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Publié par Edouard Boulogne

Le Scrutateur a choisi de ne pas s'engager dans la bataille des élections municipales. Nos lecteurs savent bien, compte tenu de notre philosophie sociale, pour qui nous ne voterons pas. Et pour qui nous pourrions voter. Dans ce genre d'élection, il se peut que notre coeur puisse connaître l'hésitation quand plusieurs des candidats nous paraissent également estimables. Dans ce cas, dans le secret de l'isoloir les amis du Scrutateur voteront pour celui dont les capacités de gestionnaires leur paraîtront les meilleures.

Au sujet de cette lettre de M. Jean Pensédent-Herblon, que nous publions, il ne s'agit pas d'une opposition de notre part au maire sortant M. Bangou. Et il ne faut pas voir, non plus, dans cette précision, in incitation subreptice à voter pour lui!

Simplement, les observations et remarques de M. Pensédent, rejoignent les nôtres sur la question particulière du respect de la nature.

Et nous le disons, comme lui, sans arrière pensée.

 

Le Scrutateur.

 






P-a-P-palmiers.jpg

 

 

Pointe à Pitre, le 8 février 2014


Jean Pensédent Erblon
Résidence Ciboneye apt. 522
Bd de l'Amitié des Peuples de la Caraïbe
97110 POINTE A PITRE

A


Monsieur le Maire
de la Ville de Pointe à Pitre 
Place des Martyrs de la Liberté
97110 POINTE A PITRE


Objet : Sort des arbres et espaces verts
Lettre ouverte


Monsieur le Maire,

La trentième édition des Journées européennes du patrimoine, que vous avez jugée bon d'organiser, probablement pour des raisons sans doute légitimes, le dernier week-end du mois de janvier 2014, avait pour thème 1913-2013, cent ans de protection. Selon Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, "le patrimoine [est considéré] comme un axe prioritaire de sa politique, et elle estime "que l'accès aux œuvres , aux patrimoines, est une des pierres angulaires de la politique culturelle conduite en France". Vous avez donc fait en sorte, et de fort belle manière, que les Pointois accèdent aux différents musées et lieux de mémoire de notre ville.

La ministre de la Culture et de la Communication a déjà donné rendez-vous aux Français les 20 et 21 septembre 2014 pour la 31ème édition des Journées européennes du patrimoine, qui auront pour thème : "Patrimoine culturel, patrimoine naturel". Si j'étais à votre place, je serais gêné d'aborder l'aspect "patrimoine naturel" à Pointe à Pitre. Pourquoi ?

A mon niveau, dans plusieurs articles dans les journaux, j'ai particulièrement attiré l'attention des Pointois, donc des responsables de la ville, sur la manière dont les arbres sont traités à Pointe à Pitre. Je rappelle simplement l'un de ceux-là : Massacre à la tronçonneuse … des palmiers royaux du "Parcours de santé", il a été publié dans le numéro 12 132, du lundi 19 juillet 2010, de France-Antilles. "Avec leur tronçonneuse, [les agents] ont sans vergogne coupé presque toutes les palmes des palmiers royaux, qui gisaient encore le lendemain sur le sol. A la plupart, on a laissé trois [voire] deux palmes autour de leur "cigare". Les agents ont ainsi fragilisé ces "arbres", car les palmes sont leurs organes responsables de la photosynthèse". Et on retrouve le même comportement de ces agents, armés maintenant de deux tronçonneuses, une grande et une petite, qui "peignent tous les arbres à la brosse", coupent les branches à n'importe quelle hauteur et dans n'importe quelle saison. Devrais-je aimablement vous rappeler que les arbres sont des êtres vivants et que leur croissance est également saisonnière ? Devrais-je, en outre, aimablement vous rappeler que vous être le maître d'ouvrage et que ces travailleurs sont seulement des maîtres d'œuvre ? Vous êtes donc responsables de leurs méfaits.

Comme autres méfaits, je pourrais vous citer les amandiers de la rue Hincelin, rendus méconnaissables par une taille contraire à leur port naturel, la disparition des arbres, sciés au ras du béton, à la Résidence Amédée Fengarol, dans le parking attenant à l'école maternelle Sidemé Salvator. Il faut être vraiment incompétent pour ne pas savoir tailler un amandier, qui naturellement prend sa forme caractéristique. Avez-vous réfléchi, notamment, que les arbres du parking, en absorbant de l'énergie solaire et en transpirant contribuait à rafraîchir l'air ambiant, sans oublier la quantité d'oxygène produite. Par ailleurs, on trouve dans cette ville beaucoup trop de souches d'arbres, qu'on n'a jamais remplacés. Plantons-nous des arbres à Pointe à Pitre pour les bûcheronner à la première occasion et presque sans motif légitime ?

Maintenant, laissons les arbres, et intéressons-nous aux végétaux de plus petite taille, notamment ceux qui produisent des fleurs. Lors de la livraison d'un ensemble immobilier, ils sont relativement nombreux à embellir notre environnement. Une fois que la gestion des espaces verts est confiée à ces associations, au demeurant utiles pour occuper des jeunes, l'utilisation intempestive des débroussailleuse finit par avoir raison de ces végétaux à fleurs. Adieu les hibiscus, les alamandas et autres bougainvilliers. Ces jeunes méritent donc un encadrement plus rapproché, mais le maître d'ouvrage devrait être plus regardant sur l'application d'un cahier des charges plus contraignant.

En définitive, Monsieur le Maire, en votre qualité de maître d'ouvrage, il vous reste à définir une vraie politique des espaces verts et de l'environnement dans notre ville. On pourrait la résumer de la manière suivante :

A l'instar du Service du patrimoine, créer un service du patrimoine végétal, avec un directeur aussi compétent que Bruno Kissoun ;
Ne plus confier la taille des arbres aux gens décrits dans cette lettre, car ils n'aiment pas les arbres, ils ne connaissent pas les lois de l'arboriculture et ils ne les connaîtront pas avec une formation de courte durée ;
Faire le choix des arbres à implanter en fonction de la superficie du terrain à équiper ;
Choisir de préférence des arbres locaux, car les possibilités ne manquent pas : des amandiers (fruits et teinte des feuilles en début de carême), surettiers, quénettiers, manguiers, flamboyants ;
Penser à la survie des abeilles, voire faciliter l'installation d'apiculteurs à proximité de l'agglomération pointoise.

En définitive, il serait souhaitable de développer ce concept de ville d'art et d'histoire. L'enrichissement et l'entretien du patrimoine naturel contribueraient à égayer la ville de Pointe à Pitre. Comment ne pas imaginer une Place de la Victoire avec davantage de couleurs que le vert des pelouses et des arbres. Dès lors, le nombre de pointois qui disent : "la ville est triste, donc je m'en vais ailleurs" serait sans doute en diminution !

Jean Pensédent-Erblon,

 


un pointois soucieux de l'amélioration du cadre de vie de la cité.

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