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Publié par Edouard Boulogne

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Un Ministre du Compagnonnage

Lorsque, dans une activité quelconque, on n’a vraiment pas été bon, le bon sens voudrait que l’on rentre dans sa coquille et que l’on laisse passer l’orage. Tout le monde ferait cela ! Pas Yves JEGO !
Il hurle qu’on la remercié du gouvernement sans ménagements et sans égards. Il décide donc de tout dire et se découvre des talents d’écrivain.

La lecture de son livre intitulé « 15 mois 5 jours entre faux gentils et vrais méchants » paru en novembre 2009, soit six mois à peine après les événements du début 2009, en laissera pantois plus d’un ! Il y raconte, entre autre, à sa manière, comment livré à lui-même et sans instructions du Premier Ministre, il devra mettre en œuvre des objectifs en se fondant sur le seul programme du candidat Sarkozy et inventer tout seul un mode de fonctionnement de son Ministère, avec pour handicap le mauvais vouloir des fonctionnaires, (en particuliers Préfets et sous préfet).

Outre la naïveté qui caractérise ses propos, on en retiendra que c’est :
            - une auto-psychanalyse de Monsieur JEGO,
            - l’aveu de sa méconnaissance des rouages de l’Etat mais aussi et surtout  de l’Outre-mer,
            - La démonstration de son incompétence relativement aux problèmes qu’il allait devoir affronter pour assumer un poste ministériel dont il ne savait rien.

A la lecture de ce roman, on a envie de dire : qu’allait-il faire dans cette galère ?

En tout cas, sa « sincérité » qu’il brandit comme la justification suprême à ses comportements incertains, est probable, mais n’excuse en rien l’inexpérience politique dont il a fait preuve.  

Il est stupéfiant de constater que, dans la gestion de la crise telle qu’il la relate dans son livre, jamais Monsieur JEGO ne se pose la question du rôle réel de l’Etat en tant que puissance publique souveraine. Le fait que, par sa présence même, il incarne l’esprit et les valeurs de la République, ne l’effleure pas. Les concepts de « dignité de l’Etat », « unité de la Nation »,  ne le préoccupent pas. Les notions d’ordre et de libertés publics, de respect de la constitution et donc des lois de la République, ne lui posent pas de cas de conscience. Il a deux certitudes : ceux qui sont dans la rue ont raison parce qu’ils sont nombreux, et qu’il n’en sortira qu’en négociant avec eux, au besoin en contraignant le patronat à accepter les oukases du LKP.

Avec une absence totale de connaissance du terrain et donc une évaluation erronée de la situation, auxquelles il faut rajouter l’obsession d’un dérapage, il va offrir au mouvement LKP et à ses leaders un tapis rouge et transformer en crise sociale, puis institutionnelle, ce qui au départ n’est qu’une crise politique à visée indépendantiste.

Mais, avant d’aller plus loin, posons nous ces deux questions  au regard de son action ministérielle et surtout de sa gestion de la crise en Guadeloupe : pourquoi et comment Monsieur JEGO est-il devenu Ministre ? Ce choix du Président de la République et du Premier Ministre, découlait-il de compétences particulières, d’une connaissance spécifique de l’Outre-mer ?< /FONT>

Les réponses nous sont données par M. JEGO lui-même, page 16 : « La fidélité n’est pas un viatique, on le sait. Après l’élection de Nicolas Sarkozy, je ne faisais pas partie du premier Gouvernement. Ouverture oblige. Je respecte ce choix de l’ouverture fait par le Président de la République, il est plébiscité par les Français qui détestent le sectarisme. Personne ne parle d’ « Etat UMP » comme on avait parlé d’ « Etat RPR ». De ce point de vue Nicolas Sarkozy a vu juste avec sa politique d’ouverture, même si au nom de l’ouverture, ce sont les amis, les fidèles des jours difficiles que l’on sacrifie le plus facilement. J’étais allé m’en ouvrir au Président le 25 février 2008. Il m‘avait reçu très gentiment comme il l’a toujours fait depuis que nous nous connaissons. Il ne m’a évidemment rien promis ce jour là. »

Voilà pour le pourquoi !

Et maintenant  le  Comment ! M. JEGO nous le dit page 18 : « Ma nomination, en mars 2008, je l’ai tout d’abord vécue comme une étape de plus dans ce compagnonnage. C’était sans doute une forme de remerciement, mais c’était surtout une immense responsabilité. Je saurai toujours gré à Nicolas Sarkozy de m’avoir donné cette chance de faire partie du gouvernement de notre pays� �� Le 18 mars 2008, je me souviens encore de cet appel du président de la République me disant : « Yves, je te confie l’Outre-mer. Je t’embrasse ? » Rien de plus, même pas le temps de dire merci ! »… Page 22  -«  Ni feuille de route, ni lettre de mission, hormis, et c’est un comble, celle de mon prédécesseur ! Faute de quoi, j’ai imposé ma propre méthode, pour faire avancer les choses en harmonie avec tous les acteurs gouvernementaux en charge de ces questions. Chaque matin, j’ai présidé une réunion avec tous les conseillers chargés de l’Outre-mer, ceux de la Place Beauvau, puisque j’étais sous la tutelle de l’Intérieur, ceux de Matignon et évidemment ceux de l’Elysée ? C’est avec ce groupe, bap tisé le « Quartet », que nous avons travaillé. D’ailleurs, pour la petite histoire, Marie-Luce Penchard, qui m’a succédé, participait à toutes ces réunions puisqu’elle était une des adjointes du collaborateur du Président en charge de l’Outre-mer. Elle était informée de tous les dossiers, de toute la stratégie, qu’elle a partagée et validée. J’imagine que sa prise de fonction a dû en être facilitée. Puisque je n’avais pas de consigne du Premier Ministre, j’ai déterminé moi-même les priorités de la politique à mettre en œuvre. »

Un Ministre du « Compagnonnage » !  Voilà comment se défini Monsieur JEGO. Et voilà surtout l’homme qui se retrouve à la tête d’un Ministère dont il ne sait rien, et un an plu tard,  face a une crise qu’il n’a pas vu venir.

Avec une seule hantise qu’il nous livre lui-même, Page 69 - « sans compter qu’en cas d’explosion de violence les risques politiques pour le Gouvernement étaient considérables. Des émeutes généralisées, des morts au-delà de l’horreur de la situation, auraient laissé bien évidemment une marque indélébile sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy. »

Il est, je le crois, inutile de commenter plus avant. Chacun en tirera ses propres conclusions.

Quoiqu’il en soit, le tableau est dressé ! Le décor est planté ! L’acteur va rentrer en scène.

Nous analyserons avec lui, dans notre toute prochaine livraison, ses états d’âmes et ses comportements face à la crise.

Mais d’un Ministre comme celui-là, nous pouvions déjà tout craindre !

Amédée ADELAIDE
Président de CSLR
03 mars 2010

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Commenter cet article

Ch.FFRENCH 08/03/2010 13:36


Mme PENCHARD, elle, sait-elle vraiment "quoi faire" ?
Est-elle voyante et "voi-t-elle" tout venir ?
Serait-elle plus douée que ne l'est JEGO ?