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Publié par Edouard Boulogne

RFO? c'est pas d'l'info.

 

( André Derviche, un ami et collaborateur martiniquais nous envoie ce papier sur les "fantaisies" de RFO-Martinique.

Il a raison, mais j'ai le regret de lui dire qu'en Guadeloupe, c'est pas mal non plus. Et même souvent mieux (ou pire). Nou pli fo!. Le Scrutateur).

 

 

20090221_logo_rfo_martinique.jpg

 

 

L'information locale est-elle de l'information correcte, ou  corrigée ?

 

La semaine dernière, à la Martinique, une campagne d'affichage assurait la promotion d'un artiste du nom d'Admiral T en y associant celui de l'opérateur téléphonique Only, sponsor de cet artiste.

Que dit, dans l'un de ses clips, l'artiste en question ? Il dit ceci : « Puisque l’histoire est écrite par les békés, j’ai raturé le cahier pour y marquer LKP ». Sur ce point-là, au moins, ce fameux Admiral T. ne raconte pas d’histoire. 

Ah ! les artistes ! Quel crédit ne donnent-ils pas à tel ou tel ? Et c'est la source de tous les malentendus. Car l'histoire, aux Antilles, est de plus en plus écrite par RFO, qui, avec la rigueur dont elle fait depuis longtemps la démonstration, témoigne tous les jours d'une capacité d'invention et de révision des faits qui lui donne, en matière de désinformation, une certaine excellence. Est-ce de la désinformation à la Monsieur Jourdain, ou y a-t-il une volonté délibérée d'ensevelir nos îles sous des avalanches d'ignorance ? Que celui qui connaît la réponse la dise haut et fort. Le résultat, quelle que soit l'hypothèse est, de toutes les façons, assez voisin. Mais, n'est-ce pas ce qu'on appelle "s'approprier - ou se réapproprier - l'histoire de son pays" ?

Le 8 mai, le JT du soir de RFO a atteint des sommets, attendrissants, toutefois, et toute la honte doit en retomber sur ceux qui - en lieu et place de l'information - laissent se propager des récits complètement faux. Ce n’est pas les narrateurs qu’il faut incriminer : la plupart du temps, ils croient à leurs propres affabulations, et on peut les en excuser. En revanche, il appartient à ceux dont le rôle est d'informer de ne pas imposer comme vérités n’importe quelles sornettes aussi aimables fussent-elles.

C'est ainsi que l'on put voir un ancien, un grand combattant (comme on dit ici ou le mot “grand” marque la déférence envers l'âge, comme dans grand-père ou grand-mère) faire une triste sortie de route. Celui-ci, plus près des quatre-vingt dix ans que de son quatre-vingtième anniversaire, apparaît vêtu de son plus beau costume, digne, souriant et touchant. Fier de s'être battu pour son pays, fier des médailles qu'il arbore, et fier de l'occasion qu'il a de témoigner, il se laisse emporter par son verbe à quelques encablures de la réalité. Ainsi, il a pris part aux combats qui ont délivré la France, mais son action héroïque ne s'est pas arrêtée là : en 1945, il s'est fait un point d'honneur de libérer la Martinique de l'amiral Robert, qu'il a contribué à déposer. D'ailleurs, il a personnellement assuré la garde de l'amiral, une fois captif, dans un trou à Balata. Dans la chaleur communicative des souvenirs qui s'égarent, voici que notre héros entame l'ascension du mont Baratin, le pauvre, et RFO laisse au montage ce qui, malgré tout l'attendrissement suscité, n'est que... divagation. Et voilà ! Par la faute de RFO, des quantités d'écoliers qui ne savent pas contrediront peut-être des gens qui savent. Cela, parce que ceux qui sont censés leur apprendre quelque chose dans le cadre du service public (et qui sont grassement payés malgré leur incompétence) ont mal fait leur travail, ou, pire, ils ont sciemment introduit un virus dans la connaissance historique de ces enfants pour qui “vu ou entendu à la télé” est synonyme de vrai. 

Précisions quand même, au moins à l'attention des "journalistes" de RFO Martinique s’il est possible de les informer au passage, que l'amiral Robert a quitté la Martinique en... 1943, avec tous les honneurs dus à son rang et après avoir remis le haut commandement de la colonie (car la Martinique était encore une colonie) au représentant de la France libre, M. Hoppenot. Sa détention, dans un trou à Balata, gardé par notre combattant (admirable, par ailleurs) étant une information pour le moins sujette à caution devient par la canal de RFO télé une mauvaise blague faite aux téléspectateurs, martiniquais ou autres.  

Alors, JT, DT (divertissement télévisé) ou FP (Falsification Programmée) ?

C'est probablement l'ignorance et la vanité (la certitude de tout savoir quand on sait bien peu de chose), qui, quand elles tiennent lieu de qualification professionnelle, sont la cause de toutes les entorses au bien-faire.

MAIS

Volontairement ou involontairement, nous sommes au point de jonction d'une drôle de conception de la vérité historique à laquelle on assiste de plus en plus souvent dans la périphérie de "l'information" aux  Antilles, où RFO et les zintélektyels (mais ils ne sont pas les seuls), observent scrupuleusement une consigne  de réécriture de l'histoire qui commence à porter ses fruits : les tenants du ta-nou disent n'importe quoi, et, à force, ils finiront par réécrire l'histoire comme ils l'entendent.

Qu'ils maîtrisent l'avenir, rien n'est moins sûr. En revanche, pour ce qui est du passé, ils s'en chargent. Et c'est ce que font de nombreux artistes (de variétés ou de monotonie), imitant en cela nos zintélektyels et une médiasphère locale engagée. Cette dernière  occupe toute la place en matière d’information, et ne cesse de dénoncer à pleins poumons des monopoles qui n’existent, pour la plupart, que dans l’information distillée par les… consorts.

C'est bien cela, s'approprier l'histoire : inventer des histoires pour remplacer l'histoire.

 

André Derviche.

 
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castetsjj 13/05/2010 18:33



Bonjour Monsieur Boulogne,


Je vous confie ce texte car je sais, pour vous lire au quotidien, que vous en ferez l'usage qu'il mérite, par avance merci !


L'info, l'évènement, la réalité des faits, pourquoi tant d'à peu près sans aucun risque pour la majorité des journalistes qui ne vont pas au contact !!!


Que leur opposer si ce n'est la vérité toute crue comme le courrier d'un frère d'Armes que je me permets de relayer en réponse aux scoops, à l'approximation et à l'orientation des faits présentés
dans les médias.


Ce courrier met aussi en lumière, l'abnégation et le don de soi de nombreux étrangers qui s'intègrent à la France via les Armées en intégrant toutes nos valeurs y compris le sacrifice suprême
puisque c'est leur vocation... à méditer dans ces périodes de doutes, de morsosité et de campagnes de démoralisation orchestrées pour notre plus grand malheur...


Médisez, médisez, il en restera toujours quelque chose !!!



11 avril 2010
Lettre du Fils de Jean de COINTET, capitaine commandant une compagnie du 2ème REP en Afghanistan, à loccasion du légionnaire tué cette semaine.
Supplique à un ami journaliste

Cher ami,

La nouvelle tombe dans les media aussi vite qu’Hutnik est lui-même tombé. C’est le droit à l’information. La France doit savoir que meurent ses enfants, même s’ils le sont d’adoption, comme lui,
Slovaque.
Tu le sais, je ne suis pas journaliste mais soldat. Je ne suis pas un professionnel de la communication comme toi. J’ai peu appris à relayer des informations d’une telle portée. C’est pourquoi il
faut que tu m’aides. Il faut que tu m’aides, car j’ai le sentiment que dans la précipitation du spectaculaire, on le tue une deuxième fois. J’ai l’impression qu’on bafoue son patient travail avec
son bataillon depuis trois mois – et pour lequel il est mort.
J’ai besoin que tu m’aides à faire sentir ce qui se passe réellement ici, à faire comprendre ce qui justifie que je laisse ma femme et mes enfants le long temps de cette mission. Que tu m’aides à
proclamer que malgré sa mort ce n’est pas un échec. Que tu m’aides… plutôt que tu l’aides…

Hier après-midi, Hutnik a bravement accompli son devoir, sa mission jusqu’au bout, en bon légionnaire. Ce matin, le poste annonce : « un soldat français du 2ème Régiment étranger de parachutistes
est tombé dans la vallée de Tagab en Kapisa, région où les Taliban sont toujours plus virulents ». Voilà. Ces derniers ont gagné. A la face du monde ils sont les puissants, incontrôlables et
vainqueurs.

Mais en fait, s’est-on interrogé sur ce qu’il se passe réellement dans la basse vallée de Tagab ? Ce sud Tagab où aucun occidental ne pouvait passer sans de sérieux accrochages. Ce sud Tagab où
deux de tes confrères ont été, il y a cent jours, enlevés. Ce sud Tagab que notre armement permettrait de mettre à feu et à sang.
Au contraire, Hutnik et ses camarades ont réussi l’incroyable pari de s’implanter dans la zone, d’y rester, sans heurts, d’y acquérir, progressivement, la confiance de la population, de confier,
petit à petit, sa sécurité à l’armée Afghane plutôt que française. A quel prix ? Celui d’une stricte discipline au feu, d’une retenue des coups portés. Celui d’un certain dédain du danger, de ne
pas répondre systématiquement et de manière aveugle. Accuser le choc, ne frapper que lorsqu’on est certain, cogner peu, mais taper à coup sûr, fort et ciblé, seulement alors qu’on l’a décidé.
Etre sûr pour garder la main, préférer le feu rare mais précis, neutraliser seul celui qui nous tire dessus, en être persuadé et l’accepter.
Ce travail de mesure, de patience d’un Hutnik rongeant son frein à force d’encaisser paie. Les femmes et les enfants, les hommes eux-mêmes, constatent que les seuls coups assenés ne tombent que
contre les vrais adversaires. Ils voient nos troupes sans volonté de détruire, maîtresses de leur force.
Alors qu’elle trouvait hier des combattants, Tagab l’insoumise cherche à présent son développement. Le travail du soldat est loin d’être terminé : il faut remonter plus au Nord vers ses camarades
de l’autre groupement français, poursuivre son patient travail de pacification.

Derniers tirs sporadiques, Hutnik tombe. Hutnik tombe sous les tirs des derniers groupes insurgés présents. Hutnik tombe car les Taliban sont justement de moins en moins virulents.

Aussi, aide-moi à honorer la mémoire de cet ardent légionnaire. Qu’on ne gâche pas sa dernière tâche, qu’on ne gâche pas sa mort. Qu’on n’offre pas une victoire de communication à l’adversaire
fébrile. Au contraire, avec tes confrères, appuyez le dernier combat d’Hutnik. Aidez cette population qui désormais, d’elle-même, dénonce l’insurgé. Je vous en conjure, parlez des projets d’essor
qui peuvent et doivent être proposés au sud Tagab, évoquez la culture du safran qui pourrait remplacer celle du pavot, venez compléter l’œuvre de pacification par celle du développement…

… et laissez à Hutnik les fruits de son travail.

Augustin

à Tora, le 09 avril 2010






Chantal Etzol 12/05/2010 00:44



A propos de falsification ou de désinformation,la concurrence ne manque pas:un livre sur le gouverneur Sorin ne présentait-il pas en couverture une photo de l'amiral Robert?  Lequel
n'était-il pas présenté sur un site académique comme "un officier nazi" nommé pour diriger les antilles?


 



Léon Tikitak 11/05/2010 20:01



Je ne sais pas si Derviche l'a fait exprès, mais sur le site de rfo Martinique, aujjourd'hui, il y a une information que l'on ne peut que relier à cet article, que voici in-extenso. Au préalable,
soulignons contente que le paragraphe sur les Occidentaux "qui ont falsifié l'histoire" pourrait être rigolo s'il n'était pas tragique par la gravité des menaces qu'il expose assez ouvertement.
Les Occidentaux, voilà les ennemis semblent dire ces gadé-zafè. En d'autre temps, un certain, ki nom a ï enko ? avait désigné d'autres cibles, lesquelles, je vous laisse le  soin de le
deviner, et les conséquences qui ont suivi. Mais place à l'info de RFO :


Durant deux jours, le colonialisme a eu droit à son procès. Un procès symbolique avec 10 avocats antillais.


Juger le colonialisme. Le MIR, le Mouvement international pour les réparations, y a pensé. Il a donc organisé dans une salle de
spectacle, un procès symbolique. Sur le banc des accusés, un homme représentant l’Europe. A la barre, des témoins à charge et à décharge se succèdent. 

Un universitaire explique comment les Occidentaux ont falsifié l’histoire. Une évolution de l’histoire qui ne doit pas s’opérer pour la fille de Malcom X, Malak Shabaz, venue témoigner dans ce
procès « Vous savez beaucoup d’historiens étaient des esclavagistes. Aujourd’hui, il voudraient nous dire avançons ensemble, et soyons
encore frères et sœurs. Mais ils ne veulent surtout pas laisser leur place. Celle qui leur permet aujourd’hui encore d’avoir de tels propos. Ils tirent encore bénéfice de la situation actuelle,
de la place qu’ont eu leurs ancêtres, la même qu’ils occupent aujourd’hui. C’est ce qu’il faut apprendre aux jeunes pour que la situation ne soit plus à leur désavantage, et ça, ça leur pose
problème  ».



Pas recevables
Les plaidoiries et témoignages ne seraient pas recevables devant une juridiction française. Maître Alain Manvile, témoin à décharge lors de cette audience, explique pourquoi au micro de Télé
Martinique : « Le colonialisme en tant que système d’exploitation de peuples par d’autres peuples ne relève pas d’une infraction
pénale. On ne peut pas rester dans un no man’s land où les Etats commettent des crimes qui restent totalement impunis. Il y a eu pendant très longtemps l’impunité des chefs d’Etat, c’est terminé,
et bien il faudrait que l’impunité des Etats soit quelque chose qui relève du passé ».


Génocide, tortures physiques et mentales, occupations illégales de territoire ou encore vols de richesses historiques et naturelles, sont quelques uns des crimes
reprochés à l’accusé. Le verdict est attendu le 21 mai, la veille de la date des commémorations de l’abolition de l’esclavage. 





 



hébébondié 11/05/2010 17:35



linformasyion cé ta nou cé pas ta yo, la vérité cé ta nou cé pa ta yo, la pwofitasyion cé ta nou cé pas ta yo... Hé bé bon Dieu ! Tête moins ka pati. Moin té press paré pour di : Je suis tombé
par terre, c'est la faute à Césaire, le nez dans le ruisseau, c'est la faute à RFO.



Dissident 11/05/2010 17:31



RFO ment en se vautrant dans le grotesque le plus obscène. Hier soir, par un charlatan afrocentré se disant "chercheur-en-histoire" et qui était invité par RFO, j'ai appris que les Grecs Antiques
- ne sachant ni lire ni écrire comme chacun le sait - avaient été en quelque sorte initiés à la Civilisation par quelques Sages Africains qui passaient par là par hasard. C'est ce qui
s'appelle "se réapproprier son histoire" c'est à dire la voler à autrui. Ce service public à à vomir.    



Edouard Boulogne 11/05/2010 22:12



RFO Martinique voudrait combler son retard sur RFO6Guadeloupe qu'il ne s'y prendrait pas autrement!



hello 11/05/2010 14:36


vous évoquez dans votre article la notion de vérité , c'est exactement ce dont ils se moquent , rfo n'informe pas n'a pas d'éthique rfo MILITE , nous assistons à une main mise de l'information
grossière ( et honteuse pour ceux qui la pratiquent )qui s'adresse aux braves gens qui croient encore que la vérité est dite à la télé afin de les révolter et on accepte des concepts ridicules tels
que la "sagesse des artistes" lesquels seraient crédibles parce que quoi? ce mot englobe n'importe quelle personne qui a un petit talent et qui deviens une référence on ne sait pourquoi les
artistes ne sont pas des sages ou des vertueux , ceux que je connais sont plutôt des bourgeois de gauche , qui manient bien les idées de la lutte des classes tout en vivant confortablement , rien
de nouveau quoi Ce club d'amis est en train de légitimer le racisme anti blanc par tous les moyens , il est donc normal que ceux ci soient salis et calomniés , transformés en monstre, ça passe
comme une lettre à la poste, et c'est sensé grandir ceux dont c'est la nouvelle croisade à chacun ses héros!!