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Le Scrutateur.

Blog destiné à commenter l'actualité, politique, économique, culturelle, sportive, etc, dans un esprit de critique philosophique, d'esprit chrétien et français.La collaboration des lecteurs est souhaitée, de même que la courtoisie, et l'esprit de tolérance.

Avec le père Paul Sanner la Guadeloupe, pas seulement catholique, perd un beau et loyal serviteur.

Avec le  père Paul Sanner la Guadeloupe, pas seulement catholique, perd un beau et loyal serviteur.
Avec le  père Paul Sanner la Guadeloupe, pas seulement catholique, perd un beau et loyal serviteur.

Le texte qui suit est celui écrit et prononcé par le neveu du père Paul Sanner , à l'occasion de la cérémonie des obsèques. (LS)


 

Monsieur le Vicaire Diocésain , Messieurs les Abbés , Mesdames les religieuses , Mesdames , Messieurs ;


 

Neveu de l’Abbé Paul SANNER , fils de son frère aîné Daniel , l’ayant beaucoup côtoyé pendant mon enfance et mon adolescence , l’ayant retrouvé depuis sept ans dans son EPAD de Basse Terre à l’ombre de la tour du Sacré Cœur , je ne pense pas être le plus mal placé de sa famille pour évoquer son souvenir et prononcer ces quelques mots  .

Paul Marie Yves SANNER est né à Basse Terre en Guadeloupe le 26 août 1926 et baptisé dans l’Eglise Catholique Romaine  le 18 septembre de la même année . Il insistait pour que l’on ne lui souhaitât pas l’anniversaire de sa naissance mais bien celui de son baptême qu’il considérait comme sa véritable entrée dans la vie . .

Il était issu d’un vieille famille créole , le premier SANNER ayant quitté sa Suisse natale il y a précisément 200 ans pour s’installer en Guadeloupe comme maître de forge rue des corsaires à Basse Terre , et y contracter mariage avec une jeune femme née en Guadeloupe et portant le savoureux prénom de Clémentine . Cette famille très catholique aura donné depuis à l’Eglise deux prêtres et deux religieuses  .

En effet le corps de Paul rejoindra dans la tombe familiale au cimetière de Gourbeyre ceux de ses parents ,  Lucien  et Yvonne , catholiques fervents , et celui de son oncle , l’Abbé Ange Marie Marcel SANNER , de la congrégation du Saint Esprit , ordonné à Rome en 1904 , Docteur en Droit Canon , titulaire d’une chaire d’apologétique , enseignant chassé de France par les lois de bannissement des congrégations  , mort en 1915 à 35 ans curé des Trois Rivières et , comme disait ma grand mère sa belle soeur , en « odeur de sainteté »  .

Quant à l’âme de Paul , nul ne doute qu’elle sera accueillie dans la maison du Père . Dans les derniers temps il avait coutume de me dire :  « Qu’attend le Bon Dieu pour me rappeler à Lui ? » . Devenu sourd ,  aveugle et privé de l’autonomie de mouvement , mais l’esprit toujours vif à 96ans ,  il avait quelques raisons de se plaindre . Je lui répondais en manière de plaisanterie : « Dieu te fait faire ton purgatoire sur terre » . Il avait l’indulgence de rire de ce trait . Je suis persuadé que le Seigneur le recevra directement au Paradis , sans passer par le Purgatoire .

De son enfance j’ai quelques photos :

Un visage poupin à 6ans .

Un air décidé sur une photo de 1939 au premier rang de sa classe sur les marches du séminaire de Blanchet , où je reconnais son cousin Oscar LACROIX et le futur abbé GILET . Tous les élèves sont en uniforme blanc , veste et « short à manches longues » .   La photo est dominée par la figure du Père MAGLOIRE . Ma grand-mère disait que Paul considérait le Père MAGLOIRE comme un autre père .

Jeune adulte et très beau garçon sur une photo prise au séminaire de la rue LHOMOND à Paris ; la soutane lui donnant une stature élancée d’une incontestable élégance  .

Le jour de son ordination autour de Monseigneur GAY à PARIS : Paul , Oscar LACROIX et l’Abbé FLOWER , ordonnés le même jour . Les habits sacerdotaux sont de ceux que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître .

Maintenant quelques souvenirs personnels : son premier poste à DUZER , Sainte Rose où je passais une nuit dans le « presbytère » , une case en bois fort délabrée . L’Anse Bertrand où Paul m’avait amené dans sa première automobile , une FIAT à deux places et une seule porte qui s’ouvrait par devant et où il fallait contourner le volant pour s’asseoir . Capesterre et la chapelle de St SAUVEUR où il officiait . Sainte Rose dont le Presbytère abritait un bibliothèque bien fournie qui faisait les délices de mes quinze ans . Deshaies où le grenier recélait des vieilleries bien amusantes comme ces pièces de monnaie en cuivre NAPOLEON III de si peu de valeur que le curé de l’époque n’avait pas daigné les encaisser .    . La cathédrale de Basse Terre où , pour la messe dominicale , j’alternais la sienne et celle du Père GILLOT , son ami ,  dont j’appréciais la qualité littéraire  .  Le presbytère du Carmel où Paul avait succédé au Père Manuel MORALES relégué à Goyave où la mort le saisit dans les circonstances atroces que l’on sait . S’il n’a pas desservi toutes les paroisses de Guadeloupe ,  Paul a œuvré dans beaucoup .

Si une vraie affection nous liait , elle n’excluait pas certains  motifs de dissension : Comme la plupart de ses contemporains Paul adhérait aux théories dérivées du concile du Vatican . Nous divergions là-dessus . Ma grand-mère , sa mère , se désolait de l’abandon de la soutane qui désignait sans équivoque l’homme de DIEU ; moi de même .

Le monde tel qu’il se présente n’enchantait pas Paul , c’est le moins que l’on puisse dire !

Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules.”

Ecrivait Gilbert Keith Chesterton, dans « Orthodoxie » en 1908.

La formule de son Eminence le cardinal Robert SARAH me parait une exacte définition du rôle du prêtre :  « On vient voir un prêtre parce qu’on cherche Dieu , pas parce qu’on veut sauver la planète »

 Un de mes oncles , son frère, me racontais qu’à un moment de doute qu’éprouve tout postulant au sacerdoce , Paul avait quitté le séminaire pour le Lycée public . Lors d’un devoir de latin la supériorité de Paul sur ses condisciples du lycée avait été telle que le professeur – sans doute un laïcard patenté—l’avait injustement accusé de tricherie . D’où lui venait cette supériorité sinon de la pratique  quotidienne du Latin de  la liturgie tridentine ?  

Ces dernières années nous évitions ces controverses pour nous souvenir des temps anciens et nous faire part ,  lui de ses souvenirs , moi de mes recherches généalogique , chacun apportant à l’autre des informations et des souvenirs .

En cette heure du dernier adieu à l’Abbé Paul SANNER , mon oncle ,  je reprendrai les paroles de la prière PRO DEFUNCTIS :

REQUIEM AETERNAM DONA EI, DOMINE , ET LUX PERPETUA LUCEAT EI . TE DECET HYMNUS DEUS , IN SION , ET TIBI REDDETUR VOTUM IN JERUSALEM . EXAUDI ORATIONEM MEAM ; AD TE OMNIS CARO VENIET . REQUIEM AETERNAM DONA EI DOMINE , ET LUX PERPETUA LUCEAT EI .


 

https://www.youtube.com/watch?v=sjWjnhfEto8

 

 

 

 

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