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Publié par Edouard Boulogne

Jeannette-Bougrab-.jpg

 

Ceux, comme moi, qui jadis, ont espéré en une Algérie française, ne doivent pas l'oublier. Au début des années 1950, les Algériens étaient Français. Les pieds-noirs, et les arabes. Une majorité d'arabes. D'ailleurs, dans les années 1930, Ferhat Abbas, le futur leader du FLN disait, et écrivait : «  J'ai cherché la nation algérienne, partout, et jusque dans les cimetières, et...je ne l'ai pas trouvée ».

L'histoire a été dans un sens contraire. A cette époque, la France se relevait péniblement du 2 ème conflit mondial, l'URSS dommentait partout des troubles, pour prendre notre place, la montée de l'Islam commençait à s'affirmer. Et nous n'avons pas toujours été à la hauteur de nos idéaux. En 1962, en Algérie, au moment des accords d'Evian, la majorité changea de camp. Les foules ayant compris que la France les abandonnait, rallièrent le camp des vainqueurs, comme cela s'est toujours fait, pour toutes les foules, dans l'histoire qui est, à la fois, farce et tragédie.

( J'ai dit « vainqueurs », mais dans un sens politique, car sur le terrain, fin 1961, l'armée française avait vaincu sur le terrain et le FLN était à bout de souffle ).

Pourtant, même dans l'apocalypse finale, des centaines de milliers d'arabes restèrent fidèles au drapeau français, pas seulement les harkis.

Pas seulement les harkis, mais beaucoup d'autres, civils arabes, et berbères, qui payèrent de leur vie, souvent, par centaines de mille, leur fidélité à la France.

Parmi ceux qui se réfugièrent sur le territoire européen de leur patrie, il y eut le caporal chef Lakhdar Bougrab, le père de Jeannette Bougrab, ministre de l'actuel gouvernement de François Fillon.

Lakhdar aurait pu s'appeler Mohamed, comme tant d'autres karkis, et comme cet enfant perdu qui à Toulouse illustre si tragiquement et péniblement l'actualité.

Cela, chers amis, chers lecteurs du Scrutateur, nous qui sommes Français, qui n'avons pas une idée mesquine et rabougrie de notre beau pays, nous ne devons pas l'oublier.

Lakhdar, Jeannette, et tant d'autres, prouvent que l'on peut être Français, et parfois bien mieux que certains de ceux qui se proclament «  de souche ».

Nous prendrons bien garde, dans les semaines qui viennent, à ne pas nous abandonner à je sais quel ethnicisme, à je ne sais quelle méfiance, et hostilité, à l'égard de nos compatriotes aux prénoms et patronymes maghrébins.

Ce qui est un danger, c'est d'une part la montée d'un islamisme de combat ( mais en est-il un autre? Ne concluons pas trop vite, et selon nos humeurs, mais la question se pose. Voyez ce qu'en pense Jeannette Bougrab elle-même ), et d'autre part, l'état d'esprit défaitiste, et anti français de tant de nos compatriotes «  de souche », toujours prêts au nom d'un humanisme mal compris, ou d'intérêts économiques à court terme, à battre leur coulpe, et à donner tort à leur pays. Ils sont les fils, je n'ose dire spirituels, des anciens porteurs de valise du FLN.

Ils sont pires, en un sens que le jeune criminel Mohamed Meras, car, sans, eux, courir de risques, ils sont ceux qui donnent à croire aux terroristes islamistes, qu'ils n'ont rien à craindre de ces lâches, et de ces C... de Français.

Lecteurs, mes amis, apprenons à rester calmes, maîtres de nos humeurs. Sachons Raison Garder.

 

Edouard Boulogne.

 

 

http://www.valeursactuelles.com/notre-opinion/notre-opinion/islamistes-sans-na%C3%AFvet%C3%A9-ni-cynisme20111215.html

Les islamistes, sans naïveté ni cynisme

Frédéric Pons le jeudi, 15/12/2011

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La vague islamiste qui submerge le monde arabe, de Rabat au Caire, ouvre une page nouvelle. Il faut la comprendre, sans naïveté ni cynisme. À la différence du christianisme (« rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »), l’islam traditionnel ne fait pas de distinction entre le temporel et le spirituel.

Il a réponse à tout et vocation à tout régenter, de l’individu à la société, dans le cadre de la charia. Appliquée intégralement, cette “loi de l’islam” est d’essence totalitaire, corsetant la vie individuelle et sociale par le “légitime” et l’“illégitime”. Les musulmans réformistes sont conscients de cette difficulté. Ils veulent moderniser l’islam. Les musulmans inté­gristes – les islamistes – veulent au contraire islamiser la modernité, ce qui signifie réislamiser les sociétés.

Les exemples les plus aboutis de pays soumis à la charia sont l’Arabie Saoudite et le Soudan. On y observe com­ment la loi islamique restreint les droits et les libertés jusqu’aux moindres détails de la vie privée, notamment pour les femmes et les chrétiens, traités en citoyens de seconde zone. Pour les musulmans eux-mêmes, la liberté de conscience est limitée : l’apostasie vaut la mort, la conversion ou le mariage mixte sont interdits.

Rares sont les pays dotés de solides garde-fous, comme la monarchie au Maroc, en Jordanie, à Oman. L’armée (Égypte, Tunisie, Syrie) ou les tribus (Libye, Yémen) pourraient aussi jouer ce rôle mais rien n’est sûr. En accordant leur confiance aux “ barbus”, les Tunisiens et les Égyptiens referment une parenthèse autoritaire mais laïque. Ne vont-ils pas ouvrir une nouvelle page, tout aussi totalitaire, sous la férule de l’islam rigoriste ? On voit déjà s’y réduire les libertés et poindre un début d’asphyxie sociale et culturelle. C’est un souci pour l’Europe qui devra s’attendre, à terme, à un nouvel afflux de migrants, réguliers ou non.

Les islamistes gagnent parce qu’ils sont épargnés par la corruption et l’usure du pouvoir. Ils promettent la dignité, la solidarité, du travail. Bien organisés, ils ont pris le train en marche et balayé les gentils blogueurs à l’origine des révoltes, ceux que nos diplomates citaient en exemple et que certains médias classaient déjà parmi les personnalités “les plus influentes du monde”…

Pour eux, la démocratie n’est qu’un instrument de conquête du pouvoir, pour appliquer “la loi divine”. À tous et partout. Ils l’ont dit et écrit. Peut-on alors parler d’islamistes “modérés” ? Non, répond Jeannette Bougrab, la secrétaire d’État à la Jeunesse, dans le Parisien daté du 3 décembre : « Je ne connais pas d’islamisme modéré. […] Je n’accepte pas l’idée qu’on puisse fonder une constitution sur la charia, système religieux fondamentalement inégalitaire. Il n’y a pas de charia light. » Dans le Monde, l’écrivain marocain Tahar ben Jelloun approuve  : « Un religieux qui investit le champ de la politique n’a que faire de la modération. […] Les islamistes de par le monde ne connaissent que le versant extrême même s’ils tiennent un discours rassurant. »

La charia “light” n’existe pas, sauf pour des raisons tactiques. Mais les “islamistes modérés”, oui, sont une réalité. Tous les partis religieux n’ont pas la même ap­proche de l’islam politique. Au Maroc, les islamistes de Justice et Développement embrassent l’épaule du roi et négocient avec des partis laïcs. Leurs rivaux de Justice et Bienfaisance veulent au contraire instaurer une république islamique. En Algérie, les Frères musulmans du MSP (Mouvement de la société pour la paix) travaillent avec l’État FLN, mais l’ex-Front islamique du salut reste banni. En Tunisie, les “modérés” d’Ennahda sont alliés à des partis laïcs et disent vouloir conserver une partie du droit légué par l’ancien régime. Leurs concurrents intégristes du Hizb-ut-Tharir veulent un califat médiéval. En Égypte, les islamistes de Liberté et Justice négocient avec l’armée et rassurent les chrétiens coptes, mais les salafistes d’Al-Nour veulent voiler « toutes les femmes », interdire la mixité, la musique, la danse.

Les Frères musulmans sont sans doute plus habiles, plus patients que les salafistes. Ils paraissent donc “modérés”. Mais si les moyens diffèrent, les fins restent les mêmes : instaurer la charia, quintessence de tout projet islamiste. Chacun croit avoir Dieu avec lui, ce qui pousse à la surenchère, contre les minorités et entre “frères” : la guerre me­na­ce, c’est la fitna. Cette fragmentation politico-religieuse ravage à intervalles réguliers les sociétés musulmanes. Elle a déjà tué des dizaines de milliers de gens, en Algé­rie, en Irak, en Palestine, en Afghanistan, au Yémen. Elle pourrait faire du “printemps arabe” de 2011 un souvenir bien amer. Frédéric Pons                        

À lire également sur valeursactuelles.com :
Egypte : l'armée face aux Frères, par Frédéric Pons
Une catastrophe pour les coptes ?, par Marie de Douhet

 

Cet article esr paru dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles du 15 mars 2012.

 

Jeannette Bougrab, la fille du harki

Témoignage

 

Fille et petite-fille d'engagés musulmans au service de l'armée française, elle parle pour ses "pères". Emouvant et vrai.

 

Membre du gouverne­ment, fille deLakhdar Bougrab, caporal-chef de l'armée française.,., Jeannette Bougrab rendait hommage, le 5 mars dernier, à l'École militaire, à tous les combattants harkis qui se sont battus dans nos rangs durant la guerre d'Algérie. Elle-même est née onze ans après la fin de la présence française.

Son grand-père s'était engagé dans les commandos supplétifs formés par de Lattre en Indo­chine. À son retour en Algérie, il est égorgé par le FLN dans la région de Blida où se trouve sa maison. Son fils, le père de Jeannette, prend la relève, s'en­gage lui aussi dans les forma­tions supplétives, les moghaznis des sections administratives spécialisées, puis dans les com­mandos de chasse. Le voilà "harki". Après le cessez-le-feu, la plupart de ces harkis sont aban­donnés à leur sort par la France. Mais le caporal-chef Bougrab a pour officier un homme de parole : au moment où le FLN prend le pouvoir à Alger, celui-ci l'emmène avec lui jus­qu'en Allemagne, et il rejoindra par la suite le 1er régiment de tirailleurs à Épinal (son insigne porte un croissant d'or sur fond bleu ciel en souvenir des tirailleurs d'Afrique du Nord). Quand il quitte l'armée, c'est pour devenir ouvrier à Châteauroux ; sa femme est aussi une fille de harki ; elle a connu les camps d'hébergement hâtivement construits en Ardèche. Ils ont quatre enfants ; parmi eux, un garçon qui s'en-

gagera au 1 " tirailleurs, et Jeannette qui fait ses études supérieures à l'université d'Orléans, major de sa promotion.

De son éducation familiale, elle garde une valeur essentielle : le travail -« travailler n'est pas un devoir, c'est une chance ». Elle se passionne pour le droit constitutionnel ; publie sa thèse (chez Dalloz) sur les sources de la Consti­tution de la IVeRépublique - le régime qui sera ruiné par son impuissance à sortir du drame algérien. Cette passion la conduit au Conseil d'État ; elle y ferala connaissance de Pierre Mazeaud, qui occupa de 1974 à 1976 les mêmes fonc­tions de secrétaire d'État à la Jeunesse. Ainsi va l'histoire de France : un député gaulliste vient épauler la fille du harki qui aimait, comme lui, la même France et fut trahi par elle.

Une histoire qui reste douloureuse pour Jeannette Bougrab et à laquelle elle rendait hommage la semaine dernière devant un amphi comble d'anciens officiers d'Algérie. « Ce fut, dit-elle, l'honneur des officiers qui, désobéissant aux ordres reçus des autorités les plus élevées de l'État, sauvèrent nos pères. Je sais qu'ils sont nombreux ce soir dans l'assistance et si je puis aujour­d'hui, cinquante ans après, avoir le privilège de m'adresser à vous qui avez refusé d'abandonner vos hommes que vous sa­viez condamnés, c'est grâce à l'engage­ment de ces hommes d'honneur.

 

"Notre histoire s'inscrit dans l'histoire de France"

 

« C'est pour cela que j'ai tenu à parta­ger votre émotion, à témoigner de notre admiration et de notre reconnaissance à ce grand homme d'honneur qu est Hélie de Saint Marc. Lors de son procès, il déclara que le lien sacré du sang versé le liait aux dizaines de milliers de musul­mans qui se sont joints à lui comme camarades de combat. Ces camarades étaient "étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé". Oui, les contributions à l'histoire sont essentielles car, dans la vie d'une nation, d'un peuple, chaque action dupasse entre en compte pour l'avenir. Ce qui fait une nation, ce n'est pas le fait de parler la même langue ou d'appartenir à un groupe ethnographique com­mun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé, c'est de vouloir en faire encore dans l'avenir! Il n'y a qu'une histoire, l'histoire de France : il n'y aura pas une histoire des harkis mais une histoire de France. »

Jeannette Bougrab ajoutait : « Ce que certains dénomment la tragédie des harkis, je préfère en appeler à l'épopée des harkis, certes tragique, mais une véri­table épopée, qui n'a pas encore trouvé sa place dans notre his­toire de France. C'est à nous d'agir en ce sens. Avec le temps, la vérité sur cette épopée se fera jour. J'espère que nos pères seront encore de ce monde.

«Aujourd'hui fils et filles de harkis, notre communauté, c'est la France, notre identité la République, et nos histoires per­sonnelles s'inscrivent dans l'histoire de France. »

 

François d'Orcival

 

À lire : Harkis, soldats abandonnés, témoignages, préface de Pierre Schoendoerffer, XO Éditions, album de témoignages et de photographies présenté par le général Maurice Faivre.

 

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Maurice Tokoto 21/03/2012


Et ce sont les Harkis que la France a trahi ! Cette fâcheuse manie de se tromper de camp qui caractérise les plus hautes autorités françaises - M. Pierre Messmer, en particulier sur le dossier
des Harkis, mais combien aujourd'hui sur d'autres dossiers nationaux ou internationaux qui devraient faire appel au sens de l'honneur ? - déshonore quelquefois la France, qui est certes la patrie
de grands hommes, mais qui est aussi celle de Robespierre ou d'autres prototypes, qui, d'une manière permanente ou seulement ponctuelle, sont passés à côté de la grandeur (en klaxonnant).

Claude HOUËL 21/03/2012


Encore un petit effort !


Je constate que depuis quelques mois les médias, toutes tendances confondues,sauf quelques esprits bornés, traitent,enfin,la guerre d'Algérie sous ses aspects divers y compris ceux qui n'étaient
évoqués qu'avec réticence et arrière pensée.


On invite sur les plateaux,à côté des historiens,des gens du peuple,qui ont vécu en direct ou par parents interposés,la tragédie.On laisse s'exprimer,avec conviction mais sans haine,la fille de
harki,l'ancien cadre fln ou la pied noire,sans langue de bois.


Certes il aura fallu 50 ans pour y arriver et il manque des acteurs comme l'oas ou les porteurs de valises mais cela va dans le bon sens que d'en parler sans rien cacher.


Cela permet à tous, et surtout à la jeune génération de comprendre la position des uns et des autres.


Les tueries de Toulouse et Montauban et la traque du terroriste devraient par ailleurs nous faire réfléchir à ce qu'il se passait en Algérie dans les années 60 et comprendre un peu mieux
l'émotion des populations françaises et la réaction brutale de l'armée dans la recherche d'informations pour traquer d'autres terroristes:Comment auraient répondu,aujourd'hui, les Toulousains à
une demande de pleins pouvoirs de la Police pour faire cesser leur terreur ? 

LOUANCHI 26/09/2012


HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE : lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news


En 1975, quatre hommes cagoulés et armés
pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution
du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline
militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando
anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.


 


35 ans après Hocine raconte comment il a
risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


 


Sur radio-alpes.net - Audio
-France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le
passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012 sur
radio-alpes.net