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2 Février 2017
Cette lettre m'a été expédiée en tant que commentaire à l'article paru ce matin.
Je l'ai jugée très détaillée, très argumentée, et tout à fait digne d'être publiée comme article à part entière.
Le Scrutateur.
En résumé : Penelope Fillon a bien été salariée comme assistante parlementaire de son mari, comme l'a révélé Le Canard enchaîné le 25 janvier. Ses contrats de travail ont été saisis par les enquêteurs, lors d'une perquisition mardi à l'Assemblée nationale, selon une source proche de l'enquête. "Tout ce qui était demandé" par les enquêteurs "a été trouvé, et remis", assure une source parlementaire.
D'après le Canard, la première embauche remonte à 1988, jusqu'en 1990. François Fillon l'engage à nouveau après sa réélection de 1997, et son suppléant Marc Joulaud en fait autant en 2002, lorsque le député de la Sarthe entre au gouvernement, et jusqu'en 2007. Quand l'ex-Premier ministre devient député de Paris après cinq années à Matignon, en 2012, son épouse reprend aussi son emploi d'assistante, jusqu'en 2013.
En tout, l'hebdomadaire chiffre la rémunération de Pénélope Fillon - en y incluant sa deuxième livraison - sa rémunération parlementaire à 831.440 euros brut.
Faisons des calculs simples. Trop simples peut-être quand on cherche à dissimuler la vérité sous les apparences trompeuses que permettent certaines manipulations. La bande à Goebbels inscrit au compteur de vertu que Pénélope Fillon a perçu une rémunération parlementaire de 1988 à 2007.
1988-2007, cela fait 19 ans. Disons dix-huit, puisque nous ne connaissons pas le nombre exact de mensualités. Comme ça personne ne pourra nous accuser de chercher à tromper qui que ce soit. Disons donc 18 ans au lieu de 19, soit 18 ans x 12 mois = 216 mensualités.
831.400 divisé par 216 = 3 849,07 € brut par mois. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est "Le Cafard déchaîné". Ou plutôt il ne le dit pas. Il se garde bien de le dire, préférant présenter le verre comme débordant de centaines de milliers d'€ au lieu de le montrer tel qu'il est, c'est-à-dire raisonnablement rempli et dans la fourchette de ce que sont rémunérés les assistants parlementaires. 3 849,07 € de salaire brut correspondent à un salaire net mensuel de 2 965 € environ.
Non seulement la campagne orchestrée autour de François Fillon est disproportionnée, mais c'est une insulte à l'intelligence des électeurs présumés trop ignares, trop bêtes et trop paresseux pour faire la conversion des chiffres servis par la bande à Goebbels en instrument de mesure sérieux.
Quant au flottement observé chez certains, et non des moindres RPR reprofilés LR, le RPR dont Jacques Chirac fut à la fois le créateur et l'illustration a toujours été un syndicat de brillants sujets.
En initiant cette opération de diffamation contre François Fillon, "l'Organisation" savait très bien ce qu'elle faisait, sachant qu'elle pouvait compter sur les forces vives du RPR pour faire gonfler la pâte dès lors que l'image de Fillon serait le terrain de la mise à mort. Ce ne furent pas les fossés de Vincennes, cette fois, mais la décision d'assassiner le duc d'Enghien fut bel et bien prise, en haut lieu, et peut-être après que François Fillon se fût affiché comme catholique. Peut-être apparut-il alors urgent de convertir son électorat identifié comme catholique romain en crétins macronites et l'on ne peut en ce cas que saluer la perfection de l'exercice (du moins de son exécution).
Pour une fois le doigt montre la lune et pas un seul imbécile ne regarde le doigt. C'est dire si la France, mère des arts, des armes et des lois est tombée bas. Il faut en féliciter l'Éducation nationale, la télé-réalité, et ce ridicule-socialisme qui a succédé aux bons vieux rad-socs : c'étaient des canailles mais qui savaient jusqu'où il ne faut pas aller pas aller trop loin.
L'étymologie aura en tous cas fait un grand pas, car on sait maintenant ce que veut dire le mot "enfler" quand il s'agit d'intoxiquer une population à partir de la diffusion de nouvelles dont la façon de les présenter aura une certaine parenté avec la mission d'un avion dont le nom d'Enola gay est entré dans l'histoire un certain 6 août 1945.
En pareilles circonstances, "Le Canard enchaîné" devrait peut-être s'appeler "Le Canal officiel", non ? Quand on sait que le palmipède n'a été qu'une boîte aux lettres se contentant de donner servilement au dossier "qu'on" lui a remis l'amplification pour laquelle il lui avait été remis. Au moins François Hollande n'aura pas raté quelque chose au cours de son conconnat : n'est-ce pas lui qui a transmis ce dossier élaboré par Bercy à Gaspard Gantzer (condisciple de l'ÉNA d'Emmanuel Macron et ami de celui-ci) en lui recommandant d'en faire bon usage, ce qu'il a fait puisqu'il l'a très vite remis à Michel Caillard du "Canal officiel"- pardon ! du "Canard enchaîné" -, autre ami de longue date de... François Hollande. Restait à décider de la date de largage et c'est la victoire de Hamon aux primaires roses et bleues qui en a décidé, puisqu'elle n'a fait que confirmer la légitimité du choix de Macron par "l'Organisation".
Visiblement, à en juger par les réactions, les reidicules-socialistes, les Français en veulent encore, et le RPR aussi. Et peut-être même surtout. Toujours la vieille jusrisprudence Chirac du deuxième tour de 1981...
Léon de Belleville