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Publié par Edouard Boulogne

Un-harki.jpg ( Un harki en opération ). 

 

Il y a cinquante ans s'achevait la guerre d'Algérie. La jeune génération n'a aucune idée des passions soulevées à l'époque par ce conflit dans la génération d'alors, la mienne ( j'avais 20 ans en 1962 ).

Plus exactement, quand ils en entendent parler, c'est par la bouche de vulgaires propagandistes, d'un camp ou de l'autre, dans le climat actuel, entretenu par les grandes orgues, de la propagande médiatique, et de la repentance française ( et occidentale ) généralisée.

En 1962, à la suite des accords d'Evian, la France se retirait d'Algérie conquise 132 ans auparavant, en 1830.

Pourquoi ce retrait? L'armée française avait pourtant gagné cette guerre, et le FLN ( Front de libération nationale ) était réduit à une quarantaine de milliers d'hommes à bout de souffle.

Pourquoi cela, alors que de Gaulle était revenu au pouvoir en 1958, sur le thème de l'Algérie française.

Plusieurs hypothèses ont été faites à cet égard. La plus vraisemblable à mon sens, est que de Gaulle ne croyait pas possible, dans la longue durée de conserver l'Algérie française dans le monde de la guerre froide, dominée par les USA et l'URSS, qui toutes deux, pour des raisons apparemment différentes, poursuivaient une politique de « décolonisation ». La vérité est qu'elles désiraient suppléer la France et l'Angleterre à la tête de leurs empires, par d'autres moyens, plus « modernes ».

Peut-être aussi le général, cela est suggéré par Alain Peyrefitte ( cf C'était de Gaulle, en trois volumes ) prévoyait-il la grande poussée de l'Islam qui, légitimement nous préoccupe tant actuellement, et redoutait-il de voir l'islamisme conquérir Paris tout à fait légalement, par le vote des citoyens musulmans de la république de Dunkerque à Tamanrasset. Si c'était son calcul, il s'avère rétrospectivement faux, car il n'avait pas pris en compte la possibilité de la dégénérescence des élites occidentales, telle que nous la constatons présentement, et qui mènent avec la politique que nous savons, au même résultat.

Peut-être aussi, la France, affaiblie par les deux guerres mondiales, n'avait-elle plus les moyens de conserver le statu quo.

Quoiqu'il en soit, la façon dont on se débarrassa de l'Algérie est honteuse, et catastrophique, pour les deux pays. ( J'ai, il y a quelques mois traité de ce sujet dans l'article suivant : http://www.lescrutateur.com/article-il-y-a-cinquante-ans-commen-ait-le-drame-de-l-algerie-contribution-a-la-verite-par-edouard-boulogn-107834135.html ).

 

Ce qui m'amène à y revenir sous un angle particulier, c'est ce courriel reçu, aujourd'hui, d'un lecteur, vraisemblablement un descendant de harki, qui parle, justement du drame de ces derniers.

 

Le drame des harkis : Hocine : Le combat d'une vie. http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

 

«  Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog: www.lescrutateur.com

Harkis : les camps de la honte
louanchi
lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.


35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi).

 

J'ai voulu, pour compléter ce témoignage, proposer une interview en deux parties, sur le drame des harkis, et la façon honteuse, c'est le moins qu'on puisse dire, dont les autorités françaises se sont conduites, durant ces années là, et particulièrement en 1962, vis-à-vis de ces hommes courageux et fiers qui avaient choisi la France.

 

Voici ces documents :

 

Le massacre des harkis : I http://www.youtube.com/watch?v=6pLUko9tQmQ

 

Le massacre des harkis : II : http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_506638&feature=iv&src_vid=6pLUko9tQmQ&v=FUws9rc-u0w

 

Je ne cesse de le répéter : quand j'entends certains Français patriotes, s'insurger contre les « arabes » en France, mon coeur, et mon intelligence se refusent à les suivre sans réfléchir.

Les harkis aussi sont des arabes, et les Français conscients ont acquis, à leur égard, une dette irrépressible.

Ceux qu'il importe de ramener à l'ordre, et si possible dans leur pays, ce sont les fils des assassins des harkis, qui, détestant et méprisant les français aux « faces de craie », fuient une Algérie indépendante et invivable pour vivre dans le pays qu'ils n'aiment pas.

Le document de Hocine, ci-dessus, nous rappelle la tragédie dont furent victimes ces fidèles des jours de malheur. Il nous rappelle que les traumatismes de ce temps là n'ont pas fini de les gêner, de les obséder.

Monsieur X, dans la longue interview que vous avez sans doute écoutée, rappelle que l'honneur de l'armée française fut sauvé par des soldats et des officiers d'élite, qui pour secourir leurs harkis, firent le sacrifice de leur carrière et parfois de leurs vies.

les-champs-de-braises-helie-de-saint-marc.jpeg


Je pense pour ma part, parmi eux, au très remarquable commandant Elie Denoix de Saint-Marc, dont il faudrait lire, toutes affaires cessantes le livre Les champs de braises.

 

Edouard Boulogne. 

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Claude HOUËL 23/08/2012 13:46


Bravo au scrutateur de relayer une histoire que beaucoup (trop !) voudraient oublier.


Ce n'est que comme cela que justice  sera rendue même si les honteux et les politiquement corrects jouent la montre, comme pour la pension des ancien indigénes de l'armée d'Afrique qui
auront dû attendre cinquante ans pour qu'elle soit alignée sur celle de leurs camarades de combat européens.


Notre dette vis à vis des harkis longtemps parqués comme des animaux,comme celle vis àvis de ceux lâchement abandonnés aux massacres vengeurs du fln,reste immense:il faudra bien un jour que la
France s'en acquitte pour retrouver son honneur.