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Le Scrutateur.

Blog destiné à commenter l'actualité, politique, économique, culturelle, sportive, etc, dans un esprit de critique philosophique, d'esprit chrétien et français.La collaboration des lecteurs est souhaitée, de même que la courtoisie, et l'esprit de tolérance.

Un Président qui « se la joue perso » sur la scène internationale.

Un Président qui « se la joue perso » sur la scène internationale.

17 % d’opinions favorables ! Encore un petit effort et Emmanuel Macron aura rejoint le niveau historique de François Hollande à l’automne 2014 : 13 % d’opinions favorables ! Et, donc, 83 % des Français, selon le baromètre exclusif IFOP-JDD, sont mécontents du président de la République. Le locataire de l’Élysée décroche dans les sondages mais s’accroche au poste. On frôle l’héroïsme.

Un sondage n’est pas une élection

Certes. Mais combien de temps cela va-t-il tenir ainsi ? Jusqu’au printemps 2027 ? On a comme un doute. Un gouvernement démissionnaire depuis bientôt deux semaines et qui gère, en principe, les affaires courantes, c’est-à-dire un gouvernement à la petite semelle, et ce, à quelques semaines à peine du débat crucial sur le projet de loi de finances (PLF) et projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Un Premier ministre qui pourrait bien ne pas passer l’automne, faute de majorité, et qui consulte. Au temps du défunt service militaire, il ne faisait pas bon être consultant, car on était supposé être malade. Et c’est dans ce contexte de grande instabilité politique intérieure qu’Emmanuel Macron se rend à New York pour reconnaître, au nom de la France, un État palestinien. Au nom de la France ? C’est ainsi, c’est la lecture stricte de notre Constitution qui fait du président de la République le chef de la diplomatie française.

Les Français divisés sur la question palestinienne

Certes, puisqu’on évoque les sondages, soyons objectif : un sondage Elabe montre que 53 % de nos compatriotes approuvent cette initiative du chef de l’État. 31 % sont « plutôt favorables », 22 % « tout à fait favorables ». En revanche, 27 % ne sont « pas vraiment d’accord » et 19 % « pas du tout d’accord ». Ce n’est donc pas un raz-de-marée pro-palestinien qui submerge notre pays. Preuve en est, d’ailleurs, cet autre sondage Elabe qui révèle que les Français sont massivement opposés (71 % !) à l’idée saugrenue d’Olivier Faure de pavoiser les mairies aux couleurs palestiniennes, ce 22 septembre. 40 % y sont même « très opposés ». Donc, schématiquement, la question palestinienne divise les Français (53 % pour, 47 % contre la reconnaissance). Français qui, massivement, se retrouvent sur l’idée qu’il ne faut pas importer le conflit israélo-palestinien sur notre sol : 71 % contre le pavoisement.

 

À ce sujet — Pour 31 % des jeunes Français, on peut s’en prendre à des Juifs au nom de Gaza

Ce n'est probablement pas en scrutant ces sondages qu'Emmanuel Macron a pris cette décision (dont l'annonce a été faite le 24 août). On évoque, bien sûr, la volonté de complaire à un certain électorat. On peut en douter, car il n'y aura pas de retour d'ascenseur ! La volonté de peser sur la scène internationale et d'y laisser sa marque y est sans doute pour beaucoup. Une scène internationale où, depuis huit ans, il a globalement tout raté. Mais que représente, sur la scène internationale, la décision d'un chef d'État qui ne dispose ni d’assise populaire, ni de majorité parlementaire, pourtant essentielle dans une démocratie représentative ? On voit le gouffre qui sépare un général de Gaulle et un Emmanuel Macron.

Du « trop-plein » au « trop-vide »

Par le passé, lorsque la cohabitation s’invita dans la vie politique de la Ve République, on eut droit à de savantes dissertations, exégèses et autres interprétations de notre Constitution : domaine supposé « réservé » ou « partagé ». On eut des cohabitations dures (Mitterrand-Chirac), un peu moins dures, tout du moins en apparence (Mitterrand-Balladur), des cohabitations gauche-droite et droite-gauche (Chirac-Jospin). Parfois, on eut des grincements, des frottements, des tiraillements sur la scène internationale : pas tellement sur le fond, mais pour des questions d’ego (c’est moi qui cause, pas toi !). On se souvient de la pique de Mitterrand à l’adresse de son Premier ministre Chirac, lors de la conférence de presse à l’issue du sommet du G7 à Tokyo : « La France n’a qu’une seule voix. » D’un côté, un Président qui avait la légitimité de son élection, de l’autre un Premier ministre, fort d’une majorité parlementaire solide, chef d’un gouvernement qui, selon la Constitution, « détermine et conduit la politique de la nation » et « dispose de l'administration [et donc de la diplomatie] et de la force armée ». En quelque sorte, on était dans le trop-plein de légitimités !

Mais aujourd’hui ? On a un Président, certes légitime au plan institutionnel, mais qui profite d’un « trop-vide » incongru et inédit depuis soixante-dix ans pour « se la jouer perso » sur la scène internationale. Et sur des sujets tellement délicats ! Est-ce bien raisonnable ?

 

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