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Le Scrutateur.

Blog destiné à commenter l'actualité, politique, économique, culturelle, sportive, etc, dans un esprit de critique philosophique, d'esprit chrétien et français.La collaboration des lecteurs est souhaitée, de même que la courtoisie, et l'esprit de tolérance.

La chronique de Jean-Marie NOL : Alerte rouge sur la santé mentale des guadeloupéens et martiniquais avec la crise économique et financière qui vient...

La chronique de Jean-Marie NOL : Alerte rouge sur la santé mentale des guadeloupéens et martiniquais avec la crise économique et financière qui vient...

L'élection présidentielle de 2027 pourrait bien marquer un tournant majeur dans l'histoire économique et sociale de la France hexagonale , mais également et surtout des Antilles-guyane . Au-delà des débats politiques et idéologiques , un consensus émerge progressivement chez de nombreux économistes : le véritable défi du prochain quinquennat pour les Antilles -Guyane ne sera pas institutionnel mais financier. Après plusieurs années de déficits publics élevés, d'endettement massif, de croissance atone et de multiplication des crises internationales, la France semble approcher d'une zone de forte vulnérabilité budgétaire. Si nul ne peut prédire avec certitude le déclenchement d'une crise de la dette, les signaux d'alerte se multiplient et laissent entrevoir une période de redressement particulièrement douloureuse pour les ménages et les entreprises. Pour la Guadeloupe et la Martinique, cette perspective dépasse largement la seule question économique. Elle risque d'accentuer un malaise psychologique déjà profond dans des sociétés dont les fragilités dépassent depuis longtemps les seuls indicateurs financiers.

À mesure que se rapproche l'élection présidentielle de 2027, une autre échéance, beaucoup moins commentée mais sans doute bien plus déterminante, s'impose de manière prospective progressivement dans les analyses économiques : celle du redressement des finances publiques françaises avec les fortes répercussions prévisibles sur la société antillaise et guyanaise . Après plusieurs années d'endettement record, de croissance insuffisante, de déficits persistants et d'instabilité géopolitique, un nombre croissant d'économistes estime qu'aucun gouvernement ne pourra durablement repousser les décisions difficiles. Une politique de rigueur budgétaire paraît désormais presque inévitable. Si cette perspective d'austérité soulève déjà de fortes inquiétudes dans l'Hexagone, ses conséquences pourraient être encore plus profondes en Guadeloupe et en Martinique, où une crise silencieuse affecte déjà la santé mentale de la population, particulièrement celle des jeunes.

La situation économique de la Guadeloupe et surtout de la Martinique apparaît en effet de plus en plus fragile. La faible croissance attendue, la menace d'une récession, les effets durables des tensions internationales sur les prix de l'énergie et les échanges commerciaux ainsi que l'alourdissement continu des déficits des collectivités locales et de leurs satellites ( eau, transports, etc...)réduisent considérablement les marges de manœuvre d'intervention de l'État. Contrairement aux crises précédentes, la France ne pourra probablement pas compter sur une forte reprise de la croissance économique ou sur l'inflation pour alléger progressivement son endettement. Le prochain pouvoir issu des urnes devra vraisemblablement engager une profonde cure d'assainissement budgétaire, avec des conséquences qui toucheront l'ensemble du pays. En effet, les prévisions de croissance de l'hexagone demeurent atones , les conséquences économiques des tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de peser sur les échanges internationaux et la prolongation des perturbations du détroit d'Ormuz alimente les risques d'une nouvelle hausse des coûts énergétiques. Dans un tel contexte, de nombreux économistes considèrent que tous les signaux de l'économie seront au rouge après l'élection présidentielle de 2027. Une telle politique signifierait des arbitrages budgétaires difficiles, une réduction des dépenses publiques, une pression fiscale accrue ou encore des réformes profondes des politiques sociales.

Une récession prolongée entraînerait mécaniquement une augmentation du chômage, une multiplication des restructurations d'entreprises, une baisse des recettes fiscales et une réduction des capacités d'intervention de l'État. Les entreprises seraient contraintes d'ajuster leurs effectifs, parfois au travers de plans sociaux, parfois par des formes plus discrètes de réduction des emplois, comme les incitations aux départs volontaires ou les licenciements pour insuffisance professionnelle. Cette dégradation de l'activité économique alimenterait à son tour la progression de la dette publique, créant un cercle de stagflation particulièrement difficile à briser.

Les territoires ultramarins, et notamment la Guadeloupe et la Martinique, subiraient inévitablement les répercussions de cette situation. Leur forte dépendance aux transferts financiers publics, à la solidarité nationale et aux dépenses de l'État les expose directement à toute politique de rigueur budgétaire. Les conséquences économiques pourraient être importantes pour les ménages, les collectivités locales, les associations et les entreprises notamment du BTP qui dépendent largement de la commande publique. Mais l'enjeu majeur dépasse ici la seule économie. Il concerne la santé mentale des populations antillaises. Les territoires ultramarins, fortement dépendants des dépenses publiques et des mécanismes de solidarité nationale, seraient particulièrement exposés à ces ajustements. Mais l'essentiel n'est peut-être pas là. Car la véritable inquiétude concerne désormais les conséquences humaines d'une telle crise économique et financière .

Depuis plusieurs années, les populations des Antilles françaises connaissent une dégradation préoccupante de leur santé mentale. Les études disponibles dressent un constat particulièrement alarmant : près d'un jeune sur deux en Martinique présente aujourd'hui des signes de mal-être psychologique ou de dépression, tandis qu'en Guadeloupe les enquêtes révèlent une progression constante de l'anxiété, du sentiment de solitude, des idées suicidaires et des tentatives de suicide chez les collégiens et les lycéens. Les jeunes filles apparaissent comme les plus vulnérables. Plus largement, les symptômes dépressifs concernent une part de la population supérieure à celle observée dans l'Hexagone. Ces chiffres traduisent une réalité qui dépasse largement les seules difficultés économiques.

Le risque est donc immense. Si une crise économique majeure devait succéder à l'élection présidentielle de 2027, elle interviendrait dans des sociétés antillaises dont l'équilibre psychologique est déjà profondément fragilisé. Une nouvelle montée du chômage, des restrictions budgétaires, une diminution des perspectives professionnelles et un climat général d'incertitude et d'isolement pourraient agir comme un puissant accélérateur d'une souffrance mentale déjà installée. Lorsque près d'un jeune sur deux présente déjà des signes de mal-être ou de dépression, chaque dégradation supplémentaire de l'environnement économique risque d'avoir des conséquences démultipliées sur l'ensemble du corps social.

Cette situation constitue un avertissement majeur pour les décideurs publics. Trop souvent, les crises économiques sont analysées exclusivement à travers les indicateurs financiers, les déficits, la dette ou la croissance. Pourtant, leurs effets les plus durables sont parfois psychologiques. Une société qui perd confiance dans son avenir voit progressivement s'affaiblir son dynamisme, son esprit d'initiative, sa cohésion sociale et sa capacité d'innovation. Les difficultés économiques deviennent alors autant des causes que des conséquences d'un malaise collectif.

L'Hexagone connaît lui aussi une progression rapide des troubles psychologiques, mais ceux-ci demeurent largement liés au monde du travail, au burn-out, à l'absentéisme et au pessimisme économique et surtout sociétal avec la question de l'identité et de l'insécurité . Aux Antilles, le phénomène est plus profond. La souffrance semble davantage liée à une perte de repères, à une difficulté croissante à se projeter dans l'avenir et à l'absence d'un projet collectif suffisamment mobilisateur pour endiguer les violences exponentielles et les addictions à la drogue et l'alcool qui montent au sein de la société antillaise. Les mutations démographiques, le départ des jeunes diplômés, les transformations culturelles, la révolution numérique, le rôle négatif des réseaux sociaux et l'affaiblissement des anciens référentiels identitaires ont créé un sentiment durable d'incertitude. Cette réalité ne peut être expliquée uniquement par le chômage, la pauvreté ou les difficultés économiques et financières , même si ces facteurs demeurent importants. Elle révèle une crise beaucoup plus profonde touchant au rapport que la société entretient avec son avenir. Une crise économique et financière nationale pourrait ainsi venir se superposer à une crise budgétaire des collectivités locales de la Guadeloupe et Martinique déjà ancienne. Dans ce contexte déjà fragile, une grave crise économique française après 2027 pourrait agir comme un puissant facteur aggravant de la dégradation de la santé mentale. Les inquiétudes relatives au financement des politiques publiques, aux perspectives d'emploi, au maintien du niveau de vie et aux capacités futures de l'État à soutenir les territoires ultramarins alimenteraient un climat d'anxiété généralisée. Or

C'est précisément pourquoi le futur redressement économique de la France ne pourra être pensé uniquement sous l'angle comptable. Pour la Guadeloupe et la Martinique, il devra impérativement intégrer une véritable stratégie de prévention des conséquences psychologiques de la crise. La santé mentale doit désormais être considérée comme un indicateur stratégique du développement territorial au même titre que la croissance, l'emploi ou l'investissement. Une population qui doute durablement de son avenir ne peut mobiliser pleinement ses capacités de création, d'entrepreneuriat et d'innovation.

La réponse passe certes par le renforcement des dispositifs de soins, mais surtout par la reconstruction d'une ambition collective. Les jeunes Antillais ont besoin de perspectives économiques crédibles, d'un accès élargi à la formation, à la recherche, aux nouvelles technologies, à l'économie de la connaissance, à l'entrepreneuriat, à la coopération caribéenne et européenne,  aux métiers de demain qui seront façonnés par l'intelligence artificielle . Ils ont également besoin d'un récit collectif cohérent et surtout pas de rêve illusoire , qui leur permette de croire que leur avenir peut être construit sur leur territoire. Sans cette espérance, les politiques publiques elles-mêmes risquent de perdre une grande partie de leur efficacité.

La véritable urgence n'est donc plus seulement économique et financière ; elle est devenue civilisationnelle.Le paradoxe est que cette détérioration de la santé mentale ne découlerait pas uniquement de la baisse du pouvoir d'achat ou du ralentissement économique. Elle résulterait surtout de l'affaiblissement de la confiance collective dans l'avenir. Lorsqu'une société doute durablement de sa capacité à maîtriser son destin, les fragilités psychologiques s'installent bien au-delà des seules difficultés matérielles. L'histoire récente montre qu'une amélioration des revenus ne suffit pas nécessairement à restaurer l'espérance lorsqu'un récit et un projet collectif fait défaut. Si la France doit demain reconstruire ses finances publiques, la Guadeloupe et la Martinique devront, dans le même temps, reconstruire la confiance de leur jeunesse. Car lorsqu'une société où près d'un jeune sur deux souffre déjà de mal-être ou de dépression est confrontée à une nouvelle crise économique, ce ne sont plus seulement les équilibres budgétaires qui sont menacés, mais la capacité même d'une génération entière à croire en son avenir. C'est probablement là que réside le défi le plus décisif des années qui suivront l'élection présidentielle de 2027.Une société ne retrouve pas l'équilibre psychologique uniquement en protégeant son passé ; elle le retrouve surtout lorsqu'elle se donne les moyens de croire à son avenir.

Face aux incertitudes économiques qui pourraient s'imposer après 2027, la Guadeloupe et la Martinique devront donc relever un double défi. Le premier sera économique : s'adapter aux contraintes financières qui pèseront probablement sur l'État français et construire un modèle de développement davantage fondé sur la création de richesses et l'innovation. Le second, sans doute plus déterminant encore, sera psychologique et culturel : redonner aux populations, en particulier aux jeunes générations, le sentiment qu'un avenir demeure possible. Car si les crises économiques et financières finissent toujours par être surmontées, les crises de confiance, elles, peuvent durablement affaiblir une société lorsqu'elles ne trouvent pas de réponse collective. Plus que jamais, la véritable richesse des Antilles résidera dans leur capacité à transformer une période de fortes turbulences économiques et sociales en une occasion de reconstruire un horizon commun fondé sur la confiance, la responsabilité ,l'éthique, le retour de l'autorité et de l'espérance.

 

 

Jean Marie Nol économiste et juriste 


 

 

 

 

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