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10 Janvier 2014
J'étais jeune en 1968. Mais, je n'ai jamais pu être un « soixante-huitard ». J'étais muni, je crois, pour me préserver de ce malheur, du minimum de culture philosophique qui me prémunit contre cette diarrhée, qui empesta la France, et bien d'autres nations du monde occidental. Et puis surtout, il y a en moi, un souci d'élégance, moins l'élégance vestimentaire qui a pourtant du prix, que celle du coeur, qui fuit d'abord et avant tout la vul-ga-ri-té, si essentielle au mouvement de mai.
Mais cette gadoue s'est répandue. Pendant quelques années, le pouvoir fut encore occupé en France, avec de plus en plus de difficultés, par des hommes de génération plus anciennes, qui maintinrent aux sommets du pouvoir, une apparence d'ordre et de maintien.
Cette apparence fut dissipée en quelques mois, dès l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, en 1981. Le plus sûr agent de la déliquescence, ne fut pas Pierre Mauroy, ni Pierre Berégovoy, homme du peuple, trompé par le verbiage pseudo socialiste du Mitterrand, et qui d'ailleurs en creva, dans des circonstances mystérieuses qui seront un jour éclaircies, mais le mirobolant Jack Lang. Tout un programme.
La pensée soixante-huit, est nulle, intellectuellement, mais, à cause de cela dangereuse, parce qu'accessible aux plus débiles, c'est à dire aux larges masses, chères au président Mao.
Des « intellectuels » dissertèrent sur Wilhelm Reich et sur Herbert Marcuse, ou encore Michel Foucauld.
Mais ces messieurs, peu lus d'ailleurs, n'étaient que la couverture présentable des commanditaires cachés de toute l'affaire ( n'allez pas, chers lecteurs, en ces jours de Dieudonite aigüe, soupçonner ces pauvres juifs, même si certains d'entre eux, comme tant d'autres, mirent la main à la pâte, certes ) .
Les opportunistes éternels, collaborateurs de toujours des causes dont on croit ( pas toujours avec raison ) qu'elles vont triompher, se ruèrent dans la brèche ouverte, et s'abandonnèrent sans frein au nouveau cathéchisme, que les murs de la Sorbonne et de tant d'université françaises offrirent aux regards extasiés des collabos du désordre installé.

Par exemple le génial « sous les pavés, la plage », ou « il est interdit d'interdire ». On sait qu'un des maîtres à penser d'alors, Guy Hocquenheim, revenu de tout dès lors que le sida, le frappa douloureusement dans sa chair mortelle, écrivit un ouvrage lucide sur ceux qui passèrent très vite du col Mao, aux antichambres du Rotary, et renièrent leurs divagations soixante-huitardes, sans revenir pour autant aux principes éprouvés de l'ancienne grandeur française. Ces messieurs, Hocquenheim sur ce point avait raison, le cynisme est désormais leur seule ligne de conduite éprouvée.
Ainsi, Manuel Valls, brillante étoile du socialisme post soixante-huitard, semble avoir oublié « l'interdiction d'interdire ».
Et de même pour ce « génial » slogan de la Sorbonne de mai « L'agresseur n'est pas celui qui se révolte mais celui qui réprime ».
François Hollande, en apparence, a beaucoup renié, lui aussi, mais pas le graffiti du Centre Censier à la même époque : « Aimez-vous les uns sur les autres ».
L'actualité la plus récente, en effet, le donne à penser. Et l'article qui suit, est un excellent témoignage de ce nous décrivons ici, dans le Scrutateur, à savoir la lente et, en apparence inexorable destruction de la France par cette camarilla du cloaque.
Lisons. Calmement, pour ne pas opposer le ricanement du désespoir à ces spasmes nihilistes, mais plutôt le regard de pitié qu'ils méritent.
Et, pour ceux qui ne sont pas encore trop gangrenés par la nouvelle peste, prions pour ces malheureux. Une prière, qui dans mon esprit ne dispense pas de l'armement intellectuel et spirituel, et de l'action, nécessaire à cet acte de charité : faire en sorte qu'ils partent, qu'ils partent vite.
Maurras disait que « tout désespoir en politique est une sottise absolue ».
Sur ce point, je lui suis fidèle, absolument.
E.Boulogne.