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28 Janvier 2009
WTC, 3ème jour : Le clash.

Les contraintes d'une journée très chargée, surchargée d'appels téléphoniques (par ailleurs intéressants et utiles) tournant autour de la crise où se trouve plongée la Guadeloupe ne m'ont pas permis de rédiger cet article avant 22 heures, le moment où je peux me mettre au travail.
L'évènement marquant de cette journée est le départ de la « table de négociations » de monsieur Nicolas Desforges, préfet de la Guadeloupe et représentant de l'Etat. Cette décision est le résultat du refus radical par les représentants du LKP ( Liyannaj Kont Pwofitasyon) des propositions du gouvernement pour sortir de la crise. Ceci dans une insupportable ambiance d'insolence arrogante contre le préfet et l'administration.
Celle-ci a enfin tiré les conséquences de l'impasse inévitable que je décrivais dans mon article d'hier, dont je n'ai pas à retirer une seule ligne, un seul mot. Comme l'a dit M.Lurel (malheureusement au milieu d'autres paroles démagogiques) aux militants séparatistes déguisés, « vous avez voulu humilier le préfet, et vous avez eu tort ». Il aurait pu aussi s'adresser au misérable Jalton dont l'impudence, et les déclarations fécales ont dépassé, ce jour, toutes les limites.Mais Jalton est socialiste et Lurel s'est tu.
Après le départ de la délégation de l'administration, les autres groupes sont restées en séances, et ont encore vociféré pendant trois quarts d'heure.
Elie Domota (avec le réel talent d'agitateur qu'il faut lui reconnaître) s'est lancé dans une tirade, dangereuse pour tout le monde, d'appel aux manifestations de rue, à forte connotation raciale, (tout en s'en défendant hypocritement) dénonçant le pouvoir excessif des blancs en Guadeloupe.
A l'entendre la Guadeloupe serait toujours dans l'esclavage depuis quatre cents ans. Ces propos sont inacceptables, même si la question des postes de la haute administration occupés il est vrai en majorité par de hauts fonctionnaires métropolitains, peut donner un semblant de crédibilité à ses affirmations.
Mais comme toujours, une vérité peut dissimuler un mensonge.
Il n'est jamais dit, à la télévision ou ailleurs, qu'en métropole les antillais, nombreux, occupent des postes à tous les étages de la société, y compris dans le secteur de la politique, de la justice, des affaires, et de l'administration jusqu'à ses échelons supérieurs.
Je pourrais évoquer aussi ceux de nos compatriotes très capables qui préfèrent faire carrière en métropole plutôt qu'en Guadeloupe.
Je pourrais encore parler de cet ami personnel, ( c'était un homme de couleur; précision, hélas! qu'aujourd'hui il faut faire, à la triste époque où plastronnent des Dorota!) décédé il y a quelques années, agrégé d'espagnol, docteur en linguistique, l'un des plus éminents spécialistes de la langue créole, éminent universitaire, qui, au début des années 1970, posa sa candidature à un poste d'enseignant à l'université Antilles-Guyane, mais qui en fut écarté par les intrigues de ses confrères antillais indépendantistes, à cause de ses idées non conformes aux leurs. Comme disait un jeune Guadeloupéen il y a deux jours, la Guadeloupe est un pays de madragueurs, de cocagneurs, et d'hypocrites. Je lui laisse la responsabilité de ses propos (mais je n'en pense pas moins).
Peu de courage dans les rangs des élus locaux. Silence de Michaux-Chevry, déclarations alambiquées, et médiocrement politiciennes,
des présidents des assembles locales Lurel et Gillot, qui à l'heure où il faudrait s'unir au bord du gouffre, n'oublient pas un instant qu'ils sont socialistes et ne ratent pas une occasion
pour faire obstruction aux réformes gouvernementales.
Déclaration en revanche courageuse, émouvante et pleine de bon sens du jeune président du MEDEF, Willy Angèle.
Il faut espérer que l'administration saura régler adroitement cette crise assez grave. La faiblesse de l'autorité engendre la violence. Ce qu'espèrent les jusqu'auboutistes, c'est l'écoulement du sang. Il ne faudra pas leur donner cette joie.
Il faudra être très ferme en restant souple.
La population guadeloupéenne ne veut pas de rupture . Mais les foules sont versatiles et manipulables. Elles ont souvent tendance à rallier ceux qui crient le plus fort, et ceux qui semblent devoir gagner.
C'est la raison pour laquelle chacun de ceux qui pensent dans la ligne du Scrutateur, doit rester ferme, confiant; affirmer ses convictions publiquement, apprendre à les argumenter. Nous sommes en état de résistance. Mais en ce jour, je ne peux m'empêcher, en considérant M.Domota et ses sicaires, d'évoquer ce vieux proverbe chinois : « malheur à ceux qui tentent de soulever la lie d'une population ».
Edouard Boulogne.
PS : Domota, en adresse à M.Lurel qui dans une de ses déclarations emphatiques avait évoqué le nom de Dieu, a prononcé une nouvelle attaque anti religieuse. Dans le cadre de la tactique racialisante qui est actuellement la sienne a évoqué la vieille légende de la malédiction de Noé à Cham, affectant de croire que c'est la Bible qui aurait lancé le racisme anti noir.
Pour une information plus correcte, je reproduis ci-dessous un extrait de l'article de l'encyclopédie Wikipédia sur ce sujet.
On pourra se référer aussi à l'article rigoureux sur Cham du Dictionnaire de la Bible, dans la collection Bouquins, de l'éditeur
Flammarion :
Après le Déluge, Noé sort de l'arche avec ses trois fils : Sem, Cham et Japhet. La Genèse 9:19-21 indique : Ces trois-là étaient les fils de Noé et à partir d'eux se fit le peuplement de toute la terre. Noé, le cultivateur, commença de planter la vigne. Ayant bu du vin, il fut enivré et se dénuda à l'intérieur de sa tente.
En Genèse
9:22-27, la Bible relate ensuite l'épisode de la malédiction :
22. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et avertit ses deux frères au-dehors.
23. Mais Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent tous deux sur leur épaule et, marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père; leurs visages étaient tournés en arrière et ils ne virent pas la nudité de leur père.
24. Lorsque Noé se réveilla de son ivresse, il apprit ce que lui avait fait son fils, le plus jeune.
25. Et il dit : Maudit soit Canaan ! Qu'il soit pour ses frères l'esclave des esclaves !
26. Il dit aussi : Béni soit Yahvé, le Dieu de Sem, et que Canaan soit son esclave !
27. Que Dieu mette Japhet au large, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit son esclave !
Le chapitre 10 de la Genèse livre une généalogie des descendants de Sem, Cham et Japhet, les villes qu'ils batirent et les nations qu'ils fondèrent. Ainsi, cette généalogie est construite plutôt selon des critères historiques et géographiques qu'ethniques :
Les fils de Sem sont les Elamites, les Assyriens, les Araméens, les Arabes et les Hébreux.
Les fils de Cham peuplent l'Egypte, l'Ethiopie et l'Arabie.
Les fils de Japhet peuplent l'Asie Mineure et les Iles de la Méditerranée.
Beaucoup de Pères de l'Eglise ont vu dans ce passage une annonce prophétique de l'entrée des Justes (Japhet) dans la communauté chrétienne issue des peuples sémites (Sem).
Le Proche-Orient ancien vu par les anciens Israëlites ; la Table des peuples reconstituée d'après l'hypothèse documentaire.
Le texte biblique cité plus haut reste elliptique quant à la nature de l'acte de Cham : il "vit la nudité de son père". Le judaïsme et l'exégèse chrétienne proposent plusieurs interprétations, qui d'ailleurs n'ont pas forcément une connotation sexuelle. En effet, l'expression hébraïque "voir (ou découvrir) la nudité de quelqu'un" peut signifier simplement : faire honte à quelqu'un, l'humilier. Mais elle peut également sous-entendre un acte d'une extrême gravité comme par exemple un inceste[1] ou même, d'après le Talmud, d'avoir abusé de lui[2].
A partir du verset 24 de Genèse 9, le nom de Cham n'est plus cité, mais celui de son fils Canaan : c'est Canaan qui est maudit. Les exégètes chrétiens pensent que peut-être dans le récit traditionnel antérieur aux versions manuscrites, le nom de Canaan figurait seul. La tradition judaïque a ensuite homogénéïsé la généalogie de Noé pour retenir Sem, Cham et Japhet (cf. Genèse 5,32 ; 6,10 ; 7,13 ; 10,1) ; si l'on se réfère à une analyse du texte selon l'Hypothèse documentaire le chapitre 9 et 10 de la Genèse sont un entrelac de fragments du Document jahviste d'une part et à du Document sacerdotal d'autre part ; c'est probablement dans cette "archéologie littéraire" qu'il faut trouver la source de cette confusion.
Enfin, même dans une pure approche littérale, le texte se réfère uniquement à une "malédiction de Canaan" qui ne couvre pas toute la descendance de Cham ; ainsi les trois autres fils de Cham, c'est-à-dire Koush, Misraïm et Pout, ne font l'objet d'aucune malédiction. Koush correspond en principe aux Éthiopiens, Misraïm aux Égyptiens et Pout aux Somaliens. Si l'on se réfère à une interprétation judaïque de la Table des peuples, la descendance de Canaan, objet de la malédiction va peupler le Pays de Canaan, qui correspond à l'Israël et au Liban actuel.
Quel que soit l'angle de lecture, on est donc assez éloigné d'un Canaan père d'une négritude asservie.