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Le Scrutateur.

Blog destiné à commenter l'actualité, politique, économique, culturelle, sportive, etc, dans un esprit de critique philosophique, d'esprit chrétien et français.La collaboration des lecteurs est souhaitée, de même que la courtoisie, et l'esprit de tolérance.

Donald Reagan perd-il la tête ?

Donald Reagan perd-il la tête ?

Les amis de Donald Trump devraient lui enseigner la signification de l'adage latin « Quos vult Jupiter perdere, dementat prius », c'est-à-dire : ceux que jupiter veut perdre il les rend fous. le cher Donald est en train de compromettre une guerre juste par des foucades ridicules.  L'article qui suit est extrait du journal Le Point, qui me paraît fort raisonnable.

Le Scrutateur.

 

 

 

 

CHRONIQUE. Rien de commun entre l’échec électoral de Viktor Orban et la condamnation par Giorgia Meloni des excès du président américain… sauf le fait que ces événements isolent un peu plus les États-Unis de ses alliés traditionnels.

 

e 5 avril, sous un soleil romain qui rehaussait le rouge des tulipes et le jaune des jonquilles, dont l’immense parterre faisait deux taches de couleur vive devant l’autel dressé pour la messe de Pâques au pied de la basilique Saint-Pierre, le pape Léon XIV a, pour la première fois depuis le début de son pontificat, non pas seulement condamné la violence de la guerre comme le font tous les souverains pontifes chaque fois qu’il y a un conflit, mais critiqué sans ambiguïté l’homme qui, le 28 février, a déclenché une guerre dont il ne maîtrise plus les conséquences. « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent, assez des démonstrations de force, assez des guerres. À ceux qui planifient ces actions meurtrières, nous crions : arrêtez ! »


 

Bien que Léon XIV n’ait jamais cité nommément Donald Trump, cette mise en cause, extraite de sa déclaration urbi et orbi devant les dizaines de milliers de personnes qui se pressaient place Saint-Pierre, a exaspéré le président américain. D’autant que Léon XIV, au cours de son voyage au Cameroun le 16 avril, aura encore précisé sa condamnation en dénonçant « ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à des fins militaires, économiques et politiques ». Allusion claire à la manière dont Donald Trump et Pete Hegseth, secrétaire d’État à la Guerre, ont décrit la guerre en Iran « comme faisant partie du plan de Dieu ».

 

Ces critiques d’un pape américain au président du pays qui l’a vu naître ne pouvaient rester sans réponse de la part d’un homme éruptif comme peut l’être Donald Trump. Et la violence de ses propos, accusant Léon XIV « d’être faible face au crime, mauvais en politique étrangère, de soutenir par son attitude la prolifération nucléaire et d’être au fond un gauchiste qui n’aurait jamais dû être pape si lui-même n’avait pas été élu président », a stupéfié, ému et choqué le milliard et demi de catholiques dans le monde, et probablement les 60 millions d’Américains qui pratiquent cette religion et dont la majorité avait voté pour le président des États-Unis en 2024.

 

Giorgia Meloni, la « négative »

Ces excès de langage ont eu aussi des retombées politiques plus gênantes et significatives pour Donald Trump, même s’il professe un souverain mépris pour des Européens qu’il considère plus comme des vassaux que des alliés.

Celle qui était la seule cheffe de gouvernement d’Europe présente à son investiture, le 20 janvier 2025 à la Maison-Blanche, celle qui, depuis, est restée, en dépit des tempêtes d’incompréhension avec l’Union européenne, le lien fidèle entre Washington et le Vieux Continent, a pour la première fois craqué. Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, a d’un seul mot cassé la fragile relation entretenue avec Donald Trump. « Inacceptable », a-t-elle lâché quand elle a eu connaissance des réflexions du président américain. « Il est juste et normal que le chef de l’Église catholique appelle à la paix et condamne toutes les formes de guerre », a-t-elle ajouté.

 

Comme à son habitude, le maître de la Maison-Blanche n’a cherché ni à minimiser cette accusation ni à calmer le jeu. Bien au contraire : dans une interview au Corriere della Sera, il a déclaré que « l’inacceptable, c’était elle », parce qu’elle « se moque de ce que l’Iran ait une bombe nucléaire », qu’elle est « négative » et qu’il était d’autant plus déçu qu’il lui croyait « du courage ».

En fait, autant que sa rebuffade à propos de Léon XIV, Donald Trump en veut beaucoup à GiorgiaDonald Reagan Meloni de ne pas le soutenir dans sa guerre contre l’Iran. Et plus particulièrement de ne pas avoir autorisé les avions de l’US Air Force en vol vers le Proche-Orient à se ravitailler sur la base de Sigonella, en Sicile. « Nous ne pourrons plus jamais avoir les mêmes relations avec ceux qui ne nous auront pas aidés dans cette affaire avec l’Iran », a prévenu le président américain.


 

Viktor Orban, le torpilleur déchu

En dépit de la puissante démonstration de la force militaire des États-Unis, l’isolement dans lequel l’aventure de Donald Trump – aux côtés des Israéliens – l’a conduit est d’autant moins une bonne nouvelle pour lui qu’il a perdu, la même semaine, un autre obligé en Europe. En dépit d’une campagne médiatique de la Maison-Blanche très favorable à Viktor Orban, et malgré une visite, à l’avant-veille des élections, du vice-président américain J.D. Vance à Budapest pour le soutenir jusqu’au bout, le Premier ministre hongrois a largement été défait lors des élections législatives du 12 avril.

Avec la majorité des deux tiers obtenue par Péter Magyar et l’éviction de Viktor Orban après seize ans de pouvoir, c’est un partenaire particulièrement incommode de l’Union européenne qui disparaît de la scène. C’est aussi, et surtout, un cheval de Troie sur lequel Donald Trump pouvait compter pour gêner, retarder, voire torpiller certains projets ou certaines positions des Européens peu compatibles avec ses ambitions démesurées. Comme à propos du Groenland.


 

Il est temps que la guerre De Trump finisse avant de faire d’autres dégâts que ceux que nous connaissons déjà.

 

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