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Publié par Edouard Boulogne

Tribune économique : Le “quoi qu’il en coûte" mène la France au bord d'un gouffre financier, avec en prévision , des répercussions violentes sur les Antilles ! Par Jean-Marie NOL.
Tribune économique : Le “quoi qu’il en coûte" mène la France au bord d'un gouffre financier, avec en prévision , des répercussions violentes sur les Antilles ! Par Jean-Marie NOL.

La facture économique de la pandémie ne cesse de s'alourdir avec les nouvelles annonces de confinement à compter du 1er avril 2021.

La facture financière augmente encore et toujours.

L’économie Antillaise n'a pas été épargnée par la crise Covid et résiste encore tant bien que mal. Mais pour combien de temps ?.. Pour l'instant c'est un coup dur pour de nombreux secteurs dont celui du tourisme avec la fermeture des restaurants, des cinémas et salles de spectacles et de sports. Déjà l'on note selon la chambre de commerce de la Martinique une baisse de -20 % au début de cette année 2021 sur l’activité économique, -50% d'exportations et -27 % de la consommation des ménages. Selon les professionnels martiniquais, on note des baisses de -46% pour les hôtels, -21 % pour les meublées et -76% pour les agences de voyages. Aujourd'hui avec les nouvelles mesures restrictives, la saignée d'activité prévisible risque d'être encore plus douloureuse.

L’extension des fermetures de commerces à l'ensemble du territoire, annoncée mercredi 31 mars par Emmanuel Macron, va faire passer le nombre d'établissements fermés de 90 000 à 150 000 en France hexagonale. Dans le même temps, l'on prévoit la fermeture de 798 entreprises pour la Guadeloupe, et 1450 pour la seule Martinique . De fait le coût total des aides et indemnisations aux entreprises passe pour l'ensemble de la France à 11 milliards d'euros par mois, a indiqué dans la foulée le ministère de ('Economie. Cette somme comprend le coût total du fonds de solidarité, du chômage partiel pour l'Etat et des exonérations de cotisations sociales, y compris pour les établissements qui restent ouverts, mais sont fortement impactés par la crise.

Auparavant impossible à trouver pour financer des investissements dans la santé ou l’éducation, ("'argent magique" s’est soudainement mis à couler à flots. En réalité, les milliards d'euros dépensés pour aider l'économie de la France ne sont pas sortis d’un chapeau, mais proviennent d’emprunts sur les marchés financiers. Résultat : la dette française a explosé en 2020, passant d’environ 98 % du PIB fin 2019 à près de 120 % du PIB début 2021, soit une hausse d’environ 300 milliards d’euros.

Et le coût financier actuel de la crise semble incalculable, même si l'OCDE évalue à 7.000 milliards de dollars la perte de produit intérieur brut (PIB) mondial à fin 2021.

Il y a bientôt un an, le fameux « quoi qu’il en coûte" du gouvernement français apparaissait comme une formule magique capable de résoudre tous nos problèmes face au défi sanitaire du Coronavirus . Aujourd'hui, pourtant la France est au bord du gouffre. En 2020, son PIB a chuté de 8,3 %, enregistrant sa plus forte baisse depuis la seconde guerre mondiale et réalisant l'un des plus mauvais résultats de la zone euro et de la planète. En monnaies sonnantes et trébuchantes, cela s’est traduit par une chute du PIB de 160 milliards d’euros. Dans le même temps, la dette publique française a explosé de 350 milliards d’euros, et les vannes de l’argent public sont actuellement grandes ouvertes. Cet argent semble magique. La pandémie de Covid-19 a, entre autres, provoqué un fort accroissement de l’endettement public, en France comme ailleurs. Ce phénomène interroge et provoque des débats passionnés parmi les économistes. Les montants astronomiques débloqués par le gouvernement pour sauver l’économie et protéger les entreprises lors de la crise du Covid ont fait gonfler la dette de la France, qui approche désormais les 2700 milliards d'euros. Mais au fait comment sortir du quoiqu'il en coûte et qui va payer pour ça ?

Si la date de sortie des mesures d'accompagnement aux ménages et entreprises est encore inconnue, les futurs payeurs eux sont déjà connus : les contribuables et surtout les épargnants. Les leviers sont aussi déjà identifiés : une dette se rembourse grâce aux impôts, à la baisse de la dépense publique et à la croissance du PIB.

Les conséquences peuvent d'ores et déjà être anticipées : ce sera une crise budgétaire doublée d'une impasse financière pour les collectivités locales, une paupérisation accélérée de la classe moyenne, un envol de la pauvreté et des inégalités.

Pour le moment, c'est l'aspect sanitaire de la pandémie du covid 19 qui sature le débat public, mais nul doute que la dette deviendra très bientôt un sujet à la mode désormais avec la crise financière à venir. D'ailleurs, selon une récente étude du Fonds monétaire international, la dette record fait courir de grands risques à l’économie mondiale. Le boom de la dette risque de mener à un krach en Bourse et plomber durablement l’économie, avertit le FMI. Et nul doute qu'il y aura des répercussions sur nos régions ultramarines et particulièrement en Martinique et Guadeloupe. Pourtant, beaucoup de nos compatriotes sont encore dans le déni de réalité et refusent d'anticiper les problèmes inhérents à cette crise de la dette . Mais l'espoir est permis, car souvenons-nous de cette citation de Jean Monnet Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise"....

 

Jean-Marie Nol économiste

 

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C
Quelques alternatives de survie.
Encore une fois M. Nol nous décrit avec lucidité et crédibilité les menaces , structurelles comme conjoncturelles , qui pèsent sur nous.
Ce qui serait intéressant c’est qu’il nous expose, en complément, des suggestions même ébauchées, de solution.
Il ne faut pas rêver ce n’est pas à notre petit niveau que nous trouverons des solutions à un krach mondial ou à une augmentation des impôts ou captation d’économie sur le plan national.
Cela ne devrait pas , pour autant , nous empêcher de réfléchir sur des solutions locales à court , moyen ou long terme.
Il faudrait , par exemple répertorier les secteurs qui peuvent repartir, et il y en a :
Le tourisme , par exemple, est une industrie qui peut s’arrêter brutalement et nous en avons la preuve avec l’arrêt du transport aérien qui a mis fin brutalement à une saison qui s’annonçait très prometteuse.
Donc , oui , tous les acteurs sont touchés, hôteliers certes mais aussi restaurants , loueurs de voitures ,parcs , musées , comme la vendeuse de sorbet sur les plages.
Mais cette même industrie peut redémarrer très rapidement.
Nous en avons eu maintes fois la preuve dans un passé récent avec deux chocs pétroliers, des conflits sociaux rédhibitoires de 44 jours, les attentats du WTC sans parler des cyclones.
A chaque fois nous avons pu repartir.
De plus il est probable que les destinations étrangères mettront du temps à être de nouveau accessibles , ce qui laisse leur chance à nos îles.
Ce qui pose la question de la répartition des aides publiques à l’économie si elle se raréfient elles devront être réservées aux secteurs qui en ont réellement besoin , avec des perspectives d’avenir et ne plus dépendre de l’intervention de lobbies puissants.
De ce point de vue l’industrie touristique devrait pouvoir se suffire à elle même dès la fin de la pandémie.
Dans le même temps une raréfaction des aides institutionnelles devraient faire l’objet d’une révision compléte de leur répartition.
Un exemple : Dans un département ou le sur-coût de la vie est de l’ordre de 13 % il devient contreproductif de continuer à payer une sur-rémunération de 40% aux trois fonctions publiques .
Les défenseurs de cet avantage indique que la différence est injectée dans l’économie locale. Cela n’est qu’en partie vraie car les bénéficiaires voyagent et achètent sur le commerce en ligne, ce qui échappe à nos économies.
D’autre part une partie de cet avantage bénéficie, localement , à certains commerçants
comme les concessionnaires automobiles ou de bateaux de plaisance pour des achats qui ne sont pas prioritaires.
Dans le même temps un tiers des antillais vivent sous le seuil de pauvreté et les minima sociaux sont au même niveau qu’en Métropole.
La justice voudrait que cette situation change car elle risque de devenir explosive.
Une des voies serait peut-être de ramener la sur-rémunération au niveau de 13% à la condition express d’affecter le différentiel aux plus démunis afin d’abonder les minima sociaux.
Un tel système aurait pour conséquence d’alimenter l’économie locale et principalement sur des produits essentiels de première nécessité.
Une autre conséquence serait une baisse des prix.
Une autre approche serait aussi une analyse différente des banques, qui ont tendance à financer des opérations onéreuses ,sans vraie approche économiquement justifiée par un outil statistique fiable sur un marché étroit et concurrentiel.
Il serait probablement plus judicieux de favoriser de petites opérations via des micro-crédits qui seraient une alternative à un salariat raréfié.
Ce ne sont que quelques exemples qui pourraient être améliorés et complétés par des contributions nombreuses et constructives.
Ces solutions rencontreraient de vives oppositions d’acteurs qui préfèrent un statu-quo illusoire, mais bien expliquées à la population et relayées par des élus de bonne volonté et acceptée par un Etat qui verrait enfin des alternatives crédibles, elles seraient une chance de survie pour nos départements.
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