Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

( Je suis heureux de recevoir d'un acteur local de la production économique, cette analyse circonstanciée de la crise en cours dans le domaine de la distribution de carburants. LS )

Sara-Martinique.jpg

 

un commentaire vient d'être posté par Frank Maynadié sur l'article Points de vue sur le conflit entre le gouvernement, la SARA, et les gérants de stations services au sujet du prix de l'essence., sur votre blog Le Scrutateur.

Extrait du commentaire:

Le décret de 2010 est clair, il n'a pas touché les marges existantes, il a forcé la SARA à dévoilé le chiffrage de ses coûts et donc à généré une dure négociation, entre la SARA et l'état, pour aboutir au décret actuel.


De tout temps, nos politiques locaux ont tempétés contre les bénéfices "énormes" que les compagnies pétrolières font "sur le dos des Guadeloupéens" en profitant des prix réglementés. Affirmation non prouvée.


A la faveur des élections de 2012, Mr LUREL à émis une loi sur la vie chère qui lui a fourni les armes nécessaires pour mettre à genoux les différents acteurs de la filière carburant.

 Les premiers visés car les plus inaccessibles jusqu'alors, les compagnies pétrolières en tant qu'actionnaires de la SARA et en tant que distributeurs grossistes.


Le décret en prévision vise donc à réduire au maximum les marges des compagnies.


1er argument: les compagnies sont actionnaires de la SARA et grossistes. Elles touchent donc deux fois. Sans oublier qu'elles facturent un loyer aux stations que celles-ci payent avec une partie de leur marge fixée par le décret ! Pour nos politiques, les compagnies prélèvent donc à trois niveaux sur le système que l'Etat met en place pour fair payer les consommateurs !!!


Attention, depuis quelques années, une compagnie locale CAP existe et n'est pas actionnaire de la SARA. De même GPC, même si il n'existe qu'une seule station à cette enseigne. Donc pour ces 2 compagnies locales les seuls bénéfices possibles, sont la marge du grossiste et les loyers. Si donc MEDETOM influe sur ces deux postes, la question de leur survie sera posée.


2ème argument: l'approvisionnement de la SARA. Là encore est dénoncée l'opacité du système. Les seuls compagnies pétrolières fournisseurs de la SARA sont les actionnaires de la SARA. ( bénéfices supplémentaires pour celles-ci)


Le décret de 2010 à institué une clarté de la règle qui en fait cache la possibilité pour les acteurs en amont de continuer à bien gagner de l'argent. Le prix d'achat des carburants est fixé en fonction de l'indice du BRENT et du Dollar combiné. Or il apparaît que l'autre indice le plus usité, celui de New-York, est constamment moins élevé. Et les fournisseurs de la SARA ont la
possibilité de fournir ce client, c'est à dire eux-mêmes, à partir de n'importe quelle origine et au prix qu'ils contribuent à fixer.


Bref, les compagnies gagnent de l'argent. Pas toutes au même niveau. Les compagnies locales sont loin de s'enrichir. De plus, vous en parlez dans votre article, la SARA à décidé de ne plus gérer les stocks stratégiques. De quoi s'agit-il ?


Toute compagnie pétrolière doit avoir à sa disposition des stocks dit "stratégiques"qui correspondent à la quantité vendue en un mois. Jusqu'à ce jour, la SARA, dont les actionnaires étaient la
totalité des compagnies présentes en Guadeloupe, gérait pour elles ces stocks stratégiques. Depuis décembre 2013, la SARA à décidé de ne plus rendre ce service. Or deux des compagnies actuelles sont Guadeloupéennes et non actionnaires de la SARA. Conséquences: la SARA va vendre ses stocks stratégiques actuels; les bénéfices qu'elle va en tirer vont remonter aux compagnies actionnaires; les compagnies vont utiliser ces bénéfices exceptionnels pour reconstituer des stocks stratégiques à leur nom, dans les mêmes dépots à la SARA. Sauf pour les 2 autres compagnies, qui elles doivent trouver de l'argent frais pour constituer leur propres stocks stratégiques et négocier avec la SARA le stockage de ceux-ci dans ses réservoirs.


La question de base qui se pose aujourd'hui est la question de la raison d'être des acteurs de la filière.


Tous les acteurs sont des agents économiques. Et tout agent économique, pour survivre doit générer du profit. Dans un système règlementé, c'est le consommateur final qui alimente les acteurs concernés.


Les acteurs doivent-ils continuer à gagner de l'argent ? Le consommateur doit-il continuer à alimenter les acteurs économiques qui font marcher le système, mais également les collectivités qui vivent des taxes prélevées sur chaque litre vendu ?


Le ministre met en avant la volonté du gouvernement de clarifier les choses pour que le consommateur paye moins cher, parcequ'on aura forcé à la baisse des marges.


Mais qui pourra imposer à quelque acteur économique que se soit, de travailler s'il ne gagne pas assez d'argent ? Le gouvernement va t-il dire combien chaque acteur devra gagner pour avoir l'honneur de travailler ? Serons-nous demain dans un marché du carburant où l'Etat obligera des sociétés privées à travailler selon son bon vouloir ?


La menace qui pèse sur les gérants est plus que sérieuse. Si demain les compagnies n'ont plus assez de marge, telle qu'elles l'entendent et non tel que l'entend notre ministre, elles iront la
chercher là ou elle se trouve. En premier lieu chez les gérants. 0.12 centimes qui servent à faire vivre les gens qui travaillent dans les stations. Du gérant aux salariés.


Donc on remplace les gérants "libres" par de simples salariés et quand en réaction l'autorité baissera les marges des stations, elles se sépareront des salariés, comme en Europe et généraliseront les pompes et les stations automatiques. Elles diminueront le nombre de stations sur le territoire et adopteront ici les méthodes de là-bas.


Quand on sait que l'Europe s'est un jour rendu compte que les compagnies s'entendaient sur les prix à pratiquer sur le continent, on imagine le pouvoir que pourra avoir notre préfet ou notre Président de région pour dicter sa loi à des compagnies dont les sièges ne seront plus chez nous et qui n'ayant plus de marges confortables à négocier, feront ce qu'elles voudront ou s'en iront.


Qui aujourd'hui pourra imposer à la SARA, ne serait-ce que d'exister ? Qui pourra forcer des compagnies même Françaises à travailler chez nous, pour des clopinettes ? Personne.


Certe le prix du carburant actuel dans les DOM est élevé. Certes il existe des marges de manoeuvre sur l'approvisionnement de la SARA. Mais les seules actions sur les acteurs économiques sont dangereuses de conséquences irréversibles sur le système. Voulons-nous changer de système ?


Par contre il est aussi possible de travailler sur la baisse des taxes, l'autre poste le plus important du prix du carburant. Mais nous savons que cette mane versée par les consommateurs, sert à alimenter les communes. Et nous savons que par le côté plétorique des emplois générés par le clientélisme, elles ne peuvent pas s'en sortir sans la taxe sur le carburant. Et là bien sûr, le gouvernement n'a pas fait de loi pour imposer aux collectivités quelles qu'elles soient de financer leur dépenses avec leur propres ressources.


Les gérants se battent donc, parce que les compagnies leur ont bien expliquées que si on baissait leur marge, elles allaient changer le système et que dans le futur système, ils n'auront pas leur place. Et les salariés des stations, qui pour des raisons politiques et syndicales, ne veulent pas se mêler de ce sujet, feraient bien de réfléchir aux conséquences. Car dans les temps
de crise, les premiers à souffrir, sont les plus petits.


Frank Maynadié

voir le commentaire

L'équipe de over-blog.com

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

castets 02/01/2014 18:06


Bonjour Mr Boulogne,


En préalable pour vous et vos lecteurs, ainsi qu'à vos familles, meilleurs voeux pour 2014, avec des surprises à venir, attendues avec impatience !


Mon intervention porte sur le prix des carburants relevés sur le commentaire de " Claudie ". Pour l'édification des masses, en métropole, le prix est loin d'être uniforme et unique. A titre
d'exemple et pour information, je m'approvisionne chez un indépendant de calibre moyen, bien placé en prix et en matière de chalandise sur un axe fréquenté et à 30 kms de grosses raffineries (
variation en positif entre 5 et 10 cts d'€ à la louche.


Le 6/12/2013 le sans plomb 95, le moins cher en essence était  à 1,487 €/l. En comparaison vos prix disparates entre les deux Iles sont néanmoins très bien placés !


Bonne soirée Cjj

Emmanuel Jacquet 31/12/2013 13:19


Excellent point de vue qui change de la bien pensence

Claudie 31/12/2013 13:17


La soirée hier soir sur Canal 10 a été très porteur et m'a beaucoup éclairé.

Ce que j'ai retenu le mieux, c'est que le prix à la pompe ne baissera pratiquement pas, moins de 1 centimes (c'est pour cela que Victorin Lurel ne répond pas à la question quand on lui
demande de combien le prix baissera ). J'ai aussi retenu que Lurel, quand il nomme les différents intervenants, jamais il ne mentionne les taxes que prend la région Guadeloupe sur le prix de
l'essence, à savoir 12% de plus que la Région Martinique si bien qu'en Martinique, l'essence coûte 1,24 Euro alors qu'en Guadeloupe, il coûte 1,36 Euros soit une différence de 9%. Quand Lurel
parle de transparence, pourquoi ne pas parler des taxes prises par la Région? Pourquoi cacher aux Guadeloupéens que le prix de l'essence rapporte 23 à 24 MILLIONS d'Euros par an, à la Région
Guadeloupe ?

j'ai aussi retenu l'essentiel : c'est que ce décret a été mis en place pour renflouer les caisses de la Région Guadeloupe et non pour faire baisser le prix à la pompe car il rapportera plus
à la Région.
En gros, ce décret est, pour moi, une manoeuvre politicienne pour faire comprendre que c'est une promesse de Hollande qui avait promis de faire baisser le prix de l'essence chez nous, dans
le cadre de la lutte contre la vie chère.
La grève est donc suspendue au moins jusqu'à la réunion qui aura lieu le 09 Janvier à Paris avec 3 ministres dont Lurel.
A part ça, Lurel est un bon orateur, très convaincant dans ses arguments, mais, c'est aussi, un gros menteur. (mais ça, c'est mon opinion)

pierre maréchaux 31/12/2013 04:38


aligné avec votre judicieux commentaire, claude Houël,à attirer l'attention sur un tableau  montrant qui touche quoi avec aussi le poids de la fiscalité et des charges des acteurs
économique;car il reste bien acquis qu'en comptabilité, débit = crédit et que les comptes de résultats ne sauraient faire l'impasse non seulement sur les profits réalisés mais aussi sur la
réalité des charges qui déterminent soit un bénéfice soit une perte d'exploitation.


pardonnez moi de ne pas pouvoir en dire plus en la matière,n'étant pas comptable,mais il me semble bien que ceux qui payent on au moins le droit à l'info sur la réalité des comptes. 

Georges Dutarne 30/12/2013 13:23


A analyse sérieuse, commentaire sérieux :


a) Monsieur Lurel se moque pas mal des réalités locales, et il le prouve depuis son entrée en focntion. Ses objectifs sont ailleurs. On dirait un paon qui a découvert un miroir.


b) Monsieur Lurel fait allusion au manque de transparence. De sa part, c'est presque amusant. A quand la transparence sur les rémunérations primes et autres petits avantages dans les assemblées
locales, réginales ou natinales ou dans les ministères. Ah ! Ah ! Ah ! 


c) La politique, comme nos le voyaons n'a que faire du bien commun. Elle ne se donne même pas les moyens de l'analyse et encore moins de la réflexion : tout "as gloriam suam". Ou plus exactement
"à la gloire de mon miroir"...

Claude HOUËL 30/12/2013 12:07


Pour les pauvres citoyens qui ne sont pas des comptables ni des économistes et afin d'éclairer le débat, il serait beaucoup plus parlant de publier un tableau montrant trés clairement qui touche
quoi sur un litre de carburant et de le comparer avec le même tableau pour le prix du même litre en métropole.


Ce serait une méthode pratique pour mesurer la réalité des marges, supposée honteuses, des uns et des autres. Ce tableau devrait montrer également le poids de la fiscalité ici comme ailleurs.


Les seules explications qui nous sont proposées ressemblent plus à des incantations qu' à une analyse objective de la situation: les marges des pétroliers sont présentées comme indécentes
comparées à celles plus vertueuses, des autres acteurs, où est la démonstration ?


On remarque au passage que le poids de la fiscalité locale est soigneusement occulté des fois que le citoyen se poserait la question de savoir leur utilisation.


Il faudrait se poser la seule question qui vaille : Sommes nous d'accord pour payer notre litre d'essence 1 centime de plus (5 c pour le gazole) qu'en métropole pour préserver les 1000 emploi
salariés, et pouvoir continuer à donner la blague au pompiste au lieu d'affronter un automate ?


Il faudrait aussi se poser la question de savoir ce que nous deviendrions en cas de départ de la Sara, probablement que nos chers politiques ont une petite idée : une raffinerie locale gérée par
eux. Nul doute que l'on assisterait alors à une baisse massive du prix à la pompe, conséquence de la frugalité bien connue des budgets gérés par nos institutions locales.


 

LAMOTHE Pierre 30/12/2013 10:18


Encore une fois la désinformation est la règle.


Mr MAYNADIE, en est resté à l'hypothèse d'une société en l'occurence la SARA, sage et gentille fille, qui attend de se faire croquer une part de ses bénéfices par l'ogre état.


l'actionnaire majoritaire de la SARA est le groupe TOTAL.


depuis 1975 date de la mise en place de la SARA, cette société écume les antilles, avec pour allié l'état qui en tire d'autres bénéfices non moins conséquents sur le plan métropolitain. retirer
cette marge au groupe TOTAL est remettre en cause non seulement la fixation des prix aux Antilles mais aussi les accords de la Métropole.


Depuis donc 1975 c'est 3.5% du volume vendu par la SARA qui est en marge transparente, gonflement volumique du au pompage et au degazage peu effectué; occasionnant
donc une surmarge non négligeable sur le volume vendu aux Antilles;


Depuis 1975, les investissements réalisés par la SARA, ont tous été prépayés par les Antillais: sur-marge accordé par décret, préalable a toute modification des
infracstructures: en d'autres termes la SARA à bien été prépayé par les Antillais, cet outil de travail devrait appartenir aux antillais et non à une société pétrolière.


les sur-marges qui avant 1994 étaient séparées aux pro-ratas des ventes respectives des sociétés pétrolières présente dans les Antilles, ESSO,ELF,SHELL,TEXACO,TOTAL,
maintenant ont été appropriées par TOTAL depuis la symbiose fusion avec ELF, faisant partir les autres acteurs: ESSO, dernier en date vendu à une société de la BARBADE,TEXACO et SHELL vendu a
VITO, consortium Martinico-Français.D'autres acteurs plus ou moins au courant des bénéfices à être grossiste dans nos Iles ont entrepris de se lancer dans la ventes de carburant, esperant un jour
avoir une mane de cette sur-marge. le fameux rapport publié a l'époque du LKP, montre à quel point les comanditaires sont bloqués dans leur vue: ne pas denoncer ce que l on convoite. il ne
dénonce en rien les réels problèmes, et jette le doute sur une profession "gérants".


J'affirme ici que le fameux Mr LUREL, jetant de l'huile sur le feu ne règlera en rien les problèmes de cette profession. mieux le groupe TOTAL à mon avis a fait
convoiter une possible remise a zero de l'ensemble de filière, pour mieux assoir sa domination sur la totalité des ventes de carburant dans les DOM; en effet, sans les autres acteurs pétroliers
Américains et Anglais, plus rien ne s'oppose à ce que ce groupe décide seul des approvisionnements des DOM, en reste le seul actionnaire, et le seul bénéficiare.


Mr LUREL en décidant de ne pas mettre la main sur la SARA va donner un blanc sein a la société TOTAL, qui sera seul décideur, sans contre force pour controler et
s'opposer en cas d'abus.


OUI nous sommes dans la geule de la société TOTAL, à quelle sauce allons nous être croqué?