Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Referendum grec: les médias français irresponsables ( Prendre un petit bain de non conformisme socratique ).

Pas de pensée authentique, sans débat, ni contradiction. En France, et d'ailleurs dans le reste d'une Europe pour l'instant peu fidèle à l'esprit qui l'a jadis, et naguère encore, à la tête du monde, la contradiction est refoulée par la camarilla dominante aux limbes de l'esprit.

Raison de plus pour le Scrutateur, de fournir à ses lecteurs qui n'auraient pas le temps d'une recherche trop longue, une petite note discordante.

Lisons ensemble cet article publié par Causeur, sous la plume de David Desgouilles.

 

LS.

 

________________________________________________________________________________

 

Fallait-il sauver les Guignols ou la souveraineté d’Athènes?

 

http://www.causeur.fr/referendum-grece-euro-saint-cricq-33659.html

 

Dix ans après le référendum sur le Traité constitutionnel européen en France, la quasi-totalité des médias français n’a tiré aucune leçon de ses échecs. Cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un référendum français mais peu importe. Dès l’annonce de la consultation par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, les mêmes firent chorus avec les états-majors des Républicains, de l’UDI et du PS, bref les « gens raisonnables ». Pas un journaliste, lorsque Tsipras donna au référendum une dimension plébiscitaire gaullienne, pour faire remarquer aux élus du parti sarkozyste que cette méthode de gouvernement devrait logiquement recueillir leur assentiment. Pas un, non plus, pour faire remarquer aux partisans de Tsipras et membres de la convention sur la VIe république que tout cela n’était pas très raccord avec leur conception des institutions. Les paradoxes, la vraie politique, c’est moins intéressant que de se nourrir à la moraline, et tenter maladroitement de se ranger dans le camp du Bien en toutes occasions.

Pour l’observateur lambda, cela comporte quelques avantages. Par exemple, on peut arriver à voir dans la décomposition des visages présents sur une chaîne info le niveau du OXI (Non) monter, monter… C’est assez impressionnant. Vous pensez : ils y croyaient au sondage annoncé in extremis et donnant le oui vainqueur. Pourtant, l’autre jour, quand il a fallu réviser la vie de Pasqua, ils avaient bien vu qu’on pouvait fabriquer des faux sondages pour tenter d’influencer un vote, comme en 1981 quand l’organisateur en chef du RPR s’amusait à dézinguer Giscard. Mais de là à faire le lien… Penser que le camp du Bien serait capable de telles méthodes, vous n’y pensez pas !

Donc, le Mal, c’était Tsipras. Il était désigné. Désigné notamment par le duo reconstitué Sarkozy-BHL, lequel avait été si efficace dans le règlement de l’affaire libyenne… comme on le mesure chaque jour. Tsipras était d’extrême gauche et il s’était allié avec l’extrême droite. On a même entendu Baroin, devenu un zélé porte-flingues sarkozyste, reprendre l’antienne de BHL selon laquelle Syriza était alliée avec Aube Dorée, mensonge des mensonges, sans que Jean-Pierre Elkabbach ne moufte. Complicité ou incompétence ?

Heureusement, pour oublier qu’ils avaient choisi exceptionnellement le diable Sarkozy contre le diable Tsipras (c’est compliqué, d’être dans le camp du Bien, parfois), il y a eu Vincent Bolloré. Pendant deux jours, ils ont oublié un peu la Grèce pour se soucier des Guignols de l’info qui, paraît-il, étaient menacés de disparition par le nouveau propriétaire de Canal +, accessoirement fournisseur de yacht pour les lendemains d’élection gagnée en Sarkozye. Et, évidemment on y voyait la main du diable (qui n’est pas diable quand il s’agit d’insulter Tsipras, vous suivez toujours ?) Sarkozy. Oh, la divine surprise ! Cette pantalonnade de mobilisation a bien occupé tout de monde, pendant que les Grecs murissaient leur décision écrasante. La patrie était en danger à cause de la disparition de créatures en latex. Pendant ce temps, le Président Hollande répondait à l’appel vibrant de la sphère médiatique indignée depuis l’Angola. Au passage, on mesure ce qui reste du caractère subversif d’une émission alors que toute la classe politique, de Florian Philippot à Olivier Besancenot, prend fait et cause pour elle. Finalement, joli coup de pub pour Bolloré, pour zéro centime d’euro. On est ainsi revenu à Athènes, contraints et forcés, pour assister à la défaite du cercle de la raison. Et marteler que ceux qui s’en réjouissent sont des « irresponsables », expression entendue dans la bouche de cette éditorialiste de haut vol, et à la diction de cours moyen deuxième année, Nathalie Saint-Cricq.

Bref, ce fut une semaine compliquée pour le camp du Bien médiatique : croire gagner avec les Guignols, et perdre contre les irresponsables, ça fait beaucoup!

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

pierre 07/07/2015 19:27

finalement la faute à qui?
la faute aux créanciers de la zone euros pour avoir prêter à des surendettés.
la faute aux gouvernants européens de n'avoir jamais utilisé les fonds européens pour créer les conditions de la croissance dans la zone euro. Fautes impardonnables sur la durée(une trentaine d'année) alors que l'Europe avait promis la prospérité des états membres!
"les promesses n'engagent que ceux qui y croit" le mot est de Jacques Chirac un européen convaincu!
mais est ce que les fauteurs vont payer leurs fautes? OUI pour ceux qui volent au dessus des pâquerettes mais ce sera NON pour les adeptes de la haute voltige.

J.G 06/07/2015 18:46

Heureusement,il y a les commentaires.Merci Mr Houël.
Savez vous que les Grecs ont depuis toujours la réputation de vivre à crédit?
Non ,le causeur,Mr Tsipras n'est pas le Diable mais dîtes nous comment vous appelez ceux qui trouvent" normal" de ne pas rembourser leurs dettes,demandent de nouveaux prêts en n'ayant nullement l'intention de les rembourser?et trouvent "normal" que ces dettes soient payées par les autres européens.
Les pensées moralisantes,c'est bien!Mais il faut aussi savoir compter!Maintenant,que les financiers mondiaux soient des coquins,sans aucun doute et ce d'autant plus que l'origine des fonds n'est sans doute pas toujours très limpide.

Claude HOUEL 06/07/2015 17:54

Comment a-t-on pu penser un instant que le OUI l'emporterait ?
Si on demande à un citoyen lambda, même européen sincère ,même français,si il veut rembourser le banquier qui lui prêté de l'argent, et si on le persuade qu'il a le choix,quel sera sa réponse ?
J'étais en Grèce tout le mois de juin, je n'y ai pas vu de panique ni de désespoir mais j'ai été frappé par le très grand nombre de commerces,d'usines et de bureaux fermés, dans les villes comme dans les zones d'activités, cela fait froid dans le dos parce que cela laisse deviner le chômage et l'incapacité de rembourser tout tout de suite.
Oui il faut que les Grecs comprennent que l'on ne peut vivre ad vitam au-dessus de ses moyens et qu'un prêt n'est pas un don et doit être remboursé.
Dans le même temps les créanciers portent leur part de responsabilité : Ils ont prêté en connaissance de cause à un Etat qu'ils savaient peu solvable, sauf à être complètement incompétent et démissionner sur le champs.
Quand un banquier privé,en France,prête dans ces conditions il peut être mis en cause,juridiquement.
Il existe aussi des mécanismes pour aider (encourager?) le surendetté .
Donc tout le Monde est coupable et il faut tout remettre à plat.
Il faut enfin que nos gouvernants mesurent le danger qui nous guette : la remontée, inéluctable,des taux d'intérêt , et l'absence de limitation des dépenses publiques , risquent de nous mettre,à court terme, dans une situation similaire.
Messieurs Tsipras,Hollande et quelques autres inconscients devraient lire la pensée d'Abraham Lincoln publiée par le scrutateur le 05 juillet dernier , tout y est dit.

Antoine de Panou 06/07/2015 17:22

Que faut-il faire pour empêcher le ciel de tomber, sinon rigoler ? Car ils sont tous plus affreux les uns que les autres. Alors faut rigoler pour ne pas se fâcher tout rouge. Jolie bande de cons, et concours de coonerie de première division...

castets 06/07/2015 16:33

Bonjour Mr Boulogne,
Comment ce feuilleton à rebondissements finira-t-il ?
Dans les traces de la Grèce et selon un ordre défini par le volume des dettes de chaque pays concerné, allons nous enfin globalement demander un réechelonnement de ces dettes prétenduements gargantuesques pour le 3 millième millénaire, avec un intérêt progressif à 0,01 % pour ne pas affoler les compteurs...
Après tout, en ces temps futurs, bénis par les Dieux de l'Olympe, le chômage devrait pour ce qui nous concerne être inversé ou je n'y comprend plus rien !
D'ici là, nos dirigeants illusionnistes auront émigré sur une autre planète sans aucune pollution et débordant d'énergie gratuite puisque plus proche du soleil de Mars.
Pour tous ceux qui rêvent les pieds sur Terre, ce nouveau feuilleton fiancier de l'EU est en cours, puisque comme chacun le sait et depuis très longtemps : " Demain on rase gratis".
Ce sera certainement le challenge de ce soir pour l'Hydre à 18 trous de balles (financiers) ou presque, qui se réunissent ce soir pour la survie de la Grèce ; avec en arrière pensée leur propre catapultage dans l'au-delà , en des temps pas si lointains puisque notre Président remontera vers les Champs Elysées sous peu, son enfer n'étant pavé que de bonnes intentions à la mode.
Cordialement Cjj

Livia 06/07/2015 16:11

Je veux juste faire remarquer aux lecteurs du Scrutateurs, que le "yatch" que Bolloré a mis à la disposition de Sarko le lendemain d'élections, n'a pas coûté un sou aux contribuables français" contrairement aux voyages de Ségolène Royal ou des fils Valls!