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Publié par Edouard Boulogne

 Hier, dans un article du Scrutateur, je me disais franchement de droite, mais hors parti. Quand je me dis de droite, je ne méprise pas ceux de mes compatriotes qui se disent ou se croient de gauche. Je ne récuse que l'idéologie dont ils se réclament, qui a fait les preuves, en France, et ailleurs, de son inefficacité voire de sa malfaisance, mais qui, du fait de circonstances diverses, et de l'habileté réelle des partis de gauche en matière de propagande, et d'infiltration des médias ( et des centrales d'enseignement comme disait Jules Monnerot ) a su « persuader » nombre de citoyens, y compris dans une « droite » trop paresseuse à cet égard.

L'article ci-dessous, de M. Christian Vanneste, est à cet égard d'une grande lucidité. Lui aussi se dit franchement de droite. Et d'une grande liberté de ton.

Il parle d'une révolte nécessaire ( Non d'une révolution . Il faut apprendre à scruter les mots, et leur donner leurs sens vrais pour éviter d'être ballotés par les propagandes, les sophistes en tous genres ).

Faut-il faire confiance au Front National? Pour ma part je me refuse aux simplifications abusives de l'adversaire, qui pour des raisons diverses ( à gauche et à droite ) hurlent au fascisme montant.

Mais, j'ai appris à me défier de la gent politique. Je crois que le succès actuel du FN, sous la direction de madame Le Pen, est un aspect de la révolte qui se lève. Mais il arrive que des « révoltes, même justifiées soient détournée de leur objet initial. Je l'on pense à l'usage que fit le général de Gaulle ( que j'admire, mais n'approuve pas sur ce point ) de la révolte de larges courants de l'opinion algérienne, pieds noirs et arabes mélangés, dans l'Algérie de 1958. De Gaulle revint au pouvoir sur le programme de l'Algérie française, mais détourna le mouvement en faveur de...l'indépendance.

Il faut donc rester lucide, et regarder la montée du FN avec l'intérêt des guetteurs de l'aube, au coeur d'une nuit angoissante. Je veux dire qu'il ne faut pas croire au père Noël, pour parler familièrement, et regarder ceux qui sollicitent nos suffrages avec la lucidité nécessaire pour ne pas être blousés.

Après tout, c'est nous qui les faisons rois. Soyons vigilants dans la recherche des hommes d'Etats ( denrée rare par les temps qui courent ) dont la France a besoin.

Mais je laisse la parole à M. Vanneste. Ce qu'il dit est remarquable. Il faut s'inspirer des analyses justes et...courageuses.


 

Edouard Boulogne.

 

Né à Tourcoing le 14 juillet 1947, Christian VANNESTE est marié. Il a un enfant. Professeur de philosophie au LICP de Tourcoing. Il à été adjoint à la culture de sa ville, conseiller régional Nord Pas de Calais, vice président de la communauté urbaine de Lille et député de la 10 éme circonscription du Nord pendant 3 mandats.. Profondément attaché à sa région, à la Vallée de La Lys et aux 6 villes de sa circonscription (Bousbecque, Halluin, Linselles, Neuville-en-Ferrain, Roncq et Tourcoing), il a à cœur d’en défendre, avec fierté, son patrimoine, son identité et ses traditions, et d'en promouvoir le dynamisme économique et l'emploi.

 

http://www.christianvanneste.fr/2014/05/29/a-quand-la-revolte/?fb_action_ids=681904595209989&fb_action_types=news.publishes&fb_ref=pub-standard&fb_source=aggregation&fb_aggregation_id=288381481237582

 

Lorsque le Général de Gaulle a mis en place la Vème République, il a voulu des institutions qui favorisent l’exécutif, c’est-à-dire la continuité et la responsabilité de l’Etat et donc pour lui la dignité et la réussite de la France. Son histoire personnelle l’avait rendu lucide sur la médiocrité des hommes. Toutefois, il n’avait pas pensé que celle-ci envahirait la vie politique jusqu’à faire des institutions le rempart imprenable de dirigeants malfaisants à force d’incompétence et d’insuffisance morale.

Le parti du Président élu il y a deux ans, majoritaire à l’Assemblée, seul à bord du radeau gouvernemental, ou presque, a été laminé aux municipales, écrasé aux européennes, tandis que les sondages atteignaient un niveau abyssal de popularité présidentielle qui entame la légitimité réelle du pouvoir. Légalement, toutefois le Président et l’Assemblée peuvent rester en place trois ans encore. Dans quelques mois, le Sénat basculera et M. Valls fera face à une situation plus difficile. A l’automne, le radeau entrera dans les rapides. Tandis que les zombies des organisations « étudiantes » de gauche tentent de ressusciter le fantôme du fascisme, on ne peut que regretter que le Jour de Colère soit parti trop tôt et en prêtant le flanc  à des soupçons d’extrémisme. Car toutes les raisons de la colère populaire sont aujourd’hui réunies. Des raisons, dénuées même de préjugés ou de passions politiques, fondées sur les constats et le bon sens !

La France est gouverné par des incapables. Pour le moment, ils sont de gauche. Les médias qui ne passent pas pour être orientés à droite, puisque une large majorité de journalistes votent à gauche, sont devenus pour ceux qui aiment la France un instrument de torture quotidienne. On a abusé de l’exception française. Pourtant l’expression devient juste. Notre pays devient l’exception, le seul pays à s’enfoncer sans cesse davantage. La croissance existe, souvent timide, mais pas chez nous. Le commerce extérieur s’améliore, pas le nôtre. Le chômage diminue parfois spectaculairement comme au Royaume-Uni. Chez nous il continue de progresser malgré la multiplication des emplois artificiels et le fait que l’on travaille moins longtemps en France qu’ailleurs, avec l’épouvantable gâchis du savoir-faire des seniors. L’industrie s’effondre. Les investissements stagnent. Le déclin n’est pas une thèse, c’est un fait.

Le gouvernement actuel a une double responsabilité. D’abord l’idéologie qui l’anime, à contre-courant de toutes les politiques intelligentes menées sur la planète, a systématiquement ruiné les fondements, les ressorts psychologiques de notre économie. La retraite à 60 ans, alors que l’espérance de vie grandit, a été un crime contre l’intelligence. Non seulement cette mesure stupide déséquilibre nos comptes, alourdit le coût du travail, augmente le chômage, mais encore, elle a frappé d’obsolescence ceux qui perdent leur emploi à cinquante ans. Le même jugement doit frapper les 35 heures qui, au-delà de la perte de compétitivité économique, ont ruiné la valeur même du travail. Or, en revenant au pouvoir, en 2012, après une crise sans précédent, les socialistes ont rapporté leurs vieilles idées qui, partout, avaient échoué : moins de travail, plus d’impôts, une dépense publique insuffisamment maîtrisée, le tout recouvert par des incantations sur la croissance et des contre-sens sociétaux sur la famille, la justice et l’immigration. Après deux ans d’échecs, le pouvoir a voulu se refaire une virginité en changeant de discours et accessoirement de Premier Ministre. Le tableau est désastreux. Après avoir supprimé quelques bonnes mesures des gouvernements Fillon, on y revient,  on reprend même les idées de l’adversaire tout en lui faisant porter la responsabilité des ravages. Cela donne un noeud de contradictions, une bouillie intellectuelle, un fatras de mesures que les ministres eux-mêmes ne semblent plus comprendre. On veut toujours réduire les déficits, sans y arriver, en raison de la chute prévisible des rentrées fiscales. Mais on diminue les impôts en prétendant financer le cadeau fiscal par la lutte contre la fraude. Montebourg s’agite stérilement. Touraine avec un ton de grande bourgeoise, qui ne respire pas la composition, y va de sa litote pour commenter avec fatalisme : « Les chiffres du chômages ne sont pas satisfaisants ». « Non. Ils sont insupportables, et vos idées, votre politique en sont la cause » a-t-on envie de lui répondre en pensant que la perte rapide de son « emploi » ne serait que justice !

Malheureusement, pour la France, il y a l’opposition parlementaire, l’UMP, une machine électorale pourrie d’ambitions mais privée d’idées et de talents. Il est vrai que ses dix ans de pouvoir n’ont pas porté leurs fruits par manque de courage et de cohérence. Même le souvenir de l’activisme agité de Sarkozy laisse apparaître chaque jour les illusions qui enveloppaient les discours, les promesses et les mesures. La montée des déficits, des prélèvements obligatoires, et de la dette ne date pas de 2012. Des gouvernements bâtis sur des « castings » et une politique de « com » initiée par une « ouverture à gauche » ont laissé un pays dans lequel aucune question n’avait été réglée. Les Roms, les migrants à Calais, l’insécurité jettent rétrospectivement une ombre sur le Ministre de l’Intérieur. Le décrochage économique de la France par rapport à l’Allemagne, notre recul dans un domaine comme l’éducation, l’absence de suivi sur les dossiers font se dissiper l’euphorie naguère provoquée par l’énergie de la parole présidentielle : Alstom ? La relance de l’industrie ? La Libye ? On cherche en vain une fondation solide. On ne trouve que des décors qui ne résistent pas au temps.

Incompétence criminelle à gauche, légèreté et arrivisme forcené à « droite », la France semble prisonnière d’un système qui conduit à une élection présidentielle où le léger comme l’incompétent pensent qu’il suffira de se retrouver au second tour face à ce qui fait peur pour continuer à participer sous ses ors au déclin de la République. Pour la France, c’est le système qu’il faut aujourd’hui briser. Ce n’est donc pas d’opposition, mais de révolte dont la France a besoin.

Christian Vanneste

 

 

 

 

 

 

 

Chistian Vanneste.

Chistian Vanneste.

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