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7 Novembre 2016
Le G U S R à la veille de l'élection d'une nouvelle majorité présidentielle abandonne le socialisme mais pas une « collectivité unique » pourtant rejetée par le peuple lors d'un referendum sans équivoque . Avec en prime la réduction accrue de la DOTATION GLOBALE DE FONCTIONNEMENT( DGF ) allouée à la Guadeloupe. Choix singulier en pleine crise mondiale : proposer de réduire la solidarité nationale et de la remplacer par l'augmentation des impôts locaux de la fiscalité locale au nom de la solidarité et de la responsabilité guadeloupéenne.
Même président et même sigle pour le mouvement créé en 1994. Pour autant, le GUSR change de cap : exit la référence au socialisme. Désormais le parti de Guy Losbar fera campagne sous le nom de « Guadeloupe unie - solidaire et responsable » .
Le GUSR n'est pas parvenu à faire adhérer la fédération du PS de Lurel et la population à son projet d'évolution statutaire et institutionnelle de la Guadeloupe, qui doit se traduire par la création d'une collectivité unique. Mais la formation politique vient de réussir son changement statutaire. Ça s'est passé hier, à la salle Laura-Flessel de Petit-Bourg, en présence des militants et adhérents, bien sûr, mais également des gloires passées de Guadeloupe Unie - à l'image de Dominique Larifla et du docteur Gillot. On notera la présence remarquée mais pas vraiment surprenante de l'actuel président du conseil régional à une place centrale de la tribune, des représentants bien visibles d'Eko Zabym, et de Louis Molinié, le maire de Terre-de-Haut.
LA CARTE DE L'OUVERTURE
Le GUSR « Guadeloupe unie - Socialisme et réalité » a vécu. Place à Guadeloupe unie - solidaire et responsable. Exit donc la référence avec le socialisme. C'est très certainement sur ce point que la mue du parti Losbar a été la plus radicale.
Au « coeur du changement » , insufflé par le congrès statutaire : un changement de nom et de stratégie. À l'approche des législatives, le GUSR, qui conserve juste son sigle, entend repartir à la reconquête de la Guadeloupe. Et projette, pour cela, de jouer à fond la carte de l'ouverture autour d'une valeur assez simple : « la souveraineté locale » , comme l'a très vite rappelé Guy Losbar.
Le GUSR prend ses distances avec le reste de la gauche et cherche clairement à gommer tout lien ou proximité idéologique avec un PS local passé dans le camp ennemi depuis l'éviction de Jacques Gillot à la présidence du Département.
Le changement statutaire s'est passé hier, à la salle Laura-Flessel de Petit-Bourg, en présence des militants et adhérents. (Roberto BIRHUS)
TROIS QUESTIONS À GUY LOSBAR, maire de Petit-Bourg, 1er vice-président à la Région et président réélu du GUSR : « L'absence d'une collectivité unique empêche de régler les problèmes majeurs »
Vous avez parlé de souveraineté locale. Ça veut dire quoi au juste ?
C'est juste un de nos principes fondateurs au sein du GUSR. Nous avons dit qu'il est nécessaire d'avoir une autre gouvernance pour la Guadeloupe. Nous estimons qu'il y a des spécificités du pays qui n'ont pas suffisamment été prises en compte. Quel que soit le niveau de responsabilité de l'élu, qu'il soit maire ou président de région, il vit ça et subit ces incohérences au quotidien. Nous voulons que la Guadeloupe puisse évoluer pour mieux prendre en compte nos réalités.
Comment voyez-vous l'évolution ?
Il existe des imperfections à laisser cohabiter sur un même territoire un conseil départemental et un conseil régional. Tout le monde sait que nous militons pour une collectivité unique. Plus que jamais on se rend compte de cette nécessité de la mettre en place.
(Roberto BIRHUS)
Peut-on dire que vous êtes un parti souverainiste en Guadeloupe ?
Je le redis : c'est un principe fondateur au sein de notre parti. Tout le monde connaît notre positionnement. Nous disons qu'il faut une évolution en termes de collectivités. Aujourd'hui, le principe du Département et d'une Région fait apparaître des incohérences, de l'inefficacité et empêche de régler les problèmes majeurs de la Guadeloupe.
« La référence au socialisme ne correspond plus à nos réalités politiques »
« Si nous proposons que le parti porte désormais la dénomination de Guadeloupe unie - solidaire et responsable, c'est tout simplement parce que le parti a été créé pour être une force de rassemblement fondée sur la défense et la promotion des valeurs de liberté, d'égalité, de solidarité, de justice sociale ou encore de responsabilité, explique Guy Losbar, le président du parti. Avec l'ambition de créer les conditions d'une souveraineté locale. Nous ne rognons aucunement notre attachement à ces valeurs que nos anciens statuts estimaient caractéristiques du socialisme. Mais nous considérons maintenant que ces valeurs ne sont pas exclusives à l'idéal socialiste.
Par conséquent, la référence faite au socialisme dans le nom du parti ne correspond plus à nos réalités politiques. »
Guy Losbar a tenu à enfoncer le clou : « Nous pensons que ces valeurs peuvent être revendiquées par des Guadeloupéens qui ne se reconnaissent plus dans la ligne conduite par les dits socialistes de France ou de Guadeloupe. Nous tenons juste à prendre acte de cette réalité. (...) Notre vocation a toujours été de coller aux réalités de notre pays. D'appréhender son avenir sur le fondement de ses intérêts spécifiques. De déterminer nos choix et stratégies politiques exclusivement en fonction des intérêts de notre pays et non de ceux d'organisations extérieures qui nous imposeraient une orientation. »
Un article modifié in extremis dans la perspective des législatives
Les Serva et autres Gustave-dit-Duflo ont eu chaud mais peuvent souffler. Tout du moins s'ils entendent mener campagne sous la bannière du GUSR, après avoir fait acte de présence lors du congrès statutaire d'hier.
À la base, le projet du nouveau règlement intérieur de Guadeloupe unie - solidaire et responsable prévoyait, dans le cadre de la désignation des candidats aux élections, que ces derniers « disposent de 12 mois minimum de militantisme au sein du parti. » L'idée : éviter les candidatures de circonstance d'individus cherchant à profiter du poids électoral du parti ou encore guidées par des desseins de braconnage voire de déstabilisation via des ralliements de dernières heures.
Sauf que pour Richard Nébor et Camille Pelage, ces dispositions n'étaient pas des plus pertinentes. « Cela risque d'enfermer le parti » , ont-ils fait falloir. Ce qui, à l'heure d'une ouverture revendiquée par Guy Losbar, aurait fait tache. Au final, l'article 15 du règlement intérieur a été revu et corrigé. Ce sera au comité directeur de valider les candidatures au cas par cas et en faisant fi de la durée d'engagement au sein du parti...
Losbar réélu à l'unanimité
Il n'a pas fait acte de candidature. Mais comme personne ne s'est manifesté pour briguer la présidence d'un GUSR nouvelle formule, ce sont les cadres de la formation politique qui ont fini par proposer Guy Losbar. « Notre parti progresse et tient la route. Alors je propose le renouvellement de Guy Losbar à la présidence du parti » , a ainsi fini par lâcher l'un d'eux.
Une minute plus tard, à l'issue d'un vote à main levé, il était élu à l'unanimité. Ce qui a provoqué ce commentaire osé d'Ary Chalus : « Il est élu mieux qu'Ali Bongo (le président du Congo, NDLR).