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Publié par Edouard Boulogne

Au sujet des homosexuels, le pape François déraille-t'il ?

Cette question du mariage homosexuel fait partie du débat de ces années folles que nous vivons au début du XXIème siècle. Je m'efforce, à cet égard, de penser, en chrétien et en « philosophe », ce qui implique la méfiance à l'égard des clichés qui battent la campagne vrais écueils pour la charité, et l'objectivité.

Il y a un an, je reçus vers la fin de l'après-midi, un appel téléphonique venu de Paris. Il provenait d'une vieille amie, de 10 ans plus âgée que moi, ancien professeur de lettres au lycée de Baimbridge, et qui avait participé avec ardeur au cercle Gabriel Marcel dont les réunions se tenaient à mon domicile.

Ce soir de l'an dernier, je pressentis que mon amie me faisait ses adieux. Elle toussait sans arrêt, sa voix était altérée mais la pensée restait claire et je dirai, en souriant, aussi incisive que d'habitude. Cette fille de pasteur protestant restait fidèle à sa foi luthérienne (croyant à la présence réelle disait-elle). Elle avait vécu, en deuxième noce, avec un catholique. Quand il mourut, elle incita tous ceux qui avaient été ses amis à se rendre à la cérémonie religieuse catholique sans s'y rendre elle-même. Avant de décéder, l'ami m'avait dit parlant de sa compagne « c'est une sacrée bonne femme, une âme d'élite. Il faut la voir avec ses élèves. L'enseignement pour elle est un sacerdoce ».

Or, Violette (c'était son prénom) sans être partisanne d'un mariage homosexuel, n'était pas opposée à un changement d'attitude à l'égard des homosexuels. Et après l'élection du pape François, elle se réjouit du fait « enfin! me dit-elle, un pape jésuite, le premier ! ».

Je lui dis ma circonspection, que le jésuitisme n'était pas ma tasse thé, et que j'avais longuement médité Les Provinciales de Blaise Pascal, qui font passer aux jèzes un sale quart-d'heure.

Nous rîmes tous les deux.

Violette donc, eut probablement salué le propos papal d'un hochement de tête significatif alors que moi je reste prudent.

Dans la Bible il y a peu de condamnations virulentes de l'homosexualité sauf dans le Lévitique, l'histoire de Sodome qui mérite d'ailleurs d'être lue et méditée, et en St-Paul, assez brièvement mais avec le tempérament de cet organisateur hors pair, et de ce prophète mais qui n'est qu'un prophète ( Voir, pour ceux qui veulent bien  sortetir de l'incuriosité peccamineuse cet article : https://www.croirepublications.com/cahiers-ecole-pastorale/le-mariage-et-la-sexualite/article/l-homosexualite-les-donnees-du-nouveau-testament-et-leur-contexte  ).

Or dans les Evangiles, (et là c'est Jésus lui-même qui parle) il est peu de propos concernant le sujet dont nous parlons. Mais dans l'Evangile selon Mathieu (11) dans la leçon donnée par Jésus aux pharisiens, (un passage de polémique tout à fait exemplaire, supérieur même au meilleur de Maurras, Péguy ou Zola) on trouve ce passage qui remet un peu les choses en place « Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu'au ciel? Non. Tu seras abaissée jusqu'au séjour des morts; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. 24 C'est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. »

Je lis les extraits du discours de François. Je sais ce qu'il va susciter de colère parfois justifiée (parfois seulement).

Mais les motifs d'inquiétude sautent aux yeux. Le jésuite nous dit : « « Les personnes homosexuelles ont le droit à une famille (…) ce que nous devons faire est une loi de cohabitation civile ».

Fort bien. Mais une « cohabitation civile »suffit-elle à constituer une famille ? La famille se constitue auteur d'un projet créatif, en vue d'une procréation. Deux hommes seulement, deux femmes seulement, peuvent-ils procréer ? Le propos de sa Sainteté (c'est comme ça qu'on dit). François va-t-il promouvoir la GPA, la gestation pour autrui et promouvoir ainsi le commerce des êtres humains, pour la seule satisfaction du désir de jouer à la poupée de certains (es).

En vérité, ce qu'il peut y avoir de positif en cet homme là, est obéré par son ambiguité certaine.

Qu'il souhaite réintégrer les « homos » dans la société, faire disparaître ou du moins atténuer le poids du mépris contre les communautés « gays » (un terme qui m'agace profopndément) je crois qu'un chrétien qui pense sa religion peut et même doit le comprendre.

Il y a trop de bétises qui suscitent des croyances profondément traumatisantes pour de nombreux jeunes (l'ancien professeur que je suis, quarante  ans dans des classes terminales) que l'on présente comme des fémelins, ou des hommasses et qui connaissent la moquerie et parfois pire. Beaucoup se souviennent, en Guadeloupe, de cet incident qui fit le gras d'une certaine presse, il y a une dizaine d'années. Une nuit, à Pointe-à-Pitre, un jeune homme alla draguer des … garçons, du côté du centre Rudy Nithila.

Il fut reluqué par quatre voyous qui le rouèrent de coups, le trainèrent jusqu'à la darse de la place de la victoire, et le jetèrent à l'eau, d'où on l'extirpa au petit matin, encore vivant.

Il y a là une situation réelle et déplorable qu'il faut changer. Dans la mesure où le propos du pape peut éveiller ceraines consciences, je l'approuve.

Mais, je dois l'avouer, je me méfie de ce jésuite argentin qui fut péroniste.

Et si son propos ne faisait que conforter les sectes matérialistes qui se foutent bien du christianisme et même d'un François qu'ils jugent en leur for intérieur comme un allié de leurs délires, et donc comme un idiot utile.

Chers lecteurs, tâchons de garder de la lucidité, et du courage. Moi je conclus en dédiant cet article à ma vieille amie Violette.

(Le Scrutateur).

 

Le pape défend l'union civile pour les homosexuels

 

(https://www.lefigaro.fr/actualite-france/le-pape-francois-defend-le-droit-a-l-union-civile-des-couples-homosexuels-20201021 ).


 

Dans un documentaire présenté mercredi à Rome, François a plaidé avec une force inédite pour ce modèle légal.

 

« Les personnes homosexuelles ont le droit à une famille (…) ce que nous devons faire est une loi de cohabitation civile. » Cette déclaration du pape François, défendant l'accès à un statut légal d'union civile pour les couples homosexuels, a fait sensation ce mercredi. De fait, le chef de l'Église catholique n'avait jamais été aussi explicite à ce sujet, même s'il a régulièrement laissé entendre depuis son élection, en 2013, qu'il n'était pas contre ce type de mesure.

À lire aussi : Le pape François juge que le plaisir culinaire ou sexuel est «simplement divin»

Qu'a dit exactement François et dans quel contexte ? C'est une phrase enregistrée, et effectivement prononcée par lui, en espagnol, dans un documentaire, Francesco, consacré à sa personne. Ce documentaire, réalisé par Evgeny Afineevsky, a été présenté mercredi à la fête du cinéma à Rome. « Les personnes homosexuelles ont le droit de faire partie d'une famille, ils sont enfants de Dieu, ils ont le droit à une famille, a dit le pape. Personne ne peut être expulsé d'une famille, ni vivre une vie impossible à cause de cela. Ce que nous devons faire, c'est une loi de cohabitation civile, ils ont le droit d'être légalement couverts. C'est ce que j'ai défendu. »

Le documentaire reprend de multiples citations du pape mais aussi des interviews exclusives sur des sujets très variés, dont la question de l'homosexualité. Personne ne peut donc remettre en cause le fait que cette phrase a été authentiquement prononcée par François. Même si elle ne revêt toutefois aucun caractère officiel puisqu'elle n'est pas dans un discours ou une homélie diffusés par le Saint-Siège. Le Vatican devait d'ailleurs publier une mise au point dans la soirée de mercredi sur la portée de ces propos.

À lire aussi : Le Monténégro autorise l'union civile des couples homosexuels

Ce n'est toutefois pas une surprise. Le pape François lui-même avait validé, en 2014, la possibilité pour l'Église catholique de reconnaître « l'amour » des couples homosexuels dans le document préparatoire du synode sur la famille. À l'époque, l'un des responsables de ce synode, l'évêque italien Mgr Bruno Forte, avait précisé, sans parler de « mariage », que l'Église était à « la recherche d'une éventuelle codification des droits qui peuvent être accordés aux personnes vivant dans une union homosexuelle ». Mais cette perspective, poussée par l'épiscopat allemand - qui voudrait voir reconnues les bénédictions de couples homosexuels - et par plusieurs congrégations religieuses, dont les jésuites américains, n'avait pas reçu un nombre suffisant de voix pour être retenue comme une proposition synodale.

De même, le silence volontaire de François, en 2015, sur le débat politique italien d'accorder ou non un statut légal aux couples homosexuels, avait fortement surpris certains milieux. Archevêque de Buenos Aires, en Argentine, le cardinal Bergoglio avait pourtant eu la même attitude de silence approbateur sur ce débat en 2002 et en 2010.

Dans son livre entretien avec Dominique Wolton, aux Éditions de l'Observatoire, (livre que j'ai lu, la plume à la main, et trouvé particulièrement nul, ce qui n'a rien de surprenant avec un homme comme Wolton l'homme qu'il fallait pour - les approximations – comme le pape François. exactement pour pousser aux approximations un homme doué pour cela) le pape confirme son accord pour une «union civile» pour les homosexuels, car « il n'y a pas d'autres voies ». Mais, précise-t-il, « ce n'est pas un mariage ». Il redoute dans sa réponse au chercheur français que sa position soit instrumentalisée comme un soutien à « l'idéologie de la théorie du genre », qu'il rejette avec vigueur.


À voir aussi - Pape François / Migrants: courage ou angélisme?


 

 

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Ch ETZOL 23/10/2020 02:35

Ce dont parle le scrutateur correspond bien au souhait du Catéchisme de l'Eglise Catholique, montrant toute sa sollicitude à leur égard :
"Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste."
Mais de la simple charité à une justification et une reconnaissance du comportement homosexuel, voire une officialisation, il y a un pas que l'Eglise n'a jamais franchi.

Ce qu'on peut malheureusement reprocher au pape c'est de laisser échapper fréquemment de tels propos au hasard de conversations, qui désorientent, en ajoutant à l'extrême confusion qui règne déjà et volontairement entretenue contre le couple et la famille, la procréation et l'éducation, la vie humaine que les catholiques doivent affronter.
Alors qu'ils attendraient plutôt du pasteur suprême qu'il éclaire la route, de la splendeur de la vérité et les soutienne, par des paroles cohérentes, dans leur lutte et leur fidélité.