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Publié par Edouard Boulogne

Danse macabre des syndicats extrémistes.

 

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La danse macabre des syndicats extrémistes et irresponsables et le dégout des entrepreneurs locaux confrontés a la destruction de l'outil de travail ! 

 


Cette semaine dans l'actualité , 3 exemples probants de grèves sauvages et inconsidérées mettant en péril près de 400 emplois, ont défrayé la chronique et effrayé plus encore les investisseurs locaux, les étrangers ayant déja déserté le sol de la Guadeloupe..........


- L'entreprise ECOMAX ,1 mois de grève juste apres la reprise du groupe par HO YO YEN , qui sur les ondes de RFO a décidé de se retirer de ce merdier ! étant également confronté a une grève dure de son entreprise MARIMAX.
- MATOUBA , 3 semaines de grève rendent fou GALLI , le moulien bon teint qui résiste a la chienlit dans son entreprise et qui se déclare prêt à mettre la clé sous la porte .
- BLANCHISSERIE DU SOLEIL, propriété de VANGOUT en perdition après les 44 jours de grève ( en février-mars 2009) et qui a décidé de procéder au licenciement de 60 employés.

LA GREVE et le défilé de RUE : un moyen de subversion du statut départemental par le  LKP.

 

 

DOLTO.

Le mot français « grève » a une drôle d’origine. Historiquement, la place de Grève est une place de Paris située en bord de Seine devant l'hôtel de ville. Bordée d'une plage de sable, elle était utilisée pour le chargement et le déchargement des bateaux, et les hommes sans emploi s’y rassemblaient dans l’espoir d’être embauchés. Bref, le point de rencontre entre l’offre et la demande de travail. Une ANPE en quelque sorte ! Historiquement donc, être sur la grève, c’est rechercher un emploi !
Puis, comme souvent, le mot a évolué. Le gréviste est devenu celui qui s’oppose aux patrons. Là aussi, l’époque est datée : la révolution industrielle, le monde ouvrier, les grandes avancées sociales. La grève est clairement liée à l’industrie, naissante au XIXème siècle et dominante jusqu’à la seconde moitié du XXème siècle. La loi en France autorisant et encadrant le droit de grève date de 1864. Les expressions comme « grève tournante », « grève sauvage », « piquet de grève » gardent cette connotation industrielle. Ces types de grèves sont nés avec le monde industriel, structuré en usines, en unités de production et en ateliers interconnectés entre eux. Dans ce système, toute discontinuité dans la chaine de production peut avoir des conséquences catastrophiques et la grève devient donc un moyen de pression efficace à une époque où le dialogue social est, au mieux, balbutiant. C’est par la force que les ouvriers obtiennent la journée de 8 heures grâce à la première grève nationale de revendication en 1906.
La grève, à cette époque pas si lointaine, est un moyen de rééquilibrer le rapport de force entre « patrons » et « ouvriers ». Et il n’est pas faux de dire que de nombreuses avancées dites « sociales » n’auraient pas été obtenues sans ce moyen (cf. les grandes grèves de 1936). La grève est donc l’arme de dissuasion du pauvre, ou du faible, ce qui, dans le monde capitaliste d’hier et d’avant-hier, est un peu la même chose. La grève est donc avant tout une épreuve de force, qui permet de rééquilibrer les rapports entre « patrons » et « ouvriers ».
Qu’en est-il aujourd’hui dans un pays comme la GUADELOUPE, dans une économie où l’industrie ne représente plus que 2% du PIB ? ET LE TERTIAIRE 70 % ? Que sont devenues les grèves ? Jouent-elles le même rôle ? La grève récente de 44 jours dans tous les secteurs et la fonction publique ( éducation nationale ) permettent d’y voir plus clair.
Les grèves de février / 2009 ont des caractéristiques que les commentateurs ont largement rappelées et sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s’étendre :
Ø Les salariés en grève appartiennent très majoritairement à la fonction publique et percoivent les 40% tout en ayant la garantie de l'emploi a vie ;
Ø Les revendications ne portent pas sur les « classiques » conditions de travail mais sur des thèmes plus larges comme le pouvoir d’achat ou les prix ;
Ø Le fait déclencheur est inhabituel, car idéologique du fait de la contestation même du système de départementalisation (et pas une grève au sens traditionnel et « industrialiste » du terme) : la grève ne vient sanctionner ni l’échec de la négociation (la rupture du dialogue social) ni le refus de négocier (l’absence du dialogue social), mais la contestation du systéme a visage masqué .
Cette grève est symptomatique de l’évolution (voire de la dénaturation) de ce fait social en Guadeloupe.Elle est subversive en ce sens que le but ultime est de détruire les fondements de la départementalisation !  (L'UGTG parle de résistance économique. Il faudrait dire SABOTAGE ) La grève n’est plus le moyen ultime de la négociation, la volonté ultime de rééquilibrer, le temps de la négociation, le rapport de force entre patrons et salariés. La grève de février /mars 2009 n’a pas réellement fait avancer la négociation. Elle n’a pas rendu les conditions de la négociation plus faciles. Elle n’a pas permis de satisfaire totalement les revendications des parties. L’objectif de cette grève était tout autre.
La grève n’est donc plus ce moyen, un peu artificiel et temporairement limité mais parfois indispensable et efficace, de discuter en égaux. Patrons contre salariés. Salariés contre patrons. Cette discussion entre égaux, cette négociation bilatérale n’est apparemment plus l’objectif. La grève LKP vise maintenant à montrer sa force, (alors qu’on n’en a pas) face à un Etat francais ( 4eme puissance mondiale ), à dire qu’on a des idées, alors qu’on n’en a pas, a prouver sa représentativité alors qu’elle est très limitée. Bref, la grève n’est plus ce qu’elle était : la bataille entre égaux est devenue une bataille d’egos. Montrer des biceps pour le LKP semble plus important que présenter des arguments. Ce sont des grèves de posture idéologique, de positionnement marxiste et indépendantiste, loin du dialogue social et des réalités. En d’autres termes, on ne traite pas des faits, on les fuit. On ne cherche pas à changer le monde de maniére contructive, on évite les vrais problémes afin de changer le cadre départemental sans le dire ouvertement. C’est l’inverse de Mai 68 : soyez irréaliste, ne demandez pas le possible !
EN GUADELOUPE le mot grève RIME PLUS AVEC LA POLITIQUE DE LA TERRE BRULEE ; c'est le triomphe du " fan tchou " et de la radicalité !
Etrangement, cela me rappelle un sujet de Bac Philo : « vaut-il mieux changer nos désirs que l’ordre du monde ?». Le texte original, tiré de la troisième morale provisoire de Descartes, est un peu différent et plus subtil, et mérite comme souvent d’être cité intégralement, ce qui permet, au passage, d’apprécier le style littéraire du XVII siècle .
Que cherche à nous dire Descartes ? Que si la volonté (ou le désir, ce qui est pareil pour lui) est illimitée, vouloir n’est pas avoir, désirer une chose n’est pas posséder cette chose. Et que cela ne sert à rien de vouloir quelque chose qu’on ne peut pas avoir. Il est inutile de désirer ce qu’on ne pourra jamais posséder. Arrêtons de désirer l’indésirable. Arrêtons de vouloir ce que nous ne pouvons avoir. Il ne s’agit pas de ne plus rêver : Descartes n’est pas fataliste ! Il s’agit de ne plus rêver à avoir ce que par nature nous ne pourrons jamais avoir, comme le « royaume de Chine ou du Mexique ». Comme le dit Descartes, nous n’aurons jamais un corps « aussi peu corruptible que les diamants », et nous n’aurons jamais « des ailes pour voler comme un oiseau ».
Que peut-on désirer alors ? Descartes est très clair : il faut « m’empêcher de rien désirer à l’avenir que je n’acquisse », il faut désirer « ce qui est en notre pouvoir ». Désirer ce qui est en notre pouvoir, c’est désirer ce qu’on peut changer, ce qui dépend de nous : soyons réalistes, exigeons le possible !
Quel rapport entre Descartes et les grèves ? Les grévistes de février /mars 2009 demandaient l’impossible (le déchoukage du statut quo) et le savaient. Le gouvernement et les élus demandaient eux aussi l’impossible (revenir en arrière) et le savaient. Bataille entre 2 impossibilités. Bataille entre 2 égos. Face à face. Ou plutôt face contre face. Rêve contre principe de réalité.
Mais, en Guadeloupe , dans beaucoup de domaines, discuter des faits et des réalités semblent plus difficile que de se battre sur des rêves ou sur des mots comme "pwofitasyon" (autre grande spécialité guadeloupéenne). C’est l’immobilisme ou la révolution. L’ordre du monde immuable (car inchangé) ou les désirs immuables (car inchangés).
Faisons de nouveau, comme les poètes , rimer grève et rêve. Pour changer le monde, changeons d’abord nos désirs pour vivre nos rêves. Pour changer réellement, il vaut mieux changer ses désirs que désirer le changement… sans rien changer.

En créole : lé mizé bawé bourik , i ka kouwi pli vit ki chouval .


 

 
 
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Tout ceci me semble bien vu. Je n'ai jamais compris cette volonté "jusqu'auboutiste" des grévistes de ne céder en rien au point de mettre l'entreprise à genou et de la faire couler. Que promet-on
à ces grévistes pour qu'ils aillent dans le mur et acceptent de perdre leur emploi en détruisant leur outil de travail? On ne compte plus les employés aillant perdu de cette façon leur travail.
Ils viennent grossir les rangs des demandeurs d'emploi à qui l'on n'a de moins en moins de propositions d'embauche à faire. Pensent-t'ils au long terme? 



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