véritables trésors de sciences et d'informations.

Dans le tome LVIII, paru à la fin de 1998, j'ai retrouvé un article très remarquable de monsieur Raoul-Philippe Danaho, sur Les Dimensions historiques et humaines de l'esclavage, des origines à la découvertes de l'Amérique.

L'article est trop long pour pouvoir être reproduit intégralement dans le Scrutateur. J'en ai retenu pour vous, dans le cadre du mois du créole, qui va s'achever le 31 octobre, l'annexe, déjà fort substantielle et parfois un peu technique mais parfaitement abordable pour un lecteur curieux et attentif.

Demain je publierai un autre article sur les enjeux du créole, qui pour certains est moins un élément patrimonial important qu'un enjeu politique discutable.

 

Le Scrutateur.

 

NOTE SUR L'ORIGINE ET LA GENÈSE DU CRÉOLE.

La découverte de l'Amérique et la traite négrière qui en a suivi ont donné naissance à un double phénomène. Un phénomène biolo­gique procédant de l'apparition d'une race intermédiaire, les mulâtres, résultant du croisement des deux races devenues domi­nantes sur le nouveau continent : les Blancs émigrés d'Europe et les Noirs massivement déportés de l'Afrique à l'initiative des premiers. Un phénomène linguistique caractérisé par la naissance de ce qui fut longtemps tenu pour un vulgaire patois, mais que de nos jours on tend à considérer comme une véritable langue.

Quel fut le processus de formation de cette nouvelle langue qui, en dehors de l'aire américano-caraïbe à laquelle presque unique­ment s'attachera la présente étude, s'est constituée selon un processus assez similaire dans l'autre grande zone du créole français dans l'océan Indien ?

À la suite du professeur Robert Chaudenson, éminent créoliste, auteur de l'ouvrage de référence, Les créoles français, on peut dis­tinguer à cet égard une double approche : l'approche socio-histo­rique et l'approche linguistique et socio-linguistique.

A.    L'APPROCHE SOCIO-HISTORIQUE

L'approche socio-historique permet, de l'avis du professeur Chaudenson, de «saisir les conditions, d'apparition du processus de créolisation, en particulier dans la perspective d'une recherche sur l'origine et la genèse des parlers créoles».

1) L'étude proprement historique vise à mettre en évidence les caractères communs et essentiels qui déterminent la durée de for­mation et de stabilisation des structures fondamentales d'un créole. À cet égard, deux facteurs sont à prendre en considération : l'im­portance du peuplement blanc dans les premières décennies de la colonisation, décisives pour l'élaboration du nouveau parler, et l'hé­térogénéité des peuplements serviles. L'étude du cas de la Marti­nique est, à ce double point de vue, fort significative :

a) L'esclavage n'a pas disparu depuis si longtemps en Europe lorsqu'à la fin du XVe siècle, les Espagnols l'introduisent à Hispaniola (Haïti) en y faisant venir des Noirs d'Afrique pour remplacer les Indiens dont l'extermination totale est proche ; les Français qui, comme l'observe à la même époque le Père Pelleprat (auteur d'un ouvrage, Relation des missions des P.P. de la Compagnie de Jésus dans les Iles et dans la terre ferme de l'Amérique méridionale, paru en 1655), ne se servent ni de bœufs ni de chevaux dans la culture de leurs terres, le pratiquent par nécessité dès le début du XVIe siècle

b) En 1635, les Français s'installent à la Guadeloupe et à la Mar­tinique qui vont devenir rapidement le centre de la colonisation des Antilles, puisque c'est de ces bases que partiront les expéditions de prise de possession de la Grenade et de Sainte-Lucie (1650).

c) On constate, d'après les résultats des recensements connus, qu'après trente ans de colonisation en Martinique (1635-1664), les groupes blancs et noirs sont numériquement équilibrés ; si l'immi­gration d'"engagés" européens qui viennent sur contrat (d'où leur nom) travailler dans les  "habitations"  (c'est-à-dire l'exploitation rurale dans le "parler des Isles") se révèle insuffisante sur le plan économique, elle contribue néanmoins à maintenir à un niveau élevé le pourcentage de Blancs dans la population totale ; si bien qu'après un demi-siècle (1635-1687), les Blancs forment encore à peu près la moitié de cette population (1).

d) Ce premier demi-siècle est essentiel pour la formation du parler et il faut se garder de transposer à cette époque l'énorme dis­proportion numérique qu'on peut aujourd'hui constater entre les populations blanche et noire et qui tient à une évolution beaucoup plus tardive et très largement postérieure à la période de constitu­tion des créoles.

e) Non seulement la population blanche forme, dans chaque pays, un groupe ethniquement et linguistiquement homogène, mais elle se trouve être originaire des mêmes régions de France ; c'est ainsi que les données disponibles pour la Martinique indiquent que les provinces d'origine des colons et engagés français recensés entre 1640 et 1700 étaient essentiellement celles de l'Ouest (Normandie, Bretagne, Ile de France, Saintonge, Guyenne et Gascogne).

f) Le besoin de main-d'œuvre s'accroît avec le développement des cultures non vivrières, en particulier celle de la canne à sucre introduite en 1639. Alors que la population européenne des îles est presque uniquement française (à peine trouve-t-on en 1680 à la Mar­tinique une quinzaine d'étrangers sur un total de 3.102 Blancs), la population servile est en revanche très hétérogène ; les esclaves sont originaires de toute la côte ouest africaine s'étendant du Sénégal à l'Angola, c'est-à-dire des pays qui, avec ceux-là, sont aujourd'hui le Cap Vert, la Guinée, la Côte-d'Ivoire, le Togo, le Bénin et le Came­roun. Or, ces États sont linguistiquement hétérogènes sans langue dominante au niveau national. Certains de ces pays ont été souvent qualifiés de "mosaïques ethniques" ou de "puzzles humains" ; le Togo, le Bénin et la Côte-d'Ivoire possèdent, par exemple, une qua­rantaine d'ethnies au minimum.

2) L'approche sociale met en lumière le processus de déculturation et d'acculturation de la main-d'œuvre immigrée dérivant de la politique de l'immigration servile :

( Notes : (1) En 1664, le chiffre de la population blanche est, de 2.722 imités 2660 pour la population de couleur (Noirs et. Mulâtres) ; en 1687, les chiffres sont respectivement de 5019 et. 11.001 ).

a) Un des buts les plus constamment poursuivis est la recherche de sujets susceptibles de la meilleure adaptation à la vie servile. C'est dans cette perspective que sont recherchés les esclaves jeunes, plus facilement assimilables, en particulier, sur le plan linguistique. Les individus trop âgés sont regardés comme irrécupérables par incapacité à se "franciser" ; l'esclave "franchisé" acquiert une plus-value importante, car non seulement il est plus utile et plus efficace, mais en outre il démontre par là sa capacité à s'adapter à son état. D'autre part, c'est pour lui, comme on le verra plus loin, le signe et le début d'une certaine promotion sociale.

b) La psychologie des divers groupes ethniques est également prise en compte ; les membres de certaines ethnies passent pour plus adaptables ou plus soumis : c'est le cas des Noirs de Juda (Ouidah), par exemple, alors que d'autres, tels les Ibos (ethnie du Nigeria), sont considérés pour plus sujets à la révolte, à la dépres­sion et au suicide.

c) Un autre principe essentiel est celui d'éviter, tant au niveau de la colonie que de 1'"habitation", la constitution d'un groupe ser­vile homogène. Il était en effet beaucoup moins dangereux pour les colons de posséder des esclaves d'origine différente. Les risques de révolte ou de complot s'en trouvaient considérablement réduits car dissensions et rivalités favorisaient les dénonciations et renforçaient la sécurité des Blancs. En outre, l'adaptation et l'intégration s'en trouvaient favorisées, alors que la reconstitution de groupes serviles linguistiquement homogènes les auraient évidemment entravées et retardées.

d) Le rôle et la fonction des esclaves créoles sont également essentiels : ceux-ci (ou les esclaves immigrés "francisés") font figure, pour les nouveaux immigrants, de modèles sociaux. C'est par eux, plus peut-être que par les maîtres, que va s'effectuer la socialisation des nouveaux débarqués ; d'autre part, c'est toujours aux esclaves créoles ou francisés qu'on confie le commandement des "bandes" ou "ateliers". Le solide mépris que montrent ces "commandeurs" pour la rusticité de leurs nouveaux compagnons ou subordonnés incite fortement ces derniers à s'adapter comme eux à leur nouvelle condi­tion. Exemplaires et justiciers à la fois, ils engagent de gré ou de force les nouveaux immigrés dans la voie de la créolisation.

e) II ressort de la conjonction de l'ensemble de ces facteurs que l'esclave est, dès son entrée dans la société coloniale, engagé dans un processus très contraignant de déculturation (perte de sa langue et de sa culture d'origine) et d'acculturation (acquisition du créole et de sa nouvelle culture) ; L'habitation" (qui sans changer de dénomi­nation va plus tard devenir la "plantation", plus connue dans l'ima­gerie coloniale) est conçue pour favoriser et accélérer ce processus par sa structure verticale qui en fait un véritable isolât humain et économique où le nouveau venu ne peut survivre que sur une rapide socialisation dont, l'apprentissage est un élément fondamental.

L'approche socio-historique permet donc de mettre en cause une des idées  reçues  les   plus  solidement enracinées, l'écrasante supériorité numérique des Noirs sur les Blancs lors de la formation des créoles. Or, l'étude du cas de la Martinique, comme pourrait également le montrer, celui de Bourbon (la Réunion) - les deux pre­mières terres colonisées dans chacune des grandes zones créolophones -, indique qu'il n'en fut rien et que, durant toute la période décisive pour la formation des parlers, les Blancs furent plus nom­breux que les Noirs et constituèrent en outre une communauté dominante beaucoup plus homogène sur le plan linguistique, l'hété­rogénéité de la communauté servile étant accrue encore par le mode même de colonisation.

Des divers phénomènes mis en lumière, il en est donc résulté, dans une situation socio-linguistique de contact et d'hétérogénéité linguistique, une accélération formidable du processus évolutif qui a conduit en un demi-siècle à la formation de systèmes nouveaux qui sont devenus les parlers créoles.

B.    L'APPROCHE LINGUISTIQUE ET SOCIO-LINGUISTIQUE

Dans le cadre de l'approche linguistique et socio-linguistique,!! se pose la question de savoir s'il y a des créoles ou plutôt un créole français, ce qui porte à examiner, avec le professeur Chaudenson, ce qu'il appelle le postulat ou mythe de l'intercompréhension des créoles, puis les hypothèses sur la source unique de ces parlers, et enfin d'autres éléments ayant influé sur le processus de créolisation.

1) Le postulat de l'intercompréhension des créoles reposerait, selon lui, sur une double constatation :

a) tout d'abord, certains témoignages de créolophones : cette impression de familiarité est justifiable par les analogies nom­breuses qui, à différents niveaux, existent entre les créoles ; on pourrait en multiplier les exemples : c'est ainsi que tous les créoles ont perdu les voyelles arrondies du français : on a linn pour lune, pour deux, bèf pour bœuf ; de même, la plupart des créoles offrent des formes verbales réfléchies, où apparaît le mot kor (tournure que l'on trouve en ancien français avec le substantif correspondant "corps"), du type  : haïtien : m-ralé ko(r)-m (= je me retire) ; marti­niquais : pann ko (= se pendre) ; guyanais : mo ké neyé mo ko (= je me noierai) ; tous les créoles utilisent également le mot moune qui semble dériver du français "monde", dans l'acception de personne, individu, gens ; cependant il apparaît que si l'intercompréhension est relativement facile entre des créoles très voisins, comme ceux des Petites Antilles (martiniquais, saint-lucien, dominicain, guadeloupéen), il est déjà plus aléatoire entre martiniquais et haïtien ou guyanais ;

b) un autre fait qui, selon le professeur Chaudenson, alimente le mythe de l'intercompréhension des créoles, c'est que bien souvent les linguistes ont travaillé sur des documents écrits ; or, s'il est rela­tivement facile pour un créolophone alphabétisé, voire un franco­phone,   de   lire   un  texte   dans   n'importe   quel   autre   créole, l'expérience directe de la réalité conduit à plus de prudence et réserve sur le caractère d'intelligibilité mutuelle de ces parlers.

2) Quant,  aux  diverses  hypothèses  sur  la  source  unique  des créoles, elles se répartissent en trois catégories :

a) Les créoles procéderaient d'une souche commune qui serait le patois nautique, espèce de lingua franca en usage, pour le moins, chez les marins et navigateurs des côtes françaises de la Manche et de l'océan parmi lesquels se recrutèrent la plupart des émigrants de l'époque.

b) L'origine commune des créoles pourrait se trouver dans divers pidgins (africain, français ou portugais) (2) ; les tenants de cette thèse qui mettent l'accent sur l'importance d'un "substrat afri­cain" (3), vont parfois jusqu'à voir dans certains créoles des langues mixtes à syntaxe africaine et lexique français.

c) Rejetant   les   thèses   adverses,   le   professeur  Chaudenson admet, en ce qui le concerne, comme unique source commune vrai­semblable des créoles, le français populaire et dialectal du XVII ème siècle, langue parlée par les colons ou les engagés, pratiquement tous de condition et de milieu modestes. Mais si le rôle essentiel de la langue européenne peut être considéré comme une donnée histo­rique, économique et sociale de fait, elle ne s'est tout de même imposée qu'en subissant de profondes mutations. À cet égard, l'in­fluence des langues serviles est déterminante. Indirectement tout d'abord, en raison du fait que les Français dans la nécessité où ils se trouvaient de communiquer dans leur vie professionnelle, voire familiale, avec des groupes linguistiques différents, ont été conduits à agir sur leur propre langage en le simplifiant, ce que d'ailleurs n'étant pas eux-mêmes tous des mêmes provinces, ils avaient donc tendance à faire, même au sein de leur propre groupes. Mais plus directement, poursuit l'éminent linguiste, «les esclaves contraints d'apprendre des rudiments de français l'ont fait certes d'abord par simple utilisation de lexèmes (mots) français dans la syntaxe de leur propre langue, mais également à un stade plus avancé de leur apprentissage linguistique, par une certaine restructuration interne du (français)», parvenu «au stade de la pidginisation». Les diffé­rences entre le français et les créoles se révèlent notamment au niveau phonétique. La plus caractéristique d'entre elles - ainsi qu'on l'a relevé plus haut en ce qui concerne les analogies que présentent ces parlers - est l'absence des voyelles antérieures arrondies, par exemple,  l'u français devenant i créole (musique = mizik) ;  eu (ouvert) se transformant en è (bœuf = bèf) ; eu (fermé) en é (deux = dé, feu = fé). Un autre trait caractéristique du créole est souvent l'af­faiblissement ou même la disparition du "r" français dans le parler Un cas encore bien connu est celui des consonnes "ch" et "j" qui ont (… voir après les notes )

Notes : (2) Le pidgin est, selon le Larousse, «un système linguistique résultant de la simplification d'une langue donnée, servant uniquement aux besoin d'une communication limitée, sans être la langue maternelle de personne»

(3)               Le terme "substrat" se définit comme «la couche linguistique inférieure, constituée par la langue indigène qui cède la place à une langue d'importation    en   lui    conférant    certaines   particularités,    une    certaine prononciation ou certains faits syntaxiques».

disparu du créole de la zone américano-caraïbe où ils sont rem­placés par "s" et "z". Par exemple "zoli" pour joli, "syen" pour chien.

3) En dehors de ces considérations, divers autres facteurs sont à prendre en compte dans le processus de développement des créoles, et notamment :

- le rôle du langage enfantin : on peut penser que les enfants créoles de la première et de la seconde génération qui n'étaient pas contraints par la pression familiale et sociale à restructurer leur grammaire, ont joué un rôle déterminant dans la formation du parler créole constituant pour eux la langue maternelle ;

- L'absence totale de structure socio-culturelle organisée : il n'y avait, on s'en doute, pas d'enseignement organisé et on laissait les esclaves apprendre le français comme ils le pouvaient.

Ainsi, l'origine et la genèse des parlers créoles qui résultent, comme il est fréquemment admis, du contact d'une langue euro­péenne et de langues africaines, procèdent, en gros, comme le définit le Grand Larousse Universel, des événements suivants : déportation en terre étrangère, mélange de populations dépourvues d'une langue commune au sein d'une communauté fermée (la plan­tation) et devant recourir à la langue du maître, ne serait-ce que de façon limitée et imparfaite, au moins pour comprendre les ordres.

En ce qui concerne le processus de formation des créoles fran­çais, il ne semble que l'on puisse valablement se référer à la notion de substrat. En effet, cette notion ne pourrait être invoquée que pour un créole endogène qui se serait constitué au contact d'une popula­tion autochtone avec un groupe étranger immigré sur son sol, ce qui n'est manifestement pas le cas d'aucun créole français. Il ne peut donc s'agir aux Antilles et en Amérique que d'adstrat, d'apports de complément résultant du contact du français de base avec les langues serviles.

En situation de diglossie et se trouvant en concurrence avec une langue dotée d'un statut privilégié, les créoles, à de rares exceptions près, sont longtemps apparus comme des langues dominées, mépri­sées, parlées par les couches les plus pauvres des sociétés concer­nées, et on assiste souvent à des processus de "décréolisation" avec le recul et la disparition d'un créole devant la langue plus presti­gieuse.

Les études, menées sur le plan socio-historique, tout autant que linguistique, montre le lien génétique étroit qui rattache le créole au français. Or, il arrive que des intellectuels créoles souvent autono­mistes souhaiteraient voir contestée cette relation qui, dans leur esprit, met en cause l'autonomie du système linguistique créole. Cependant, le professeur Chaudenson observe, à juste titre, que «parenté génétique n'équivaut pas à parenté structurelle et cette confusion, trop fréquente, est à l'origine de nombreux malentendus. Le latin et le français,par exemple; sont sur le plan génétique étroi­tement apparentés ;il n'empêche que ces deux langues sont structurellement très différentes.» En outre, on peut relever que, pas plus le fait que les habitants des États-Unis, par exemple, qui utilisent la langue de l'ancien colonisateur ne les empêche pas d'évoluer selon leur génie propre, l'apparentement du créole au français ne saurait gêner l'épanouissement du premier, pas plus d'ailleurs que l'appa­rentement des langues romanes, dont le français, au latin, n'a pu s'opposer à leur développement de manière originale et autonome. C'est bien le contraire qui se produit quand la langue dominante, plutôt qu'une autre, comme l'anglais, se trouve être le français. Significatif à cet égard est notamment le cas de la Dominique et de Sainte-Lucie dont la langue officielle est l'anglais, et où le créole français semble assez en perte de vitesse.

 

Raoul-Philippe Danaho.

( http://neonegritude33.afrikblog.com/archives/2010/05/14/17889119.html ).

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pierre 31/10/2016 20:05

Paraît-il que les "institutionnels" du "créyol" voudraient l'apprentissage du "créyol" pour les enfants des autres et ..le français pour leurs propres enfants.