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1 Avril 2026
« Aujourd’hui, dans le service public, on exclut une catégorie de Français », cingle l'ancien animateur.
La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public entame la dernière ligne droite de ses travaux. Ce mardi 31 mars, Michel Drucker et Patrick Sébastien étaient auditionnés avec le journaliste Jacques Cardoze, ancien présentateur de Complément d’enquête.
« On a une télévision d'hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. » Ces propos de Delphine Ernotte à son arrivée à la tête de France Télévisions, en 2015, Patrick Sébastien, même s’il les jugera, en fin d’audition, « maladroits », ne les a pas digérés.
Profitant d'une tribune qu'il attendait, l’ancien animateur vedette du service public a réglé ses comptes avec la présidente de France Télévisions. « Elle voulait me dégager. » Patrick Sébastien accuse Delphine Ernotte, qui a mis fin à ses contrats en 2019, de faire régner une « dictature idéologique ». « Je ne conviens pas à Madame Ernotte, et à travers moi, les gens qui regardaient Le Plus Grand Cabaret du monde. » Pour l’homme de télé, « des gens comme Madame Ernotte et ceux qui sont autour, sont intouchables ». « Aujourd’hui, dans le service public, on exclut une catégorie de Français. » Pour Patrick Sébastien, Delphine Ernotte « est présidente, elle n’est pas propriétaire du service public, le service public appartient à ceux qui paient, c’est-à-dire à des gens de toutes conditions, de toutes idéologies. » « Elle a choisi de faire la télé qu’elle voulait par rapport à ses idées à elle, c’est son choix, mais pour moi, ce n’est pas le service public », estime celui qui fut à l'antenne sur France 2 pendant plus de vingt ans.
À ce sujet — Patrick Sébastien à la commission d’enquête sur France TV : ça va déménager !
L’ancien animateur du Plus Grand Cabaret du monde s’est étonné de voir que ses émissions lui avaient été supprimées au fur et à mesure alors que dans le même temps, celles de Nagui, animateur-producteur de la société Banijay, prospéraient. « J’avais seize primes le samedi, lorsque Monsieur Candilis est arrivé ; puis j’en n'ai eu plus que dix, puis sept, puis zéro et, entre-temps, Nagui en a eu trois, puis sept, puis onze. » Dans le viseur de Patrick Sébastien, le rôle de Takis Candilis, ancien numéro 2 de France Télévisions entre 2018 et 2020, qui était à Banijay avant d’arriver sur le service public et qui est retourné ensuite dans la même société de production. « Soupçonnez-vous, dans votre éviction, une tentative de donner plus de parts de marché à une société dont Nagui était coactionnaire ? », interroge le rapporteur Charles Alloncle. « Bien sûr que oui », répond l’intéressé. « On vous parle de favoritisme, mais à un moment, il faut se poser la question si, en échange de ce favoritisme, il y a eu des cadeaux. Quelques gens décideurs de programme vont passer leurs vacances chez des producteurs privés. Ce n’est pas nouveau que, dans un service public, il y a des sociétés privées qui fassent des cadeaux pour obtenir des marchés. »
Patrick Sébastien n'hésite pas à dénoncer une censure dont il aurait été victime, alors que selon lui, ses confrères, après son départ de France Télévisions, avaient pour « consigne » de ne pas l’inviter. Seul Michel Drucker s’est démarqué par son indépendance.
Quand on l’interroge sur les propos de Delphine Ernotte qui veut représenter la France, non pas « telle qu’elle est » mais « telle qu'on voudrait qu'elle soit », Patrick Sébastien s’indigne avec son ton fleuri : « Ils oublient de regarder la France telle qu’elle est. La France, aujourd’hui, c’est quoi ? Ces gens qui supportent qu’on les baise avec l’histoire de l’essence. » « Cette dame me poursuit dès le départ, […] j’aimerais qu’elle me foute la paix », a affirmé l’ancien animateur, qui est revenu sur l’émission Complément d’enquête dont il a été l’objet, il y a quelques semaines, l’estimant « à charge » et « bourrée de fausses informations », tout en se rassurant : « Les gens ne sont pas dupes de ça. »
Après s’être défini comme « un artiste un peu incontrôlable », Patrick Sébastien, qui juge son ennemie jurée trop « intouchable », a décidé de se « venger ». « Pendant des années, elle m’a pris pour un personnage vulgaire, ce que je n’étais pas, donc je vais lui donner raison dans une prochaine chanson. » Amis poètes, trépignez. Certainement le tube de l’année.