Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Quelques alternatives de survie pour l'économie guadeloupéenne, par Claude Houel.
Ce texte intéressant est un commentaire amical, et complémentaire, de celui de Jean-Marie NOL publié il y a trois jours par le Scrutateur. Merci à ces deux amis de leur coopération active à nôtre blog. (LS).
 

Quelques alternatives de survie.


Encore une fois M. Nol nous décrit avec lucidité et crédibilité les menaces , structurelles comme conjoncturelles , qui pèsent sur nous.
Ce qui serait intéressant c’est qu’il nous expose, en complément, des suggestions même ébauchées, de solution.
Il ne faut pas rêver ce n’est pas à notre petit niveau que nous trouverons des solutions à un krach mondial ou à une augmentation des impôts ou captation d’économie sur le plan national.
Cela ne devrait pas , pour autant , nous empêcher de réfléchir sur des solutions locales à court , moyen ou long terme.
Il faudrait , par exemple répertorier les secteurs qui peuvent repartir, et il y en a :
Le tourisme , par exemple, est une industrie qui peut s’arrêter brutalement et nous en avons la preuve avec l’arrêt du transport aérien qui a mis fin brutalement à une saison qui s’annonçait très prometteuse.
Donc , oui , tous les acteurs sont touchés, hôteliers certes mais aussi restaurants , loueurs de voitures ,parcs , musées , comme la vendeuse de sorbet sur les plages.
Mais cette même industrie peut redémarrer très rapidement.
Nous en avons eu maintes fois la preuve dans un passé récent avec deux chocs pétroliers, des conflits sociaux rédhibitoires de 44 jours, les attentats du WTC sans parler des cyclones.
A chaque fois nous avons pu repartir.
De plus il est probable que les destinations étrangères mettront du temps à être de nouveau accessibles , ce qui laisse leur chance à nos îles.
Ce qui pose la question de la répartition des aides publiques à l’économie si elle se raréfient elles devront être réservées aux secteurs qui en ont réellement besoin , avec des perspectives d’avenir et ne plus dépendre de l’intervention de lobbies puissants.
De ce point de vue l’industrie touristique devrait pouvoir se suffire à elle même dès la fin de la pandémie.
Dans le même temps une raréfaction des aides institutionnelles devraient faire l’objet d’une révision compléte de leur répartition.
Un exemple : Dans un département ou le sur-coût de la vie est de l’ordre de 13 % il devient contreproductif de continuer à payer une sur-rémunération de 40% aux trois fonctions publiques .
Les défenseurs de cet avantage indique que la différence est injectée dans l’économie locale. Cela n’est qu’en partie vraie car les bénéficiaires voyagent et achètent sur le commerce en ligne, ce qui échappe à nos économies.
D’autre part une partie de cet avantage bénéficie, localement , à certains commerçants
comme les concessionnaires automobiles ou de bateaux de plaisance pour des achats qui ne sont pas prioritaires.
Dans le même temps un tiers des antillais vivent sous le seuil de pauvreté et les minima sociaux sont au même niveau qu’en Métropole.
La justice voudrait que cette situation change car elle risque de devenir explosive.
Une des voies serait peut-être de ramener la sur-rémunération au niveau de 13% à la condition express d’affecter le différentiel aux plus démunis afin d’abonder les minima sociaux.
Un tel système aurait pour conséquence d’alimenter l’économie locale et principalement sur des produits essentiels de première nécessité.
Une autre conséquence serait une baisse des prix.
Une autre approche serait aussi une analyse différente des banques, qui ont tendance à financer des opérations onéreuses ,sans vraie approche économiquement justifiée par un outil statistique fiable sur un marché étroit et concurrentiel.
Il serait probablement plus judicieux de favoriser de petites opérations via des micro-crédits qui seraient une alternative à un salariat raréfié.
Ce ne sont que quelques exemples qui pourraient être améliorés et complétés par des contributions nombreuses et constructives.
Ces solutions rencontreraient de vives oppositions d’acteurs qui préfèrent un statu-quo illusoire, mais bien expliquées à la population et relayées par des élus de bonne volonté et acceptée par un Etat qui verrait enfin des alternatives crédibles, elles seraient une chance de survie pour nos départements.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article