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Publié par Edouard Boulogne

Christopher-Caldwell.jpg

 

( A mille mille au-dessus des des approximations et des imprécations du politiquement correct, ce livre de Christopher Caldwell, admirablement résumé par Danièle Masson. Un livre qui rejoint nos préoccupations et nos inquiétudes. EB ).

 

Le livre de Christopher Caldwell, publié aux États-Unis en 2009, n’a été traduit en France qu’en 2011, aux éditions du Toucan, les « grandes maisons d’éditions » françaises l’ayant refusé. Il est vrai que c’est un redoutable pavé dans la mare : l’Europe vue d’Amérique par un observateur qui la connaît bien et jette sur

elle un regard distancié, tour à tour ironique, bienveillant, et

sans concession. De la page 39 – « L’Europe fera partie d’un Occident arabe » (Bernard Lewis) à la page 379 –« Le problème n’est pas de savoir si une majorité d’Européens sera islamisée, mais plutôt quel islam – islam de la charia ou euro-islam – est appelé à dominer l’Europe »

(Bassam Tibi), le ton est donné.

L’ouvrage se structure en trois éléments étroitement liés et interdépendants : immigration, l’islam, l’Occident.

 

Immigration

 

Le premier volet est une mise en perspective historique. L’immigration musulmane est la conjonction explosive de trois facteurs.

Après la colonisation et le nazisme, le climat de l’Europe était à la repentance.

L’OTAN et l’Union européenne devaient prévenir toute récurrence des horreurs de la guerre, et pour cela purger tout pays de nationalisme. À l’argument « éthique » se joignaient des arguments économiques : nécessité de sauver des économies moribondes, et comme moyen recrutement de main d’oeuvre.

 

E n c y c l o p é d i e d e l ’ h o n n ê t e h omme

 

Une révolution sous nos yeux,

Comment l’islam va transformer

la France et l’Europe

de Christopher Caldwell

Préface de Michèle Tribalat

orilèges – documents – extraits – abrégés – recension – critique – fragments – florilèges – documents – doc

« Quand une culture peu sûre d’elle rencontre une culture confiante, c’est généralement la première qui change pour s’adapter à la seconde. » «Une Europe unie n’aurait rien à craindre de l’islam».

 

Le livre de Christopher Caldwell, publié aux États-Unis en 2009, n’a été traduit en France qu’en 2011, aux éditions du Toucan, les « grandes maisons d’éditions » françaises l’ayant refusé. Il est vrai que c’est un redoutable pavé dans la mare : l’Europe vue d’Amérique par un observateur qui la connaît bien et jette sur

elle un regard distancié, tour à tour ironique, bienveillant, et sans concession.

De la page 39 – « L’Europe fera partie d’un Occident arabe » (Bernard Lewis) à la page 379 –

« Le problème n’est pas de savoir si une majorité d’Européens sera islamisée, mais plutôt quel islam – islam de la charia ou euro-islam – est appelé à dominer l’Europe » (Bassam Tibi), le ton est donné L’ouvrage se structure en trois éléments étroitement liés et interdépendants : immigration, l’islam, l’Occident.

 

Immigration

 

Le premier volet est une mise en perspective historique. L’immigration musulmane est la conjonction explosive de trois facteurs. Après la colonisation et le nazisme, le climat de l’Europe était à la repentance.

L’OTAN et l’Union européenne devaient prévenir toute récurrence des horreurs de la guerre, et pour cela purger tout pays de nationalisme. À l’argument « éthique » se joignaient des arguments économiques : nécessité de sauver des économies moribondes, et comme moyen recrutement de main d’oeuvre étrangère, circulation des capitaux et de la force de travail.

Ainsi s’opéra ce que Jules Monnerot eût appelé une hétérotélie : obtenir un résultat contraire au but visé. Pour résoudre des problèmes économiques temporaires, l’Europe a provoqué des situations irréversibles : ce que Michèle Tribalat appelle « un processus de substitution d’un peuple à un autre », et Renaud Camus « le grand remplacement ».

Caldwell écrit : « Sans que personne ne l’ait vraiment décidé, l’Europe occidentale s’est changée en société multiethnique ». Et encore : « Le projet européen n’a pas été imaginé dans la perspective de l’immigration, mais il a fini par en fixer les règles d’accueil ».

Il cite Aristote : « L’État ne peut se constituer d’une masse d’individus pris au hasard… La plupart des États qui ont accepté des individus d’autres origines… ont connu les troubles et la sédition ».

 

L’islam

 

Mais l’islam, ce ne sont pas des individus pris au hasard. C’est un passé de conflits séculaires avec l’Europe. C’est, comme le dit Renan, « l’union indiscernable du spirituel et du temporel… L’islam a été libéral quand il était faible et violent quand il a été fort ». Ce sont des populations qui, au contraire des immigrés européens, se désassimilent aux deuxième et troisième générations : « de plus en plus d’immigrés revendiquent le droit à s’intégrer », c’est-à-dire à « vivre en Europe en étrangers, au lieu de s’assimiler ». Autrement dit : « une minorité ethnique attend non d’être accueillie pour s’assimiler, mais d’être assez forte pour se séparer ».

L’auteur développe le problème des mariages: en France, l’immigration liée au regroupement familial représente 78 % de l’immigration licite permanente. En Allemagne, la moitié des citoyens allemands d’origine turque vont chercher leur épouse en Turquie ; frères, soeurs, parents, enfants déposent alors

leur candidature, selon les règles du regroupement familial. Les immigrés cumulent ainsi le jus soli (nés sur le sol d’un pays), et le jus sanguinis (droit de résidence pour les membres étrangers de leur famille).

En outre, la polygamie est théoriquement interdite en Europe ; mais quelle raison de la refuser pour un État qui ne définit plus le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme ?

Face à un islam qui s’impose en Europe comme une « hyperidentité » et agrandit « les espaces de la charia », l’Europe se désarme elle-même. Caldwell évoque la criminalisation de toute critique de l’islam, le « multiculturalisme devenu xénophobie envers soi-même », le « nationalisme interdit », l’universalisme européen, auxquels s’opposent « le nationalisme de quartier », les revendications d’un État palestinien, d’une patrie kurde, d’une Algérie islamiste. Aux interdits européens du politiquement correct s’ajoutent les fatwas islamiques ; l’auteur a cette phrase terrible : « les assassinats font loi ».

Sous culture, l’islam est-il en passe de devenir culture concurrente, puis culture dominante ?

L’auteur remarque pourtant l’arriération de l’islam : « au plan économique et intellectuel, l’univers islamique est un cas désespéré. Hormis les combustibles fossiles, la totalité du monde arabe exporte moins que la Finlande ».

Mais justement, les immigrants veulent un mode de vie du Tiers-monde avec un niveau de vie européen et les moyens technologiques de l’Europe, sans adopter la culture qui les sous-tend. Caldwell note à cet égard l’inversion du rôle historique de la télévision comme moteur d’assimilation ; les paraboles constellent

les étages des immeubles : « la télévision assimile bel et bien les immigrants », mais « elle les assimile à un islam mondialisé… tous liés par internet à la Oumma ». Un islam qui surfe sur la vague du « scepticisme religieux

inscrit dans l’européanité », et sur le dialogue interreligieux.

À cet égard, une comparaison de l’auteur, qui pourrait être nuancée, mérite attention : des deux derniers papes, Jean Paul II et Benoit XVI. Pour Jean Paul II, le clivage essentiel était entre la religion et l’incroyance. D’où Assise. Pour Benoit XVI, le christianisme étant

le fondement de la pensée raisonnable, de la liberté, de la dignité de la personne humaine, rien n’interdit le dialogue avec les non croyants, héritiers culturels du christianisme ; d’où le discours de Ratisbonne et la référence à Manuel II Paléologue : « Ne pas agir rationnellement, c’est agir contre la nature de Dieu ».

Mot que ne saurait accepter un musulman, l’islam n’étant lié à aucune rationalité ; ce qui explique sans doute ce que l’auteur appelle son « arriération ».

Mais l’islam exploite en Europe les failles de l’Europe : une culture européenne supérieure mais tournée en dérision par l’Europe elle-même, une croyance fallacieuse à l’égalité des cultures, qui justifie la condamnation islamique des conversions au christianisme : il n’y a plus de changement légitime parce qu’il

n’y a plus de préférence légitime. Ironique, Caldwell remarque : « Le Coran déclare que l’apostasie doit être punie de mort. 36 % de jeunes musulmans britanniques sont d’accord. Mais nul besoin d’une majorité de musulmans

pour tuer quelqu’un ». Et il ajoute : « Il y avait sans doute moins de bolchéviks en Russie en 1917 qu’il n’y a d’islamistes en Europe aujourd’hui

».

 

L’Occident

 

La troisième partie est à la fois la partie la plus riche et la plus litigieuse. Litigieuse parce que Caldwell, comparant le multiculturalisme britannique et la laïcité française, à la lumière du phare américain,

donne une prime aventurée à Nicolas Sarkozy et à la France, qui fournit « grâce à sestraditions républicaines, la meilleure chance d’assimiler les enfants d’immigrés ; seul pays où l’équivalent européen du rêve américain

est probable ». Tout en condamnant le Front National avec une mauvaise foi grossière qui tranche bizarrement avec l’honnêteté générale de l’ouvrage.

Litigieuse encore, par le conseil qu’il donne à l’Europe d’adopter le système du millet de l’Empire ottoman tardif : donner aux communautés un certain degré d’autonomie. Mais ce qui était bénéfique jadis pour les communautés juives et chrétiennes peut-il l’être pour les musulmanes, alors que l’auteur rappelle lui-même que l’Europe est pour l’islam le daral- shahada – l’espace du témoignage – transition vers le dar-el-islam, territoire islamique ?

Le conseil de Caldwell est d’ailleurs si contraire au propos général de l’ouvrage qu’on s’interroge alors sur ses intentions.

En revanche, passionnantes sont ses analyses du double langage, avec comme exemples les notions de « respect » et de « résistance», d’un Tariq Ramadan. Non pas mensonge, mais message cohérent destiné à être compris de deux manières opposées par deux publics différents.

Passionnant encore le regard sur l’ascension, aux Pays-Bas, de Pim Fortuyn, déclarant : « notre conception de notre propre culture devient dangereusement relativiste », alors que « l’islam est une culture mortellement

dangereuse ». Fortuyn montant dans les sondages était le signe, selon Caldwell, que « l’ordre multiculturel de la Hollande s’appuyait sur des tabous, non sur un consensus ».

Avant que Fortuyn, quelques jours avant les élections, fût assassiné.

Passionnante enfin la comparaison entre l’Europe actuelle et l’Empire romain finissant ; même asymétrie de l’information : les barbares en savaient plus sur Rome que les Romains sur les barbares, de même que les musulmans en savent plus sur l’Europe, pour l’exploiter, que l’Europe sur l’islam.

La conclusion de Caldwell est forte : « L’Europe est investie culturellement par un islam théocratique et par un libéralisme de marché qui n’accorde aucune valeur aux traditions de l’Europe ». Si bien que – on retrouve les

effets pervers et l’hétérotélie –, « l’histoire de la mondialisation est l’histoire des conséquences collectives involontaires de choix individuels librement consentis ».

L’autodestruction semble irréversible. L’auteur achève son livre sur une prédiction sinistre

: « Quand une culture peu sûre d’elle, malléable et relativiste, rencontre une culture ancrée, confiante et renforcée par des doctrines communes, c’est généralement la première qui change pour s’adapter à la seconde ».

La culture peu sûre d’elle-même, c’est celle de la civilisation européenne scindée en deux, partagée entre le rejet de l’héritage religieux et la fierté de ce legs, entre « la patrie charnelle » et la « patrie substantielle »

de BHL, qui substitue « à la frontière de nos pays », « la frontière des droits de l’homme ».

En revanche, une autre Europe, sûre d’elle-même, l’auteur le reconnaît, « une Europe unie n’aurait rien à craindre de l’islam ».

À l’Europe, il oppose l’Amérique accueillante mais qui exerce sur ses immigrants « des pressions dignes de Procuste », et un système pénal draconien apte à dissuader les mauvaises volontés. Il ajoute que l’Amérique

compte deux millions de musulmans (à l’exclusion des musulmans noirs) et que,si leur poids était celui de la France, elle en compterait quarante millions.

Une révolution sous nos yeux est à lire de toute urgence. Même si elle rappelle, avec son mélange détonnant de lucidité, de sombre prophétisme, de préjugé américano-centré, Le Choc des civilisations de Samuel Huntington.

Puisse ce livre réveiller l’Europe, lui donner le courage d’avoir peur et les moyens de surmonter ses peurs, en retrouvant la fierté d’elle-même, l’intelligence et la force de conjurer les menaces qui pèsent sur elle.

 

Danièle Masson

 

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Dissident 08/06/2012 13:52


Il faut être païen, ou Sarrazin, pour s'imaginer aussi sottement que la Chrétienté tombera un jour entre
les mains impies et stupides des mahométans. Nous les croyants nous savons au contraire – et ce depuis Patmos ! – que le Faux-Prophète sera jeté ‘vivant’ dans le lac de soufre et de feu. Ça
n’est pas « les » faux prophètes qui sont légions qui seront précipités en Enfer, c’est LE Faux-Prophète. Ce Faux-Prophète unique en son genre dans toute l’histoire de cette
« génération » (qui-ne-passera-pas-sans-que-la-Parole-s’accomplisse) ne peut être que Mahomet, parce que l’Islam est la seule hérésie - parmi les 5 principales - qui est conduite par
cette sorte de demi-dieu : Leur « prophète » c’est donc notre Faux-Prophète, celui aperçu par Jean à Patmos. Ça se terminera mal, très mal même, puisque la fin du Faux-Prophète et
de son Maitre « la Bête » est atroce. La Chrétienté protégée par Notre Dame ne sera jamais vaincue par l’Islam de Lucifer, jamais, c’est le contraire exact qui arrivera quand Elle lui
écrasera le crane sous son talon : De même que le Mensonge ne peut l’emporter sur la Vérité, de même ce loser de Mahomet n’a donc aucune chance de l’emporter contre N.D.


 


 

oupédisa 07/06/2012 15:01


http://www.jeanpicollec.com/?p=81


Ils ont acheté la presse


Publié le 9 mai 2012 dans Documents



par Benjamin Dormann


« Pourquoi
la presse française n’a-t-elle rien dit avant ? » s’est-on interrogé quand l’affaire Dominique Strauss-Kahn a éclaté.
La presse d’opposition est heureuse de recevoir des centaines de millions de subventions de Nicolas Sarkozy, mais est en
campagne pour empêcher sa réélection. De ce fait, les journalistes militent plus qu’ils n’informent, reproduisant avec complaisance des scénarios mis en scène par des communiquants, renonçant
souvent à faire la moindre enquête ou la menant avec des présupposés.
De plus, cette presse se vend progressivement à des financiers dits « de gauche », oubliant que dans la presse, comme
ailleurs, des financiers restent des financiers. En suivant notamment de près la reprise du Monde par Matthieu Pigasse et la gestion du Nouvel Observateur par Denis Olivennes, on
découvre, étonnés, ses connivences, son opacité, et les coulisses d’une presse embourbée dans ses contradictions et ses mensonges.
Si ce 4e pouvoir a aujourd’hui renoncé à jouer son rôle, c’est qu’il a accepté de frayer avec ce 5e pouvoir que l’on découvre
ici : celui des réseaux mondialisés, mêlant hommes d’affaires, financiers, médias et politiques, agissant et décidant dans la coulisse, en toute discrétion, parallèlement à nos structures
démocratiques devenues impotentes.
Une enquête fouillée de plus de deux ans, un voyage édifiant et instructif dans l’envers du décor, où l’on croise les membres
du Siècle, le plus grand groupe d’influence français, le Young Leader Arnaud Montebourg, le Bilderberger Manuel Valls, ou le German Marshall Fund, financeur américain de Terra Nova, fondation
initiatrice des primaires du Parti socialiste… et où l’on découvre les stupéfiantes conditions de la nomination du parfait inconnu Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil
européen.
Pour découvrir ceux qui nous manipulent, nous désinforment et veulent nous faire prendre des vessies pour des
lanternes.





Benjamin Dormann a été journaliste dans la presse financière, trésorier d’un parti politique « divers gauche » et
candidat à des élections européennes et législatives. Diplômé d’un MBA en finance de l’université de Chicago, il est depuis quatorze ans associé d’un cabinet de consultants
indépendants, spécialisé en gestion de risques et en crédit aux entreprises, et executive chairman d’une structure internationale active dans trente pays.


ISBN : 978-2-86477-258-3
344 pages,  23,00 €