Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Tribune : La Guadeloupe confrontée au défi de la sélection naturelle des personnes et des entreprises  !  par Jean-Marie NOL.

Par ces temps troublés par la pandémie de Covid, beaucoup de nos compatriotes guadeloupéens gagneraient à connaître l’histoire de la grenouille dans la casserole d’eau. Si on la plonge dans l’eau bouillante, elle s’en aperçoit et saute. Si on la met dans l’eau froide et qu’on augmente petit à petit la température (comme en réduisant progressivement les aides financières  ou encore en ne réagissant pas à l'augmentation  des prix des produits de première nécessité comme le gaz, l'essence, l'alimentation  et les matériaux de construction ), on espère qu’elle ne s’aperçevra de rien ! C'est le cas de figure des professionnels actuels qui font la politique de l'autruche et ne veulent pas se rendre à l'évidence : Et si la crise n'était pas un accident, mais le symptôme de quelque chose de plus profond ? Un signe de la transformation du monde ? 

Pandémie durable , crise de la dette des Etats , numérique, environnement et crise du climat : un monde nouveau émerge. La crise actuelle n'est pas conjoncturelle mais structurelle !

Le destin de beaucoup de chefs d'entreprises du pays Guadeloupe va se jouer ces prochains mois. Les meilleurs survivront, tandis que les autres devront mettre la clé sous la porte. La conjoncture économique actuelle est  soumise à un cycle  de ralentissement. On peut parler pour la Guadeloupe de renversement de conjoncture car une phase d'expansion laisse aujourd'hui place à une phase de ralentissement de l'activité économique . Quelles  en sont les causes ? 

Depuis plusieurs mois, la hausse des cours des matières premières et des productions agricoles fait bondir ceux de l'alimentation humaine et animale. Une situation amenée à durer qui fait craindre une répercussion sur les consommateurs guadeloupéens . Plusieurs arguments plaident en faveur d'un ralentissement de la croissance et d'une augmentation séculaire persistante de l'inflation, et la Guadeloupe  ne sera pas épargnée  par ces tendances qui se dessinent partout dans le monde. Difficile de prévoir jusqu'à quand la hausse des prix va se poursuivre en Guadeloupe notamment pour ce qui concerne le secteur de la construction.  

Bois, aciers, aluminium, ciment, cuivre… Depuis plus de trois mois, les prix des matériaux de construction ont considérablement augmenté, et le coût du fret maritime aussi. Les coûts de travaux de rénovation et de construction des guadeloupéens vont enfler, leurs délais de réalisation aussi. Les prix des matériaux, en particulier ceux du bois d'œuvre, explosent de plus de 20% sous la pression de la hausse du fret et de la demande mondiale . Les prix des matériaux, qui sont à la hausse chez tous les fournisseurs, sont l’un des aspects du problème. Mais ce qui pénalise beaucoup, ce sont les ruptures de stock ou d’approvisionnement constatés dans les magasins de jarry . Beaucoup de produits viennent d'Asie et il y a des problèmes d'approvisionnement mais aussi de qualité (de l'aluminium  par exemple). A cela, on peut encore ajouter une autre augmentation des prix : ceux de l'énergie. Cela impacte le transport mais aussi la fabrication des matériaux en usine. Notre défi actuel est certes de surmonter la crise du Covid, mais surtout d'anticiper et préparer l’avenir avec la transition écologique et énergétique  à horizon  2030. Un chemin certes difficile et ambitieux, mais qui semble plus nécessaire que jamais au vu des grands défis du XXIe siècle. Nous serons dans quelques années dans un moment où crise économique, sociale, sociétale, et environnementale s’entrecroiseront.

Cette crise induite en partie  par la pandémie de Covid est le signe que notre modèle économique actuel touche à sa fin et cela bon nombre d'institutions et de personnes en Guadeloupe notamment les syndicats ne l'ont pas encore compris et intégré dans leur fonctionnement au quotidien .  

Cela pourrait signifier à court et moyen terme avec cet épisode de stagflation  (situation d'une économie qui souffre simultanément d'une croissance économique faible ou nulle et d'une forte inflation)  pour la Guadeloupe  ,  un taux de chômage qui remonte à 30 % et une inflation à 10%. Nous venons de passer dans un nouveau monde et il est urgent que nos dirigeants disent la vérité au peuple , car c'est notre modèle de société actuel qui est menacé d'effondrement. La crise induite par la pandémie de Covid et le changement climatique vont bientôt changer brutalement la donne du développement économique de nombreux pays de part le monde. La société de consommation et l’épuisement des ressources provoqueront des catastrophes toujours plus dramatiques si nous ne réagissons pas très rapidement. La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent et qu’elles n’ont rien de punitif : elles peuvent au contraire nous permettre de vivre mieux.  

L'économie sociale et solidaire fait aujourd'hui figure de nouvelle alternative au capitalisme. De fait, son objectif premier n'est pas de dégager du profit, mais de produire des biens et services utiles à tous. 

Nous devons mettre à profit les nouvelles technologies pour garantir aux habitants de la Guadeloupe un futur durable et une qualité de vie optimale. Soleil, vent, géothermie, biomasse, métaux rares extraits de l'océan… la Guadeloupe dispose des atouts nécessaires pour développer fortement une production rentable à partir des énergies renouvelables. Il manque simplement une vision claire, ambitieuse et globale de transition énergétique. Une très large partie de la classe politique en Guadeloupe est inspirée d'une idéologie keynésienne . Trop de dirigeants politiques croient encore que la relance se fait par le déficit budgétaire. 

Qui dit crise dit changement de modèle économique et social et surtout des mentalités . Cette crise correspond à la fin de l’expansion économique et sociale de la départementalisation . D’un point de vue économique, l’offre et la demande de crédit vont se contracter à cause de la crise bancaire qui se profile et la conséquence sera une perte de niveau de vie pour les guadeloupéens et une augmentation de la précarité ainsi que de la grande pauvreté  . 

C'est dans ce contexte délétère que  l'autorité de l'Etat devrait être réaffirmée  avec force en Guadeloupe surtout en ce moment de surenchére syndicale . L'accouchement d'un nouveau modèle économique et social sera douloureux en Guadeloupe et la tension sera la règle : précarisation, troubles sociaux, violence et anxiété y seront omniprésentes. Mais Il faut voir dans cette crise une rupture avec un modèle sociétal que certains économistes pensent à tort ou à raison archaïque et entrevoir l’inauguration d’une nouvelle ère fondée non seulement sur la solidarité nationale mais également et surtout sur la responsabilité de gestion que l'on soit ménage , collectivité locale ou entreprise .

A ce propos, rappelons l'histoire de Cassandre, Cassandra, dite aussi Alexandra (personnage de l’Iliade), fille de Priam et d'Hécube. Apollon, amoureux de cette princesse, lui avait permis de lui demander tout ce qu'elle voudrait pour prix de sa complaisance : elle le pria de lui accorder le don de prophétie; mais lorsqu'Apollon eut rempli sa promesse, elle refusa de tenir sa parole, et le dieu, ne pouvant lui ôter le don de prédire, empêcha que ses prédictions fussent jamais crues. Il ne s’agit pas pour nous de ressembler à une Cassandre moderne, mais de clarifier les choses car les optimistes le sont un peu trop tôt. Le débat entre les Cassandre de l'économie et les optimistes de la crise est désormais ouvert !


 

Cette crise est un espoir futur de changement au fond ! 


 

Jean-Marie Nol, économiste


 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Ouf ! Notre Guadeloupe ne fait pas partie de la plaque océanique plongeante, mais de celle, plus légère,
qui demeure en surface. Nous ne risquons pas de disparaître, heureusement, même si des "éruptions"
peuvent nous causer parfois quelque inquiétude.

Depuis le XVIIe siècle, nôtre île a certainement connu bien d'autres "crises", mais des 2 guerres mondiales à la départementalisation, nul ne peut contester l'immense progrès réalisé dans tous les domaines, tant sur place que dans le rapprochement avec la Métropole. Ce ne sont pas les divers immigrés, clandestins ou pas, qui le contrediront.
Hors le cyclone Hugo qui avait détruit la Guadeloupe, les plus graves crises que nous ayons eu à connaître résultent de l'activisme indépendantiste révolutionnaire, entrainant la mort de personnes.
Et une grande inquiétude conduisant au désinvestissement économique.

Qu'on puisse considérer une "crise covid" avant le vaccin, sans doute , mais depuis, de nombreux problèmes sont créés artificiellement par le refus de la vaccination, faisant courir le risque de nouvelles vagues, donc de nouveaux confinements qui empêcheraient une reprise de l'économie.
Pas sûr que nôtre département ait plus de soucis économiques ,que la Lozère ou l'Aveyron ou ceux subissant les oukases de l'Europe et la désindustrialisation mais ce n'est pas le grand chambardement ou le changement perpétuel, qui les résoudra.

Quant à la "transition écologique" c'est encore une de ces com bidon au nom desquelles l'actuel gouvernement essaie de faire les français dépenser toujours plus : voitures hybrides ou électriques; où l'état investit des sommes considérables :éoliennes et panneaux solaires. Puisque tout le monde n'a que le mot écologique à la bouche ou à la plume, il paraît important de préciser que les derniers contiennent le plus grand nombre de matériaux NON RECYCLABLES; et les éoliennes ne fournissent qu'une énergie intermittente insuffisante, et défigurent des paysages ou causent des nuisances sonores parmi d'autres, au voisinage.

Ce dont la Guadeloupe a besoin, c'est de la STABILITE qui permet des transformations ,si nécessaires,
des adaptations au fur et à mesure, au cours du temps. Pas une fuite en avant, dans l'informatique, dans la pseudo-écologie, dans le transhumanisme, dans, dans, dans... dans les nombreux mirages du progressisme.
Répondre